Alexandre de la Motte-Baracé de Senonnes

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Alexandre de La Motte-Baracé de Senonnes, vicomte de Senonnes, né le [1] au château de Senonnes, mort le 21 mars 1840 à Paris, est un militaire, écrivain et peintre français, secrétaire général des musées royaux en 1816.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est issu de la famille noble de La Motte-Baracé. Il perdit très jeune ses parents : il est le fils de François-Pierre-Louis de La Motte-Baracé de Senonnes et de sa femme créole, Suzanne Drouillard de la Marre, qui périrent pendant le règne de la Terreur en 1794. Il cultiva les arts pour échapper aux dangers de l'époque.

Il porte le titre de vicomte de Senonnes[2], il est le frère cadet de Pierre-Vincent-Gatien de la Motte-Baracé de Senonnes, marquis de Senonnes (1779-1851).

Enfance[modifier | modifier le code]

En 1802, les deux frères, devenus majeurs, purent disposer de leurs biens. À cette époque, le château du Rancy fut vendu[3]. La propriété de Senonnes resta un long moment indivise[4].

L'Italie[modifier | modifier le code]

Alexandre se trouvant seul en 1805, après le mariage de son frère, poussé par les goûts d'artistes et fortuné, se mit à voyager et à mener vie large et libre. En 1805, il partit pour l'Italie, en même temps qu'Ingres d'ailleurs. Il allait là-bas s'éprendre de beaux paysages, de belles œuvres d'art, et tout spécialement de la modèle Marie Marcoz, qu'il épouse. Elle est peinte par Ingres dans le portrait de Madame de Senonnes.

Marie Marcoz, Madame de Senonnes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Marie Marcoz.

La légende indique que sa première femme était italienne d'origine, et plus précisément transtévérine[5]. Peintre amateur à Rome, il semble l'avoir rencontrée dans la rue ; elle était devenue sa maîtresse puis sa femme. L'annonce de son premier mariage fut l'occasion d'une brouille avec sa famille en raison de l'origine de Marie Marcoz, et de son statut de divorcée. Néanmoins, Marie Marcoz devient vicomtesse de Senonnes et tient son rang comme une dame de haute naissance.

Royalisme[modifier | modifier le code]

Le vicomte, conforme à sa tradition familiale, était un ardent royaliste partisan du retour des Bourbons au trône. Il est connu dans les milieux aristocrates en 1812, 1813 comme le vicomte de Senonnes. Il fut en Italie un des agents actifs de Louis XVIII. Madame de Senonnes accompagnait le vicomte dans ses visites, et avait la réputation d'émerveiller partout par sa beauté. C'est à l'époque en 1814, que le vicomte chercha à la faire peindre. La peinture fut réalisée en Italie par un ami : Ingres[6].

Lorsque Napoléon Ier fut contraint de rendre le trône aux Bourbons, lui, sa femme et sa fille se rendent à Paris pour profiter des faveurs royales. Le vicomte dépensait largement et gagnait peu[7]. En échange de son dévouement à la cause royale, il attendait une place honorifique et lucrative.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Il entre dans la Garde nationale à cheval en avril 1814, nommé en juillet maréchal des logis. En mars 1815 il s'est rallié à la maison militaire du roi et a suivi Louis XVIII en Belgique. En mai 1815 il est incorporé dans les chevau-légers de la Garde sous les ordres du comte Charles de Damas, il fut licencié le 31 décembre 1815.

Lieutenant de cavalerie[8], il fait la campagne de 1815 sous les ordres du duc de Berry, détaché de Mons en Belgique avec le vicomte de la Rochefoucauld pour aller rejoindre l'armée du comte de Bourmont, il s'est trouvé à l'affaire d'Arras, puis rentre à Paris après le retour du roi[9].

Peintre et écrivain[modifier | modifier le code]

Alexandre de Senonnes se fit d'abord connaître par quelques paysages anonymes qu'il exposa à différents salons, et en même temps il travailla dans les journaux, particulièrement à la Gazette de France, où il défendit les doctrines monarchiques et religieuses. Il a fourni quelques articles à la Biographie universelle.

Beaux-Arts[modifier | modifier le code]

Après le second retour du roi en 1815, il fut donc nommé secrétaire de la Chambre du roi, et fait Chevalier de la Légion d'honneur[10]'[9]. Il fut bientôt un des familiers du duc de Berry, ce qui lui valut encore de nouvelles faveurs.

Le 31 mai 1816, il obtint la place de secrétaire général des musées royaux et conserva le titre de secrétaire honoraire de la chambre[11]. L'académie des beaux-arts le reçut ensuite au nombre de ses membres honoraires, le 10 avril 1816[12].

En 1819, il se lia plus étroitement avec le duc de Berry. Le duc et la duchesse de Berry avaient grand plaisir de parler de l'Italie avec Alexandre de Senonnes et sa femme. Ils demandèrent comme mécènes, de rassembler en un volume les vues les plus belles dont il avait pris le croquis en Italie. Le volume ne parut qu'en 1821 après l'assassinat du duc.

Conseiller d'État[modifier | modifier le code]

En 1821, il fut nommé secrétaire général du ministère de la maison du roi, puis conseiller d'État sous le maréchal Lauriston, qui le protégeait spécialement. On lui a reproché d'avoir fait destituer sans motifs le savant bibliographe Antoine-Alexandre Barbier, bibliothécaire du roi.

Entraîné par ses goûts artistiques, par le désir de jouir de beaux paysages, et de les reproduire, Alexandre de Senonnes, avec sa famille ou sans elle voyagea. En 1828, il fut envoyé en mission à Ancône, puis parcourut également toute la Suisse, à l'origine d'un de ses ouvrages : Promenades au pays des Grisons.

