Jean-Baptiste Bessières

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Jean-Baptiste Bessières
Duc d'Istrie
Jean-Baptiste Bessières, duc d'Istrie, maréchal de France (1768-1813). Huile sur toile d'Edmond Hédouin d'après Henri-François Riesener, 1853, château de Versailles.
Jean-Baptiste Bessières, duc d'Istrie, maréchal de France (1768-1813). Huile sur toile d'Edmond Hédouin d'après Henri-François Riesener, 1853, château de Versailles.

Naissance 6 août 1768
Prayssac
Décès 1er mai 1813 (à 44 ans)
Weißenfels
Mort au combat
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Garde impériale
Grade Maréchal d'Empire
Années de service 17911813
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Commandement Cavalerie de la Garde impériale
Faits d'armes 1796: Combat de Roveredo
1797 : Bataille de Rivoli
1800 : Bataille de Marengo
1805 : Bataille d'Austerlitz
1806 : Bataille d'Iéna
1807 : Bataille d'Eylau
1808 : Bataille de Medina de Rioseco
1809 : Bataille de Landshut
1809 : Bataille d'Essling
1809 : Bataille de Wagram
Distinctions Grand aigle de la Légion d'honneur
Duc d'Istrie
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile
(13e colonne)
Famille Napoléon Bessières (son fils)
Bertrand Bessières (son frère)
Julien Bessières (son cousin)

Jean-Baptiste Bessières, duc d'Istrie, né le 6 août 1768 à Prayssac dans le Lot et mort au combat le 1er mai 1813 à Weißenfels, est un officier général français, maréchal d'Empire.

D'origine modeste, il débute sa carrière militaire sous la Révolution française et effectue ses premières armes dans le 22e régiment de chasseurs à cheval, où il gagne ses galons de capitaine. Il combat sur le théâtre d'Italie sous les ordres du général Napoléon Bonaparte, qui le remarque et le nomme commandant du corps des guides à cheval. À sa tête, Bessières participe à la campagne d'Égypte jusqu'en 1799, puis est fait général sous le Consulat pour s'être distingué à la bataille de Marengo. Il est élevé à la dignité de maréchal d'Empire en 1804 et devient colonel-général de la cavalerie de la Garde impériale.

Brillant officier de cavalerie, Bessières dirige les escadrons de la Garde tout au long des guerres napoléoniennes, notamment à Austerlitz et à Eylau. Son rôle dans la péninsule Ibérique, affirmé par la nette victoire de Medina de Rioseco, est cependant terni à Fuentes de Oñoro où son attitude ambiguë porte à controverses. Il n'en participe pas moins à la campagne de Russie en 1812 au cours de laquelle il sauve la vie de Napoléon, et reçoit le commandement de toute la cavalerie française au début de la campagne d'Allemagne. Le maréchal est toutefois mortellement blessé par un boulet le 1er mai 1813 à Rippach, près de Weißenfels, la veille de la bataille de Lützen.

« Bessières, dira plus tard Napoléon, était un officier de réserve plein de vigueur, mais prudent et circonspect ». Courageux et capable d'initiatives, il conduit personnellement les charges de ses cavaliers face à l'ennemi. C'est également un homme cultivé, pieux et populaire au sein de la Garde, dont la mort sera vivement ressentie par l'Empereur qui déclarera à son sujet : « Il avait vécu comme Bayard, il mourut comme Turenne. ».

Débuts sous l'Ancien Régime et la Révolution[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Bessières, adjudant en 1792, Jean-Baptiste Paulin Guérin, 1835.

