Élection présidentielle russe de 2012

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Élection présidentielle russe de 2012
Vladimir Putin-2.jpg
Vladimir Poutine – Russie Unie
Voix 45 602 075
  
63,60 %
Gennady Zyuganov 2012-05-01.jpg
Guennadi Ziouganov – Parti communiste de la Fédération de Russie
Voix 12 318 353
  
17,18 %
Président
Sortant
Élu
Politique en Russie
Image illustrative de l'article Élection présidentielle russe de 2012

En Russie, une élection présidentielle s'est tenue le 4 mars 2012[1], afin que les citoyens russes puissent choisir le nouveau président de la Fédération.

Le président sortant, Dmitri Medvedev, n'étant pas candidat, c'est le président du gouvernement russe, Vladimir Poutine, déjà président de la Fédération de 2000 à 2008, qui porte la candidature du parti présidentiel, Russie unie. Il est réélu par plus de 63 % des suffrages, dès le premier tour[2],[3], dans un scrutin contesté.

Contexte politique[modifier | modifier le code]

En 2008, le président de la Fédération sortant, Vladimir Poutine, élu en 2000 et 2004, ne pouvait se présenter pour un troisième mandat présidentiel consécutif. De fait, il prit la décision de soutenir le vice-président du gouvernement, Dmitri Medvedev. Celui-ci est finalement élu dès le premier tour de scrutin, le 2 mars 2008.

Fin 2010, les possibles candidatures de Poutine et de Medvedev sont l'objet de nombreuses analyses. En mars 2011, selon un sondage du Centre analytique Levada, 27 % des sondés souhaitent la candidature de Poutine, 18 % la candidature de Medvedev, 16 % la candidature des deux et 25 % d'aucun des deux[4].

Une électrice allant voter le 4 mars.

Le 26 septembre 2011, au cours d'un grand congrès du parti Russie unie, le président Medvedev propose la candidature de Poutine à la présidence. Celui-ci confirme, quelques minutes plus tard, à la tribune, son intention de concourir pour le Kremlin[5],[6].

Pourtant, Vladimir Poutine est de plus en plus contesté au sein d'une partie de la population russe[7]. Plusieurs opposants dont Guennadi Ziouganov et Boris Nemtsov et l’ONG Golos ont dénoncé des entraves à la transparence et des fraudes massives entachant les élections législatives de décembre 2011[8], qui ont également donné lieu à des manifestations contre Poutine[9],[10]. Le monopole[11],[12] du parti présidentiel, Russie unie, semble être remis en question.

Candidats[modifier | modifier le code]

Pour cette élection, cinq candidats sont en lice  :

Galerie[modifier | modifier le code]

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Résultats[modifier | modifier le code]

Premier tour[modifier | modifier le code]

dm
Candidat Parti Voix %
Vladimir Poutine Russie unie 45 602 075 63,60
Guennadi Ziouganov Parti communiste 12 318 353 17,18
Mikhaïl Prokhorov Indépendant 5 722 508 7,98
Vladimir Jirinovski Parti libéral-démocrate 4 458 103 6,22
Sergueï Mironov Russie juste 2 763 935 3,85
Suffrages exprimés 70 864 974 98,84
Blancs, nuls 833 191 1,16
Participation 71 698 165 65,25
Inscrits 109 880 293
Source: Central Election Commission of the Russian Federation

Vladimir Poutine est élu dès le premier tour avec 63,64 % des suffrages exprimés.

Vladimir Poutine a obtenu ses meilleurs scores en Tchétchénie avec 99,8 % des voix et une participation de 99,6 %[13]

Débats politiques autour des élections[modifier | modifier le code]

À l'occasion des élections législatives russes de 2011 de nombreuses contestations apparaissent et critiquent un nombre important de fraudes[8],[14],[15]. Lors de l'élection présidentielle, d'autres cas de fraudes dans des bureaux auraient été constatés[16],[17] et elles ont été contestées par des manifestants anti-Poutine[16]. On voit alors des critiques quant à un certain « monopole de Poutine »[18] autrefois vu comme un « monopole de Russie unie »[11],[12]. En conséquence, les partisans et opposant de Poutine s’affrontent à travers de nombreuses « prestations de rue »[19].

