Dauphin (titre)

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Dauphin de France
Image illustrative de l’article Dauphin (titre)
Armoiries du dauphin de France.

Image illustrative de l’article Dauphin (titre)
Louis-Antoine, dernier dauphin en titre de France

Création 1350
Premier titulaire Charles de France
Dernier titulaire Louis de Bourbon, « duc de Bourgogne » / Jean d'Orléans, « duc de Vendôme »

Dauphin fut d'abord le surnom, puis le titre, des seigneurs du Dauphiné de Viennois, comtes d'Albon-Viennois et, à partir du « Transport » du Dauphiné au royaume de France, en 1349, le titre porté par le fils aîné du roi de France. Il désigne alors l'héritier présomptif de la couronne, jusqu'à son sacre[1] ou son décès, auquel cas le titre passe au prochain héritier présomptif du trône.

Robert IV, fils de Guillaume VII d'Auvergne, comte de Clermont, et de Marquise d'Albon, fille de Guigues IV appelé Dauphin, a porté le prénom de Dauphin en hommage à son grand-père et adopté un blason représentant un dauphin. Le titre de Dauphin d'Auvergne est pris par ses descendants. Le dauphiné d'Auvergne est une partie du comté d'Auvergne après son partage entre Guillaume VII et son oncle Guillaume VIII et a subsisté jusqu'à la Révolution française dans la maison de Bourbon.

Il est porté aujourd'hui par la Maison de Bourbon et la maison d'Orléans en titre de courtoisie par l'héritier au Trône de France.

Histoire[modifier | modifier le code]

Titre du comte de Viennois (1133-1349)[modifier | modifier le code]

Les comtes de Viennois et comtes d'Albon, seigneurs du Dauphiné de Viennois, furent les premiers à porter le titre de dauphins du Viennois.

Ce surnom vient du fait que de nombreux comtes du Viennois ont porté comme second prénom Dauphin, équivalent assez peu courant au masculin du prénom féminin Delphine (ou Dauphine), depuis Guigues IV Dauphin, comte d'Albon et du Viennois de 1133 à 1142. Ce prénom, Dauphin (Delphinus en latin), qui représente un animal marin homonyme, rappelle les liens forts du Dauphiné avec la Provence et donc la Méditerranée.

Titre de l'héritier du trône de France (1349-1830)[modifier | modifier le code]

Représentation héraldique de la couronne du Dauphin de France.

Les héritiers du trône de France portaient le titre de dauphin, depuis le 30 mars 1349[2], date du traité de Romans par lequel Humbert II du Viennois avait vendu sa seigneurie d'Albon et du Viennois (appelé par la suite Dauphiné) au roi de France Philippe VI, à la condition que le Dauphiné fût le fief de son fils aîné, qui porterait désormais le titre de dauphin. C'est le petit-fils de Philippe VI, le futur Charles V, qui fut le premier dauphin. Le seul dauphin ayant exercé un pouvoir effectif dans le Dauphiné fut le futur Louis XI qui le gouverna à la façon d'un chef d'État.

Pour avoir le titre de dauphin, il fallait non seulement être l'héritier du trône, mais aussi descendre du roi régnant. Ainsi François Ier, cousin de son prédécesseur Louis XII, ne fut jamais titré dauphin.

Jusqu'à Henri II, on parlait de « dauphin de Viennois », après lui on parla de « dauphin de France ». En effet, le terme de dauphin de France fut utilisé pour le futur François II[3], déjà roi d'Écosse par alliance, jusqu'en 1560 ; il était difficile de mettre sur le même plan le royaume d'Écosse et le Dauphiné de Viennois et le fils aîné d'Henri II porta donc le double titre de roi d'Écosse et Dauphin de France.

Le premier prince français à avoir été surnommé « le dauphin » fut Charles V le Sage, aîné des petits-fils de Philippe VI. Le dernier fut le fils aîné de Charles X, Louis-Antoine (auparavant duc d'Angoulême jusqu'en 1824), qui renonça à ses droits en faveur de son neveu le duc de Bordeaux, en même temps que Charles X abdiqua la couronne, le 2 août 1830. depuis il est porté en titre de courtoisie par les prétendants légitimistes et Orléanistes.