Né le 6 août 1768 à Prayssac dans le Lot en Quercy, Jean-Baptiste Bessières est le fils d'un chirurgien-barbier. Il rédige les doléances de sa commune en 1788. Il débute sa carrière militaire, envoyé par ses concitoyens dans la Garde constitutionnelle du Roi Louis XVI en 1791. Il s'engage dans la cavalerie de la garde constitutionnelle le 7 avril 1792 avant d'en être licencié le 5 juin de la même année[1]. Fidèle au roi, il aide à organiser sa fuite à Varennes et, par prudence, rentre dans la vie civile[2]. Le 1er novembre, il entre au 22e chasseurs. Ayant rejoint les armées révolutionnaires, Jean-Baptiste Bessières se distingue à l’armée des Pyrénées et gagne ses grades de lieutenant et de capitaine avant de passer en Italie avec le 22e chasseurs et de servir sous Bonaparte comme chef du corps des guides.

Au combat de Roveredo, avec six de ses chasseurs, il avise une batterie autrichienne et lui enlève deux canons[3]. Le 14 janvier 1797, il se distingue à la bataille de Rivoli et y est nommé major. Le 9 mars 1799, il est promu au grade de chef de brigade.

Colonel des guides pendant l'expédition d'Egypte, Bessières se signala au siège de Saint-Jean d’Acre (19 mars au 20 mai 1799) et à la bataille d’Aboukir (25 juillet 1799). Dans le rapport officiel sur la bataille qu'il adresse au « directoire exécutif  » le 9 thermidor an VII de la République, Bonaparte note: « le chef de brigade Bessières, à la tête des guides, a soutenu la réputation de son corps »[4].

Sous le Consulat[modifier | modifier le code]

Charge de cavalerie, vue de profil.
Charge des grenadiers à cheval de la Garde consulaire à Marengo menée par Bessières, le 14 juin 1800. Illustration de Job.

Après avoir accompagné Bonaparte en Égypte, Bessières participe au coup d'État du 18 brumaire en assurant la protection rapprochée de Bonaparte, ce qui lui vaut d’être nommé commandant en second de la Garde consulaire. Le 14 juin 1800, Bessières charge lors de la bataille de Marengo. Il est successivement promu général de brigade le 18 juillet 1800, puis général de division le 13 septembre 1802.

Maréchal d'Empire[modifier | modifier le code]

Avec l'avènement de l'Empire, le général Bessières est élevé à la dignité de maréchal d'Empire le 19 mai 1804. Le 14 juin, il est fait grand officier de la Légion d'honneur, puis grand aigle le 2 février 1805. Bessières commande la cavalerie de la Garde impériale lorsque Napoléon marche sur l’Autriche et, à Austerlitz, le 2 décembre, il mène la charge légendaire des chasseurs à cheval et des grenadiers à cheval de la Garde qui culbute la Garde impériale russe. L'année suivante, le 14 octobre, Bessières participe à la bataille d'Iéna et le 8 février 1807, à la bataille d'Eylau, au milieu d’une épouvantable tempête de neige, il accompagne Murat dans la formidable et sanglante attaque des quatre-vingts escadrons français qui enfoncent les lignes russes.

La péninsule Ibérique et la victoire de Medina de Rioseco[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Bessières, maréchal d'Empire et duc d'Istrie, colonel-général de la cavalerie de la Garde impériale.
Le maréchal Bessières, dessin de Lacoste.

En 1808, Bessières part pour l’Espagne et prend le commandement du 2e corps, qui opère dans le nord de la péninsule. Celui-ci comprend surtout des unités de conscrits formées en « régiments provisoires » de faible valeur, et aligne seulement quatre bataillons de vieilles troupes[5].

Au mois de juillet, l'armée espagnole de Galice commandée par les généraux Blake et la Cuesta marche contre les Français. Le maréchal se porte à sa rencontre avec l'ensemble des troupes disponibles, soit environ 14 000 hommes, et l'affronte à la bataille de Medina de Rioseco le 14 juillet. Les charges de la cavalerie légère du général Lasalle et les attaques des divisions Mouton et Merle brisent l'armée de Galice qui est mise en déroute. Bessières remporte ce jour-là la seule victoire de sa carrière en tant que commandant en chef[6]. La timide poursuite française est enrayée par la présence de la guérilla, mais la victoire de Medina de Rioseco éradique l'armée régulière espagnole des provinces du nord et ouvre la voie de Madrid à Joseph Bonaparte[7]. Napoléon, recevant la nouvelle, s'écrie : « C'est une seconde bataille de Villaviciosa ; Bessières a mis mon frère Joseph Bonaparte sur le trône d'Espagne. »[8].

