Oblast de Mourmansk

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Oblast de Mourmansk
(ru) Мурманская область
Armoiries de l'Oblast de Mourmansk
Armoiries de l'Oblast de Mourmansk
Drapeau de l'Oblast de Mourmansk
Drapeau de l'Oblast de Mourmansk
Oblast de Mourmansk
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
Région économique Nord
District fédéral Nord-Ouest
Statut politique Oblast
Création 28 mai 1938
Capitale Mourmansk
Gouverneur Marina Kovtoun
Démographie
Population 795 409 hab. (2010)
Densité 5,5 hab./km2
Géographie
Superficie 144 902 km2
Autres informations
Langue(s) officielle(s) Russe
Fuseau horaire UTC+4
Code OKATO 47
Immatriculation 51
Liens
Site web http://www.gov-murman.ru

L'oblast de Mourmansk (en russe : Му́рманская о́бласть, Mourmanskaïa oblast) est une division territoriale ou oblast de la fédération de Russie. Sa capitale administrative est la ville de Mourmansk.

Géographie[modifier | modifier le code]

Paysage enneigé et rivière dans le raïon de Kola.

Située à l'extrême nord de la Russie d'Europe, l'oblast couvre une superficie de 144 902 km2. Elle correspond géographiquement à la péninsule de Kola. Elle est limitée au nord par la mer de Barents, à l'est et au sud par la mer Blanche, au sud par la république de Carélie et à l'ouest par la Finlande et la Norvège.

La capitale Mourmansk est le port d'attache des brise-glace nucléaires de l'Arctique russe. La ville militaire voisine de Severomorsk est le port d'attache de la flotte du Nord.

La nature garde dans cette région une place prépondérante avec des paysages de toundra et de taïga, ainsi que de nombreux cours d'eau.

Histoire[modifier | modifier le code]

La colonisation russe[modifier | modifier le code]

Les Pomors étaient des chasseurs originaires de la Novgorod ; leur descendants colonisèrent les côtes de la Mer Blanche.

Après l'annexion de la république de Novgorod (1478), l'immigration russe dans la péninsule de Kola s'était poursuivie jusqu'au XVIe siècle, avec la fondation de colonies comme Kandalakcha et Porya-Guba[1]. Kola est mentionnée pour la première fois en 1565[1]. À la fin du XVe siècle, Pomors et Lapons furent réduits au servage, surtout par les monastères[2]. Tout au long du XVIIe siècle, en effet, les principautés monastiques (votchina) gagnèrent en puissance, avant d'être abolies en 1764, avec la confiscation de tous les serfs de la Péninsule de Kola, devenus propriété de l'état tsariste[2].

Au cours de la seconde moitié du XVIe siècle, le roi Frédéric II de Danemark exigea du Tsarat de Russie qu'il cède la péninsule[1] ; la Russie s'y refusa, et afin d'organiser la défense de cette province de marche, y établit un voïvode[3]. Ce gouverneur siégeait à Kola, qui devint le chef-lieu administratif de la région[3]. Jusque-là, les tâches administratives incombaient aux percepteurs de Kandalakcha[3]. Le nouvel ouiezd de Kolsky recouvrait l'essentiel de la péninsule (à l'exception des volosts de Varzouga et d'Oumba, qui faisaient partie de l'Ouiezd de Dvinsky), ainsi que la moitié septentrionale de la Karélie jusqu'à Lendery[3].

Malgré leur activité économique, les colonies permanentes de la péninsule virent leur population stagner jusque dans les années 1860, et elles ne connurent qu'une croissance sporadique jusqu'en 1917[4]. La population de Kola en 1880, par exemple, n'était que de 500 habitants répartis en 80 foyers, contre 1 900 habitants et 300 foyers en 1582[5]. Les infrastructures de Transport étaient quasi-inexistantes et les communications avec le reste de la Russie, irrégulières[5]. L'année 1887 vit un afflux de Komis et de Nenets qui fuyaient une épidémie de rennes et amenaient avec eux de grands troupeaux, aggravant la compétition pour les prairies avec les Lapons, et la marginalisation des autochtones[6]. Vers la fin du XIXe siècle, les Lapons avaient été pratiquement repoussés au Nord, les Russes ethniques occupant tout le sud de la péninsule[6]. Le village de Lovozero devint le dernier bastion de la culture same[6].