Autres utilisations[modifier | modifier le code]

  • Le titre de dauphin de Gérone a été utilisé en 1387-1388 pour désigner l'infant Jaume, fils et héritier du roi Jean Ier d'Aragon. Le titre traditionnel des héritiers de la couronne d'Aragon était duc de Gérone, mais il est probable que le roi, sous l'influence du modèle français, ait voulu distinguer son fils des autres princes de la maison d'Aragon. Après la mort de l'infant Jaume, le titre de dauphin de Gérone ne fut plus utilisé.
  • L'expression s'utilise encore couramment pour désigner le successeur désigné d'une personnalité célèbre (homme d'État, champion, magnat fortuné…).

Titre de courtoisie[modifier | modifier le code]

Maison de Bourbon[modifier | modifier le code]

Le titre de dauphin de France est actuellement porté comme titre de courtoisie par la Maison de Bourbon, pour le fils aîné du prétendant au trône. Voici la liste[4] des dauphins pour les légitimistes :

Maison d'Orléans[modifier | modifier le code]

Le titre de dauphin de France est actuellement porté[5] comme titre de courtoisie par la maison d'Orléans, pour le fils aîné du prétendant au trône. Voici la liste[4] des dauphins pour les orléanistes :

  • 1883-1894 : Philippe d'Orléans (1869-1926), « duc d'Orléans », fils de Philippe d'Orléans, « comte de Paris ». Prétendant orléaniste au trône de France de 1894 à 1926.
  • 1926-1940 : Henri d'Orléans (1908-1999), « comte de Paris », fils de Jean d'Orléans, « duc de Guise ». Prétendant orléaniste au trône de France de 1940 à 1999.
  • 1940-1999 : Henri d'Orléans (1933), « comte de Clermont », fils du précédent. Prétendant orléaniste au trône depuis 1999. Son père l'exclut de trône en 1987. Il retrouve ses droits dynastiques en 1990.
  • 1999-2017 : François d'Orléans (1961-2017), « comte de Clermont », fils aîné de Henri d'Orléans (1933) et frère aîné du précédent. Atteint de toxoplasmose, il est gravement handicapé mentalement. Écarté de la « succession au trône » en 1981 par son grand-père, le « comte de Paris », au profit de son frère cadet, Jean d'Orléans, « duc de Vendôme », il retrouve ses « droits dynastiques » en 2003 suite à un communiqué de son père devenu chef de la maison en 1999. Le « duc de Vendôme » se voit confier la charge de « régent du dauphin »[6]. En 2016, son père affirme qu'un « conseil de régence » devra se mettre en place autour du « duc de Vendôme », décisions contestées et non reconnues par Jean, tuteur légal de François. Les partisans de la maison d'Orléans se divisent donc entre Jean et François. Le décès du « comte de Clermont » a mis fin à ces querelles familiales.
  • depuis 2018 : Jean d'Orléans (1965), « duc de Vendôme », deuxième fils du précédent. À la suite de l'exclusion de son frère aîné en 1981 (de la succession de par son handicap) et de son père en 1987, il a été reconnu comme « dauphin ». En 1990, son grand-père annule l'exclusion au trône de son père. A la mort de son grand-père en 1999, son père le reconnait comme l'héritier du trône en se basant sur un « acte souverain » du 25 septembre 1981[7]. Son père reconnait ensuite son frère aîné en 2003 mais le prince Jean ne reconnaît pas la validité des décisions de son père, devenu chef de la maison en 1999, pour réintroduire François dans la succession, considérant que cela viole les volontés irrévocables de son grand-père prises lors de cet « acte souverain » de 1981.

Liste des dauphins de France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des dauphins de France.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C'était le titre par lequel était désigné par Jeanne d'Arc le futur Charles VII jusqu'à son sacre.
  2. Gilles-Marie Moreau, Le Saint-Denis des Dauphins, Éditions L'Harmattan, , p. 28
  3. Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve - XVIIIe siècle, P.S.R. éditions, 2004, p. 185.
  4. a et b Certains ouvrages font état d'une numérotation pour les dauphins de France, mais cette numérotation diffère suivant les auteurs.
  5. Bruno Goyet, Henri d'Orléans, comte de Paris (1908-1999) : le prince impossible, Paris, Éditions Odile Jacob, , 363 p. (ISBN 9782738109347, lire en ligne), p. 26.
  6. « Succession dynastique dans la Famille royale de France » par Henri d'Orléans, « comte de Paris » et « duc de France », le 6 mars 2003.
  7. « Le prince Jean de France réaffirme sa place dans l'ordre de succession au trône de France - Le blog de La Couronne », Le blog de La Couronne,‎ (lire en ligne, consulté le 18 octobre 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]