Jean de Gassion

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le chef militaire français. Pour le président du Parlement de Navarre, voir Jean de Gassion. Pour d'autres homonymes, voir Gassion.
Jean de Gassion
Jean de Gassion, gravure de Gérard Edelinck
Jean de Gassion, gravure de Gérard Edelinck

Surnom La Guerre (donné par Richelieu)
Naissance 20 août 1609
Pau
Décès 2 octobre 1647 (à 38 ans)
Arras (Pas-de-Calais)
Mort au combat
Origine Béarn
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Grade maréchal de France
Conflits Révolte des va-nu-pieds, Bataille de Rocroi, Guerre de Trente Ans
Hommages Personnalité figurant dans la galerie des batailles du château de Versailles.
Autres fonctions Comte de Gassion, Colonel du régiment homonyme, Mestre de Camp Général de la Cavalerie, Gouverneur général de Courtrai

Jean de Gassion, né le 20 août 1609 à Pau, mort le 2 octobre 1647 à Arras et inhumé au temple de Charenton, était un chef militaire français du XVIIe siècle. Redoutable homme de guerre, il fut Maréchal de France à 34 ans, servit Louis XIII et Louis XIV et mourut d'une blessure lors du siège de Lens.

Présentation[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille parlementaire et calviniste du Béarn, Jean de Gassion combattit l'armée royale lors des « guerres de Monsieur de Rohan », ultimes révoltes protestantes. Après la signature de la paix d'Alès en 1629, il entra au service du roi de Suède Gustave II Adolphe, pour lequel il leva une compagnie puis un régiment de cavaliers. Entre 1630 et 1632, il participa aux campagnes victorieuses de Gustave-Adolphe, qui, débarqué en Poméranie, arriva aux portes de la Bavière. Le souverain suédois avait réintroduit l'usage de la charge au galop, l'épée à la main. Il comptait sur la puissance de choc des chevaux lancés à pleine vitesse pour rompre les rangs adverses[1]. Sa mort à la bataille de Lützen en 1632, puis l'entrée en guerre de la France en 1635 incitèrent Gassion à entrer au service de Louis XIII.

Gassion profita de l'expérience acquise dans les armées étrangères pour introduire en France cette nouvelle donne tactique. Une commission lui fut accordée pour lever une troupe de 1600 hommes. À la tête de cet énorme régiment, Gassion possédait un pouvoir absolu : il y distribuait les charges et y exerçait un droit de justice, privilège qui n'était accordé qu'aux unités de mercenaires. En effet, son statut était proche de celui des mercenaires étrangers qui menaient la guerre comme une entreprise privée. Comme eux, il portait le titre de colonel, alors que les Français étaient désignés comme « mestres de camp ». Il commandait donc un régiment considéré comme français avec les privilèges d'un colonel étranger. Cette délégation contractuelle du pouvoir souverain de faire la guerre représentait un risque pour le roi de France, qui y perdait une part de son autorité[2].

En 1636, il se distingua au siège de Dôle, sous les ordres de Condé, puis aux sièges de Saint-Omer et de Hesdin sous les ordres de La Meilleraye en 1639[3]. La même année, le cardinal de Richelieu l'envoya en Normandie réprimer la révolte des nu-pieds. Surpris par sa rapidité, les révoltés furent écrasés et sévèrement châtiés[4]. Le 19 mai 1643, Jean de Gassion participa grandement à la victoire de Rocroi, où il épaula le jeune prince d'Enghien, lui apportant sa fougue, son expérience et sa connaissance des tactiques suédoises. Il reçut en récompense le bâton de maréchal.

Jean de Gassion fut érigé en parangon des vertus guerrières. Jusqu'à sa mort au siège de Lens en 1647, ses faits d'armes furent complaisamment célébrés dans La Gazette de France. Il y était représenté dans toutes les postures du guerrier intrépide accumulant escarmouches, chevauchées, surprises et combats, défiant personnellement les chefs ennemis pour les étendre raides morts d'un coup de pistolet ou d'épée. Tallemant des Réaux raconte dans ses Historiettes que Richelieu avait fini par le surnommer « La Guerre » [5].