En 1894, la péninsule reçut la visite du Ministre russe des Finances, Serge Witte, qui revint convaincu du potentiel économique de la région[5], et c'est ainsi que dès 1896, la région était reliée par le téléphone et le télégraphe au le reste du continent[5]. On envisagea même la construction d'une ligne de chemin de fer[5]. En 1896, la ville d'Alexandrovsk (auj. Polyarni) était fondée, et elle connut une croissance si forte que dès 1899 elle recevait le statut de ville, et l'ouiezd de Kolsky fut rebaptisé ouiezd d'Alexandrovski[7].

Au cours de la Première Guerre mondiale, la péninsule, encore sous-développée, se trouva occuper une position stratégique, à la jonction de la Russie et de ses Alliés : ses ports libres de glace restaient l'ultime débarcadère pour les fournitures en armement du front estt[5]. Au mois de mars 1915, l’Empire russe fit établir une ligne de chemin de fer improvisée, et le service commença en 1916, malgré l'inachèvement des voies[5]. En 1916, les autorités russes inaugurèrent au terminus de cette ligne[5] un nouveau port de guerre, Romanov-na-Murmane[7] (l'actuelle Mourmansk) ; cette ville devint bientôt la plus grande de la péninsule.

De l'ère soviétique à la Fédération de Russie[modifier | modifier le code]

Colonie norvégienne de la péninsule de Kola, dans les années 1930.

Les Soviets réclamèrent la péninsule dès le 9 novembre 1917 a.s., mais ce territoire demeura occupé par les armées de la Triple-Entente entre mars 1918 et mars 1920[8]. Le pouvoir soviétique rebaptisa l’ouiezd d'Alexandrovski : « gouvernement de Mourmansk » au mois de juin 1921[9]. Le 1er août 1927, le Comité exécutif central pan-russe (VTsIK) vota deux résolutions : « Sur la création de l’Oblast de Leningrad » et « Frontières et composition des okrougs de l’Oblast de Leningrad » : ces décisions faisaient du gouvernement de Mourmansk l’« Okroug de Mourmansk » (divisé en six districts) et lui annexaient l’Oblast de Léningrad[9]. Cette organisation prévalut jusqu’au 28 mai 1938, date à laquelle on sépara de nouveau l’okroug de l’Oblast de Leningrad, pour le fusionner avec le District de Kandalakchsky de la République socialiste soviétique autonome de Carélie : ainsi prit naissance l'actuel Oblast de Mourmansk[10].

L’ère soviétique a été marquée par un accroissement important de la population (799 000 habitants en 1970 pour seulement 15 000 en 1913), mais cette population s'est concentrée dans les villes nées autour de la voie de chemin dee fer et le littoral[4] ; tout le reste du territoire était voué l'élevage[4]. Dans l'Entre-deux guerres, la ville de Kirovsk ainsi que plusieurs camp de travailleurs ont vu le jour dans la péninsule[8].

Les Sames furent soumis à la collectivisation forcée, avec plus de la moitié des troupeaux de rennes collectivisés en 1928–1930[6]. En outre, les pratiques d'élevage traditionnelles des Sames furent interdites pour promouvoir celles des Komi, jugées plus rentables parce que fondées sur la sédentarisation[6]. La culture des Sames étant intimement liée à la pratique de l'élevage, cette politique entraîna la disparition progressive de la langue lapone et la perte de savoirs ancestraux[6]. La plupart des Lapons se trouvèrent reclus au village de Lovozero ; ceux qui s'opposaient à la collectivisation étaient condamnés aux travaux forcés ou à l'exécution[6]. Il y eut diverses formes de persécution contre ce peuple jusqu'à la mort de Staline en 1953[6]. Dans les années 1990, 40% des Lapons vivaient en ville [6].

Les Lapons n'ont pas été les seules victimes de la répression : des milliers d'opposants ont été déportés vers Kola entre 1930 et 1953, et en 2007, plus de 2000 de leurs descendants vivent dans la région[11] : la plupart de ces déportés étaient des paysans de la Russie méridionale soumis à la dékoulakisation[12]. Les SOviétiques eurent souvent recours au travail forcé pour construire les nouvelles usines[13] et les faire fonctionner : en 1940, par exemple, l'ensemble du complexe minier de Severonikel était géré par la NKVD[14].

Population[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Après une croissance démographique extrêmement rapide à l'époque soviétique, la population de cette oblast connaît un rapide déclin depuis la dislocation de l'Union soviétique, perdant plus de 30 pour cent de ses effectifs entre les recensements de 1989 et de 2010 :

Évolution démographique (recensements)
1926 1939 1959 1970
32 000 291 000 567 672 799 527
1979 1989 2002 2010
965 462 1 146 757 892 534 795 409


Nationalités[modifier | modifier le code]

La population de l'oblast comprend en 2010 :

Elle compte également de petits groupes d'ethnies autochtones : Saami, Nénètses, Komis, Caréliens, Finlandais, Norvégiens.