Ce succès est cependant éclipsé par la défaite du général Dupont à Bailén, qui contraint les Français à repasser l'Èbre. Napoléon intervient alors personnellement en Espagne afin de « remonter la machine ». Le maréchal Soult remplace Bessières, ce dernier conservant toutefois le commandement de la Garde impériale et de la cavalerie de réserve[7]. Conformément aux ordres de l'Empereur, les deux maréchaux marchent sur Burgos et se heurtent devant la ville à l'armée espagnole du comte de Belveder. L'action décisive de l'infanterie française contre les lignes espagnoles est complétée par l'attaque de la cavalerie lourde menée par Bessières, qui sabre les fuyards et met la main sur de nombreuses pièces d'artillerie[9]. Bessières est cependant critiqué par Napoléon qui lui écrit la veille de la bataille :

« J'ai vu avec peine qu'au lieu d'ambitionner la gloire d'entrer à Burgos, vous préfériez la céder à un autre. Votre résultat du 8 n'a pas rempli mon attente. Vous ne me donnez aucun renseignement ; et comment pourriez-vous m'en donner ? Vous étiez à dix lieues de votre avant-garde ; le général Lasalle, qui la commande, était à cinq lieues de Burgos, de sorte que tout finissait par un colonel qui ne sait pas ce que l'on veut faire. Est-ce ainsi, monsieur le maréchal, que vous m'avez vu faire la guerre ? »

Il n'en commande pas moins la cavalerie française pendant le reste du séjour de l'Empereur en Espagne, et est nommé gouverneur des provinces du nord de la péninsule en janvier 1809[10].

Essling et Wagram[modifier | modifier le code]

Illustration de Victor Huen.

Rappelé par l'Empereur au mois de mars pour la guerre contre l’Autriche, il prend de nouveau la tête de la réserve de la cavalerie et de la Garde, et prend part à ce titre à la meurtrière bataille d'Essling. Les villages d'Aspern et d'Essling sont le théâtre d'affrontements sanglants auxquels se joignent les charges répétées des cavaliers de Bessières. Malgré leur résistance, les Français sont accablés par le nombre et Napoléon doit ordonner la retraite en direction de l'île de Lobau. Dans un même temps, chargé de contenir la pression autrichienne avec sa cavalerie, Bessières tient les troupes de l'archiduc Charles à distance et permet à l'armée de se retirer en ordre[11].

À la bataille de Wagram, sa cavalerie comble la brèche créée par l'avancée de la colonne Macdonald[12], puis se lance sur les lignes autrichiennes en retraite sans réussir à les entamer sérieusement[11]. Alors qu'il se tient aux côtés de l'Empereur, un boulet tue son cheval et lui fait perdre connaissance. La Garde, qui l’adore et le croit mort, s’afflige. Napoléon lui dit : « Bessières, voilà un beau boulet ! Il a fait pleurer ma Garde. ».

Fuentes de Oñoro et la campagne de Russie[modifier | modifier le code]

Le maréchal Bessières, duc d'Istrie. Peinture du XIXe siècle.

