Honoré Charles Reille

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Honoré Charles Reille
Image illustrative de l'article Honoré Charles Reille

Naissance 1er septembre 1775
Antibes
Décès 4 mars 1860
Paris
Allégeance Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royal Standard of King Louis XIV.svg Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Grade Maréchal de France
Années de service 1791
Distinctions Légion d'honneur (grand-croix)
Ordre de la Couronne de fer
Ordre de la Réunion (grand-croix)
Ordre de Saint-Louis
Ordre du Saint-Esprit
Ordre du Séraphin
Ordre de Saint-Henri de Saxe
Ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière (commandeur)
Hommages Arc de triomphe de l'Étoile
Autres fonctions Aide de camp de Napoléon Ier
Pair de France
Sénateur
Famille Gustave-Charles-Prosper Reille, André-Charles-Victor Reille, René Reille (fils)

Honoré Charles Michel Joseph, comte Reille, né le 1er septembre 1775 à Antibes et mort le 4 mars 1860 à Paris, est un général français, élevé à la dignité de maréchal de France par Louis-Philippe.

Biographie[modifier | modifier le code]

La Révolution[modifier | modifier le code]

Maison d'Antibes où il naquit.

Il termina ses études chez un instituteur particulier et entra au service comme grenadier au 1er bataillon de volontaires du Var le 1er octobre 1791. Il devint sous-lieutenant au 94e régiment d'infanterie (ci-devant Royal-Hesse-Darmstadt) le 15 septembre 1792. Il fait ses premières campagnes en Belgique et se trouve aux combats de Rocoux, de Liège, à la bataille de Neerwinden, etc. Élevé au grade de lieutenant en récompense de son courage, le 27 novembre 1793, il est nommé capitaine le 23 mai 1796, aide de camp du général Masséna le 5 novembre de la même année, et assiste aux affaires qui amenèrent la prise des forts et la reddition de Toulon ; il accompagna ce général en Italie, se signale aux différents combats qui eurent lieu avant la prise de Saorgio, exécuta une charge brillante sous le général Schérer le 2 frimaire, fit preuve d’intrépidité à Montenotte, à Dego, à Lodi et à la première bataille de Rivoli, où, enveloppé par l’ennemi, en reconnaissant le cours de l’Adige, il se fit jour à travers de nombreux bataillons ; il acquit une nouvelle gloire à Ballano, à Saint-Georges, sur la Brenta, où il fut blessé, à Caldiero, à Arcole, à la Favorite, à Belluno, à Freymar et à Tarvis. À cette dernière affaire, chargeant un régiment de cavalerie, presque tous les chevaux s’abattirent à la fois, et le combat qui continua à pied finit par la prise ou la mort de ce régiment. Créé chef d’escadron provisoire, sur le champ de bataille, le 7 janvier 1797, il fut reconnu en cette qualité le 23 mai suivant par le général en chef de l'armée d'Italie et cité.

Après le traité de Campo-Formio, Masséna ayant obtenu le commandement de l’armée d'Helvétie, Reille fut nommé adjudant-général (15 février 1799), et reçut ordre de reconnaître tous les passages du Rhin, depuis les Grisons jusqu’au lac de Constance, ainsi que les positions de l’ennemi ; le plan de campagne fut réglé sur ses rapports. Il combattit à Coire, à Feldkirchen, Luciensteidt, près de Zurich et à Schwitz. Le général Oudinot ayant été blessé, il le remplaça dans le commandement de ses troupes, traversa le premier le Limat, entra dans Zurich avec Masséna et fit des prisonniers en poursuivant l’ennemi. Il couvrit le mouvement rétrograde des troupes françaises lors des attaques dirigées contre Suwarow dans le Muttenthal, et prit une part active à la bataille où fut tué le prince Talinsky. Lorsque Masséna se rendit à Gênes comme général en chef, il ordonna à Reille de reconnaître les positions de l'armée française, depuis Nice jusqu’au Mont-Cenis, et cet officier répondit parfaitement à la confiance de son chef. Il porta au premier Consul un rapport intéressant, servit quelque temps auprès de lui, et reporta au général Masséna le plan de la campagne. Reille passa la nuit au milieu de la flotte anglaise qui bloquait Gênes, échappa au feu des batteries, aux chaloupes qui le poursuivaient, et entra dans cette ville le 12 floréal. Il se distingua au combat du 21 et à celui du 23 sur le mont Creto, où il succéda au général Spital qui était blessé, et partagea la gloire du blocus. Revenu en France en août 1800, il retourna en Italie avec des corps d’élite aux ordres de Murat, commanda à Florence, fut chef d’état-major d’une armée d’observation, et sous-chef d’état-major général des armées françaises en Italie.

