Moderna Therapeutics

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Moderna Therapeutics
Création 2010 ou 2011 (selon les sources)
Personnages clés Stéphane Bancel (CEO)[1]
Noubar Afeyan[2]
Kenneth R. Chien[2]
Robert S. Langer[2].
Forme juridique Société anonyme avec appel public à l'épargneVoir et modifier les données sur Wikidata
Action NASDAQ (MRNA)Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Cambridge (Massachusetts)
Drapeau des États-Unis États-Unis
Direction Stéphane BancelVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité Industrie pharmaceutique, Biotechnologies, R&D
Filiales - Moderna Therapeutics Sweden
- Elpidera
- Caperna
Effectif 820 (31/12/2019)[3]
Site web https://www.modernatx.com/ modernatx.com/

Moderna Therapeutics est une société de biotechnologies qui vise à développer des « thérapies protéiniques » basées sur la technologie dite de l'ARN messager (ARNm)[4].

La technologie-phare de l'entreprise consiste à utiliser un ARNm composé d'analogues nucléotidiques pour déclencher les processus naturels du corps et induire la production de protéines à l'intérieur même des cellules humaines[5]. Cette approche pourrait potentiellement, si on la maîtrise, produire des protéines thérapeutiques in vivo pour traiter un large éventail de maladies, dont certaines sont orphelines ou sans traitements efficaces[6]. Une large typologie de médicaments est envisageable selon l'entreprise : de vaccins (contre des maladies infectieuses ou personnalisés contre certains cancers) aux protéines intracellulaires/transmembranées, en passant par l'expression intratumorale et les anticorps et protéines sécrétées. Chaque modalité implique une approche distincte de l'utilisation de la plate-forme ARNm pour coder des protéines qui présentent vraiment un avantage thérapeutique. L'entreprise dit conduire parallèlement des recherches sur de nombreux candidats-médicaments dans un large éventail de domaines thérapeutiques. En 2020, cette société semble se montrer une des plus rapides dans la mise au point d'un vaccin contre le coronavirus. Ce sujet met en exergue le rôle stratégique de ce secteur d'activité.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom s'écrivait à l'origine ModeRNA. La société aurait été fondée en 2010[7],[2],[8] ou en 2011 selon d'autres sources[9],[10] à Cambridge, dans le Massachusetts en s'appuyant sur le programme VentureLabs d'incubateur d'entreprises de Flagship pour commercialiser une invention de Derrick Rossi du Boston Children's Hospital[11],[8].

Les fondateurs de la société Moderna Therapeutics comprennent Noubar Afeyan de Flagship Pioneering ; Kenneth R. Chien de l'Université Harvard et de l'Institut Karolinska ; Robert S. Langer du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et Rossi[2].

La start-up fonctionne en mode furtif jusqu'en décembre 2012, avec un site web au contenu vague et des employés tous soumis à des accords très stricts de confidentialité[2].

Stéphane Bancel a été recruté en tant que Directeur général en 2011 (il était alors Directeur général de BioMérieux)[8]. Moderna a bénéficié d'un capital-risque et a été financé à hauteur de 40 millions de dollars par l'unité VentureLabs de Flagship Ventures et d'autres investisseurs privés entre sa création et [4],[12].

En 2013, Moderna Therapeutics et AstraZeneca signent en mars un accord de coopération exclusive sur 5 ans pour découvrir, développer et commercialiser des produits thérapeutiques à base d'ARNm pour traiter des maladies cardiovasculaires, métaboliques et rénales graves ainsi que des cibles sélectionnées en oncologie[13],[14]. Cet accord comprend un paiement initial de 240 millions de dollars à Moderna, qui est « l'un des paiements les plus élevés jamais versésdans le cadre d'un accord de licence de l'industrie pharmaceutique pour un médicament jamais testé dans les essais cliniques »[13],[14].

En , la DARPA (Agence des projets de recherche avancée de la Défense américaine) accorde à Moderna une subvention d'une valeur de 24,6 millions de dollars pour la recherche et le développement de sa technologie anti-ARNm afin de lutter contre les maladies infectieuses et les armes biologiques[15],[16].

