Nicolas-Joseph Maison

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Nicolas-Joseph Maison
Nicolas Joseph MaisonGravure d'Aloys Senefelder
Nicolas Joseph Maison
Gravure d'Aloys Senefelder

Naissance 19 décembre 1771
Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis)
Décès 13 février 1840 (à 68 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme infanterie
Dignité d'État Maréchal de France
Années de service 17891836
Distinctions Marquis
Comte de l'Empire
Grand-croix de la Légion d'honneur
grand-croix de l'ordre de la Réunion
grand-croix de Saint-Louis
Hommages nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 14e colonne.

Nicolas Joseph Maison, né le 19 décembre 1771 à Épinay-sur-Seine, mort le 13 février 1840 à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire, et un maréchal de France sous la restauration. Il a également été ministre des Affaires étrangères, puis de la Guerre.

Carrière sous la Révolution française[modifier | modifier le code]

Nicolas Joseph Maison, grenadier au 1er bataillon de Paris en 1792, Léon Cogniet, 1834.

Dès 1789 Nicolas Maison s’engage dans la Garde nationale d'Épinay, où de grenadier il passe caporal, sergent-major puis capitaine en 1791.

Le 22 juillet 1791, Maison s’engage en tant que volontaire au 3e bataillon de volontaires de Paris et devient le 1er août 1791, capitaine au 9e bataillon des Fédérés Nationaux et sert dès le début dans les Guerres de la Révolution dans l’infanterie. Il redevient capitaine en août 1792, mais est dénoncé et destitué le 5 décembre 1793. Il se justifie, fait la campagne de 1794 à l'armée du Nord et se trouve à la bataille de Fleurus. Il redevient capitaine le 1er mai 1796. Attaché ensuite, jusqu'en 1797, à la division Bernadotte, Maison devient chef de bataillon en juillet 1796.

Nommé en 1799 adjudant-général et premier aide de camp de Bernadotte, alors ministre de la guerre, il est chargé d'une mission à l'armée du Rhin et combat près de Mannheim les hussards de Szecklers qui inquiétent la cavalerie française. En 1800, il est grièvement blessé au village de Schout (Hollande) en repoussant un corps d'Anglo-Russes.

Carrière sous l’Empire[modifier | modifier le code]

En 1805, il rejoint le 1er corps de la Grande Armée et cueille sa part des lauriers de la bataille d'Austerlitz. Il devient général de brigade, le 10 février 1806, durant la campagne de Prusse de 1806, au sein du corps de maréchal Bernadotte. Il participe à la bataille d'Iéna. Peu après il prend part à la chasse de l’armée prussienne, et c'est Maison qui traverse le premier la Saale pour culbuter le prince de Wurtemberg et pénétrer ensuite dans Lübeck. En 1807 il est nommé chef de l'état-major général du 1er corps et fait la campagne que termine la paix de Tilsitt. En 1808 il sert en Espagne sous le maréchal Victor et se distingue à la bataille d'Espinosa. À l'attaque de Madrid, il a le pied droit fracassé par une balle, ce qui l'oblige à rentrer en France. En 1809, lors du débarquement des Anglais en Hollande, il est à Anvers avec le prince de Ponte-Corvo. Puis, après l'évacuation de l'île de Walcheren, il commande successivement à Berg-op-Zoom, à Rotterdam et au camp d'Utrecht. En 1812 il participe à la campagne de Russie. Il est promu général de division le 21 août 1812, et participe au franchissement de la Bérésina. Il est fait baron de l'Empire le 2 juillet 1808. Après la blessure du maréchal Oudinot, il prend le commandement du IIe corps et fait retraite vers la Vistule.