Depuis les accusations de fraude aux élections législatives, le mouvement de protestation a connu un essor sans précédent, appuyé par une « nouvelle classe moyenne urbaine et informée »[20]. Or ce mouvement tendrait à s’essouffler faute d’organisation et d’expression politique[21]. Les divergences présentes seraient de plus en plus difficiles à surmonter. Néanmoins, la contestation a été marquée par la création d’un Comité d’organisation du mouvement Pour des élections honnêtes[22],[23]. Il comporte 15 membres de la société dont le but est de redonner le contrôle aux citoyens sur le déroulement des élections et de laisser s’exercer une vraie concurrence. Cette structure originale souhaite donner une suite aux manifestations historiques des 10 et 24 décembre 2011 dans le cadre des élections présidentielles. Mis à part Vladimir Poutine, les autorités ne sont pas restées indifférentes face à ce mouvement de protestation et le chef de l’État, Medvedev, a ainsi annoncé qu’il souhaitait une réforme du système politique russe[24].

Mais l’opposition continue de dénoncer le régime comme une « démocratie dirigée »[25] où règneraient corruption, stagnation et mauvais niveau de vie. La contestation accuse les autorités russes d’ignorer les besoins fondamentaux de la population, principal reproche fait à Vladimir Poutine.[réf. souhaitée] La question de la métaphore du sablier[26], aussi appelée méthode du « grand roque », tirée d’une pratique aux échecs, est également soulevée : les deux hommes forts de la Russie, Medvedev et Poutine, semblent se mettre d’accord pour échanger leur poste de président et de premier ministre.

À l’inverse, Vladimir Poutine est vu par ses militants comme un président visionnaire, acteur du rapprochement avec l’Occident[27]. Lors de sa campagne, Poutine promet de moderniser la Russie, de diversifier l’économie, d’en faire un pays présent sur la scène mondiale. Il a également promis une hausse des salaires et un budget important pour l’armement. Il a d’ailleurs fait certaines concessions comme l’assouplissement du régime d’enregistrement des partis politiques ou encore l’autorisation des manifestations.

Par ailleurs, ses militants voient en Poutine un homme qui sait rassembler les foules autour de la patrie. En effet, le candidat a choisi de faire son unique meeting le 23 février[28], jour du Défenseur de la Patrie et ancienne fête de l’armée rouge[29]. Lors de ce meeting, il amène à se remémorer la victoire de Borodino des russes sur l’armée napoléonienne. Poutine se veut rassurant, en comparant la Russie à une forteresse assiégée et prenant la position du défenseur. Il défend les principes suivants[30] :

  • Personne ne doit imposer sa volonté à la Russie
  • Les Russes sont un peuple de vainqueurs qui saura surmonter ses problèmes
  • Le bonheur des Russes réside dans leur union
  • Il faut se souvenir de tout ce qui est grand et bien comprendre que la bataille pour la Russie se poursuit

Aussi, en tant que partisans de Poutine, ils espéraient sa victoire lors du scrutin[31]. Selon eux, la vie sans Poutine serait un « enfer ». La grande manifestation pro-Poutine est ainsi vue comme une réplique face aux manifestations de l’opposition. De nombreux activistes se sont rassemblés sur le mont Poklonnaïa à Moscou afin d’organiser un meeting de soutien au premier ministre candidat[32], arborant pancartes et slogans de soutien aux autorités. Mais Vladimir Poutine a aussi reçu l’appui de la jeunesse pro-Kremlin[33], principalement présente sur Internet.

Selon Dimitri Oreshkine, membre de la "Ligue des Electeurs" et conseiller auprès du président pour le développement de la société civile et des droits de l'homme, Vladimir Poutine aurait remporté l’élection avec 53 % des suffrages, et non 63 %[34],[35]. Néanmoins, il a fait son plus mauvais score à Moscou, haut lieu de la contestation, avec 48 %[36]. Cette élection, « la plus propre de l’histoire de Russie » selon le nouveau président, est pourtant contestée par l’opposition libérale qui réclame la tenue d’un nouveau scrutin présidentiel. Une manifestation a eu lieu le 5 avril, dénonçant les ressources de l’appareil d’Etat dont Poutine aurait bénéficié durant la campagne. Ainsi, si sa victoire est remise en cause par un mouvement de contestation sans précédent, ses soutiens restent nombreux.