En janvier 2014, Moderna et Alexion Pharmaceuticals concluent un accord de 125 millions de dollars, toujours pour aider à la découverte et au développement de thérapeutiques ciblant des maladies rares, et via des méthodes basées sur l'ARN messager. Alexion versé à cette occasion à Moderna 100 millions de dollars en échange de 10 options de production de médicaments contre les maladies rares via la plate-forme thérapeutique d'ARNm de Moderna. L'entreprise bénéficie aussi d'un apport au capital de Moderna de 25 millions de dollars[17]. En , CNBC estime que Moderna est devenue l'une des 50 premières entreprises à la pointe de l'innovation, ayant un impact fort dans leurs domaines et ayant un fort potentiel de croissance[18]. En , Moderna annonce lancer une recherche stratégique et un partenariat clinique avec l'Institut Karolinska et l'Hôpital universitaire Karolinska. Le groupe crée Moderna Therapeutics Sweden (première zones d'expansion hors des États-Unis).

En 2015, Moderna accroît ses fonds propres via des partenariats commerciaux. L'entreprise lance une filiale,Valera, exclusivement axée sur l'avancement des vaccins et de la thérapeutique pour la prévention et le traitement des maladies infectieuses virales, bactériennes et parasitaires, et annonce un accord de licence et de collaboration avec Merck visant la découverte et le développement de vaccins et de traitements immunitaires passifs contre les maladies virales en utilisant l'ARN messager modifié (ARNm).

En mai de cette même année 2015, Moderna lance Elpidera, une autre filiale, exclusivement consacrée au développement de médicaments basé sur l'ARN messager (ARNm) pour le traitement de maladies rares et est estimée, par CNBC, faire partie des leaders en matière du Top 50 des technologies de rupture[19]. En octobre 2015, Moderna lance encore une autre filiale, Caperna, consacrée aux études et éventuels tests et mise sur le marché de vaccins personnalisés contre le cancer[20].

En 2016, l'entreprise annonce le début d'une étude clinique de phase 1 en Europe pour l'ARNm 1440 et dépose un IND (Investigational New Drug) avec l'agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, la Food and Drug Administration (FDA), pour l'ARNm 1851 (l'ARNm 1440 et l'ARNm 1851 sont des vaccins contre des maladies infectieuses)[21]. En janvier de cette même année 2016, Moderna et AstraZeneca annoncent une nouvelle collaboration ayant pour objet le développement de deux programmes d'immuno-oncologie basé sur l'ARNm. Moderna financera et dirigera la recherche et le développement préclinique. AstraZeneca prend en charge les études cliniques précoces. Les deux entreprises partagent les coûts de développement en phase tardive et co-commercialisent des produits aux États-Unis avec un partage à parts égales des bénéfices[22]. Le même mois, Moderna annonce aussi un nouvel accord avec Merck pour autoriser un programme de vaccination (mRNA 1566 ; pour un virus non divulgué) ; l'accord porte également sur un groupe de nouveaux vaccins liés[23].

En , Moderna annonce une collaboration avec Vertex pour découvrir et développer une thérapie à ARNm contre la fibrose kystique[24]. Presque au même moment, Moderna et AstraZeneca annoncent déposer une demande d'essai clinique pour un médicament à ARNm cardiométabolique (expérimental ; l'AZD8601) qui code pour le facteur de croissance endothélial vasculaire (VEGF-A)[25]. En , Moderna gagne une aide financière de BARDA pour développer un vaccin ARNm contre le virus Zika. En 2019, elle obtient le Fast track de la Food and Drug Administration (FDA) pour un examen accéléré d'un vaccin expérimental[26].

Toujours en septembre 2016, l'entreprise lance une usine de fabrication d'ARNm GMP de 200 000 pieds carrés à Norwood, dans le Massachusetts[27].

