Temps des troubles (Russie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Temps des troubles.
Le Temps des troubles, vu par Sergey Vasilyevich Ivanov (1864-1910)

Le Temps des troubles (cмутное время en russe) désigne la période de l'histoire russe qui s'étend de la fin du règne de Fédor Ier (dernier représentant de la dynastie des Riourikides) en 1598 à l'avènement, en février 1613[1], de Michel Ier Romanov, dont les descendants ont régné jusqu'en 1917.

Pendant une période d'une quinzaine d'années, au début du XVIIe siècle, les intrigues et les rivalités des prétendants au trône se déchaînent, suscitant les convoitises étrangères et mettant en péril l'existence même de l'État russe.

Cette période inclut les règnes de :

On peut aussi y inclure le règne de Fédor Ier (1584-1598), successeur d'Ivan IV, pendant lequel le pouvoir est d'ores et déjà exercé par Boris Godounov.

Origines[modifier | modifier le code]

Après la mort de Fédor Ier, son beau-frère, le boyard Boris Godounov, est élu Tsar par le Zemski sobor. Il assurait déjà la régence face à un souverain peu apte à régner.

L'oligarchie russe de l'époque, notamment la famille Romanov, considérait comme un affront le fait de devoir obéir à un boyard : les conspirations étaient fréquentes contre le Tsar.

La famine russe de 1601-1603 et la peste ravageaient les campagnes. La distribution de vivres à Moscou ne fait qu'aggraver la situation en entrainant un afflux de population vers la ville. Des hordes de brigands pillent le pays, sans que le gouvernement puisse y mettre un terme.

Sous l'influence des nobles qui s'étaient opposés à son élection, le mécontentent de la population s'aggrave. Des rumeurs commencent à circuler sur une possible réapparition du dernier fils d'Ivan le terrible: Dimitri Ivanovitch, mort quelques années plus tôt.

Le premier faux Dimitri[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Faux Dimitri et Guerre polono-russe (1605-1618).

En 1603 apparait un homme prétendant être l'héritier du trône de Russie : Dimitri d'Ouglitch, mort poignardé accidentellement, ou sur ordre de Boris Godounov, en 1591. L'individu est considéré comme légitime par une grande partie de la population Russe. Outre la République des Deux Nations, il est soutenu par les États pontificaux. Rien n'indique que ces factions l'aient vraiment cru, il est plus probable que ces soutiens avaient pour but d'étendre l'influence polonaise en Russie et l'emprise catholique dans un pays majoritairement orthodoxe.

Quelques mois plus tard une armée de 4 000 hommes, polonais, lituaniens, exilés russes, mercenaires allemand et cosaques du don et du Dniepr traverse la frontière avec la Russie, marquant ainsi le début de la Guerre polono-russe. Bien qu'elle ne soit pas officiellement déclarée (le roi Sigismond III était opposé à cette intervention), de puissants Magnats décident de soutenir le faux Dimitri dans l'espoir de riches récompenses. Ce dernier se fiance en même temps à Marina Mniszek, qu'il épousera si il devient Tsar.

Après la mort de Godounov en 1605, le faux Dimitri fait une entrée triomphale à Moscou.

Vassili Chouiski[modifier | modifier le code]

Le règne du premier faux Dimitri est court. Au bout d'un an, une conspiration est formée contre lui par le prince Vassili Chouiski, un Knèze de la dynastie des Riourikides. Le Tsar est assassiné peu après son mariage en plein Kremlin et 2 000 de ses alliés, principalement des Polonais, sont massacrés.

Chouiski s'empare du pouvoir et est élu par une assemblée composée de ses alliés, mais le changement de Tsar ne satisfait pas les boyards. Bientôt, les magnats de la République des Deux Nations, les cosaques, les mercenaires allemand et un nouveau faux Dimitri, revendiquent le trône. Comme son prédécesseur, il est soutenu par les polonais. La signature d'une alliance entre Chouiski et les suédois est considérée comme une menace par le roi Sigismond III qui décide d'intervenir. C'est le début officiel de la Guerre polono-russe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicholas Riasanovsky, Histoire de la Russie, chapitre XVI « Le temps des troubles », p. 174, Bouquins, Robert Laffont, 1996

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Heller (trad. Anne Coldefy-Faucard), Histoire de la Russie et de son empire, Paris, Flammarion, coll. « Champs Histoire »,‎ 2009 (1re éd. 1997), 985 p. (ISBN 2081235331)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]