Hyperinflation

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Un billet de 100 millions («SZÁZMILLIÓ») de billions de pengő («B.-PENGŐ», où «billion» est à interpréter selon l’échelle longue [mille milliards]), soit 1020 pengő, en 1946
Un échantillon de billets de banque zimbabwéens imprimés entre juillet 2007 et juillet 2008 illustre l'important taux d'inflation du pays
Billets de banque yougoslaves imprimés en 1993 et 1994 (à noter le billet de cinq cents milliards)

L'hyperinflation est une inflation extrêmement élevée échappant à tout contrôle. Elle entraîne en général une forte récession économique. Phillip Cagan la définit en 1956 comme une période durant laquelle le niveau d'inflation se maintient au-dessus de 50 % par mois. Par définition, l'hyperinflation est une inflation dont les taux sont imprévisibles, incontrôlables et exponentiels et qui dépassent 50 % par mois, soit un seuil annuel de plus de 12500 %[1].

Causes[modifier | modifier le code]

Les causes de l'hyperinflation sont budgétaires, elles tiennent à une émission excessive de monnaie[réf. nécessaire]. Dans le cas où un État n'a plus les recettes nécessaires pour faire face à ses dépenses, il va rechercher des moyens de combler ce manque de moyens de financement. Il peut faire appel aux prêteurs mais si la réputation budgétaire de l'État est compromise, celui-ci va faire face à la méfiance des prêteurs. Il lui reste donc à augmenter l'émission de monnaie avec les conséquences néfastes que cela induit. La solution est là aussi budgétaire, l'État doit réduire ses dépenses et baisser l'émission de monnaie.[non neutre] L'exemple de l'hyperinflation allemande pendant la République de Weimar est éclairant à ce sujet. L'effet conjugué de lourdes réparations et le financement de la résistance passive à la suite de l'occupation de la Ruhr entraîne un creusement des déficits de l'État. Pour faire face à ses dépenses, l'État augmente l'émission de monnaie laissant le champ libre à l'hyperinflation.[réf. nécessaire] Finalement, la baisse des dépenses budgétaires de l'État (réduction d'un tiers du nombre de fonctionnaires et réduction des réparations à la suite du plan Dawes) met fin à l'hyperinflation.[non neutre]

Coûts[modifier | modifier le code]

Par rapport à l'inflation classique, les coûts de l'hyperinflation deviennent vite intolérables. Parmi ceux-ci, on note :

  • Le fait que les entrepreneurs s'intéressent plus à la gestion de la trésorerie qu'aux décisions de production et d'investissement ;
  • Affaiblissement du système fiscal. Traditionnellement, il existe un délai entre le moment où l'impôt est payé et le moment où il entre dans les caisses de l'État. En cas d'hyperinflation, ce délai annihile la valeur de l'impôt perçu. Il n'a plus aucune valeur quand il rentre dans les caisses de l'État ;
  • Inconvénient pratique dans le transport de sommes de monnaie (exemple des brouettes de billets lors de l'épisode d'hyperinflation allemand de 1923). Perte de valeur des billets auxquels on rajoute des zéros mais très souvent, l'État n'arrive pas à suivre le rythme d'explosion des prix ;
  • La monnaie perd ses fonctions d'intermédiaire des échanges, de réserve de valeur et d'unité de compte. On a une réapparition du troc ou d'autres moyens d'échange plus fiables.

Cas historiques[modifier | modifier le code]

Des hyperinflations ont été notamment observées :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Il s'agit d'intérêts composés.
  2. (en) Dr. Steve H. Hanke, « Inflation Nation », The Wall Street Journal,‎ (consulté le )
  3. Braum, Juan et al. Economía chilena 1810-1995: estadísticas históricas. Santiago: Universidad Católica de Chile, 2000. p. 101
  4. La grande série des hyperinflations
  5. Historic inflation Chile

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mankiw Gregory, Macroéconomie, De Boeck, 2010.