François Christophe Kellermann

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François Christophe Kellermann
Le général Kellermann (huile sur toile de Lucile Foullon-Vachot).
Le général Kellermann (huile sur toile de Lucile Foullon-Vachot).

Surnom Le Vainqueur de Valmy
Le Héros de Valmy
Le Nestor des armées
Naissance
Strasbourg
Décès (à 85 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Pavillon LouisXIV.svg Royaume de France
Arme Cavalerie
Grade Maréchal d'Empire
Années de service 1750 – 1820
Faits d'armes Bataille de Valmy (1792)
Distinctions Grand-croix de la légion d'honneur
Grand-croix de l'ordre de Saint-Louis
Grand-croix de l'ordre de Fidélité de Bade
Grand-croix de l'ordre de Hesse
Duc de Valmy
Pair de France
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile, 3e colonne.
Autres fonctions Président du Sénat
Famille Famille de Kellermann
François Étienne Kellermann (son fils)
François Christophe Edmond Kellermann (son petit-fils)

François Étienne Christophe Kellermann (plus couramment appelé François Christophe Kellermann) né le à Strasbourg et mort le à Paris, est un militaire et sénateur français.

Issue de la noblesse, il débute sa carrière militaire en 1750 dans les hussards. Il participe à la Guerre de Sept Ans et combat aux côtés des Polonais contre les Russes. Maréchal de camp en 1788, il adhère aux idées de la Révolution et reçoit en 1792 le commandement de l'armée de la Moselle avec laquelle il remporte la bataille de Valmy, le 20 septembre. Accusé de mollesse par le tribunal révolutionnaire, il est emprisonné avant d'être reconduit dans ses fonctions et est nommé à la tête de l'armée d'Italie. Rapidement remplacé par le général Napoléon Bonaparte, il n'exerce plus de commandement important jusqu'à l'instauration du régime impérial en 1804. Élevé à la dignité de maréchal d'Empire honoraire, il devient également sénateur et grand cordon de la Légion d'honneur. En 1808, l'Empereur le fait par ailleurs duc de Valmy en souvenir de cette victoire.

Le maréchal Kellermann n'exerce plus dès lors que des commandements secondaires : commandant des armées de réserve d'Espagne puis du Nord, il se rallie à Louis XVIII qui le fait grand-croix de l'ordre de Saint-Louis, gouverneur de Strasbourg et pair de France. Passif durant les Cent-Jours, il meurt le 13 septembre 1820 à l'âge de 85 ans. Son fils François-Étienne Kellermann sert également sous l'Empire en tant que général de division.

À Sainte-Hélène, Napoléon dira du vieux maréchal : « Kellermann était brave soldat, extrêmement actif, avait beaucoup de bonnes qualités ; mais il était tout à fait privé de moyens nécessaires pour la direction en chef d'une armée. Il ne fit dans la conduite de cette guerre que des fautes. »[1]

Origine[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille noble[2],[3] d'origine saxonne, implantée depuis deux siècles à Strasbourg, il est le fils de François de Kellermann, haut fonctionnaire chargé de la direction de la gabelle à Strasbourg, et de la baronne Marie von Dyrr.

Il épouse en 1769 Marie-Anne Barbé, fille d'un conseiller du roi et sœur du marquis de Barbé-Marbois, futur ministre du Trésor de Napoléon. Il reçoit en 1807 le domaine de Johannisberg, situé sur la rive droite du Rhin, autrefois propriété de Guillaume V d'Orange-Nassau et de Guillaume Ier des Pays-Bas.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

François Christophe Kellermann entra comme cadet à quinze ans dans un régiment de hussards, le régiment de Loweridath. Il fut nommé enseigne à dix-huit ans au Royal-Bavière puis capitaine en 1758, pendant la guerre de Sept Ans. Il s'y distingua en faisant prisonnier avec une poignée d'hommes 300 de ses ennemis. Entre 1765 et 1766, il combat au côté du lieutenant général de Vioménil en Pologne et en Tartarie. Capitaine de hussard, il est fait en 1771 chevalier de l'Ordre de Saint-Louis pour sa conduite au passage de la Vistule près de Cracovie en Pologne ; Capitaine de cavalerie le 24 mars 1772, capitaine-commandant en juin 1776 il devient major des hussards de Conflans en 1779. L'année suivante, il est lieutenant-colonel puis brigadier des armées du roi en 1784 puis mestre de camp de hussards et colonel-général la même année, il fut enfin promu au grade de maréchal de camp le 9 mars 1788, soit trente-six ans après son entrée dans l'armée, « par son intelligence et son instruction »[4]. Il sera le seul maréchal de l'Empire à avoir été général sous l'Ancien Régime[5].

Bataille de Valmy[modifier | modifier le code]

Le général Kellermann, commandant en chef de l'armée de la Moselle (peinture de Georges Rouget, 1835).
Article détaillé : Bataille de Valmy.