Attention à ne pas confondre avec son neveu Jean marquis de Gassion et chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit mais qui ne fut pas maréchal de France. Jean, comte de Gassion, ne fut pas distingué dans cet ordre car il était protestant.

Buste de Jean de Gassion; Galerie des batailles du château de Versailles

Titres[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
French heraldic crowns - marquis v2.svg
Blason Jean de Gassion.svg
Armes de Jean (son neveu), marquis[6],[7] de Gassion

Écartelé: aux 1 et 4, d'azur, à la tour d'or, ouvert du champ et maçonnée de sable; au 2, d'or, à trois pals de gueules (de Foix) ; au 3, d'azur, à l'arbre de sinople traversé au pied d'un lévrier passant de gueules accolé d'azur bordé et bouclé d'or. (attention armoiries officielles de la famille de Gassion uniquement après que son frère ainé et héritier ait réuni les terres de la famille et obtenue leur élévation au rang de marquisat en 1649)[8],[7],[6]
Devise : NEC FRUSTRÀ CURRET[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. H. Drévillon, Batailles…, p. 136
  2. H. Drévillon, Batailles…, p. 135. Voir également L'héroïsme à l'épreuve de l'absolutisme…, p. 26.
  3. M. Foisil, La révolte des nu-pieds…, p. 290
  4. R. Mousnier, L'Homme rouge…, p. 717. « Il occupa d'abord Caen, dont il fit désarmer les habitants, fit rompre vif l'insurgé Bras-Nus, et contraignit les bourgeois de Caen de payer la subsistance […]. En décembre, il marcha sur Avranches. Les Nu-Pieds, surpris par sa rapidité, n'arrivèrent pas à regrouper leurs hommes dispersés dans les villages. Gassion attaque le 14 décembre 1639 ceux qui étaient dans les faubourgs d'Avranches. Leurs retranchements furent vite forcés […]. La ville d'Avranches se rendit. Les troupes y prirent leur quartier d'hiver. Des Nu-Pied pris les armes à la main, douze furent pendus, d'autres envoyés aux galères. »
  5. Ibid., p. 137
  6. a et b www.heraldique-europeenne.org
  7. a et b Michel Popoff et préface d'Hervé Pinoteau, Armorial de l'Ordre du Saint-Esprit : d'après l'œuvre du père Anselme et ses continuateurs, Paris, Le Léopard d'or,‎ 1996, 204 p. (ISBN 2-86377-140-X)
  8. a et b Johannes Baptist Rietstap, Armorial général : contenant la description des armoiries des familles nobles et patriciennes de l'Europe : précédé d'un dictionnaire des termes du blason, G.B. van Goor,‎ 1861, 1171 p. (lire en ligne), et ses Compléments sur www.euraldic.com

Sources[modifier | modifier le code]

  • La vie du maréchal de Gassion, livre de 224 pages présent à la Bibliothèque nationale sous la cote 5768.

L’auteur, Du Prat, était ministre de la religion réformée et aumônier du maréchal.

  • Le portrait du mareschal de Gassion, livre de 326 pages publié à Paris chez Pierre Bienfait (cote de 1a Bibliothèque nationale : Ln27 8304). Même auteur
  • Histoire du maréchal de Gassion, par l’abbé Michel de Pure, qui consulta sans doute le manuscrit de Du Prat; il fut publié à Paris chez G. de Luyne en 1673 et réédité à Amsterdam en 1696 (cote : 80 Ln27 8306)
  • La Vie et la mort du maréchal de Gassion, 1647, œuvre de Théophraste Renaudot (1586-1653).

Article connexe[modifier | modifier le code]