Louis Réau

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Louis Réau
Fonction
Directeur
Institut français de Saint-Pétersbourg et Institut français d'Autriche
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
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Distinctions

Louis Réau est un historien de l'art français né à Poitiers le et mort à Paris le . Il étudia à l'École normale supérieure (Paris) puis à l'École nationale des langues orientales vivantes où il se spécialisa en langue et culture russe.

Œuvre[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Ses deux apports majeurs à l'histoire de l'art français furent de l'avoir embrassée à travers son rayonnement, dans sa dimension internationale, et d'en avoir rédigé une en creux, à travers ses monuments détruits. Ces deux fils, que Louis Réau suivit toute sa vie, enrichirent considérablement l'histoire de l'art français en lui rendant les œuvres dont les frontières et la destruction l'avaient jusqu'alors séparée. Néanmoins, nationaliste, catholique et légitimiste, il n'échappe pas toujours à la partialité qu'on est en droit de refuser de la part d'un historien. Il fut élu membre de l'Institut.

En Russie[modifier | modifier le code]

Louis Réau fut également directeur de l'Institut français de Saint-Pétersbourg en Russie, dans les années 1910. Cet institut devint sous son impulsion, outre un centre de renseignement universitaire sur la France, un centre d'enseignement qui travaillait à l'expansion de l'influence intellectuelle de la France. C'était également un moyen de s'opposer à l'influence grandissante de l'Allemagne. Réau était germaniste de formation, mais le contexte idéologique de l'époque poussait les germanistes vers les pays slaves qui étaient un contrepoids à la culture allemande. Pendant son directorat il organisa avec ses collègues russes issus du mouvement Mir Iskousstva qui écrivaient dans la revue Apollon[1], une exposition d'Art français du XIXe siècle en Russie.

En Russie, Louis Réau rencontra Alexandre Benois, Igor Grabar, et d'autres artistes russes, ce qui lui permit d'étudier outre l'art russe, l'art français à l'étranger.

Son livre L'Art russe des origines à Pierre le Grand est le premier à aborder ce sujet depuis Eugène Viollet-le-Duc en 1877[2]. Il donne la réplique à ce dernier, qui n'avait jamais été en Russie, mais avait écrit un ouvrage L'Art russe sur la base de dessins et documents. Viollet-le-Duc était un partisan du panslavisme alors que l'approche de Réau du monde slave était gallocentriste[3].

Publications[modifier | modifier le code]

  • L'Art Français sur le Rhin au XVIIIe siècle, Paris, 1908.
  • Cologne et Saint-Pétersbourg dans Les Villes d'art célèbres, Paris, 1908.
  • Peter Vischer et la sculpture franconienne du XIVe au XVIe siècle, Paris, 1909
  • Les Primitifs allemands, 1910.
  • Mathias Grünewald et le Retable de Colmar, 1920.
  • L'Art russe (1921-1922), 2 vols.:
    • L'Art russe des origines à Pierre le Grand. Cent quatre planches hors texte, quatre cartes dans le texte et lexique archéologique russo-français, 1921.
    • L'Art russe de Pierre le Grand à nos jours; soixante-douze planches hors texte, lexique artistique russo-français, 1922.
  • Étienne-Maurice Falconet, 1922.
  • Histoire de l'expansion de l'art français (1924-1933)
  • Histoire de la peinture française au XVIIIe siècle... Paris, Bruxelles, G. van Oest, 1925-26.
  • Une dynastie de sculpteurs au XVIIe siècle : Les Lemoynes, Paris, 1927.
  • Les compagnes de Diane, Gazette des Beaux-Arts 8, 1932.
  • Avec G. Lundberg y R. - A. Weigert : L'Art français dans les pays du nord et de l'est de l'Europe, 1932.
  • L'Art du moyen âge, arts plastiques art littéraire, et la civilisation française 1935.
  • L'Europe français au siècle des Lumières, 1938.
  • Histoire de la peinture au Moyen-Age, 1944.
  • L'Art gothique en France; architecture, sculpture, peinture, arts appliqués. Paris, G. Le Prat [1945]
  • L'Art religieux du moyen-âge (la sculpture). [Paris] F. Nathan [1946].
  • Vieilles églises de France. [Paris]: F. Nathan, [1948].
  • L'ère romantique : les arts plastiques (1949).
  • J.-B. Pigalle, Paris, P. Tisné, 1950.
  • Dictionnaire polyglotte des termes d'art et d'archéologie (1953).
  • Iconographie de l'art chrétien. Paris: Presses Universitaires de France, 1955-59, 3 vols.
  • Fragonard ; sa vie et son œuvre (1956).
  • Histoire du vandalisme : les monuments détruits de l'art français. Paris, 1959, 2 vols.
  • Houdon : sa vie et son œuvre, 1964.
  • Histoire de l'art roumain.
  • L'art russe, tome I  : L'Art gréco-scythe/ le Moyen-âge à Kiev et Novgorod , Marabout université, éditions Gérard et c°, Verviers, 1968.
  • L'art russe, tome II : La Renaissance à Moscou / Le Baroque à Saint-Petersbourg, Marabout université, éditions Gérard et c°, Verviers, 1968
  • L'art russe, tome III : Le classicisme / Le romantisme / Le XXe siècle, Marabout université, éditions Gérard et c°, Verviers, 1968

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Frolow, « Louis Réau. Iconographie de l'art chrétien, t. I : Introduction générale », Revue de l'histoire des religions, vol. 150, no 2,‎ , p. 229-232 (lire en ligne)
  • Olga Medvedkova, « « Scientifique » OU « intellectuel » ? : Louis Réau et la création de l'Institut français de Saint-Pétersbourg. », Cahiers du monde russe, vol. 43,‎ , p. 411-422 (lire en ligne)

Liens[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Réau, L'Art russe des origines à Pierre Le Grand, Édition H. Laurens, Paris, p. 8
  2. Louis Réau, L'art russe, l'art gréco-scythe/ le Moyen-âge à Kiev et Novgorod, Volume I, Marabout université, Verviers, 1968 p. 11
  3. http://www.cairn.info/revue-cahiers-du-monde-russe-2002-2-page-411.htm