Sous le Consulat et l'Empire[modifier | modifier le code]

Le 29 août 1803, il fut nommé général de brigade, servit au camp de Boulogne, fut envoyé, peu après, par le premier Consul, en Bavière et en Autriche, afin d’observer les mouvements militaires des ennemis. De retour à Paris, il fut chargé d’inspecter l’organisation des troupes venant de Saint-Domingue. Cette mission remplie, il obtint sous le général Lauriston le commandement en second des troupes embarquées à Toulon, sur la flotte de l’amiral Villeneuve et assista au combat du Finistère. Il quitta la flotte à Cadix et rejoignit la Grande Armée pour la campagne d'Austerlitz ; durant cette campagne, il commanda dans la haute Autriche, en 1806, une brigade du 5e corps qui marcha en première ligne au combat de Saalfeld et à la bataille d'Iéna.

À celle de Pułtusk, sa brigade enfonça le centre des Russes, et il fut nommé général de division le 30 décembre 1806 ; le général Gudin ayant été blessé, il prit sa place, et quelques jours après le maréchal Lannes le choisit pour son chef d’état-major. Se trouvant à la gauche d’Ostrolenka, au moment où les Russes attaquèrent cette ville, Reille entendant une vive canonnade, s’y porta et trouva les brigades Ruffin et Campana péniblement engagées avec toute l’armée russe : il se chargea du commandement de ces brigades, et conserva la ville, malgré les attaques des ennemis qui avaient des forces quadruples et trente pièces d’artillerie contre six. Cependant les Russes pénétrèrent deux fois dans Ostrolenka, mais ils furent écrasés, et y laissèrent plus de 400 morts, 700 blessés et 300 prisonniers. Cette journée où Reille joignait l’intrépidité à la prudence, décida l’Empereur à en faire son aide de camp (13 mai 1807) et à le charger d’assister au siège de Stralsund. Après la paix de Tilsitt, il devint commissaire extraordinaire en Toscane, d’où il partit pour la Catalogne, où il signala son arrivée par la levée du siège de Figuières, le siège et la prise de Roses dont il forma la garnison quand le général Gouvion Saint-Cyr entra en Catalogne. En septembre 1809, il fut nommé commandant du 1er corps de l’armée du Nord de l’Espagne. Envoyé à la grande armée, le général Reille y arriva pour assister au passage du Danube et à la bataille de Wagram, où il commanda la division de la Garde chargée de soutenir la batterie de 100 pièces de canon du général Lauriston.

Instruit du débarquement des Anglais en Zélande, l’Empereur confia au général Reille l’un des trois corps formés de l’armée de Bernadotte. De la Zélande il retourna en Espagne comme gouverneur de la Navarre (29 mai 1810), battit Francisco Espoz y Mina au Carascal, à Serin, et détruisit, avec deux compagnies de hussards, trois bataillons espagnols. Le maréchal Suchet n’ayant pas assez de forces pour le siège de Valence, Reille s’y porta avec la division de son nom, la division Severoli, et concourut à la prise de cette place. Reille commanda en chef, en Aragon, le corps de l’Èbre (26 janvier 1812) jusqu’au 16 octobre 1812, époque où il reçut le commandement de l’armée de Portugal, forte de 30 000 hommes. Le roi Joseph Bonaparte ayant pris la résolution de concentrer toutes ses forces en avant de l’Èbre, le général Reille évacua les provinces qu’il occupait et se dirigea vers les hauteurs de Pancorbo, en soutenant le choc des ennemis et en conservant ses positions. Les armées du Centre et du Portugal, s’étant rassemblées à Pancorbo, on tint un conseil de guerre pour décider quelle position on prendrait. Le général Reille proposa de réunir toutes les troupes disponibles, montant à 70 000 hommes, et de prendre la ligne d’opérations par Logroño et la Navarre ; mais on jugea à propos de ne point quitter la route de France, et Wellington ayant prévenu le rassemblement des troupes françaises qui n’étaient que de 33 000 combattants, quand il en avait 90 000, les Français furent attaqués et battus. Reille se défendit avec 7 000 hommes contre près de 20 000, et ne se retira que par ordre. Dans ces dernières opérations contre les Anglais, les Espagnols et les Portugais coalisés, il commanda l’aile droite française (6 juillet 1813), combattit sur la Bidassoa, en Navarre, à Orthez et à Toulouse.