En 1813, Maison, à la tête du 5e corps, bat les Prussiens à Möckern et prend la ville de Halle. C'est lui qui le jour même de la bataille de Lützen, marche sur Leipzig, s'en empare et empêche l'ennemi de détruire les ponts de l'Elster Blanche. À Bautzen avec deux régiments, il repousse les charges combinées de six colonnes de cavalerie et les met en déroute. Le 26 mai 1813, à Haynau la cavalerie lourde prussienne surprend plusieurs bataillons ainsi qu'une partie de l'artillerie du général Maison. Les Français sont sabrés et dispersés, et la charge des Prussiens n'est arrêtée que par un bataillon formé en carré. Maison est blessé à la bataille de Wachau et à celle de Leipzig. Après la défaite du maréchal Macdonald à Katzbach il est chargé de conduire la retraite. Avant la bataille de Leipzig, où il est une nouvelle fois blessé, il est fait comte de l'Empire le 14 août 1813. Il est décoré de la grand-croix de l'ordre de la Réunion le 19 novembre 1813.

En janvier 1814, il commande le 1er corps chargé de couvrir la Belgique et le port d’Anvers. Il défend quelque temps, malgré une grande infériorité numérique, les approches d'Anvers. Son intention est de se porter sur Paris à marches forcées ; il se dirige sur Valenciennes pour attaquer les Saxons lorsqu'il apprend à Quiévrain l'abdication de Napoléon Ier. Il conclut alors un armistice et gagne Lille, d'où il envoie son adhésion au nouveau gouvernement.

Restauration[modifier | modifier le code]

Nicolas Joseph Maison, maréchal de France, Léon Cogniet, 1835.

Après l’abdication de l’Empereur, il se rallie à Louis XVIII, qui le fait chevalier de Saint-Louis. Pendant les Cent-Jours, il reste loyal aux Bourbons. Au 20 mars 1815, Maison qui venait d'être nommé gouverneur de Paris, accompagne Louis XVIII en Belgique à Gand. Il est fait commandant de la 1re division militaire après Waterloo. Chargé de juger le maréchal Ney, accusé de trahison pour s’être rallié à Napoléon, il se déclare incompétent avec plusieurs de ses collègues. Cela lui vaut une rétrogradation au commandement de la 8e division, à Marseille. L'Empereur l'avait fait baron et comte, les Bourbons le firent marquis en 1816 et Pair de France. En 1828, Charles X lui confia le commandement du corps expéditionnaire français en Morée en tant que lieutenant-général, contre Ibrahim Pacha. Au cours de la campagne, il s'empare successivement des villes de Navarin, Modon, Coron, Patras ainsi que du château de Morée. À son retour en France en 1829, il est fait maréchal de France. Mais toutes ces faveurs n'altérèrent pas le caractère vraiment indépendant du maréchal Maison.

Monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

Il rejoint la Révolution de Juillet. En 1830, il accepta de Louis-Philippe Ier la mission de se rendre avec MM. Odilon Barrot et Auguste de Schonen auprès des princes déchus pour les décider à quitter la France. Le 4 novembre 1830, il est ministre des Affaires étrangères pendant deux semaines, puis nommé ambassadeur à Vienne, puis à Saint-Pétersbourg en 1833. Le 30 avril 1835, il est nommé ministre de la Guerre, fonction qu’il occupe jusqu’à son retrait de la vie publique, le 19 septembre 1836. Il mourut à Paris le 13 février 1840.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 5)[1].

  • Ses manœuvres autour de Lille, dans la crise de 1814, avaient attiré mon attention, et l'avaient gravé dans mon esprit. (Jugement de Napoléon sur Maison.)

Honneurs[modifier | modifier le code]

Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Est, 13e et 14e colonnes.
  • Anoblissement : il est fait baron d’Empire le 2 juillet 1808, puis comte le 14 août 1813, et enfin marquis le 31 juillet 1817.
  • grades successifs :
    • Garde nationale : grenadier, caporal, sergent-major puis capitaine ;
    • Armée : capitaine le 1er août 1792, chef de bataillon (6 juillet 1796 à titre provisoire, le 16 août définitivement), adjudant général chef de brigade le 3 juillet 1799, général de brigade le 10 février 1806, puis de division le 21 août 1812.
  • Dignités :
    • Maréchal de France le 22 février 1829.
    • Pair de France le 4 juin 1817

États de service[modifier | modifier le code]

