Isidore Taylor

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Taylor.

Isidore Justin Séverin Taylor, baron Taylor, né à Bruxelles[1] le [2] et mort à Paris le , est un dramaturge, précurseur du mouvement romantique, homme d'art et philanthrope français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses parents se sont mariés en 1791 à Paris. Son père Hélie Taylor, né en Grande-Bretagne vers 1762 et mort à Paris en 1830, était un professeur naturalisé français. Sa mère Marie-Jacqueline-Antoinette Walwein, née à Bruges, était la fille de Charles Eugène-Jacques Walwein, conseiller du commerce et échevin de Bruges, gouverneur du cercle de la ville et conseiller de Joseph II et de Jeanne du Chastelet. Charles, devenu commandant de la Garde nationale après s’être remarié avec Antoinette Mabillon, mourut à Marseille en 1794.

Destiné à la carrière militaire, Isidore Taylor prépare l'École polytechnique mais abandonne rapidement ses études. Il voyage beaucoup en Europe et surtout en France. En 1818, il commence la rédaction, avec Charles Nodier, d'une série de volumes sur différentes régions françaises, dont la publication s'étale sur soixante ans ; intitulée Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France, elle constitue le premier catalogue sérieux des richesses du patrimoine français.

Dans les années 1820, il écrit ou traduit de nombreuses pièces de théâtre. En 1821, il est un des créateurs du théâtre Panorama-Dramatique dont il obtint le privilège auprès du Roi pour Allaux. Il en fut un des administrateurs pendant les 2 ans que ce théâtre survécut. Il écrit dans les journaux et les revues de critique d'art. Il est commissaire royal au Théâtre-Français de 1825 à 1830 et de 1831 à 1838. À l'occasion de son sacre en 1825, Charles X le fait baron. Romantique convaincu, il prend une part active à la « campagne des Hugolâtres » et profite de ses fonctions pour mettre à la scène Henri III et sa cour d'Alexandre Dumas puis Hernani de Victor Hugo. Lorsque Le Roi s'amuse est interdit en 1832, Hugo intente un procès au Théâtre-Français en espérant garder l'amitié de Taylor.

Par ordonnance du 28 mai 1825, Isidore Taylor reçoit du Roi Charles X le titre de Baron. Il est confirmé dans le titre de baron héréditaire par lettres patentes du 4 mai 1870 [3].

En 1829, il commence à faire transporter à Paris, place de la Concorde, l'obélisque de Louxor dont il avait proposé l'acquisition en 1828, mais la révolution de 1830 arrête l'opération. En 1838, il est nommé inspecteur général des Beaux-Arts. Il est chargé par Louis-Philippe en 1835 d'acquérir des tableaux en Espagne, qui permettent l'ouverture de la Galerie espagnole du musée du Louvre en 1838.

Associations philanthropiques[modifier | modifier le code]

Conscient de la grande détresse des artistes : vieux, malades, sans ressources et sans aides, le Baron Taylor décide en 1840 de créer une série d'associations de secours mutuels pour :

  • les artistes dramatiques (1840)
  • les artistes musiciens (1843)
  • les artistes peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et dessinateurs (1844)
  • les inventeurs et artistes industriels (1845)

L'association de secours mutuels pour les artistes dramatiques est connue aujourd'hui sous le nom de la Mutuelle Nationale des Artistes Taylor. Constant Coquelin dit Coquelin aîné fut l’un des présidents les plus actifs de l’association des artistes dramatiques et lyriques, sous sa présidence, la mutuelle créa la maison de retraite des Artistes à Couilly Pont-Aux-Dames.

L'acte de naissance de la Mutuelle Nationale des Artistes Taylor se situe dans cette phrase énoncée par le comédien Joseph Samson un jour du mois de mars 1840 :

« Vous savez que Fontenay, Singier, Bocage, Regnier, Raucourt, Leménil et moi, nous avons organisé un comité ayant pour but de secourir nos camarades besogneux. Vous connaissez l’échec qui a suivi un autre essai de ce genre, tenté il y a quelques années. Cette fois nous voulons être sûrs du succès ; nous voulons que vous soyez à notre tête. »

Le Baron Taylor accepta l'idée avec enthousiasme et c'est dans sa maison de la rue de Bondy que fut signé l'acte par lequel l'association de secours mutuels des Artistes dramatiques était légalement constituée.

Une association pour les membres de l'enseignement est créée en 1859. Il est également l'un des fondateurs de la Société des gens de lettres et une fondation, fille de ces associations porte aujourd'hui son nom, la Fondation Taylor, 1, rue La Bruyère, Paris 9e.

Il est élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1847 et nommé sénateur du Second Empire en 1869. Il est élevé au grade de grand officier de la Légion d'honneur en 1877.

Il est inhumé à Paris sous un monument funéraire orné de sa statue au cimetière du Père-Lachaise (55e division)[4],[5]. Son buste a été érigé sur une stèle près de la rue qui porte son nom dans le 10e arrondissement de Paris.

Un autre buste à son effigie se trouve au siège de la Mutuelle Nationale des Artistes Taylor[6].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Isidore Taylor épouse à Charenton le Pont le 3 août 1854 Théodora Louise Guido (Paris, 2 juillet 1810 - Paris, 6 décembre 1893). Il en a deux enfants :

  • Isidora Ernestine Taylor (Paris, 24 octobre 1833 - Roscoff, 2 septembre 1893), mariée à Versailles le 12 août 1857 avec Joseph Emile Walvein-Taylor (Montreuil, 15 août 1817 - Paris 3e, 13 juin 1885), dont postérité ;
  • Félix, baron Taylor (Paris 4 janvier 1840 - 1904)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. dans les Pays-Bas autrichiens.
  2. Cette date de naissance est indiquée dans le dossier du concerné dans la base Léonore. Certaines sources, notamment le Dictionnaire des Parlementaires français de Robert et Cougny (1889), affirment cependant qu'il est né le 15 août 1789, et non le 5 août, ou bien qu'il n'a été que baptisé à cette date.
  3. Vicomte Albert Révérend, Titres, anoblissements et pairies de la Restauration, tome sixième, Paris, Librairie Honoré Champion, rééd. 1974, p. 327
  4. Jouin 1897, p. 209
  5. Moiroux 1908, p. 232
  6. « MNA Taylor »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Léon, La vie du baron Taylor, association des artistes, Fondation Taylor, 27 décembre 1955
  • Henry Jouin, « La Sculpture dans les cimetières de Paris : Cimetière de l'Est (Le Père-Lachaise) », Nouvelles Archives de l'art français, Paris, vol. 13,‎ , p. 103-238 (lire en ligne)
  • Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier, (lire en ligne)
  • « Isidore Taylor », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • Journal des artistes du 28 septembre et 19 octobre 1834, annonçant la création de la Société de secours mutuels entre les artistes peintres, sculpteurs, architectes et graveurs, à l'initiative du peintre Henry Jean-Baptiste Victoire Fradelle.
  • Paul Guinard, Le baron Taylor, la Société Archéologique du Midi de la France et le Languedoc des Voyages Pittoresques, p. 39-115, dans Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, 1968-1969, tome 34 (texte), (planches V à XV)
  • Juan Plazaola, Le Baron Taylor : portrait d'un homme d'avenir, Paris, Fondation Taylor, 1989, un vol. in 4°, 527 p. (ISBN 2 908 305 00 3) ;
  • Bruno Foucart, Paul Ambille, Anne-Marie Debelfort et Frédérique Giess, Le baron Taylor, l'Association des artistes et l'exposition du Bazar Bonne-Nouvelle en 1846, Éditions de la Fondation Taylor, 1995.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]