Cents-Jours et Restauration[modifier | modifier le code]

Après la paix, il épousa la fille du maréchal Masséna. À la première Restauration (1814), il fut nommé inspecteur général d’infanterie des 14e et 15e divisions. Au 31 mars 1815, il fut envoyé à Valenciennes pour y prendre le commandement du 2e corps d’armée, combattit à la Quatre-Bras et à Waterloo, où il eut deux chevaux blessés sous lui. Le 30 juillet 1823, le général Reille a été nommé membre de la commission de défense, laquelle commission n’a pas été formée ; et le 17 février 1828, il fit partie du Conseil supérieur de la guerre. Le 15 novembre 1836, il fut élu président du Comité de l’infanterie et de la cavalerie, et, le 17 septembre 1847, le roi Louis-Philippe Ier l’éleva à la dignité de maréchal de France ; il était déjà pair de France. Il mourut en 1860 à Paris et fut enterré au cimetière du Père-Lachaise dans la même tombe que Masséna.

Décorations[modifier | modifier le code]

Le 15 juin 1804, cet officier général d’une si haute distinction était commandeur de la Légion d'honneur ; il a été créé grand officier le 29 juillet 1814 et grand-croix le 14 février 1815. Le 27 juin de cette même année, il avait été nommé chevalier de Saint-Louis. Il fut nommé chevalier de l'ordre du Saint-Esprit en mai 1830. Il est, en outre, membre de l’ordre du Séraphin de Suède, de l’ordre de la Couronne de fer, de l’ordre de Saint-Henri de Saxe, et commandeur de l’Ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Orn ext comte de l'Empire GOLH.svg
Blason Honoré Charles Reille.svg
Armes du comte Reille et de l'Empire :

Coupé, au I parti des comtes militaires et de gueules à trois bandes d'argent chargées de cinq étoiles d'azur posées, trois sur celle du milieu et une sur chacune des autres ; au II de sinople au centaure passant, l'arc tendu du même et décochant une flèche d'or.[1]

Orn ext Comte (baron-pair) OSE.svg
Blason fam fr Reille.svg
Armes de Reille sous la Restauration : pair de France[2] (baron-pair héréditaire le 5 mars 1819, sur institution d'un majorat de pairie par lettres patentes du 13 mars 1820) :

De sinople au centaure passant d'argent, l'arc tendu du même et décochant une flèche d'or.[1],[2]
On trouve aussi :

  • De sinople au centaure passant, l'arc en main décochant une flèche, le tout d'argent.[3],[4]
  • De sinople, à un centaure Sagittaire d'or, décochant une flèche d'un arc.[5]
Blason Honoré Charles Reille 2.svg Armes de Reille sous la Monarchie de Juillet : maréchal de France

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b René Borricand, Nobiliaire de Provence : Armorial général de la Provence, du Comtat Venaissin, de la Principauté d'Orange..., vol. 3 vol., Aix-en-Provence, Borricand,‎ 1974-1976 (ISBN 9782853970020)
  2. a et b Source : Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) sur www.heraldica.org
  3. Charles Reille sur roglo.eu
  4. www.heraldique-europeenne.org
  5. Johannes Baptist Rietstap, Armorial général : contenant la description des armoiries des familles nobles et patriciennes de l'Europe : précédé d'un dictionnaire des termes du blason, G.B. van Goor,‎ 1861, 1171 p. (lire en ligne), et ses Compléments sur www.euraldic.com

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]