Langues sames

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne les langues sames. Pour les peuples sames, voir Saames.
Same
Sámegiella
Pays Norvège, Suède, Finlande, Russie
Région Laponie
Nombre de locuteurs 30 000
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-2 smi
ISO 639-5 smi
IETF smi
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Ártihkkal 1.

Buot olbmot leat riegádan friddjan ja olmmošárvvu ja olmmošvuoigatvuoðaid dáfus dássásažžab, Sudhuude kea addib huervnu ha ianedivdym ha vyigjat gakget neabbydut gyunnuudeaset gyivdy vuekhakaš vuoiŋŋain.

Le same (ou « lapon », terme d'origine scandinave), dénommé sámegiella ou sápmelaš ou encore sápmi ou sámi, est une langue qui fait partie de la famille des langues finno-ougriennes. Il est parlé par environ 35 000 Saami, en Laponie, vaste territoire allant du centre de la Suède à l'extrémité de la péninsule de Kola (Russie), en passant par le nord de la Norvège et de la Finlande.

Classification[modifier | modifier le code]

Distribution géographique des langues sames

Le same se subdivise en neuf aires linguistiques (plus deux langues éteintes), parfois qualifiées de « dialectes ». Certains spécialistes[Qui ?] (hors du conseil same et des institutions linguistiques norvégiennes et suédoises) les considèrent aujourd’hui comme des langues à part entière. Les langues sames sont classées de la manière suivante[1] :

  • groupe de l’est :
  • groupe de l’ouest :
    • sous-groupe du nord :
      • same de Lule (julevsábme, 2 000 locuteurs),
      • same du Nord (davvisámegiella, ou plus couramment davvisápmi, la variété la plus parlée : 30 000 locuteurs, essentiellement en Norvège, mais aussi en Suède et en Finlande),
      • same de Pite (bihtánsápmi ou biđonsámegiella, une vingtaine de locuteurs) ;
    • sous-groupe du sud :
      • same d'Ume (ubmisámegiella, une vingtaine de locuteurs) ;
      • same du Sud (åarjelsaemien gïele, 500 locuteurs, en Suède et en Norvège).

Histoire[modifier | modifier le code]

Mère et enfant, 1917

En 1948, les spécialistes des dialectes sames K. Bergsland et I. Ruong décident de réformer l'écriture du same du nord en vue de préserver la langue. Les Saami de Finlande dont la tradition écrite est plus marquée décident de rester à l'écart de cette réforme et choisissent de conserver leur orthographe basée sur leur propre phonétique. Les Saamis de la Péninsule russe de Kola utilisant un alphabet cyrillique adapté n'étaient donc pas concernés pas cette réforme.

Depuis 1979, le same du nord est officiellement employé par les trois pays nordiques et promu par les différentes administrations scolaires, les radios, la télévision et la presse écrite. Les institutions sami comme le conseil saami ou la Fédération nationale des Saami de Suède en ont fait leur langue officielle. Elle apparait aussi dans la signalisation routière locale.

Écriture[modifier | modifier le code]

Alphabet utilisé par Rask en 1832 dans Ræsonneret Lappisk sproglære.

Rasmus Rask, après avoir discuté avec Nils Vibe Stockfleth, définit, en 1832 dans Ræsonneret lappisk sproglære, une orthographe du same du Nord basée sur le principe de transparence orthographique, c’est-à-dire d’un graphème par son.

Alphabet utilisé par Stockfleth en 1837 dans Abes ja låkkam-girje.

Nils Vibe Stockfleth, inspiré par Rask, reprend se principe dans ces ouvrages linguistiques et sa traduction de l’Ancien Testament en same du Nord, remplaçant quelques graphèmes. Jens Andreas Friis, aidé de Hans Jacobsen Hætta et de locuteurs sames, retravaille et termine la traduction du Nouveau Testament de Stockfleth, et publie plusieurs ouvrages. Friis publie aussi un Ancien Testament avec Hætta et Just Knud Qvigstad en 1895.

Konrad Nielsen publie plusieurs grammaires et dictionnaires.

Depuis 1948, les langues sames des pays nordiques sont écrites au moyen de l'alphabet latin, complété de quelques lettres. Cet alphabet a subi quelques modifications en 1985.

Les caractères supplémentaires sont :

N. B. : Si le [] est simplement redoublé "ii" à l'écrit, le "á" représente une voyelle longue mais a une aperture différente de son homologue court : á = [æː] (très ouvert, comme en finnois, entre ê et a dans "bar"), mais a = [ɑ], avec une couleur postérieure comme dans "pâte".

Plus rarement :

Les résidents de la Péninsule de Kola utilisent un alphabet cyrillique adapté : ainsi, un conte bilingue (sames de Kildin et du Nord) pour enfants, publié en 1994, est titre Мун ка̄нѣц / Mu ustibat[réf. nécessaire] (Mon ami), où l'on voit l'utilisation des macrons et de signes employés dans d'autres langues non-slaves.

Exemples en davvisápmi[modifier | modifier le code]

Mot Traduction Prononciation standard
terre eana
ciel albmi
eau čáhci
feu dolla
homme olmmái
femme nisson
manger borrat
boire juhkat
grand stuoris
petit uhcci
nuit idja
jour beaivi
lune mánnu
soleil beaivváš
vent biegga
neige muohta
montagne várri
forêt vuovdi
rivière johka
mer mearra
poisson guolli
barque fanas
renne boazu
scooter de neige mohtorgielká
chien beana
maison, ferme dállu
tente goahti
famille bearaš
tribu čearda
groupe, village siida

Il est difficile de trouver un cours de same (les meilleurs sont en norvégien bokmål, mais de bons cours de base sont également disponibles en anglais auprès du groupement d'éditeurs Davvi Girji o.s[2]. Par ailleurs, il existe en français une introduction à la langue et à la culture same (du Nord, essentiellement) : Parlons lapon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Arbre des langues sames », sur Ethnologue.com (consulté le 6 mars 2010) [réf. à confirmer]
  2. (en) (no) (smi) Site du groupement d'éditeurs

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jocelyne Fernandez, Parlons lapon : les Sames, langue et culture, L'Harmattan, Paris, 1997, (ISBN 978-2-7384-5598-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]