Mohed Altrad

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Mohed Altrad
Mohed ALTRAD - riac 2012 - 20505 - 01 septembre 2012 cropped.jpg
Mohed Altrad en 2012.
Fonctions
Conseiller municipal de Montpellier (d)
depuis le
Président
Montpellier HR
depuis
Président
Groupe Altrad
depuis
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Mohamed AltradVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
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Propriétaire de
Distinction

Mohed Altrad, de son vrai nom Mohamed Altrad, né en 1948 ou en 1951 en Syrie, est un homme d'affaires milliardaire français. Il est le propriétaire et le dirigeant du groupe Altrad et du Montpellier Hérault rugby. Il est aussi un auteur de romans et d'ouvrages de management. Il siège au conseil municipal de Montpellier depuis juin 2020, dans l'opposition.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse en Syrie[modifier | modifier le code]

Né en Syrie, à Al-Djabali (ar) à une trentaine de kilomètres à l'est de Raqqa[réf. nécessaire], Mohamed Altrad[1] a connu une enfance très difficile et il ne connaît d'ailleurs pas sa date de naissance, qu'il situe probablement en 1948 ou en 1951[2]. Il raconte même avoir été le fruit d'un viol[3]. Sa mère, membre d'une tribu bédouine installée, aurait été violée par le chef de tribu à deux reprises. À l'issue de la première fois, elle donne naissance à son frère aîné, reconnu par son père qui le garde avec lui et le tue à force de maltraitances. Après la seconde fois, elle donne naissance à Mohamed Altrad qui lui n'est pas reconnu mais gardé également par son père[4]. Répudiée par le père, sa mère meurt peu de temps après la naissance de l'enfant.

Mohed Altrad vit sa petite enfance dans la honte d'être le fils d'une femme répudiée, élevé par sa grand-mère dans la pauvreté et destiné à être berger[5]. Grâce à un cousin sédentarisé, il se fixe à Raqqa, la ville la plus proche mais étant bédouin, il n'a pas accès à l'école. Il apprend donc à lire seul en allant écouter l'instituteur, qui remarque ses dons et finit par l'aider. Il parvient ainsi à faire ses études et obtient son bac à l'âge supposé de 17 ans.

Études en France[modifier | modifier le code]

Boursier, venu avec 200 francs à Montpellier, il étudie en France et obtient plusieurs diplômes, notamment un diplôme de l'université Montpellier-II et un doctorat en informatique à l'Université Paris-VIII en 1978[6]

Débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Occupant successivement des postes d'ingénieur chez Alcatel puis Thomson, il travaille ensuite pendant 4 ans pour l'Abu Dhabi National Oil Company. De retour en France, il fonde avec un associé une entreprise informatique France Informatique Électronique et Télématique (FIET) qu'ils revendent en 1984 à Matra. Grâce à cette vente, il rachète en 1985 — avec son associé anglais Richard Alcock — une PME en faillite spécialisée dans les échafaudages, la MEFRAN, située dans l'Hérault.

Groupe Altrad[modifier | modifier le code]

Le rachat de la MEFRAN est le point de départ du groupe Altrad qui se développe, tant par croissance interne qu’externe, dans le matériel pour le BTP.

Le , Mohed Altrad est invité sur France 2 et montré en exemple dans l'émission Leurs secrets du bonheur[7],[8].

Le , Mohed Altrad reçoit le prix EY de l'entrepreneur de l'année 2014 au niveau national.

En mars 2015, le groupe Altrad franchit une étape stratégique majeure en signant l’acquisition du groupe néerlandais Hertel et ses 70 filiales à travers le monde, qui va lui permettre de quasiment doubler de taille pour atteindre fin 2015 les 1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires, avec un effectif cumulé de 17 000 salariés à travers le monde. En 2015, 30 ans après le début de l'histoire ALTRAD, et un management où il s'entoure de champions de l'acquisition et de la finance[9], Mohed Altrad a donc procédé à plus de cent acquisitions, fusions et créations d’entreprises en Europe et dans le monde. Au sein du groupe, plus de 15 pays sont représentés et 8 langues sont parlées[10]. Pour lui, ce multiculturalisme représente une véritable richesse pour l’entreprise.