  • Garde nationale d’Épinay
  • du 22 juillet 1792 au 1er août 1792 : 3e bataillon de volontaires de Paris.
  • jusqu’au 5 décembre 17 : 9e bataillon de fédérés.
  • du 20 janvier 1794 au 22 avril : aide de camp du général Goguet.
  • jusqu’au 3 septembre 1796 : adjoint de l'adjudant général Mireur.
  • jusqu’au 5 février 1797 : chef de bataillon d’un bataillon de grenadiers.
  • jusqu’au 23 septembre 1802 : aide de camp du général Bernadotte.
  • jusqu’au 31 mai 1804 : chef d’état-major de la 27e division militaire.
  • jusqu’au 29 août 1805 : premier aide de camp du maréchal Bernadotte.
  • jusqu’au 8 août 1806 : sous-chef d'état-major du 1er corps de la Grande Armée.
  • jusqu’au 30 novembre 1806 : général commandant la 2e brigade de la 1re division du 1er corps de la Grande Armée.
  • jusqu’au 12 janvier 1808 : chef d'état-major du 1er corps de la Grande Armée.
  • jusqu’au 24 mars 1808 : général commandant la 1re brigade de la 2e division du 1er corps de la Grande Armée.
  • mars-juillet : convalescence.
  • jusqu’au 1er février 1809 : général commandant de la 1re brigade de la 2e division du 1er corps de l’armée d'Espagne.
  • juin 1809 au 13 août 1809 : corps d'observation de l'Elbe.
  • jusqu’au 26 août 1809 : armée d'Allemagne.
  • jusqu’au 12 juillet 1810 : armée du Nord.
  • jusqu’au 25 décembre 1810 : corps d'observation de Hollande.
  • jusqu’au 25 juillet 1811 :17e division militaire.
  • jusqu’au 30 novembre 1811 : commandant du département de la Lippe.
  • jusqu’au 25 décembre 1811 : commandant d’Utrecht.
  • jusqu’au 1er avril 1812 : commandant de la 2e brigade de la 6e division du corps d'observation de l'Elbe.
  • jusqu’au 21 août 1812 : commandant de la 3e brigade de la 6e division du 2e corps de la Grande Armée.
  • jusqu’au 9 mars 1813 : commandant de la 8e division du 2e corps de la Grande Armée.
  • jusqu’au 31 mars 1813 commandant de la 1re division du corps d'observation de l'Elbe.
  • jusqu’au 21 décembre 1813 : commandant de la 16e division du 5e corps de la Grande Armée.
  • jusqu’au 1er juin 1814 : commandant du 1er corps de l'armée du Nord.
  • jusqu’au 20 mars 1815 commandant de la 1re division militaire (Paris).
  • du 8 juillet 1815 au 25 septembre 1815 : commandant de la 1re division militaire (Paris).
  • du 10 janvier 1816 au 17 février 1819 : commandant de la 8e division militaire (Marseille).
  • jusqu’au 19 août 1821 : commandant de la 1re division militaire (Paris), puis mis en disponibilité
  • du 24 juillet 1828 à 1829 : commandant en chef du corps expéditionnaire de Morée.

Il est possible de voir son portrait en pied au musée des Invalides. Sa devise était L'Être est mon roy.

Marié à Madeleine Weydold, il laisse trois fils et une fille. Dont Eugène, vicomte Maison (1806-1885) maître de requêtes au conseil d'état (dont postérité).

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
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Blason Nicolas-Joseph Maison.svg
Armes du comte Maison et de l'Empire (14 août 1813)

Écartelé : au 1, du quartier des comtes militaires de l'Empire ; aux 2 et 3, d'azur, à la maison d'argent, ajourée et maçonnée de sable, girouettée de deux pièces d'or et surmontée en chef de trois étoiles d'argent; au 4, d'azur, au rocher d'argent, sommé d'un épervier essorant d'or, tenant dans son bec un anneau d'argent.[3],[4]

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Blason Nicolas-Joseph Maison.svg
Armes du marquis du Maison, maréchal et pair de France
Supports
deux griffons.
Devise 
APERTE ET HONESTE.


Article connexe[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Sources et chronologie[modifier | modifier le code]