François de Bonne de Lesdiguières

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François de Bonne
Duc de Lesdiguières
Peinture contemporaine
Peinture contemporaine

Naissance 1er avril 1543
à Saint-Bonnet
Décès 28 septembre 1626 (à 83 ans)
à Valence
Allégeance Pavillon royal de la France.svg Royaume de France
Grade Connétable de France
Maréchal de France
Années de service 15621626
Conflits Guerres de religion
Guerre franco-savoyarde (1600-1601)
Faits d'armes Bataille de Pontcharra
Distinctions Duc de Lesdiguières (1611)
Pair de France (1611)
Maréchal général des camps et armées du roi (1621)
Chevalier des ordres du roi
Autres fonctions Gouverneur de Grenoble (1591)
Conseiller d'État (1595)
Lieutenant-général du Dauphiné (1597)
Gouverneur du Dauphiné (1612)

Emblème

François de Bonne, né le 1er avril 1543 à Saint-Bonnet (Hautes-Alpes) et mort le 28 septembre 1626 à Valence (Drôme), est un militaire français du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle.

Seigneur puis duc de Lesdiguières (1611), comte de Pont-de-Veyle, seigneur du Glaizil, maréchal de France, il est également le dernier connétable de France sous l'Ancien Régime entre 1622 et 1626.

C'est en son honneur que fut baptisé au Musée du Louvre l'un des deux pavillons des guichets de Seine sous la Grande Galerie, le pavillon de Lesdiguières; l'autre étant le pavillon de la Trémoille.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Jean II de Bonne, seigneur de Lesdiguières et des Diguières ou d'Esdiguières, mort en 1548 et de Françoise de Castellane, il rencontre pour la première fois, le futur Henri IV, de neuf ans son cadet, au collège de Navarre à Paris. Sa passion pour les armes ou le besoin financier[1] le pousse à entrer sous les ordres du baron Gordes, lieutenant général du roi et du Dauphiné.

Lorsque le soulèvement protestant éclate dans le Dauphiné, il rejoint son cousin Antoine Rambaud, le premier des « capitaines Furmeyer », qui mène combat. Après la mort de son cousin, il est désigné comme chef des protestants du Champsaur en 1576, et livre de nombreux combats dont la prise de Gap, ville catholique, et le massacre de ses habitants. C’est à ce moment qu’il se fait remarquer par Henri III. Lorsqu’en 1584 Henri III désigne le roi de Navarre pour lui succéder, son autorité sur les Huguenots du Dauphiné est reconnue.

Le 22 décembre 1590, après plusieurs échecs sanglants, il s'empare de Grenoble contrôlé par les catholiques et ordonne alors un grand nombre de modifications dans la ville :

  • fortification de la colline de la Bastille sur la rive droite de l'Isère,
  • construction d'une citadelle près de la tour de l'Isle,
  • fortifications tendues sur la rive gauche,
  • construction de quais au bord de l'Isère,
  • embellissement de la ville : nouvelles rues, égouts collectifs, façades crépies,
  • construction de la trésorerie qui deviendra sa résidence personnelle appelée Hôtel de Lesdiguières.
  • reconstruction de la digue Marceline le long du Drac vers Claix et création d'un pont d'une grande hardiesse sur le Drac, le Pont de Claix, qui deviendra une des sept merveilles du Dauphiné.

Après la création du régiment de Bonne et des Gardes de Lesdiguières, en avril 1591, en liaison avec le gouverneur catholique de la province Alphonse d'Ornano, il défend le Dauphiné contre les empiétements du duc de Savoie, qui s'est fait proclamer comte de Provence par la Ligue, et le bat le 17 septembre 1591 à la bataille de Pontcharra. Il défait à nouveau à la bataille de Salbertrand, le 7 juin 1593, des troupes alliées savoyardes, espagnoles et napolitaines qui s'étaient emparées du fort d'Exilles, bataille durant laquelle meurt Rodrigue Alvarez de Tolède, général commandant les troupes ennemies.