Fait duc d'Istrie le 28 mai 1809, il passe quelques mois en Espagne en 1811, où il est responsable de la perte du Portugal pour avoir refusé de soutenir Masséna face à Wellington[Notes 1]. Bessières rejoint la Grande Armée lors de la campagne de Russie en 1812, et prend une nouvelle fois la tête de la cavalerie de la Garde impériale. Le 25 octobre 1812, l'état-major de l'Empereur est attaqué par les cosaques à Gorodnia, le lendemain de la bataille de Maloyaroslavets. C'est Bessières qui, enlevant les escadrons de service de la Garde, rétablit la situation et disperse les assaillants. Le biographe du maréchal, André Rabel, écrit : « Bessières avait sauvé l'Empereur : le Bulletin de la Grande Armée le fit savoir à l'Europe entière. »[13].

Emporté par un boulet[modifier | modifier le code]

Mort du maréchal Bessières à Rippach, le 1er mai 1813.

En 1813, lorsque débute la campagne de Saxe, l’Empereur lui confie toute la cavalerie de l’armée. Au matin du 1er mai 1813, à la veille de la bataille de Lützen, le maréchal brûle les lettres de sa femme qu'il a, jusque-là, conservées pieusement et ayant consenti, devant l'insistance de ses officiers, à prendre à contre-cœur une légère collation, il dit alors : « Au fait, si un boulet doit m'enlever ce matin, je ne veux pas qu'il me prenne à jeun ». « Si l'on se bat aujourd'hui, le maréchal sera tué » murmure alors son aide de camp Baudus[14].

Peu après, tandis que Bessières dirige une attaque près de Weißenfels, un premier boulet emporte la tête de son ordonnance — un chevau-léger lancier polonais —, puis un second boulet lui fracasse la main et transperce la poitrine. Le boulet l'emporta à 12 h 55. Napoléon, pour qui la mort de Bessières est une perte immense, dira : « Bessières a vécu comme Bayard et il est mort comme Turenne. ». L'Empereur dira également à son sujet : « Si j'avais eu Bessières à Waterloo, ma Garde aurait décidé de la victoire. ».

Vie familiale[modifier | modifier le code]

La maréchale Bessières, duchesse d'Istrie, née Marie-Jeanne Lapeyrière

Le 27 septembre 1801, il épouse à Cahors Marie-Jeanne Lapeyrière, sœur d'Augustin Lapeyrière. Un enfant naît de leur union, Napoléon Bessières, pair de France sous la Restauration.

Les papiers personnels du maréchal Bessières sont conservés aux Archives nationales sous la cote 32AP[15].

Titre et distinctions[modifier | modifier le code]

Bessières est créé duc d'Istrie et de l'Empire par lettres patentes du 28 mai 1809[16]. Il se voit attribuer, en outre, plusieurs distinctions françaises et étrangères :

Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie
Flagge Königreich Württemberg.svg Royaume de Wurtemberg
Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe
Drapeau du Royaume du Portugal Royaume de Portugal
Drapeau de l'Autriche Empire d'Autriche

Hommages, honneurs et mentions[modifier | modifier le code]

Insigne de la Promotion Maréchal Bessières de l'École militaire interarmes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. D'où cette phrase acerbe de Napoléon « Vous avez été inutile à l'armée du Portugal. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Rabel 1903, p. 5.
  2. Dunn-Pattison 1909, p. 239.
  3. Rabel 1903, p. 17.
  4. Jean-Baptiste Delestre, Gros et ses ouvrages : ou mémoires historiques sur la vie et les travaux de ce célèbre artiste, p.104.
  5. Mané 2012, p. 2, 3 et 7.
  6. Capelle et Demory 2008, p. 61.
  7. a et b Dunn-Pattison 1909, p. 242.
  8. Rabel 1903, p. 160.
  9. Napier 1828, p. 389 et 390.
  10. Humble 1974, p. 149.
  11. a et b Dunn-Pattison 1909, p. 243.
  12. Esdaile 2006, p. 197.
  13. Rabel 1903, p. 324.
  14. Rabel 1903, p. 336.
  15. Archives nationales
  16. a, b, c, d, e, f et g « Jean-Baptiste Bessières »
  17. a et b Almanach impérial pour l'année 1810, Testu (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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