En juin 2015 Altrad, dont le CA est de 860 M€ (2014), est le no 1 mondial de la bétonnière, le no 1 européen de l’échafaudage et de la brouette, et le no 1 français du matériel tubulaire pour collectivités[11].

Le , il est désigné « Entrepreneur mondial 2015 »[12] (Ernst & Young Entrepreneur of the Year Award (en)). Il est le premier Français à recevoir ce titre[13].

Le 15 juillet 2015, il est reçu par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, pour évoquer les sujets de l'internationalisation des entreprises françaises et le 21 juillet 2015 François Hollande, président de la République française, le reçoit en entretien individuel à l’Élysée[14]. Les 25 et 26 juillet 2015, le président américain Barack Obama l'invite à intervenir à Nairobi (Kenya), lors du 6e sommet international des entrepreneurs (Global Entrepreneurship Summit 2015).

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Il annonce le sa candidature à la mairie de Montpellier lors des élections municipales de 2020, en expliquant vouloir composer une liste de rassemblement de la gauche à la droite, à l'exclusion des extrêmes[15],[16]. À l'issue du premier tour, il obtient sa qualification pour le second tour avec 13,30 % des suffrages. Il est opposé dans une triangulaire au maire sortant Philippe Saurel (20 %) et au socialiste Michaël Delafosse (17 %)[17]. Sa liste fusionne avec celles de Rémi Gaillard, d'Alenka Doulain et de Clothilde Ollier. Leur alliance représente 40 % des voix du premier tour. La nouvelle liste s'intitule « Nous sommes n’importe qui, nous avons l’écologie en commun »[18]. Elle arrive en 3e position au second tour.

Élections municipales[modifier | modifier le code]

Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où il est tête de liste.

Année Parti Commune % Sièges obtenus
1er tour 2d tour
2020 SE Montpellier 13,30 18,12
6 / 65

Investissement dans le rugby à XV[modifier | modifier le code]

Photo montrant quatre hommes parlant dans des micros
Mohed Altrad au micro de France Bleu Hérault lors de l'enregistrement public de l'émission radio Club Sers, le 6 mai 2013.

Montpellier Hérault rugby[modifier | modifier le code]

Le , Mohed Altrad est devenu l'actionnaire principal du Montpellier Hérault rugby en investissant 2,4 millions d'euros[19]. En juin 2011, il devient le président du club, succédant ainsi à Jean-Pierre Massines. Sous sa présidence, le club remporte le Challenge européen 2015-2016, le premier titre majeur du club héraultais.

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En 2017, le groupe Altrad soutient la candidature française à l'organisation de la Coupe du monde de rugby 2023. En mars 2017, le groupe Altrad devient ainsi la première entreprise privée de l'histoire à s'afficher sur le maillot de l'équipe de France de rugby à XV. Il affiche ainsi son soutien à la candidature française pour l’accueil de la Coupe du monde de rugby 2023 et son logo accompagne #France2023 sur le maillot de l'équipe de France[20]. Contre toute attente et alors que la France n'est pas favorite, elle est désignée le 15 novembre 2017, comme pays hôte de cette Coupe du monde 2023[21].

En janvier 2018, la FFR choisit le groupe Altrad pour devenir le sponsor maillot de l'équipe de France. La totalité des fonds de cet accord, 7 millions d'euros par an, sera dédié au développement du rugby amateur[22].

Critiques[modifier | modifier le code]

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La société Altrad devient en 2017 le premier sponsor à s'afficher sur le maillot des Bleus, ce qui suscite des critiques et même des soupçons de favoritisme[23], Mohed Altrad étant à la fois le dirigeant de la société, d'une part, et celui du club de rugby montpelliérain, d'autre part.