Fidèle à son roi, il gravit les échelons du pouvoir : nommé Gouverneur de Grenoble en mars 1591, Conseiller d'État le 6 septembre 1595, Commandant en Provence fin septembre 1595, Lieutenant général en Dauphiné en octobre 1597, il devient Maréchal de France le 27 septembre 1609, duc de Lesdiguières et pair de France en 1611. Le Duché-Pairie de Lesdiguières fut érigé alors à partir des terres des seigneuries de Lesdiguières et de Champsaur, appartenances et dépendances sous Henri IV. Néanmoins, il ne pourra porter ce dernier titre que sous Louis XIII, lors-qu’après sa réception au Parlement le 6 février 1620, il est officiellement le premier duc de Lesdiguières. Les lettres d'érection de cette terre en duché-pairie constituent ce fief en pairie femelle, c'est-à-dire transmissible une fois en ligne féminine. C'est d'emblée la seule manière de sauver cette pairie puisque François de Bonne n'a que trois filles de ses deux épouses successives. Sa fille Madeleine né de sa femme Claudine de Bérenger du Gua (†1608), qu'il a épousé en 1565 puis Françoise et Catherine de sa femme Marie Vignon, fille d'un fourreur Grenoblois devenue marquise de Treffort. Son gendre, Charles de Créquy-Blanchefort devra lui-même épouser successivement les deux jeunes femmes pour demeurer duc de Lesdiguières et transmettre le titre à sa descendance mâle.

Armes du dernier connétable de France. de gueules au lion d’or au chef d’azur chargé de trois roses d’argent[2]

Il devient gouverneur du Dauphiné en 1612, puis Maréchal général des camps et armées du roi en 1621, puis connétable de France et chevalier du saint esprit en 1622. Il n’accédera à la charge de connétable qu’à la suite de sa conversion à la religion catholique. La cérémonie d'abjuration solennelle se déroule le 24 juillet 1622 en la collégiale Saint-André de Grenoble[3].

À partir de 1576, il séjourne régulièrement à Serres, donnée aux Protestants comme place de sûreté et dont son secrétaire et biographe Louis Videl (1598-1675) est originaire. Sa présence y est notamment attestée en 1582 et 1588. La tradition lui prête plusieurs demeures dans cette ville ; Maison dite de Lesdiguières.

Mausolée de Lesdiguières
Musée Muséum départemental des Hautes-Alpes

En 1594, il s'empare des terres de Vizille et y construit sa demeure qui deviendra l'actuel château de Vizille, qu'il agrandira à partir de 1600.

En 1597, il incite Henri IV à reprendre immédiatement la ville d'Amiens tombée dans les mains des Espagnols et commande le siège du château de l'Huile (Bourget-en-Huile), château fort qui contrôlait la route du col du Grand Cucheron, qu'il prit avec l'aide de trois canons. En 1630, ce château subit un nouveau siège par les armées de Louis XIII, et il est finalement détruit et sera arasé sur les ordres du cardinal de Richelieu.

C'est en 1597 également qu'il crée le régiment de Lesdiguières qu'il passera à son gendre sous le nom de régiment de Créqui.

En 1598, il s'empare du fort Barraux que le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier venait de faire construire (1597).

En 1600, il est en première ligne lors de la guerre franco-savoyarde ou il prend Conflans et Montmélian.

En 1605, sur ordre d'Henri IV, il reprend possession, à la tête du régiment du Bourg de Lespinasse, de la citadelle d'Orange pour le compte prince Philippe-Guillaume d'Orange, époux d'Éléonore de Bourbon-Condé.

Le 25 avril 1610 dans le château de Bruzolo il signe le traité de Bruzolo, avec Charles-Emmanuel Ier, sur ordre de Henri IV de France.

En 1620, lors des rébellions huguenotes, Lesdiguières, nouvellement converti au catholicisme, répondit de la soumission du Dauphiné, dont il était gouverneur, et reçu en remerciement le collier du Saint-Esprit et l'épée de connétable de France. Il est aux sièges de Montauban et de Montpellier et est chargé par Louis XIII de négocier la paix avec Henri de Rohan.

Âgé de 81 ans il participe à la guerre d'Italie (1624-1625).

Chef militaire hors pair, diplomate et négociateur habile, qualifié par Henri IV « de rusé comme un renard », le dernier connétable de France meurt à l’âge de 83 ans, le 28 septembre 1626.

Possessions[modifier | modifier le code]

Ruine du château de Lesdiguières

François de Bonne possédait le château de Pont-de-Veyle et le château du Glaizil, dit « château de Lesdiguières », aujourd'hui en ruines, dans la chapelle duquel il fut enterré ; son tombeau se trouve aujourd'hui au Musée Muséum départemental des Hautes-Alpes à Gap, et une maison forte à Saint-Bonnet-en-Champsaur. Sa sépulture se trouve quant à elle dans la chapelle de l'église Saint-Pierre de Sassenage.

