Œillet

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Œillet
Nom commun ou
nom vernaculaire ambigu :
L'expression « Œillet » s'applique en français à plusieurs taxons distincts. Page d'aide sur l'homonymie
Dianthus hyssopifolius subsp. gallicus,l'œillet de France
Dianthus hyssopifolius subsp. gallicus,
l'œillet de France
Taxons concernés

Dans le Règne végétal

Dans le Règne animal

Œillets est un nom vernaculaire ambigu désignant en français diverses plantes herbacées, souvent utilisées comme plantes ornementales ou « fleurs à couper ». Les pétales de leurs fleurs (ou inflorescences) sont généralement dentés, découpés voire laciniés.

Le genre des œillets « véritables » est Dianthus, de la famille des Caryophyllaceae. Pourtant, une autre espèce, de la famille des Asteraceae est aussi réputée que ceux-ci : l'œillet d'Inde (Tagetes patula). Cette espèce a été nommée par analogie avec la forme des fleurs de certaines espèces du genre Dianthus.

Sont nommées « œillets » également des espèces d'autres genres de Caryophyllaceae et d'autre familles. Enfin, une anémone de mer, Metridium senile est appelée « œillet de mer », encore par analogie de forme.

Son nom fait référence à l’œil situé au centre de la fleur[1].

Genre Dianthus[modifier | modifier le code]

Espèces d'origine européenne[modifier | modifier le code]

Espèces d'origine asiatique[modifier | modifier le code]

Genre Petrorhagia[modifier | modifier le code]

Genre Silene[modifier | modifier le code]

Autres espèces de Caryophyllaceae appelées « œillet »[modifier | modifier le code]

L'œillet d'Inde[modifier | modifier le code]

L'œillet d'Inde, Tagetes patula
  • L'œillet d'Inde, Tagetes patula L., est une espèce de plantes de la famille des Asteraceae. C'est une espèce très utilisée en horticulture. Elle n'est pas toxique, les fleurs sont même comestibles, et est très facilement cultivable.

Espèces d'autres familles[modifier | modifier le code]

Règne animal[modifier | modifier le code]

L'œillet de mer ou anémone plumeuse, Metridium senile Linnaeus, est une espèce d'anémone de mer, que l’on trouve dans l’Atlantique Nord.

Répartition[modifier | modifier le code]

La plupart des espèces ont une répartition européenne.

Certaines peuvent avoir une origine moyen-orientale car on y retrouve des œillets sur des céramiques du XVe siècle. L'œillet de Chine, Dianthus chinensis, est originaire de Chine.

Histoire et symbolique[modifier | modifier le code]

Les Grecs ornaient d'œillets les couronnes des athlètes vainqueurs. Les Romains l'utilisaient en cuisine ou pour honorer leurs dieux. L'œillet se répand en France vers le XVe siècle où il est utilisé principalement comme plante ornementale et en boutonnière à cause de sa bonne conservation (quinze jours dans un vase, ce qui est un record chez les fleurs coupées)[3].

Selon plusieurs traditions et légendes, les œillets rouges naissent des gouttes de sang du Christ en croix[4].

Chez les primitifs flamands, ou plus généralement dans la peinture du Moyen Âge, l'œillet symbolise l'engagement et la fidélité conjugale[5].

L'œillet est une des fleurs faisant partie des superstitions théâtrales.

L'œillet rouge est un des symboles du mouvement ouvrier. En France tout particulièrement, on porte un œillet rouge à la boutonnière pour la fête du Travail. Cette tradition, reprise au boulangisme, remonte au 1er mai 1890, où pour répondre à l'appel de la IIe Internationale malgré l'interdiction de manifester prévue par la Sozialistengesetz, les militants décident de se retrouver dans des parcs en portant un œillet rouge en signe de reconnaissance. Plutôt délaissé en République fédérale d'Allemagne, ce symbole était très utilisé en République démocratique allemande, entre autres par les organisations de jeunesse.

C'est l'organisation American War Mothers (en) qui décide en 1921 que la fleur de la Fête des Mères aux États-Unis serait l'œillet blanc[6].

Au Portugal, l'œillet était également le signe de ralliement des militaires opposés à la dictature salazariste, terminée par la révolution des œillets.

Plantes ornementales devenues presque aussi prisées que la rose (il s'en vend 12 milliards de tiges par an contre 15 pour les roses[7]), elles se répartissent en deux grandes familles (les monoflores et les miniatures) et deux types de pétales (dentelés et ronds) qui se déclinent en une infinité de couleurs vraies ou obtenues par teinture (non par trempage mais par absorption d'une solution colorée par la tige)[8].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fleurs comestibles : Du jardin à la table Mélinda Wilson, Guylaine Girard, Les Editions Fides,‎ 2008 (lire en ligne), p. 142
  2. Petrorhagia fasciculata.
  3. Mélinda Wilson, op. cité, p.143
  4. Joan Amades, Des étoiles aux plantes : petite cosmogonie catalane, Presses Univ. du Mirail,‎ 1994 (lire en ligne), p. 137
  5. Fernand Mercier, La valeur symbolique de l'œillet dans la peinture du Moyen Âge, Revue de l'art ancien et moderne, LXXI, 1937, pp. 233-236.
  6. Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, Felix Alcan,‎ 1935, p. 546
  7. Julie Chériguène, « Mignonne, allons voir… pourquoi la rose refleurit », sur inra.fr,‎ 13 mai 2013
  8. Julie Montagard, « La révolution des œillets », sur lexpress.fr,‎ 6 novembre 2003