Soupçon de favoritisme à la FFR[modifier | modifier le code]

En , Bernard Laporte, président de la Fédération française de rugby, se retrouve fragilisé pour une affaire de favoritisme présumé au profit du club de Mohed Altrad Montpellier. Selon le JDD du 13 août, Laporte serait intervenu pour que la commission d'appel de la FFR se prononce avec « bienveillance » sur plusieurs décisions de la commission de discipline de la Ligue nationale de rugby concernant le MHR[23]. Selon le JDD et L'Équipe, la commission d'appel de la FFR aurait confirmé le 29 juin le jugement de première instance (infligeant notamment à Montpellier une amende de 70.000 euros) — mais cette allégation sera contredite par le PV de la séance, daté du 29 juin et contre-signé par Philippe Peyramaure, le président de la commission d'appel. Toujours selon ces médias, le lendemain, les peines à l'encontre du MHR seraient réduites après la volte-face d'un des trois membres siégeant ce jour-là, qui aurait modifié son vote[23] alors que le PV d'assemblée ne comporte que la seule date du 29 juin.

Le , le ministère des Sports annonce qu'une enquête interne, confiée à l'inspection générale de la jeunesse et des sports, est ouverte sur les pressions supposément exercées par le président de la FFR auprès de sa commission de discipline[24], cette affaire ne concernant pas Mohed Altrad qui est étranger à l'affaire et qui n'est d'ailleurs pas fonctionnaire. Bernard Laporte est dépositaire, en effet, en tant que Président de la FFR, d'une mission de service public et à ce titre, il est susceptible d'être contrôlé par l'Inspection générale de l’administration.

L'Équipe poursuit sa campagne de presse contre Mohed Altrad[25], publiant sur son site des résumés de l'affaire sous forme de vidéo explicative[26] ou de bande dessinée[27]. Le journal publie même des articles à charge n'ayant aucun rapport avec le sport[28][non neutre]. De son côté, Bernard Laporte finit par porter plainte contre L'Équipe pour diffamation en septembre 2017[29].

Contrat avec BL Communication[modifier | modifier le code]

Selon le JDD, BL Communication, société dirigée par Bernard Laporte, a signé à l'hiver avec la société Altrad, un contrat d'image d'un an pour quatre prestations, pour un montant de 150 000 euros. Le contrat est publié dans la presse, qui relève : « BL Communication s'interdit toute déclaration ou tout comportement public susceptible de nuire à la réputation (d') Altrad »[23], soulevant un problème de conflit d'intérêts entre le président d'un club de Top 14 et celui de la FFR. En raison des polémiques nées d'articles parus dans la presse et des suspicions de favoritisme, le président de la FFR renonce le au contrat d'image qui le lie avec la société Altrad Investment Authority et assure que « la prestation (150 000 euros versés à Laporte pour diverses interventions) ne sera pas réalisée » et « le contractant BL Communication n'en tirera aucun avantage pécuniaire »[30].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Essais et autres[modifier | modifier le code]

Influence[modifier | modifier le code]