Liste non exhaustive des possessions tenues en nom propre ou en fief de François de Bonne de Lesdiguières :

Descendance[modifier | modifier le code]

  • Madeleine de Bonne, née en 1576, est l'unique survivante du premier mariage de Lesdiguières avec Claudine de Bérenger du Gua, ses frères et sœurs étant tous morts en bas âge. Elle épousa le 14 mars 1595 Charles de Blanchefort sire de Créquy. Elle mourut en 1620[4].
  • Françoise, fille légitimée sur le tard qu'il a eu de Marie Vignon. En 1612 elle épousa en première noce Charles René du Puys marquis de Montbrun. Elle est démariée par les Créquy qui voulait récupérer la fortune des Lesdiguières et épouse ainsi en 1623 son beau-frère Charles de Blanchefort sire de Créquy[4].
  • Catherine, fille légitimée sur le tard qu'il a eu de Marie Vignon. Elle épousa le comte de Sault en 1619 et mourut en 1621 sans enfant[4].

Successeurs[modifier | modifier le code]

  • François de Bonne de Créqui (1596-1er janvier 1677), fils aîné de Madeleine de Bonne et de Charles de Créquy-Blancheflort, comte de Canaples, puis de Sault, puis troisième duc de Lesdiguières (1638). Mestre de camp du régiment de Lesdiguières en 1605, gouverneur de Dauphiné et Pair de France, seigneur d'Agoult, de Vesc, de Montlaur et de Montauban. Il épousa Catherine de Bonne en 1616, puis Anne de la Magdeleine en 1632[6].
  • Jean François Paul de Bonne de Créqui (1678-1703), fils du précédent et de Marguerite de Gondi. Il avait épousé Louise-Bernardine de Durfourt, fille de Jacques-Henry de Durfourt, duc de Duras. Il est mort à la guerre sans descendance.
  • Alphonse de Créquy (1628-1711), petit-fils de Charles II de Créquy par son fils cadet, Charles, sire de Créquy et de Canaples, époux de Anne de Beauvoir de Grimoard du Roure et mort en 1630 (donc avant son père)[5], dont il était le troisième fils. Alphonse de Bonne de Créquy-Blanchefort fut comte de Canaples, puis sixième (et dernier duc) de Lesdiguières et Pair de France, en 1703, à la mort de son petit-cousin Jean François Paul de Bonne, le dernier de la branche aînée de sa Maison.

Il ne faut pas confondre ce sixième duc de Lesdiguières avec son frère aîné, le seul et unique duc de Créquy (Charles III de Créquy, en réalité duc de Poix mais dit « le duc de Créquy » dans la plupart des documents), marquis de Créquy, puis duc de Poix et pair de France, époux d'Armande de Saint-Gelais, fille et héritière du marquis de Lansac, chevalier des ordres du roi, premier gentilhomme de sa chambre, gouverneur de Paris et lieutenant-général des armées du roi, mort à Paris le 13 février 1687 et inhumé dans l'église du couvent des Capucines. Son monument, sculpté par Mazeline et Hurtrelle a disparu dans la destruction du couvent sous la Révolution française[7]. Ni avec son plus jeune frère, François de Créquy marquis de Marines et maréchal de France, qui occupa la Lorraine (1670), prit Fribourg-en-Brisgau (1677) et s'empara de Luxembourg (1684) et fut inhumé dans l'église des Jacobins, une chapelle édifiée par sa veuve, où fut placé son tombeau dessiné par Lebrun et réalisé par A. Coysevox, J. Joly, N. Coustou.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Historiette, Tallemant des Réaux, Bibliothèque de la Pléiade ISBN 2-07-010547-4, notes P 729 selon le secrétaire Videl, historien des Lesdiguières, c'est le besoin financier qui pousse le jeune François qui n'avait pas fini ses études de droit vers la carrière des armes
  2. À noter toutefois, l'interversion des hachures dans cette gravure.
  3. Cf. Gilles-Marie Moreau, Le Saint-Denis des Dauphins : histoire de la collégiale Saint-André de Grenoble, L'Harmattan, 293 pages, 2010, (ISBN 2296130623).
  4. a, b et c Historiette, Tallemant des Réaux, Bibliothèque de la Pléiade ISBN 2-07-010547-4, notes P 734
  5. a et b « Les Créquy-Blanchefort », sur René Lesage, L'illustre famille de Créquy
  6. « Les Bonne de Créquy », sur René Lesage, L'illustre famille de Créquy
  7. Un moulage en plâtre se trouve au château de Pierrefonds voir :« Monument funéraire de Charles III de Créqui »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]