Urbanisation[modifier | modifier le code]

Sur une population totale de 795 409 habitants en 2010, on dénombrait 92,8 pour cent de citadins[15]. La population de l'oblast se concentre dans quelques villes et localités de type urbain :

Ville Nom russe Population
2010
Mourmansk Мурманск 307 664
Apatity Апатиты 59 690
Severomorsk Североморск 50 076
Kandalakcha Кандалакша 35 659
Kirovsk Кировск 28 639
Olenegorsk Оленегорск 23 079
Poliarny Полярный 17 304
Zapoliarny Заполярный 15 835
Poliarnye Zori Полярные Зори 15 106
Mourmachi Мурмаши 14 157
Nikel Никель 12 771

Divisions territoriales[modifier | modifier le code]

Vue du village de Kolvitsa (dépendant du raïon de Kandalakcha), au bord de la Kolvitsa.

L'oblast de Mourmansk est divisé en cinq districts administratifs municipaux et en douze villes-arrondissements (ou arrondissements urbains):

Districts municipaux[modifier | modifier le code]

Arrondissements urbains[modifier | modifier le code]

Ce sont cinq arrondissements urbains fermés et sept arrondissements urbains:

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Lac de Ioumas.
Buisson de plaquebière dans la région de Mourmansk.
Vallée de la Touloma.

Presque tout l'oblast de Mourmansk est recouvert par la toundra et la toundra forestière. C'est seulement dans le sud de l'oblast que se rencontre une végétation de taïga. Les arbres du nord de la région sont presque toujours nains (bouleau et tremble). L'épinette pousse bien, on peut rencontrer des conifères. La toundra est surtout tapissée de mousses et de lichens, avec des buissons de baies, comme l'airelle, la plaquebière (mûre des marais), la myrtille des marais, l'airelle rouge, ou la canneberge. La région est recouverte aussi d'immensités de bois.

La faune est assez pauvre, la faune aquatique étant plus importante que la faune terrestre dans cete région au climat rigoureux. On y observe toutefois nombre de renards, martres, gloutons arctiques, ou belettes. Les renards polaires, loups et ours bruns peuvent se rencontrer. Les élans et rennes sont répandus et les écureuils et lemmings fort nombreux.

Parmi les oiseaux, la région accueille le lagopède, le harfang des neiges, la gélinotte et le grand tétras. À l'abri dans les forêts du sud, vivent les mésanges, les bouvreuils et les jaseurs. Il y a beaucoup de goélands, de sternes et d'autres oiseaux marins.

Les côtes sont propices aux harengs, morues, bars, flétans, et aux plies; les lacs et les cours d'eau - fort nombreux - sont riches de truites, saumons, corégones, ombres, et toute sorte de poissons nordiques, ainsi qu'en grande quantité de brochets et de perches.

Réserve naturelles[modifier | modifier le code]

Il existe dans la région plusieurs réserves naturelles ou parcs naturels:

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Administrative-Territorial Divisions of Murmansk Oblast, p. 18
  2. a et b Atlas of Murmansk Oblast (1971), p. V
  3. a, b, c et d Administrative-Territorial Divisions of Murmansk Oblast, p. 19
  4. a, b et c Atlas of Murmansk Oblast (1971), p. IV
  5. a, b, c, d, e, f, g et h D'après Wm. O. Field, Jr., The Kola Peninsula. Gibraltar of the Western Arctic., vol. I,‎ juillet 1938, chap. 2.
  6. a, b, c, d, e, f, g, h et i Robinson & Kassam, p. 92–93
  7. a et b Administrative-Territorial Divisions of Murmansk Oblast, p. 24
  8. a et b 1971 Atlas of Murmansk Oblast, p. VI
  9. a et b Administrative-Territorial Divisions of Murmansk Oblast, p. 28
  10. Décret du 28 mai 1938
  11. D'après (ru) « A Monument to the Victims of Political Repressions Is Planned to Open in Murmansk by October 30 », RIA Novosti,‎ 26 septembre 2007 (lire en ligne)
  12. Kola Encyclopedia. Kola Krai in 1920–1939 (ru)
  13. Richmond, p. 354
  14. Ivanova, p. 83
  15. Résultats préliminaires du recensement du 14 octobre 2010 [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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