Lancelot-Théodore Turpin de Crissé

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Lancelot-Théodore Turpin de Crissé
Lancelot Theodore Turpin De Crisse.jpg
Louis-André-Gabriel Bouchet, Portrait de Lancelot Théodore Turpin de Crissé (vers 1807),
musée des Beaux-Arts d'Angers.
Naissance
Décès
(à 76 ans)
Paris
Sépulture
Nationalité
Activités
Autres activités
membre libre de l'Académie des Beaux-Arts et inspecteur général du département des Beaux-Arts
Mouvement
Mécènes
Influencé par
Père
Mère
Conjoint
Anne-Pauline-Adélaïde de Lesparda (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
médaille d'or du salon de 1835
chevalier de la Légion d'honneur

Lancelot-Théodore Turpin de Crissé né à Paris le et mort dans la même ville le est un peintre et un collectionneur d'œuvres d'art français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Peintre d'Histoire, de scène de genre, de paysage et d'architecture, Lancelot-Théodore Turpin de Crissé est né le à Paris. Il est le fils d'Henri Roland Lancelot Turpin de Crissé (, Paris - vers 1799, Philadelphie) et d'Émilie-Sophie de Montullé ( - ).

L'Ancien Régime, la Révolution et l'Empire (1782-1815)[modifier | modifier le code]

Armes de la famille Turpin de Crissé.

Issu d'une famille d'artistes et de collectionneurs — dont sa grand-mère Élisabeth Haudry — ruinés avant la Révolution, Lancelot-Théodore Turpin de Crissé est protégé par son parrain l'archéologue Choiseul-Gouffier qui l'emmène en Suisse. Il lui commande et achète des tableaux pour le racheter de la conscription et l'envoie à Rome finir ses études.

De retour en France en 1809, il est accueilli par la reine Hortense. Caroline Bonaparte, reine consort de Naples, le prince Eugène et l'impératrice Joséphine lui accordent leur protection et il devient chambellan de cette dernière après son divorce de Napoléon Ier jusqu'en 1815. Ils visitent ensemble la Savoie, la Suisse et l'Italie vers 1810. Un grand nombre de dessins rapportés de ses voyages traduisent son goût pour les arts, goût inculqué par son père qui s'était rendu compte de ses dons précoces. La liaison amoureuse entre Joséphine et Turpin de Crissé est assumée et connue de tous.

Il expose au Salon de 1806 (année de sa médaille d'or) jusqu'en 1835, le plus souvent des vues d'Italie, telle la Vue de la façade de Santa Maria dei Miracoli à Venise, et des paysages historiques.

Il se lie avec Anne-Louis Girodet qui exerce une influence sur lui dans sa manière d'appréhender la technique du paysage. Le , il épouse sa cousine issue de germain, Adèle de Lesparda (1789-1861)[1], fille de Jean, baron de Lesparda — président du canton de Montereau et conseiller général de Seine-et-Marne — et d'Adélaïde Haudry de Soucy, dont il n'eut pas d'enfant.

La Restauration (1815-1830)[modifier | modifier le code]

Lors de la Restauration, il est nommé membre libre de l'Académie des beaux-arts et membre de la commission de Beaux-Arts en . Il devient membre du conseil des musées royaux en 1824, et inspecteur général du département des Beaux-Arts en 1825. La même année, il reçoit la croix de la Légion d'honneur et la charge de directeur de la gravure des cérémonies royales, chargé de l’Album du Sacre qui ne sera jamais réalisé. Il est nommé gentilhomme honoraire de la chambre du Roi en 1829.

Durant cette période, il effectue trois voyages en Italie : en 1818 pour préparer le Salon de 1819, en 1824 pour compléter ses albums, et en 1829 pour sa nomination à l'Académie des beaux-arts de Venise. Il signe du monogramme « T T » surmonté de la croix comtale. Ses études et dessins des sept séjours italiens de jeunesse rassemblés en carnets sont publiés en 1828 sous le titre de Souvenirs du golfe de Naples, avec 39 planches d'après ses dessins, et dédicacés à la duchesse de Berry et à son fils le duc de Bordeaux[2],[3].

La monarchie de Juillet (1830-1859)[modifier | modifier le code]

Tombe de l'artiste, Paris, cimetière du Père-Lachaise.

Fervent légitimiste, il démissionne de ses fonctions à l'avènement de la monarchie de Juillet en 1830 pour rentrer dans sa vie privée.

En 1832, il présente quatre paysages à la Royal Academy de Londres.

Lancelot-Théodore Turpin de Crissé présente encore des œuvres aux Salons de 1833, 1835 et 1837, et au Salon de la Royal Academy de Londres en 1832. Il fait paraître ses Souvenirs du vieux Paris, exemples d'architecture de temps et de styles divers en 1835. Il continue à peindre et à militer en faveur des Bourbons jusqu'à sa mort survenue le à Paris, où il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (10e division)[4],[5].

Le collectionneur[modifier | modifier le code]

Lors de la Restauration, ayant hérité d'un cousin Lusignan, Turpin de Crissé se constitue un cabinet éclectique comprenant des œuvres de peintres contemporains : Jean-Joseph-Xavier Bidauld, Merry-Joseph Blondel, Antoine-Félix Boisselier, Alexandre-François Caminade, Antoine-Laurent Castellan, Auguste Couder, André Giroux, François Marius Granet, François-Joseph Heim, Charles-Victor Moench-Munich, Jean-Charles-Joseph Rémond, Louise-Joséphine Sarazin de Belmont et surtout Jean-Auguste-Dominique Ingres (Paolo et Francesca, musée des Beaux-Arts d'Angers). Il collectionne aussi quelques primitifs français et flamands, en particulier un triptyque de l'école d'Avignon provenant de la collection de son ami, le peintre Pierre Révoil, et un diptyque donné à l'école flamande de la fin du XVe siècle, La Vierge et l'Enfant, ainsi que le Portrait équestre d'Henri IV de Jean-Baptiste Mauzaisse.

