Adrien Maurice de Noailles

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Adrien Maurice
Duc de Noailles
Adrien Maurice de Noailles Portrait par Eloi Firmin Féron, 1834
Adrien Maurice de Noailles
Portrait par Eloi Firmin Féron, 1834

Naissance 22 ou 29 septembre 1678
Décès 24 juin 1766 (à 88 ans)
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Grade Maréchal de France
Conflits Guerre de Succession d'Espagne
Guerre de Succession de Pologne
Distinctions Chevalier de la Toison d'or en 1702
Grand d'Espagne de 1re classe en 1711
Chevalier du Saint-Esprit en 1724.
Autres fonctions Contrôleur général des finances
Ministre français des affaires étrangères
Famille Maison de Noailles

Adrien Maurice de Noailles, comte d'Ayen puis (1708) 3e duc de Noailles, marquis de Montclar, comte de La Motte-Tilly et de Nogent-le-Roi, vicomte de Carlux, est un militaire français né le 22 ou 29 septembre 1678 et mort le 24 juin 1766. Il est fait maréchal de France en 1734.

Famille[modifier | modifier le code]

Fils d'Anne Jules de Noailles (16501708), 2e duc de Noailles, et de la duchesse née Françoise de Bournonville (1656-1748), il fait un mariage extrêmement avantageux en épousant le 31 mars 1698 Françoise Amable d'Aubigné (1684-1739), nièce et héritière de Mme de Maintenon.

Ils eurent six enfants :

  1. Françoise Adélaide de Noailles (1704-1776), épouse (1717) Charles de Lorraine (1684-1751), comte d'Armagnac (divorcés en 1721) ;
  2. Amable Gabrielle de Noailles (1706-1771), épouse (1721) Honoré-Armand de Villars (1702-1770), duc de Villars ;
  3. Marie Louise de Noailles (1710-1762), épouse (1737) Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force (1714-1755) (séparés en 1742) ;
  4. Louis de Noailles (1713-1793), duc d'Ayen puis duc de Noailles, maréchal de France ;
  5. Philippe de Noailles (1715-1794), duc de Mouchy, également maréchal de France, duc de Poix ;
  6. Marie Anne Françoise de Noailles (1719-1793) qui épousa (1744) Ludwig Engelbert von Schleiden (1701-1773), comte de La Marck.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ayant montré, dans sa jeunesse, de grandes qualités de soldat, il accomplit une longue carrière militaire, aux états de service impressionnants. Capitaine de la première compagnie des Gardes du corps, il est brigadier le 17 janvier 1702, maréchal de camp en 1704, lieutenant général en 1706.

À la suite de son père, il est gouverneur du Roussillon du 6 mars 1698 à sa mort. Parallèlement, il est gouverneur du Berry du 14 mars 1698 à 1715.

Il participe à sept campagnes en Catalogne pendant la guerre de Succession d'Espagne (1710-1713), d'abord sous les ordres de son père, et prend la place de Gijón en plein hiver.

Cette brillante carrière militaire est entrecoupée de responsabilités financières de premier plan. Nommé président du Conseil des finances le 15 septembre 1715, il démissionne de cette fonction le 28 janvier 1718 pour être alors admis au Conseil de régence.

Dans la gestion des finances de la Régence, il parvient à éviter une banqueroute totale au prix de plusieurs banqueroutes partielles. Confronté à des finances délabrées suite à la guerre de succession d'Espagne, il mit toute son énergie à les redresser et à mieux contrôler les financiers, avec l'aide des frères Paris, grâce à l'opération du visa, sur les papiers royaux et sur les receveurs généraux des finances.

Il est ensuite responsable de la chambre de justice qui deux ans plus tard condamne à de lourdes amendes la plupart des financiers du royaume.

Il fait ensuite la campagne d'Allemagne de 1734 pendant la guerre de Succession de Pologne (1733-1738), sous les ordres du maréchal de Berwick. Il est élevé à la dignité de maréchal de France le 14 juin 1734 après le siège de Philippsbourg. Pourtant, c'est un militaire sans génie, dont les exploits – Figuières en 1709, Ettlingen en 1734 – révèlent au mieux de l'habileté et du courage.

Pendant la guerre de Succession d'Autriche, il est commandant en chef de l'armée d'Allemagne et fait la campagne de Flandre de 1745 aux côtés de Louis XV. Sous son commandement, l'armée française, le 27 juin 1743, est prise de panique à Dettingen et subit une défaite humiliante, dans laquelle il porte certainement une part de responsabilité. Mais, l'année suivante, il parvient à expulser les Autrichiens d'Alsace, même s'il laisse passer l'occasion de leur infliger de lourdes pertes au moment où leur armée traverse le Rhin. Il est doyen des maréchaux de France en 1748.

Le 10 mars 1743, il est nommé ministre d'État. Toujours partisan de rigueur financière, il donne à Louis XV des conseils de fermeté en matière fiscale, qui ne seront pas écoutés.

Il est secrétaire d'État aux Affaires étrangères du 26 avril au 19 novembre 1744. Il est du parti de ceux qui estiment qu'il est impossible d'empêcher les Habsbourg de reprendre le titre impérial et préconise un rapprochement avec l'Autriche pour contrer l'Angleterre. Il effectue ensuite plusieurs missions diplomatiques, s'efforçant, en 1746, d'améliorer les relations avec l'Espagne, et joue un rôle réel en matière internationale. Il siège au Conseil jusqu'au 28 mars 1756, date à laquelle il se retire en raison de son âge.

Il est chevalier de la Toison d'or en 1702, grand d'Espagne de 1re classe en 1711, en récompense de ses services durant la guerre de Succession d'Espagne, et chevalier du Saint-Esprit en 1724.

Saint-Simon, dans ses Mémoires, persifle à son propos : « le serpent qui tenta Ève, qui renversa Adam par elle, et qui perdit le genre humain, est l’original dont le duc de Noailles est la copie la plus exacte et la plus fidèle ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

Les Mémoires politiques et militaires pour servir à l'histoire de Louis XIV et de Louis XV (1682-1766) (Paris, 1777, 6 vol. in-12), attribués au maréchal-duc de Noailles, ont été composés par l'abbé Millot sur des pièces originales recueillies par le maréchal. Bien qu'ayant donné lieu à de sévères critiques, ils sont intéressants sur les dernières années du règne de Louis XIV. Ils ont été réimprimés dans les collections de Petitot-Monmerqué (tomes LXXI-LXXIV, 2e série) et de Michaud-Poujoulat (tome XXXIV).

Références[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean de Viguerie, Histoire et dictionnaire du temps des Lumières. 1715-1789, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2003 - ISBN 978-2-221-04810-8