Pygargue à queue blanche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Pygargue à queue blanche

Description de cette image, également commentée ci-après

Haliaeetus albicilla

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Accipitriformes
Famille Accipitridae
Genre Haliaeetus

Nom binominal

Haliaeetus albicilla
(Linnaeus, 1758)

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 04/02/1977

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Répartition géographique

Description de l'image  Haliaeetus albicilla dis.PNG.

     /    habitat permanent

     /    zone d'hivernage

     /    nidification

Description de l'image  Image:Haliaeetus_albicilla_juv.jpg .

Juvénile sur son nid

Le Pygargue à queue blanche appelé également grand aigle de mer, aigle barbu, huard, orfraie ou encore haliète albicille (Haliaeetus albicilla) est une espèce de rapace de grande envergure de la famille des Accipitridae.

Description[modifier | modifier le code]

Pygargue très corpulent et de grande taille, il a une silhouette massive caractérisée par une large envergure et une queue courte cunéiforme. L'ensemble du plumage est brun foncé sauf la tête et la base du cou légèrement plus clairs. Les oiseaux âgés ont la tête et le cou blancs. Les adultes ont la queue blanche. La moitié de la longueur des pattes est emplumée. La tête est large et le bec très massif. Les pattes et le bec sont jaunes.

Le juvénile est beaucoup plus foncé, gagnant progressivement le plumage adulte en 5 ou 6 ans. La queue et le bec sont foncés, et la queue présente une bande terminale foncée chez les subadultes, avant de blanchir.

Le pygargue à queue blanche se fait entendre surtout pendant la nidification, les parades et la défense du territoire. Le mâle émet des cris puissants à la manière rauque des mouettes. La femelle a une voix plus grave. Le cri de contact est une série de « krick-rick-rick-rick », dont la fréquence et la tonalité augmentent. Le cri d'alarme « kli-kli-kli » prévient de l'arrivée d'un intrus sur le territoire.

Sa taille varie entre 69 à 91 cm, pour un poids de 4 à 6 kg. L'envergure de ce rapace peut atteindre 240 cm[1].

Habitat[modifier | modifier le code]

Le pygargue à queue blanche est une espèce liée aux milieux aquatiques (côtes maritimes, grandes rivières, lacs, etc.), soit à l'intérieur des terres, soit au bord de mer. Dans les terres, le pygargue à queue blanche se plaît au bord des lacs et des fleuves propices à la prédation, dans la toundra et dans la forêt. Sur les côtes, il fréquente les falaises rocheuses escarpées.

Son aire de répartition s'étend du Groenland au nord de l'Europe et à la Sibérie. Quelques pays européens accueillent une forte population de pygargues à queue blanche : la Norvège, le nord de l'Allemagne, les pays baltes, la Pologne et la Russie.

Comportement[modifier | modifier le code]

Cinq années lui sont nécessaires pour atteindre la maturité sexuelle. C'est un oiseau particulièrement discret en dehors de la période de reproduction. Il possède quasiment la même technique de chasse que les autres pygargues ou aigles pêcheurs, à la différence qu'il fait preuve d'endurance et est capable de poursuivre sa proie jusqu'à épuisement.

En Europe, les pygargues à queue blanche adultes sont en général sédentaires. Les oiseaux nordiques (nord de la Russie et Laponie) descendent vers le sud en hiver. Les oiseaux âgés vagabondent, mais les jeunes bougent davantage et sont presque migrateurs.

Les couples restent sur leur territoire à l'année. Ils sont unis pour la vie et se reproduisent dans le même territoire chaque année. Au printemps, les parades aériennes se déroulent au-dessus du territoire. Les deux partenaires volent à environ 200 mètres de hauteur, proches l'un de l'autre, et effectuent des figures, des piqués et simulent des attaques.

Le pygargue à queue blanche se nourrit d'oiseaux, de mammifères ou de poissons. Il apprécie le gibier d'eau (oies, foulques, canards, etc.) mais il est surtout friand de poissons. Il ne dédaigne pas les cadavres quand les temps sont durs et que la nécessité se fait sentir. Il chasse à l'affût, en volant assez bas ou en décrivant des cercles en hauteur afin de repérer ses proies.