Film documentaire[modifier | modifier le code]

Un film documentaire sorti en 2012, Winter, Go Away!, produit par Marina Razbejkina et réalisé par dix de ses élèves présente les mouvements et actions de contestation anti-Poutine lors de la campagne pour ces élections.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Russia's presidential elections scheduled for March 2012', B92, 21 juillet 2011.
  2. « Vladimir Poutine élu au 1er tour de la présidentielle russe », Le Figaro,‎ 2012 (lire en ligne).
  3. « Présidentielle russe : Poutine recueille plus de 60 % des voix dès le premier tour », francetv.fr,‎ 2012 (lire en ligne)
  4. (ru) Тандем после 2012 г., Centre analytique Levada, 13 avril 2011.
  5. (fr) « Vladimir Poutine candidat à la présidentielle de 2012 pour le parti Russie unie », Euronews, 24 septembre 2011
  6. Medvedev propose Poutine comme candidat à la présidentielle de 2012, Tribune de Genève, 24 septembre 2011.
  7. « "Poutine pars !", une banderole face au Kremlin », Le Monde,‎ 1er février 2012 (lire en ligne)
  8. a et b « Elections législatives en Russie: Le parti de Poutine obtient la majorité absolue », 20minutes,‎ décembre 2011 (lire en ligne)
  9. « Russie: la contestation anti-Poutine gagne la province », libération,‎ décembre 2011 (lire en ligne)
  10. « Contestation en Russie : le système se "fissure" », lemonde,‎ décembre 2011 (lire en ligne)
  11. a et b « http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/12/10/des-dizaines-de-milliers-de-russes-manifestent-contre-poutine_1617022_3214.html », Lemonde,‎ 2011 (lire en ligne)
  12. a et b « En Russie, Mikhaïl Prokhorov souhaite bousculer le monopole du parti au pouvoir », rfi,‎ juin 2011 (lire en ligne)
  13. Наименование Избирательной комиссии site officiel de la Commission électorale russe]
  14. http://www.lexpress.fr/actualite/monde/moscou-des-dizaines-de-milliers-manifestants-contre-poutine_1065153.html
  15. http://www.lexpress.fr/actualite/monde/russie-quelles-mobilisations-pour-les-anti-poutine_1065574.html
  16. a et b « Russie : Poutine élu Président, manifestation d'opposants lundi », Article Leparisien,‎ 2012 (lire en ligne).
  17. « Élections en Russie : Des fraudes massivement signalées », Article Francesoir,‎ 2012 (lire en ligne)
  18. « Poutine aménage la fin de son monopole. », Hebdo,‎ 2012 (lire en ligne).
  19. Le Monde, « Guerre des manifs entre pro et anti-Poutine » paru le 23 février 2012
  20. http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/03/05/le-kremlin-doit-changer-avec-la-russie_1651912_3232.html
  21. Le Monde, « L’opposition informelle russe, unie dans le dénonciation de Vladimir Poutine, a du mal à surmonter ses divergences » paru le 13 mars 2012
  22. http://www.courrierinternational.com/article/2012/02/01/qui-sont-les-anti-poutine
  23. http://www.courrierinternational.com/dossier/2012/01/31/ou-vont-les-anti-poutine
  24. http://fr.rian.ru/politique/20111224/192846395.html
  25. http://www.libres.org/francais/actualite/archives/actualite_0604/democratie_russie_a9_2604.htm
  26. http://actualite.portail.free.fr/france/09-03-2012/le-dernier-mandat-de-m-poutine/
  27. Le Monde, chronique télé « C’est tout vu ! », article « Vladimir, où es-tu ? » paru le 5 mars 2012
  28. Le Monde, « Vladimir Poutine se pose en sauveur d’une Russie assiégée » paru le 25 février 2012
  29. http://fr.rian.ru/russia/20070222/61112202.html
  30. http://www.youtube.com/watch?v=mWUxcGCfdiI
  31. http://www.euractiv.fr/partisans-vladimir-poutine-esperent-victoire-musellera-manifestants-article
  32. http://fr.rian.ru/society/20120204/193265536.html
  33. http://fr.rian.ru/politique/20120220/193430605.html
  34. http://www.francesoir.fr/actu/russie-la-presidentielle-est-une-insulte-pour-la-societe-selon-des-observateurs-193246.html
  35. Le Monde, « Les résultats de la présidentielle russe sont contestés » paru le 9 mars 2012
  36. Le Monde, « Moscou balaye les accusations de fraude électorale » paru le 7 mars 2012