Développement d'un vaccin contre le COVID-19[modifier | modifier le code]

En janvier 2020, Moderna s'associe au National Institute of Allergy and Infectious Diseases pour développer un vaccin contre le nouveau coronavirus SARS-CoV-2. Le 16 mars 2020, les tests d'un projet de vaccin commencent : Moderna semble avoir alors une avance sur les autres organismes travaillant sur le sujet. À cette occasion, le domaine, peu rentable et très pointu, sur lequel elle est positionnée acquiert, pour différents gouvernements nationaux, un enjeu de souveraineté[28]. La FDA approuve un projet d'expérimentation de phase II. Le 1er mai, Moderna annonce qu'il a signé un partenariat avec l'entreprise Suisse Lonza spécialisée dans la production de protéines par génie génétique. Ils espèrent pouvoir démarrer une production en juillet 2020[29].

Le lundi 18 mai, Moderna annonce que son vaccin, le mRNA-1273, a été essayé sur un petit groupe de volontaires sains qui aurait développé des anticorps contre le virus[30]. Le lancement d'un essai de phase II serait imminent. Cette phase n'est pas faite pour prouver l'efficacité sur la maladie CoVid-19, mais cette annonce provoque néanmoins un rebond de 4 à 5% des indices boursiers (CAC40, DAX, Dow Jones) et une augmentation de 20% du cours de l'action Moderna sur le NASDAQ[31].

Le tableau suivant montre le chevauchement des 3 phases de test, dû à l'urgence sanitaire[32] :

Phase Personnes testées Début Fin
Phase 1 45 personnes
"jeunes" et saines
mars 2020 mai 2020
Phase 2 600 personnes saines fin mai 2020 septembre 2020
Phase 3 étude / placebo juillet 2020 ? n.d.

Moderna serait l'un des 5 industriels retenus par le gouvernement des Etats-Unis pour le développement de vaccins dans le cadre de l'Operation Warp Speed (en) dont l'un des principaux décideurs, Moncef Slaoui, était d'ailleurs membre du conseil d'administration de Moderna de 2017 à 2020[33].

Financement et capital[modifier | modifier le code]

Moderna a fait plusieurs levées de fonds très importantes échelonnées de janvier 2015 à février 2018, pour un total d'environ 1,4 milliards de dollars[34]. Fin 2018, elle a levé en bourse plus de 600 M$ fin 2018, ce qui constituait à l'époque la plus grosse introduction en bourse d'une société de biotechnologies[34]. Elle a réédité cet exploit par une introduction en bourse de plus d'un milliard de dollars en mai 2020, motivée par le besoin de créer d'autres usines pour produire le nombre de doses de vaccins demandé par l'Administration américaine[32].

Moderna a aussi obtenu une subvention de 483 M$ de la part de la Biomedical Advanced Research and Development Authority (en) (BARDA), pour le développement du vaccin contre le coronavirus[32].