Au commencement de la Révolution française, Kellermann, nommé lieutenant général le 20 mars 1792, fut envoyé en Alsace comme général en chef de l'armée de la Moselle (août 1792). Il opéra dans les premiers jours du mois suivant sa jonction avec le général Dumouriez, commandant de l'armée du Nord, et fut l'un des vainqueurs de la bataille de Valmy, aussi connue sous le nom de canonnade de Valmy (20 septembre 1792).

L'emprisonnement[modifier | modifier le code]

Kellermann fut ensuite employé sous Custine qui réussit à le faire rappeler de son commandement (18 mai 1793). Il fut bientôt nommé à celui des armées des Alpes et d'Italie ; mais Napoléon Bonaparte le remplaça dans ce dernier commandement. Envoyé réprimer la révolte des Lyonnais contre la Convention, il se heurta aux représentants en mission qui prétendaient lui apprendre son métier. Emprisonné treize mois pendant la Terreur, il échappa de peu à l'échafaud. Après la chute de Robespierre, il fut acquitté et reprit la tête de ses armées en janvier 1795. En septembre 1795, l'armée d'Italie reçut un commandement distinct et le général Kellermann ne conserva plus que l'armée des Alpes, réduite à un rôle secondaire. Il la quitta au printemps 1797 après les grandes victoires remportées par l'armée d'Italie sous le commandement de Napoléon Bonaparte.

Consécration[modifier | modifier le code]

« Le Maréchal Kellermann, 1er Duc de Valmy » par Jeanne Zoé Goyet, d’après Jean-Joseph Ansiaux (1764-1840).

En 1799, il était inspecteur général de cavalerie. Il fut appelé, après le coup d'État du 18 brumaire (9 novembre 1799), à faire partie du Sénat conservateur dont la présidence lui fut décernée le 2 août 1801. Dans les années suivantes, il obtint successivement le cordon de grand officier, la dignité de maréchal en 1804, la sénatorerie de Colmar, le titre de duc de Valmy en 1808. Il porta la couronne de Charlemagne lors du sacre de Napoléon et la queue du manteau du Roi de Rome lors de son baptême. Se trouvant à Paris le 1er avril 1814, il vota au sénat la déchéance de Napoléon, la création d'un gouvernement provisoire et fut compris dans la première organisation de la Chambre des pairs. Pendant les Cent-Jours, Kellermann resta à l'écart des évènements. Il fut néanmoins présent lors de l'assemblée du Champ de Mai et il devint pair de France le 2 juin 1815. Lors de la seconde Restauration, il siégea parmi les défenseurs des libertés publiques à la Chambre des Pairs, où son fils le remplaça. Il vota la mort de son ancien frère d'armes le maréchal Ney.

François Christophe Kellermann mourut le 23 septembre 1820, âgé de 85 ans. À cause de son âge avancé, il n'avait plus commandé, de 1804 à 1813, que des armées de réserve ou des corps d'observation ; mais les Français avaient livré ou soutenu quarante-trois batailles ou combats sous son commandement.

Les papiers personnels du maréchal François Christophe Kellermann sont conservés aux Archives nationales sous la cote 195AP[6].

Hommages[modifier | modifier le code]

À sa mort et suivant ses volontés, son cœur fut enterré au milieu du champ de bataille de Valmy. Ses cendres reposent au cimetière du Père-Lachaise à Paris[7] et son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile. Une statue, signée Léon-Alexandre Blanchot, est élevée en son hommage sur la place Broglie de Strasbourg ainsi qu'à Valmy dans la Marne, sur le site de la bataille. Près de cette dernière est érigé un obélisque renfermant le cœur du général, désireux de reposer auprès de ses soldats, portant la mention : « Aux soldats qui ont sauvé la France le 20 septembre 1792. Un soldat qui avait l'honneur de les commander dans cette mémorable journée, le maréchal Kellermann, duc de Valmy, dictant, vingt-huit ans après, ses dernières volontés, peu de temps avant sa mort, a voulu que son cœur fût placé au milieu d'eux. »[8]

Plusieurs lieux ont été baptisés du patronyme de Kellermann. Une caserne, accueillant le 3e bataillon de chasseurs à pied à Saint-Dié des Vosges a porté ce nom. Désormais détruite, elle a laissé la place à une ZUP qui a gardé cette dénomination.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Banc 2007, p. 159
  2. Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Dictionnaire universel de la noblesse de France, p. 342
  3. Vida Azimi, Les premiers sénateurs français : Consulat et Premier Empire, 1800-1814, p. 39
  4. Tulard 1999, p. 114
  5. Banc 2007, p. 154
  6. Archives nationales
  7. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 442-443
  8. Banc 2007, p. 159

Annexes[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]