Il achète également de nombreuses antiquités et lègue ses collections au musée des Beaux-Arts d'Angers. En effet, il avait été recueilli assez jeune au château d'Angrie, en Anjou, par une parente éloignée[6] qui s'était émue du dénuement de sa mère en Angleterre, d'où son père était reparti seul émigrer en Amérique. La famille qui vivait jusque-là très chichement de la vente de gouaches sur ivoire trouva en Lancelot-Théodore une nouvelle source de revenus. Son premier tableau, Le passage de la Loire par les Vendéens de 1793, date de ces années noires dont il devait se souvenir lors de son second exil d', évoquant dans une lettre[réf. nécessaire] « un talent qui allait pour la deuxième fois lui devenir nécessaire » et s'y exclamant « quel roman que ma vie ! »

Ces collections sont conservées depuis 1861 dans le logis Pincé[7] de son ami le peintre Guillaume Bodinier.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Dates non documentées

Expositions[modifier | modifier le code]

Une exposition consacrée à Lancelot-Théodore Turpin de Crissé eut lieu au musée des Beaux-Arts d'Angers du au . À cette occasion, le musée des Beaux-Arts de Boston y avait prêté le Temple of Antonius and Faustina et The bay of Naples. Cette exposition a été ensuite présentée à Boulogne-Billancourt à la bibliothèque Marmottan, du au .

Iconographie[modifier | modifier le code]

Lancelot Théodore Turpin de Crissé a été portraituré par :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Ingres, « Portrait de la comtesse Turpin de Crissé. », sur www.metmuseum.org (consulté le ).
  2. Lancelot-Théodore (1782-1859) Auteur du texte Turpin de Crissé, Souvenirs du vieux Paris : exemples d'architecture de temps et de styles divers : ouvrage dédié… / par le Cte T. Turpin de Crissé,… ; avec des notices historiques ou descriptives par Mme la princesse de Craon, Mme la comtesse de Meulan, et par Messieurs de Beauchesne, Castellan, de Clarac, de Courchamps, de La Porte, de Lasalle, de Pastoret, Quatremère de Quincy, Raoul-Rochette, de Rességuier, Revoil, du Sommerard et de Vimeux, (lire en ligne).
  3. Turpin de Crissé s.n, Souvenirs du vieux Paris dédiés à S.A.R. Monseigneur le duc de Bordeaux : dix huit sujets dessinés d'après nature et lithographiés, Bibliothèque de l'Institut National d'Histoire de l'Art, collections Jacques Doucet, (lire en ligne).
  4. « Fichier:Père-Lachaise - Division 10 - Turpin de Crissé 01.jpg — Wikipédia », sur commons.wikimedia.org (consulté le ).
  5. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier, (lire en ligne), p. 336
  6. Jean Gabriel de Auteur du texte Niello Sargy, Pierre-Louis Valot (1770-1825 ; comte de) Auteur du texte Beauvollier Saint-Marçol et H. *** Vicomte d' (17-18 ; aide-de-camp de Louis XVIII) Auteur du texte, Mémoires secrets et inédits pour servir à l'histoire contemporaine. Tome 2 / , sur l'expédition d'Égypte, par J. Michel de Niello Sargy ; sur l'expédition de Russie, par le comte de Beauvollier ; sur l'exil et les infortunes des princes de la Maison royale par le vicomte d'H***, aide de camp de Louis XVIII (d'Hardouineau) ; sur différentes missions royalistes de Madame la vicomtesse Turpin de Crissé, etc., recueillis et mis en ordre par M. Alph. de Beauchamp, (lire en ligne).
  7. belles-lettres et arts (Angers) Auteur du texte Académie des sciences, « Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Angers », sur Gallica, (consulté le ).
  8. a et b Marianne Delafond, De Le Brun à Vuillard : Catalogue d’exposition, Institut de France, , 205 p., p. 100-103.
  9. Vente aux enchères du , Lyon, étude de Baecque & associés (De Baecque et Associés, « Une œuvre remarquable de Lancelot Théodore TURPIN de CRISSÉ aux enchères à Lyon », sur De Baecque et Associés (consulté le )).
  10. En vente à la galerie Berheimer-Colnaghi à Munich en 2004 (Arthur Malo, « Amateur d’art : Salon », Connaissances des arts, no 614,‎ ).
  11. Zachée (1797-1861 ; graveur) Graveur Prévost et Lancelot-Théodore (1782-1859) Dessinateur du modèle Turpin de Crissé, « [Barque naufragée] : [estampe] / d[essi]né par le Comte turpin de Crissé ; gr[avé] par Z. Prévost », sur Gallica, 18.. (consulté le ).
  12. Nationalmuseum.
  13. Vente Jean-François Heim, 1997 (L’Objet d’Art Jeanne Faton-Boyancé, « Actualité des salons », L’Objet d’Art, no 317,‎ , p. 26).
  14. Dominique Ingres, « Portrait du comte Lancelot-Théodore Turpin de Crissé », sur www.metmuseum.org (consulté le ).
  15. François-Joseph Heim, Le Comte Turpin de Crissé, peintre, de l'Institut, (lire en ligne), et François-Joseph Heim, Portrait de M. le comte Turpin de Crissé (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Lancelot-Théodore Turpin de Crissé 1782-1859, La Spezzia, édité par Somogy, 2006, (ISBN 2-7572-0044-5). — Catalogue de l'exposition à Angers et Boulogne-Billancourt.

Liens externes[modifier | modifier le code]