La capitalisation boursière de MODERNA atteint 22,9 milliards de dollars le 8 juin 2020. A la même date, Stéphane Bancel possède 6,6 % du capital[35].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Kyle Alspach, « Moderna CEO Bancel joins Flagship Ventures as senior partner », Boston Business Journal, (consulté le 11 décembre 2013)
  2. a b c d e et f (en) Catherine Elton, « The NEXT Next Big Thing », Boston Magazine,‎
  3. Moderna's Company History
  4. a et b (en) Shaffer Catherine (2013). "Moderna Makes Entrance with $40M Round for mRNA Work". BioWorld. 6 décembre 2013) consulté 11 décembre 2013
  5. (en) « Modified mRNA directs the fate of heart progenitor cells and induces vascular regeneration after myocardial infarction », Nature Biotechnology,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Meghan Sullivan (2013). "Moderna: Funding the messenger". BioCentury. publié le 28 janvier 2013, consulté le 11 decembe 2013
  7. (en) Evin Kutz, « ModeRNA, Stealth Startup Backed By Flagship, Unveils New Way to Make Stem Cells' », Xconomy,‎ ( lire en ligne)
  8. a b et c (en) Peter Cohan, « After $240 Million AstraZeneca Deal, How Big Will Moderna Get? », Forbes,‎ 2013,
  9. (en) Mihael Farrell, « New Cambridge biotech comes out of stealth mode », Boston Globe du,‎ 2012, (lire en ligne)
  10. (en) Galen Moore, « Here's why AstraZeneca CEO Pascal Soriot is betting huge on a tiny Cambridge biotech », Boston Business Journal,‎ 2013,
  11. (en) [dix]Massachusetts through Flagship's VentureLabs business incubator program to commercialize an invention made by Derrick Rossi of Boston Children’s Hospital
  12. (en) Gregory Huang Gregory, « Moderna, $40M in Tow, Hopes to Reinvent Biotech with "Make Your Own Drug" », Xconomy,‎ 2012,
  13. a et b (en) Andrew Pollack, « AstraZeneca Makes a Bet on an Untested Technique », The New York Times,‎
  14. a et b (en) Robert Weisman Robert, « Moderna in line for $240m licensing deal », The Boston Globe,‎
  15. (en) Mullin Emily, « Moderna lands $25M grant to develop its RNA platform against infectious diseases, bioterror" », Fierce Biotech,‎
  16. (en) Luke Timmerman, « Moderna Snags $25M DARPA Grant to Fight Pandemics With mRNA Drugs" », Xconomy,‎ 2012,
  17. (en) Chris Reidy, « Alexion, Moderna announce agreement to develop messenger RNA therapeutics », Boston Globe,‎
  18. (en) « CNBC's Disruptor 50 », CNBC,‎ (lire en ligne)
  19. (en) « CNBC's Disruptor 50 », CNBC,‎ (lire en ligne)
  20. (en) Ben Fidler, « With New Startup, Caperna, Moderna Gets in on Cancer Vaccine Buzz », Xconomy,‎
  21. (en) Mark Terry, « Booming Moderna Eyes Six Human Trials in 2016, Inks Deals with AstraZeneca PLC (AZN), Merck & Co. (MRK) and Signed Huge Lease in Cambridge for R&D Growth », Biospace,‎
  22. (en) Sten Stovall Sten, « AstraZeneca Ups Betting Ante On Moderna's Messenger RNA Technology », Scrip,‎
  23. (en) Terry Mark, « Booming Moderna Eyes Six Human Trials in 2016, Inks Deals with AstraZeneca PLC (AZN), Merck & Co. (MRK) and Signed Huge Lease in Cambridge for R&D Growth », Biospace,‎
  24. (en) John Carroll, « Trendy Moderna’s single-asset CF pact with Vertex marks a new phase of dealmaking », Endpoints,‎
  25. (en) Adams Ben Adams, « Cash-rich Moderna to begin first AstraZeneca trial under collab deal », FierceBiotech,‎
  26. (en) « Moderna Receives FDA Fast Track Designation for Zika Vaccine mRNA-1893 », Biospace,‎ (lire en ligne)
  27. (en) Eric Palmer Eric, « Moderna lays out ambitious $110M facility for clinical supplies », FierceBiotech,‎ (lire en ligne)
  28. Philippe Escande, « Coronavirus : La guerre des vaccins est déclarée », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  29. Moderna aims for a billion COVID-19 shots a year with Lonza manufacturing tie-up
  30. Les Bourses mondiales galvanisées par l'espoir d'un vaccin contre le Covid-19
  31. CAC40 Moderna fait bondir W-Street, confinement Chine ignoré
  32. a b et c Véronique Le Billon et Nicolas Rauline, « Moderna optimiste sur son vaccin contre le Covid-19 », Les Echos,‎ (lire en ligne)
  33. (en) « Moderna Congratulates Dr. Moncef Slaoui on His Appointment to Oversee the White House’s Operation Warp Speed Initiative », Business Wire,‎ (lire en ligne)
  34. a et b (en) Karen Carey, « Moderna tops public biopharma raises with $1.34B to help fund its COVID-19 vaccine », Bioworld,‎ (lire en ligne)
  35. « MODERNA, INC. (MRNA) », Zone Bourse,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]