Destitution et difficultés financières[modifier | modifier le code]

En 1829, sa première femme était décédée. Alexandre de Senonnes a perdu tous ses emplois après la révolution de 1830. Écarté du pouvoir, il resta sans emploi, sans ressources et chargé de dettes. Sa situation financière devint très critique[13]. Acculé par des créanciers, il souscrivit des lettres de charge qu'il ne put payer. Il se trouva bientôt sous le coup de la contrainte par corps et dut s'expatrier pour échapper à la prison.

Il quitta Paris en 1831 et alla se réfugier d'abord à Lyon, puis en Suisse, sur les bords du lac de Genève[14]. Il se remaria en 1835. Ce second mariage ne tira pas le vicomte de Senonnes de la gêne. En 1840, après une longue maladie, il était dénué de ressources, et M. de Cailleux, secrétaire général des musées essayait de faire hâter le paiement de la collection d'antiquités qu'Alexandre de Senonnes avait cédée à la collection du roi Louis-Philippe Ier[15].

Il se remarie en secondes noces le 2 juin 1835 avec Wilhemine-Caroline Hoffmann, rentière, âgée de 25 ans[16].

Son décès eut lieu le 21 mars 1840 à Paris[17].

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (45e division)[18].

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur, le 29 janvier 1816.
  • Officier de l'ordre national de la Légion d'honneur, le 1er mai 1821.
  • Commandeur de l'ordre national de la Légion d'honneur, le 23 mai 1825[9].

Publications[modifier | modifier le code]

Ses ouvrages publiés sont :

  1. Lettres de Jacopo Ortis, traduit de l'italien sur la seconde édition, Paris, 1814, 2 vol. in-12[19]. Cette traduction a reparu, la même année, sous le titre du Proscrit, et en sous celui d'Amour et suicide, ou le Werther de Venise ;
  2. Choix de vues pittoresques d'Italie, de Suisse, de France et d'Espagne, dessinées d'après nature et gravées à l'eau-forte, 1821, in-folio. Cet ouvrage, dédié à la duchesse de Berry, devait être composé de trente livraisons ; il n'en a paru que sept, composées de six planches et de deux feuilles de texte[20] ;
  3. Promenade au pays des Grisons (Suisse), ou Choix des vues les plus remarquables de ce canton, dessinées d'après nature et lithographiées par Édouard Pingret, avec un texte historique, Paris, 1827-1829, petit in-folio de 86 pages et 38 planches.

On doit encore à Senonnes une édition des Œuvres dramatiques de Philippe Néricault Destouches, précédées d'une notice sur la vie et les ouvrages de l'auteur, Paris, 1811, 1820, 1822, 6 volumes in-8°, avec figures.

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour l'abbé Angot, le 4 octobre 1781.
  2. Le titre de comte était réservé à Auguste de La Motte, son cousin, de la branche cadette du Coudray en Touraine.
  3. Jean Boby s'occupa de la vente. La propriété fut achetée 115 000 francs par Personnes Desbrière qui versa 57 500 francs à Pierre, et 57 500 francs à Alexandre.
  4. Les deux frères s'entendaient alors très bien.
  5. Habitante d'un quartier populaire de Rome.
  6. Cette toile est désormais au Musée des beaux-arts de Nantes.
  7. Il avait exécuté quelques dessins et toiles en Italie, mais il les avait offerts ou gardés pour enrichir sa collection.
  8. Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France: ou Recueil général des généalogies ..., Volume 9, chez l'auteur, (lire en ligne), p. 416
  9. a b et c « Chevalier de Senonnes - Compagnie des chevaux-légers de la Garde - Etats de services : BASE LEONORE - Cote LH/1461/26 », sur culture.gouv.fr
  10. A son titre de secrétaire fut attaché un traitement de 12 000 francs, ce qui attaché aux revenus des fermes de Senonnes, permettait à la famille de vivre largement.
  11. Il conserve ce poste jusqu'en 1821 avec un traitement de 15 000 francs. Le ménage Senonnes-Marcoz fut logé au Louvre même, et en 1823, il s'y trouvait encore des meubles leur appartenant.
  12. À la direction des Beaux-Arts, il fit ainsi exécuter par Lange pour le Musée des beaux-arts d'Angers le buste de Gilles Ménage, l'un des maîtres de Madame de Sévigné.
  13. Les terrains qui lui restaient à Batignolles et Montceau ne se vendaient pas.
  14. Il avait eu soin de vendre en viager sa propriété de Senonnes à son frère, Pierre, le marquis, comme il eut soin avant son départ en Suisse de faire transporter au château de Sautré et autres lieux sûrs, tout ce qu'il voulait sauver de la griffe des huissiers. Ses immeubles seuls furent vendus en février et mai 1832 : l'hôtel de la rue Bourbon, la propriété de Montlignon, et les 30 lots des boulevards extérieurs. Son frère perdit 80 000 francs dans cette faillite, ce qui ne l'empêcha pas d'envoyer à son frère des subsides importants pendant son séjour en Suisse.
  15. Alfred Gernoux indique qu'il serait intéressant de savoir ce qu'est devenu cette collection.
  16. Il en eut une fille Amélina.
  17. Le faire-part porte les titres suivants : Commandeur de la Légion d'honneur et chevalier de l'ordre de Saint-Hubert de Lorraine, ancien secrétaire général des Musées, Ancien secrétaire général de la Maison du roi, Ancien Conseiller d’État, membre de l'Institut.
  18. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier, (lire en ligne), p. 215
  19. Voir : Ugo Foscolo.
  20. Il y a 42 gravures et 32 pages de textes. Au-dessous de chaque paysage et vue de divers monuments italiens, on lit : De Senonnes, dessinateur et sculpteur.