  • 590e milliardaire mondial selon le magazine Forbes en 2020[33] avec une fortune professionnelle d'environ 3 milliards d'euros, qui le positionne dans les plus grandes fortunes françaises. L’homme d’affaires est présent dans le classement de Challenges depuis 2000.
  • En 2015, Mohed Altrad est le seul et premier entrepreneur français à recevoir le titre d’ « Entrepreneur de l’année » par le magazine Forbes.
  • 3e personnalité la plus influente du rugby mondial selon Rugby World :
En août 2018, le magazine Rugby World[34] publie son classement des 50 personnes les plus influentes du rugby au niveau international. Pour la première fois, Mohed Altrad, président du Montpellier Hérault rugby, intègre ce classement et se hisse directement à la 3e place. Mohed Altrad est le français le plus influent du classement, derrière l'Argentin Agustín Pichot (vice-président de World Rugby) et le Sud-Africain Rassie Erasmus (sélectionneur des Springboks).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Décret du portant promotion et nomination
  2. Romain Guibert, « Mohed Altrad, le roman d'un entrepreneur », Le Point,‎ (lire en ligne)
  3. Christine Kerdellant, « J'ai gagné ma place en France », L'Express, no 3354,‎ , p. 18-22 (lire en ligne).
  4. RMC, « Mohed Altrad raconte le drame qui a entraîné sa naissance », RMC (consulté le 18 septembre 2019)
  5. (en) Peter Day, « Entrepreneur of the year: a Bedouin turned businessman », BBC.
  6. http://www.sudoc.fr/113179154.
  7. Émission Leurs secrets du bonheur sur France 2, 2012.
  8. « Mohed Altrad dévoile son secret du bonheur », article sur Midi libre, 7 juillet 2012.
  9. « Mohed Altrad pratique un art singulier du management », LExpansion.com,‎ (lire en ligne, consulté le 11 juillet 2018)
  10. « Service aux entreprises: Altrad double de taille », lesechos.fr,
  11. Altrad, « Chiffres clés du groupe Altrad - Rapport activité annuel Altrad - Resultats financiers Altrad », sur www.altrad.com (consulté le 7 août 2015).
  12. (en) « EY - World Entrepreneur Of The Year - Road to Monaco », sur ey.com (consulté le 21 août 2015).
  13. « Mohed Altrad, le Français qui a raflé le Prix Mondial de l’Entrepreneur de l’Année », Les Echos, 7 juin 2015.
  14. « Un Français a reçu le Prix mondial de l'Entrepreneur de l'Année », sur travail-emploi.gouv.fr (consulté le 7 août 2015).
  15. « Mohed Altrad : « Je veux changer Montpellier, comme j'ai changé mon destin de pauvre » », Le Point, (consulté le 16 septembre 2019).
  16. Clément Lacombe, « 10 choses à savoir sur Mohed Altrad, le milliardaire qui veut devenir maire de Montpellier », L'Obs, (consulté le 16 mars 2020).
  17. Cédric Nithard, « Municipales à Montpellier : une triangulaire entre Saurel, Delafosse et Altrad au second tour », sur actu.fr, (consulté le 25 mars 2020).
  18. « Municipales à Montpellier : une alliance à quatre, le coup de poker de Mohed Altrad », sur midilibre.fr (consulté le 2 juin 2020)
  19. Top 14 - Montpellier: Mohed Altrad devient l'actionnaire principal, Le Parisien, 21 mai 2011
  20. Vincent Péré-Lahaille, « XV de France - Le nouveau maillot des Bleus avec le logo Altrad », Rugbyrama, (consulté le 7 mars 2017).
  21. « RUGBY - COUPE DU MONDE 2023 - La France organisera le Mondial ! », sur www.rugbyrama.fr, Rugbyrama, (consulté le 16 novembre 2017)
  22. Nicolas Augot, « Altrad devient sponsor maillot des Bleus », sur www.rugbyrama.fr, Rugbyrama, (consulté le 8 janvier 2018)
  23. a b c et d « FFR - Soupçonné de favoritisme, le président de la FFR Bernard Laporte se retrouve fragilisé », sur www.rugbyrama.fr, Rugbyrama, (consulté le 28 août 2017)
  24. « Affaire Altrad-Laporte: le ministère des sports va déclencher une enquête interne », sur rmcsport.bfmtv.com, RMC Sport, (consulté le 8 septembre 2017)
  25. « Grenoble : le président Eric Pilaud apostrophe Mohed Altrad », sur lequipe.fr, L'Équipe, (consulté le 28 octobre 2017)
  26. « L'affaire Laporte-Altrad en vidéo », sur lequipe.fr, L'Équipe, (consulté le 28 octobre 2017)
  27. « La chronologie de l'affaire Laporte - Altrad en dessins », sur lequipe.fr, L'Équipe, (consulté le 28 octobre 2017)
  28. « Les zones d'ombre de Mohed Altrad », sur lequipe.fr, L'Équipe, (consulté le 28 octobre 2017)
  29. « Bernard Laporte porte plainte contre "L'Équipe" pour diffamation », sur huffingtonpost.fr, (consulté le 28 octobre 2017)
  30. « FFR : Bernard Laporte renonce à son contrat d'image le liant à Altrad », sur lequipe.fr, L'Équipe, (consulté le 28 août 2017).
  31. Décret du portant promotion et nomination
  32. « Montpellier : Mohed Altrad reçoit le prix du rayonnement », sur www.midilibre.fr, (consulté le 2 octobre 2019).
  33. La fortune de Mohed Altrad sur Forbes
  34. « Sport24 Le Figaro - Mohed Altrad 3e personne la plus influente du rugby mondial », sur lefigaro.fr, (consulté le 23 août 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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