Le pygargue à queue blanche tient ses ailes tendues à plat ou légèrement arquées quand il plane. Quand il glisse, elles sont serrées vers l'avant, et plutôt aplaties ou un peu arquées, souvent avec la main abaissée. Le vol est lourd, avec des séries de battements peu profonds, intercalés de courts glissés. En vol, le pygargue à queue blanche rappelle souvent le vautour.

Il pêche sur les eaux calmes qui lui permettent de voir les poissons. Quand une proie est repérée, il vole brièvement sur place, juste au-dessus, puis il la saisit au cours d'un vol rasant, en projetant rapidement ses serres dans l'eau. Il peut aussi rester immobile ou patauger sur le bord pour y trouver des poissons. Plus rarement, il pratiquera aussi le piqué. Lorsqu'un poisson est trop lourd, il le tire jusqu'à la rive en battant des ailes. Les oiseaux et les mammifères sont plutôt capturés par surprise. Il épuise les oiseaux aquatiques et leur chasse est plus longue. Sa victime plonge pour éviter l'attaque, et il choisit le moment où elle remonte pour se précipiter sur elle. C'est en répétant ces attaques qu'il parvient à capturer sa proie. Il capture aussi des oiseaux en vol, anatidés ou grands corbeaux. Il passe beaucoup de temps perché, sans bouger, sur un arbre, ou s'aventure en planant à travers son territoire.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Son nid, auquel il rajoute des branches chaque année, est particulièrement volumineux et construit soit au sommet d'un grand arbre soit à l'abri d'une falaise inaccessible. Chaque couple en a plusieurs qui sont utilisés à plusieurs reprises et pendant une période importante.

Le pygargue à queue blanche construit son nid à quelques kilomètres des lieux de gagnage, souvent en lisière de forêt ou à la campagne, à proximité de l'eau, dans de vieux arbres centenaires (pin sylvestre ou hêtre). Suivant la région, il peut aussi nicher sur des récifs ou des îles au large et sur les falaises.

La femelle dépose 2 à 3 œufs blancs, à intervalles de 2 à 5 jours, occasionnant ainsi des naissances échelonnées. L'incubation dure environ 35 à 45 jours, assurée par les deux parents, mais surtout par la femelle qui surveille les poussins en permanence pendant les premiers quinze jours qui suivent la naissance. À quatre semaines, ils restent seuls au nid, tandis que les adultes chassent. Ils commencent à voler à l'âge de deux mois et demi, et restent aux alentours du nid pendant deux à trois semaines. Il leur faudra encore deux mois ou plus pour devenir indépendants.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

D'après Alan P. Peterson, cette espèce est constituée des deux sous-espèces suivantes :

  • Haliaeetus albicilla albicilla (Linnaeus) 1758 ;
  • Haliaeetus albicilla groenlandicus C.L. Brehm 1831.

Statut de conservation[modifier | modifier le code]

Même si actuellement les effectifs du Pygargue à queue blanche sont en légère croissance, grâce à l'abandon des polluants les plus toxiques, et à sa protection dans toute l'Europe, la population en Europe ne dépasse pas les 2 500 couples (dont 700 couples en Pologne). La chasse, les empoisonnements, la pollution des eaux, les prélèvements d'œufs et de poussins ainsi que la destruction et la disparition des zones humides, sont les principaux dangers qui la menacent.

Protection[modifier | modifier le code]

Le Pygargue à queue blanche bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire. Il est inscrit à l'annexe I de la directive Oiseaux de l'Union européenne[2]. Il est donc interdit de le détruire, le mutiler, le capturer ou l'enlever, de le perturber intentionnellement ou de le naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids et de détruire, altérer ou dégrader leur milieu. Qu'il soit vivant ou mort, il est aussi interdit de le transporter, colporter, de l'utiliser, de le détenir, de le vendre ou de l'acheter.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. J. Felix, Oiseaux des Pays d'Europe, éditions Artia, 1978. p. 117.
  2. Le statut juridique des oiseaux sauvages en France, Ligue pour la protection des oiseaux

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :