Claude-Victor Perrin

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Claude-Victor Perrin
Duc de Bellune
Claude-Victor Perrin, duc de Bellune, maréchal de France. Huile sur toile d'Antoine-Jean Gros, 1812, château de Versailles.
Claude-Victor Perrin, duc de Bellune, maréchal de France. Huile sur toile d'Antoine-Jean Gros, 1812, château de Versailles.

Surnom Victor
Naissance 7 décembre 1764
Lamarche, Vosges
Décès 1er mars 1841 (à 77 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Artillerie
Infanterie
Grade Maréchal d'Empire
Années de service 17811841
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Commandement 10e corps de la Grande Armée
1er corps de l'armée d'Espagne
9e corps de la Grande Armée
2e corps de l'armée d'Allemagne
Faits d'armes Siège de Toulon
Combat de Rovereto
Bataille de Marengo
Bataille de Friedland
Bataille de Medellín
Bataille de la Bérézina
Bataille de Montereau
Distinctions Grand-croix de Saint-Louis
Chevalier commandeur de l'ordre du Saint-Esprit
Grand officier de la Légion d'honneur
Commandeur de l'Ordre de la Couronne de fer
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile
Boulevard Victor
Autres fonctions Président du collège électoral du département de Maine-et-Loire
Ministre plénipotentiaire auprès du roi de Danemark
Ministre de la Guerre
Famille Voir « Mariage et descendance »

Ministre de la Guerre

Claude-Victor Perrin, dit Victor, né le 7 décembre 1764 à Lamarche, dans les Vosges, et mort à Paris le 1er mars 1841, est un maréchal d'Empire, nommé duc de Bellune en 1808.

Il s'engage d'abord comme tambour dans l'artillerie en 1781, puis devient grenadier dans la Garde nationale. Son courage en Italie et au siège de Toulon, en 1793, lui permet de s'élever rapidement dans la hiérarchie militaire et d'être nommé général de brigade à la fin de l'année. Il est transféré à l'armée des Pyrénées orientales, puis repasse sur le théâtre d'Italie sous les ordres du général Bonaparte ; il se bat alors à Loano, Millesimo, Rovereto et La Favorite, à la suite de laquelle il est promu général de division. Victor, à l'exception d'un court passage à l'armée d'Angleterre, conserve son poste en Italie jusqu'à l'avènement du Consulat, où il vaque de commandement en commandement. L'Empire français est proclamé en 1804, et Victor est envoyé en ambassade au Danemark auprès du roi Christian VII. Le général revient cependant en 1806 pour participer à la campagne de Prusse comme chef d'état-major de Lannes, puis à celle de Pologne en 1807, à la tête du 10e corps d'armée. Son intervention décisive à la bataille de Friedland, le 14 juin, détermine l'Empereur à élever Victor à la dignité de maréchal d'Empire le 13 juillet suivant, puis à le titrer duc de Bellune en 1808. La guerre d'Espagne s'étant déclenchée, Victor est nommé commandant en chef du 1er corps et pénètre dans la péninsule Ibérique au mois de septembre : il bat l'armée espagnole du général Blake à la bataille d'Espinosa et concourt à la prise de Madrid en décembre. Le maréchal opère ensuite dans le sud du pays et défait la Cuesta à Uclès, le 13 janvier 1809, puis à Medellín le 29 mars. Victor reste sur le théâtre espagnol jusqu'en 1812, période durant laquelle il joue un rôle majeur à la bataille de Talavera et entreprend, en vain, le siège de Cadix.

Napoléon le rappelle à ses côtés pour lui confier le 9e corps d'armée, en vue de l'invasion de la Russie. Le maréchal ne prend pas part à la première partie de la campagne, mais s'illustre particulièrement lors de la retraite à la bataille de la Bérézina, en résistant pied à pied aux attaques russes. Il sert encore l'Empereur lors de la campagne d'Allemagne, en 1813, puis lors de la campagne de France en 1814. Blessé sérieusement à la bataille de Craonne, il rentre à Paris et n'exerce plus aucun rôle jusqu'à la fin des hostilités.

À la Première Restauration, Victor se rallie à Louis XVIII et le suit à Gand pendant les Cent-Jours. Le roi récompense sa fidélité en le faisant major-général de la Garde royale et pair de France, puis en lui remettant de nombreuses décorations. En 1821, le duc de Bellune entre au gouvernement et se voit remettre le portefeuille de la Guerre. Il continue à servir sous Charles X mais refuse de prêter serment à Louis-Philippe en 1830. S'étant démis de la plupart de ses charges, le maréchal Victor meurt le 1er mars 1841 à Paris et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Napoléon avait émis ce jugement à son propos : « Victor est meilleur qu’on ne suppose. Au passage de la Bérézina, il avait tiré très bon parti de son corps. ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et début de carrière[modifier | modifier le code]

Victor est issu d'une famille bourgeoise native du plateau de Langres. Il est le fils de Charles Perrin, tenant d'une charge de fermier des domaines du roi (fils de Charles Perrin, huissier royal au bailliage de Lamarche, et de Gabrielle Guérin) et de Marie-Anne Floriot, fille d'un fermier des domaines du roi. Le 16 octobre 1781, il entre, à dix-sept ans, comme tambour dans le 4e régiment d'artillerie de Grenoble. Rachetant son congé absolu le 1er mars 1791, moyennant la somme fixée par les ordonnances, il quitte l'armée, se fixe à Valence où il se marie et devient employé à la municipalité de Valence où travaille son beau-père.

Sous la Révolution[modifier | modifier le code]

Claude-Victor Perrin, lieutenant-colonel du 5e bataillon de volontaires des Bouches-du-Rhône en 1792, Georges Rouget, 1835.

Il fait partie de la Garde nationale de cette ville comme grenadier et le 21 février 1792, il est nommé adjudant du 3e bataillon de volontaires de la Drôme. Il y sert jusqu'au 4 août, quand il est promu au grade d'adjudant-major capitaine dans le 5e bataillon de volontaires des Bouches-du-Rhône. La déclaration de la patrie en danger le conduit aux frontières. Il s'élève en peu de temps au grade de chef de bataillon au même corps le 15 septembre. Il rejoint l'armée d'Italie pour les campagnes de 1792 et 1793. Victor fait ses premières armes sous les ordres du général d'Anselme, dans le comté de Nice et au combat de Coaraze, culbutant avec son seul bataillon un corps de 3 000 Piémontais[1].

Après ces deux campagnes, Victor est envoyé au siège de Toulon. À son arrivée, on lui donne le commandement d'un bataillon de chasseurs à la tête duquel il rend d'importants services au sein de la division Lapoype. Il rencontre Napoléon Bonaparte. Le 2 octobre, il est nommé provisoirement, au grade d'adjudant-général. Le 1er décembre il se distingue lors de la prise du fort du Mont Faron[2]. Sa conduite dans cette journée est appréciée par les représentants du peuple Salicetti et Gasparin, qui le nomment adjudant-général chef de brigade sur le champ de bataille. Il est immédiatement chargé du commandement des troupes formant l'aile droite de l'armée de siège. Quelques jours plus tard, le 17 décembre, il est grièvement blessé au ventre en s'emparant de la redoute britannique l'Éguillette, dite le « Petit Gibraltar »[3]. Il est promu général de brigade à titre provisoire le 20 décembre 1793 (30 frimaire an II) avec Bonaparte et Brûlé, sur demande des représentants Salicetti, Barras, Fréron et Ricord.

À peine guéri de ses blessures, il est employé à l'armée des Pyrénées orientales, où il fait les campagnes de l'an II et III. Sous les ordres de Pérignon, il s'illustre à la Bataille de la Sierra Negra : chargé d'une fausse attaque sur Espolla, par le col de Banyuls, le 27 brumaire an III, il la dirige avec une grande habileté et concourt à la prise des retranchements de cette place et de ceux de Saint-Clément. Il assiste aux sièges et aux diverses attaques du fort Saint-Elme et de Collioure. Il est ensuite chargé de surveiller les travaux de réparation de ces places, de l'établissement des batteries côtières et de la garde des frontières d'Espolla et de Roses. Il commande une brigade au siège de cette dernière ville, et se trouve à sa capitulation le 13 nivôse an III.

Passage à l'armée d'Italie[modifier | modifier le code]

Confirmé dans son grade de général de brigade, par arrêté du gouvernement du 25 prairial de la même année, il passe à l'armée d'Italie en l'an IV. Le 10 vendémiaire an IV, l'avant-garde piémontaise avait pris position sur un mamelon, en face de Borghetto, et avait commencé à s'y retrancher pour y élever des batteries de gros calibre. Le général Masséna ordonna au général Victor, commandant la 1re subdivision de droite, de détruire ces ouvrages. Dans la nuit du 10 au 11, Victor fit entourer le mamelon par deux colonnes, tandis que 100 grenadiers et 200 chasseurs, placés en observation, devaient empêcher les secours d'arriver. Le mamelon fut enlevé, les soldats français sautèrent dans les retranchements et tuèrent tout ce qui s'y trouvait. Quelques hommes seulement se sauvèrent à la faveur de la nuit. Les retranchements furent abattus, et quelques prisonniers furent ramenés. Les 1er, 2 et 3 frimaire suivant, il contribua à la défaite des Autrichiens et des Piémontais à Loano et sur le Tanaro ; le 25 germinal, à celle du général Provera, au château de Cosseria, et, le 27 du même mois, à la déroute du général Vukasović (en) à Dego.

Scène de combat entre Français et Autrichiens, sur un terrain encaissé séparé par une rivière, en contrebas d'un château entouré de murailles.
La bataille de Rovereto, 4 septembre 1796. Gravure de l'époque, tirée de l’Histoire de l'armée française du colonel Revol.

Le 19 thermidor, au combat de Peschiera, le général Victor, à la tête de la 18e demi-brigade, culbuta les Austro-Piémontais, leur enlevant 12 pièces de canon. Le 18 fructidor an IV, au combat de Ponte San Marco, avec la même demi-brigade, il perça la ligne ennemie par le grand chemin ; la résistance fut longue et opiniâtre ; pendant ce temps, le général Vaubois attaquait le camp de Mori ; après deux heures d'un combat acharné, le général Victor peut entrer, au pas de charge, dans la grande rue de Roveredo, et les Autrichiens évacuent la place, en laissant une grande quantité de morts et de prisonniers.

Le 25 du même mois, il fut envoyé avec sa brigade, pour compléter sur la rive droite de l'Adige l'investissement de Porto-Legnago, que le général Augereau cernait déjà sur la rive gauche et qui capitula le 27. À l'affaire qui eut lieu le 29, le général Victor culbuta les troupes qui couvraient Saint-Georges et entra dans ce faubourg pêle-mêle avec elles. Un bataillon de la 18e y fut chargé par deux escadrons de cavalerie autrichienne ; non-seulement les soldats français soutinrent avec beaucoup de résolution cette charge impétueuse, mais ils poussèrent à leur tour les cavaliers avec tant de vigueur que tous ceux qui ne furent pas tués ou blessés mirent bas les armes et se rendirent prisonniers. À l'affaire de Cerea, l'armée française était vigoureusement pressée par le général Wurmser ; Victor, avec un bataillon de grenadiers, rétablit le combat, dégagea l'armée, repoussa les Autrichiens, fit un grand nombre de prisonniers et reprit les canons qui avaient été enlevés aux Français. Le 27 pluviôse an V, il partagea la gloire de l'armée et le succès qu'elle obtint à la bataille de Saint-Georges, où il fut blessé, et il contribua puissamment, à la tête des 18e et 57e demi-brigades, au gain de celle de la Favorite, où il fit mettre bas les armes à la division Provera, forte de 7 000 hommes.

Général de division[modifier | modifier le code]

Le général en chef Napoléon Bonaparte, qui apprécie son audace, le nomme provisoirement général de division sur le champ de bataille, et en rend compte au Directoire qui confirme cette nomination par son arrêté du 20 ventôse suivant. Le général Victor marche ensuite sur Bologne avec un corps de troupes suivi d’une réserve de grenadiers sous les ordres du général Lannes. Il s'empare d'Imola et se porte ensuite sur le Senio où se sont retranchés 3 à 4 000 hommes des troupes du pape. Les Pontificaux sont culbutés et mis en déroute au premier choc et perdent 4 à 500 hommes, huit drapeaux, 14 pièces de canon et plusieurs caissons de munitions. Ils se réfugient dans Faënza, mais ouvrent les portes aux Français dès qu'ils se présentent. Le général Victor continue sans obstacles sa marche sur Ancône. Il parait devant la place et s'en empare sans coup férir, le 21 pluviôse an V, y prenant 120 bouches à feu et plus de 4 000 fusils. Lors de l'insurrection des États de Venise, il rejoint le général Kilmaine qui est à Vérone. Il se porte ensuite sur Vicence, et le 9 floréal ses troupes campent devant Trévise et Padoue. Lorsque l'armée se trouve réunie dans les provinces de terre ferme, Victor rétrograde sur l'Adige et prend position le long de la rivière.

En France puis retour en Italie[modifier | modifier le code]

Pendant que ces événements se passent à l'extérieur, le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) permet au Directoire de mettre à l'écart les royalistes du club de Clichy. Des adresses de félicitations arrivent de toutes parts au gouvernement. Après le traité de Campo-Formio, le 26 vendémiaire an VI, le général Victor rentre en France. Il est employé à l'armée d'Angleterre le 23 nivôse, passe au commandement de la 2e division militaire (Nantes) le 27 ventôse en remplacement du général Grouchy, et retourne à l'armée d'Italie le 14 floréal.

Il est renvoyé en Italie, où il prend part à la reconquête du Piémont, se trouve avec sa division aux batailles de Sainte-Lucie le 6 germinal an VII (26 mars), de Villafranca le 16 (5 avril, jour de la bataille de Magnano), d'Alexandrie le 23 floréal (12 mai). Il est blessé à la bataille de la Trebbia en 1799, les 29, 30 prairial et 1er messidor (17-19 juin). Le lendemain, 2 messidor, la division Victor défend, avec une grande énergie, le poste de Sainte-Marguerite qui est attaqué, le 22 vendémiaire an VIII (14 octobre 1799), par les Autrichiens, et il les contraint à se retirer après avec des pertes considérables. Le 13 brumaire (4 novembre) suivant, à Fossano, il doit se retirer du champ de bataille sur ordre du général en chef Championnet, qui a remplacé Joubert mort à Novi. Il évacue également Valdigi, où il se maintenait avec succès, que sur l'invitation réitérée qui lui est faite par le même général.

Sous le Consulat[modifier | modifier le code]

Scène de bataille entre Français et Autrichiens sous la Révolution.
La bataille de Marengo, le 14 juin 1800. Huile sur toile de Louis-François Lejeune.

Il s'illustre lors de la deuxième campagne de Bonaparte en Italie. Appelé le 27 ventôse (18 mars 1800) au commandement d'une division de l’armée de réserve, il contribue aux succès remportés sur le Tessin et sur le pendant les mois de floréal et de prairial. Le 20 de ce dernier mois (9 juin), il détermine le succès de la bataille de Montebello. Le 25 (14 juin), à Marengo, placé en première ligne, il soutient pendant quatre heures les efforts de l'armée autrichienne, et contribue à la prise du village de Marengo. Il reçoit un sabre d'honneur le 17 messidor (6 juillet) suivant.

Le 6 thermidor de la même année, il est nommé lieutenant du général en chef de l'armée de Batavie, et exerce ces fonctions jusqu'au 21 thermidor an X. Il est nommé pour préparer une expédition en Louisiane, avec titre de capitaine général, mais ne part pas du fait de la perte de Saint-Domingue, des menaces de reprise des hostilités des Britanniques et de l'immobilisation de son escadre, prise dans les glaces à Berg-op-Zoom (Pays-Bas). Il conserve ce titre jusqu'au 17 prairial an XI, lorsqu'il est rappelé au commandement en chef de l'armée de Batavie.

Au service de l'Empire[modifier | modifier le code]

Compris comme légionnaire de droit dans la 5e cohorte, il est mis en disponibilité le 3 floréal an XII. Il est créé grand officier de la Légion d'honneur le 25 prairial suivant, puis est nommé président du collège électoral du département de Maine-et-Loire. Envoyé comme ministre plénipotentiaire auprès du roi de Danemark le 30 pluviôse an XIII, il reçoit la décoration de grand cordon de la Légion d'honneur le 15 ventôse de la même année. Il est chargé d'observer les mouvements de troupes et de vaisseaux en mer Baltique. En 1806, lors de la rupture avec la Prusse, il quitte Copenhague vers la fin de septembre pour rejoindre la Grande Armée. Il est nommé chef de l'état-major général du 5e corps, commandé par le maréchal Lannes. Le 10 octobre, il participe à la bataille de Saalfeld, puis le 14 octobre, à la bataille d'Iéna. Il est blessé par un biscaïen. Le 25 octobre, Victor reçoit, comme fondé de pouvoirs du maréchal Lannes, la capitulation de la forteresse de Spandau lors de la poursuite de l'armée prussienne. Le 26 décembre, il est à Pultusk. Puis, le 4 janvier 1807, il reçoit le commandement de la division polonaise de Dombrowski, ainsi que le commandement du Xe corps, nouvellement formé. Il se met aussitôt en marche pour aller faire le siège de Colberg et de Dantzig. Le 20 janvier 1807 alors qu'il se rend en voiture à Stettin, en compagnie de son aide-de-camp et d'un domestique, il est enlevé par un parti de 25 chasseurs prussiens commandés par Schill qui bat le pays. Échangé presque aussitôt contre Blücher, le 8 mars 1807 par les soins de l'Empereur Napoléon, il est chargé au mois de mai du siège de Grandentz.

Le 6 juin, Victor remplace Bernadotte, blessé dans une escarmouche, à la tête du Ier corps d'armée. 8 jours plus tard, le 14 juin 1807, il est à Friedland, où il dirige victorieusement la charge contre le centre russe. Il est fait maréchal d'Empire le 13 juillet 1807 (19e dans l'ordre). Gouverneur de la Prusse et de Berlin le 9 août 1807 après la paix de Tilsitt, il devient duc de Bellune en septembre 1808, avant de partir pour l'Espagne. Pour le remercier de sa gestion honnête, les Berlinois lui offrent 2 millions or qu'il refuse, n'acceptant que 4 chevaux poméraniens pour ses attelages. Ce fait, gravé dans le marbre à Lamarche, permit de sauver 5 otages de Lamarche en 1870.

Campagne d'Espagne[modifier | modifier le code]

Appelé au mois d'août suivant au commandement en chef du 1er corps destiné à opérer en Espagne[4], il se dirige aussitôt sur Bayonne. Il entre par brigades sur le territoire espagnol les 22, 23, 25, 27 et 29 du même mois. Son armée se trouve entièrement réunie à Vittoria et ses environs dans les cinq premiers jours de novembre. Il est vainqueur de Joaquin Blake à Espinosa les 10 et 11 novembre 1808. Cependant, il manœuvre mal à Somosierra, le 30 novembre, et il faut la charge des chevau-légers polonais de la Garde pour débloquer la situation. Le 2 décembre de la même année, le duc de Bellune concourt à la prise de Madrid et il se dirige sur Tolède. Lorsque Napoléon repart, il reste avec Joseph Bonaparte. Il est vainqueur à Uclès, le 13 janvier 1809. Napoléon décide de l'entrée des troupes françaises en Portugal. Le 1er corps est envoyé sur les frontières de l'Estrémadure. Le 15 mars, il passe le Tage à Talavera de la Reina et à El Puente del Arzobispo. Le 16, il marche sur l'armée du général Cuesta et la rencontre, le 17, retranchée sur la Ybor[5]. Le 18, la division Leval suit les Espagnols sur Valdecañas de Tajo et les force encore. Il est vainqueur à Medellín le 29 mars, où il bat le général Cuesta qui était parvenu à rallier son armée. Les Espagnols laissent près de 10 000 hommes sur le champ de bataille et perdent neuf drapeaux, 19 canons et 7 000 prisonniers. Il remporte également la bataille d'Alcabon le 26 juillet.

Combat à la baïonnette entre soldats français de Napoléon et fantassins britanniques en Espagne, au milieu d'un paysage exotique.
La bataille de Chiclana, 5 mars 1811. Huile sur toile de Louis-François Lejeune, 1822, château de Versailles.

Malgré ses succès décisifs, le maréchal Victor ne peut prendre part à l'invasion du Portugal. L'arrivée de nombreuses troupes anglo-portugaises rend sa présence indispensable sur la ligne de la Guadiana au Tage. Il est repoussé à Talavera, le 27 et 28 juillet[6]. L'Empereur, reconnaissant des services rendus par le duc de Bellune, déjà richement doté par lui, ne l'oublie pas dans la distribution qu'il fit à ses généraux, en juillet 1809, des domaines du Hanovre, et lui fait don des terres de Harpstedt et d'Heiligenrode, d'un revenu de 23 045 francs 87 centimes de rentes. Après la victoire d'Ocaña, remportée par les Français le 18 novembre, le maréchal pénètre en Andalousie et traverse sans obstacles la Sierra depuis Almaden. Après avoir envoyé quelques reconnaissances sur Santa Eufemia et Belalcazar, il marche sans artillerie et sans bagages sur Andigar, où il rejoint les autres corps. Poursuivant son mouvement en avant, il entre le 23 dans Cordoue où il s'arrête quelques jours. De là, il se porte sur Séville, arrive en vue de ses murailles vers la fin de janvier 1810, y entre le 1er février et prend aussitôt la route de l'île de Léon dont il atteint les environs et forme le blocus le 5 du même mois. Il commence ensuite le siège de Cadix, et pendant trente mois il fait échouer toutes les tentatives de l'ennemi mais ne peut, faute de moyens, occuper la ville. Il est victorieux à Chiclana[7]. Le duc de Bellune ne voit pas la fin du siège de Cadix, puisqu'il est appelé à faire partie de la Grande Armée le 3 avril 1812 pour prendre le commandement du 9e corps de réserve, chargé de garder la voie Smolensk-Vilna.

Les campagnes de la fin de l'Empire[modifier | modifier le code]

L'armée de Napoléon en Russie, sous la neige, massée devant une rivière traversée par des contingents de soldats.
La Grande Armée franchissant la Bérézina, huile sur toile de Janvier Suchodolski, 1866.

Au mois d'août suivant, le 9e corps fort de 30 000 hommes, et destiné à former la réserve, part de Tilsitt pour se rendre à Vilnius, lors de la campagne de Russie. Victor est à sa tête, à l'arrière garde. Lors de la retraite de Moscou, il enlève, le 14 novembre, la position de Smoliani et s'y maintient malgré les efforts d'un corps de 45 000 Russes. Le 25, à la bataille de la Bérézina, il reçoit l'ordre de suivre le mouvement du duc de Reggio sur le pont de Studianka, de couvrir la retraite en formant l'arrière-garde et de contenir l'armée russe de la Dwina qui le suit. Il s'illustre en assurant le passage de la Bérézina, en gardant l'accès Est aux deux ponts et le sauvetage de ce qui reste de la Grande Armée, en retenant avec quelques milliers d'hommes les armées russes, à un contre cinq.

Repassant le Niémen avec les rescapés de son corps, le duc de Bellune est nommé commandant en chef du 2e corps de l'armée d'Allemagne le 12 mars 1813. Lors de la campagne d'Allemagne, il est chargé de défendre la ligne de l'Elbe. Le 27 août, il est à Dresde, mettant en déroute l'aile gauche des Alliés et permettant à Murat de faire de nombreux prisonniers autrichiens. À Wachau, le 16 octobre, il commande au centre et au sud du front français, poste qu'il occupe également, le 18 octobre, à Probstheida, durant la bataille de Leipzig. Le 30 octobre, enfin, il est à Hanau, où l'armée française se défait de son ancien allié, le Bavarois de Wrede.

En France[modifier | modifier le code]
Panorama d'une bataille avec, au premier plan, à gauche, au centre et à droite, des soldats français progressant vers la ville, au deuxième plan.
La bataille de Brienne, 29 janvier 1814. Peinture de Jean-Antoine Siméon Fort.

Après cette campagne, il prend le commandement du 2e corps destiné à protéger les frontières de l'Est contre l'invasion étrangère. Le territoire français est de nouveau envahi. D'abord chargé de défendre le Haut-Rhin à Strasbourg, Victor doit se replier par Saint-Dié, Baccarat, Lunéville, Nancy et Toul le 17 janvier 1814, sur Saint-Dizier le 25. Trop faible pour s'opposer efficacement aux masses qui se présentent, il se replie successivement sur la Moselle, sur la Meuse, sur l'Ornain et sur la Marne. Il est de toutes les batailles de la campagne de France, et participe au succès de la journée de Brienne, le 29 janvier 1814. Il prend le commandement du centre de l'armée, le 1er février suivant, à la bataille de La Rothière, où 36 000 Français luttent désespérément contre 106 000 hommes de l'armée de Silésie. Le 17 février, à Mormant, il met en déroute le corps du comte Piotr Petrovitch Pahlen (de), et bat le général bavarois Lamotte près de Valjouan. Il fait dans cette journée 3 000 prisonniers et enlève 16 pièces d'artillerie.

Il se voit cependant reprocher par l'Empereur son arrivée tardive à Montereau, le 18 février 1814, et est remplacé par le général Gérard[8],[9]. Pardonné par l'Empereur, il est mis à la tête de deux divisions de la Jeune Garde le même jour. Le 7 mars, à la bataille de Craonne, il est atteint d'un coup de feu qui le met hors de combat pendant trois mois, sur des béquilles.

Première Restauration[modifier | modifier le code]

Après l'abdication de l'Empereur, le duc de Bellune est nommé chevalier de Saint-Louis, le 2 juin 1814, et Louis XVIII lui confie le gouvernement de la 2e division militaire le 6 décembre de la même année. Comme la plupart des autres maréchaux, il fait donc allégeance au roi Louis XVIII auquel il reste fidèle pendant les Cent-Jours, le rejoignant à Gand.

Cent-Jours[modifier | modifier le code]

Lors de la rentrée en France de l'Empereur, le maréchal se rend dans son gouvernement, et le 10 mars 1815, il est à Sedan, restant fidèle aux Bourbons. Le maréchal part ensuite pour Châlons-sur-Marne, où il arrive le 16. De là il se dirige sur Paris où il passe les journées des 17 et 18. Quittant Paris le 19, le maréchal arrive le 20 à Châlons, où il trouve toutes ses troupes rassemblées. Le bruit de l'arrivée de l'Empereur à Paris l'engage à porter une partie de son corps d'armée sur la rive droite de la Marne, dans les diverses directions de Paris. Mais les troupes, informées de la marche triomphale de l'Empereur, prennent tour à tour les couleurs nationales avec le général Rigau et manifestent leur peu de sympathie pour le gouvernement des Bourbons. Le duc de Bellune, voyant son autorité discutée, craignant d'être arrêté, prend la fuite et rejoint le roi.

Seconde Restauration[modifier | modifier le code]

Tombe du maréchal Victor au cimetière du Père-Lachaise.

Le 8 juillet 1815, Victor revient à Paris, avec Louis XVIII. Le 8 septembre, il est nommé major-général de la Garde royale (commandement en alternance avec Macdonald, Oudinot et Marmont), puis le 17 août, pair de France. Il vote la mort de Ney au procès de son ancien compagnon d'armes : il dira regretter ce vote, et pendant 26 ans, fait de chaque 7 décembre un jour de pénitence[10]. Il est également nommé, le 12 octobre 1815, président de la commission chargée d'examiner les services des officiers ayant servi Napoléon durant les Cent-Jours. Le 10 janvier 1816, le duc de Bellune est pourvu du gouvernement de la 16e division militaire, commandeur de l'ordre de Saint-Louis, et grand-croix après le mariage du duc de Berry, dont il signe le contrat, puis enfin chevalier commandeur de l'ordre du Saint-Esprit.

Ministre de la Guerre (14 décembre 1821-19 octobre 1823), il prépare l'expédition d'Espagne de 1823. Il est nommé major-général de l'armée d'Espagne le 17 mars. Cependant, le duc d'Angoulême ne l'agréant pas, il reprend son portefeuille et entre dans le conseil privé. Commandant en chef du camp de Reims au sacre de Charles X, membre du conseil supérieur de la guerre en 1828, il ne prête pas serment en 1830 au nouveau gouvernement et est exclu de la Chambre des pairs. Légitimiste jusqu'en 1830, il s'oppose à Louis-Philippe, mais, miné par ses blessures, il s'éteint en 1841, trois mois après le retour des cendres de l'Empereur. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (17e division)[11]. Son nom figure sur l'Arc de triomphe de l'Étoile à Paris et un des boulevards des Maréchaux de Paris porte son nom (le boulevard Victor).

Des papiers personnels du maréchal Claude-Victor Perrin sont conservés aux Archives nationales sous la cote 217AP[12].

Personnalité[modifier | modifier le code]

Brave et intrépide, il n'était pas un grand stratège et devait beaucoup de sa carrière à l'amitié que lui portait Napoléon depuis le siège de Toulon. Il ne se priva pourtant pas d'adresser ses opinions critiques à l'Empereur[10].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il épousa à Valence en 1791 Jeanne Josephine Muguet avec laquelle il eut :

Il se remaria en 1803 avec Julie Vosch van Avesaat, de qui il eut :

  • Stéphanie-Joséphine-Louise de Bellune (1805-1832)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il est avec son bataillon, fort de 600 hommes environ, au village de Coaraza, dans le comté de Nice, lorsque 3 000 Piémontais et un régiment d'émigrés l'attaquent furieusement. Il se défend courageusement et à la suite d'un combat de plusieurs heures, force l'ennemi à se retirer, non sans avoir éprouvé des pertes considérables. Ce fait d'armes remarquable est mis à l'ordre de l'armée.
  2. Dans la nuit du 10 au 11 frimaire an II, avec 800 hommes, il enlève les redoutes et les retranchements qui couronnent la montagne du Faron et passe au fil de l'épée la plus grande partie des troupes qui les défendent. Le 11, il soutient avec succès un combat de six heures contre 6 000 hommes, et malgré son infériorité numérique, il conserve le poste qui lui a été confié.
  3. Il marche à la tête des grenadiers le 28 frimaire an II, y pénètre avec eux et, bien que blessé grièvement de deux coups de feu, s'en rend maître. La prise de ce poste important, défendu avec intrépidité par les Anglais, contribue beaucoup à celle de Toulon.
  4. À son passage à Paris, le 22 septembre, avec une colonne du 1er corps, le préfet de la Seine, à la tête du Conseil municipal, vint à sa rencontre jusqu'à la barrière de Pantin. Après une allocution dans laquelle il énumérait les services éclatants de la Grande Armée ; ce magistrat remit au 1er corps des couronnes d'or offertes par la ville de Paris. Le maréchal duc de Bellune répondit en ces termes : « Monsieur le Préfet, messieurs les maires de la ville de Paris, les couronnes triomphales que vous venez d'offrir au 1er corps de la grande armée, au nom de la ville de Paris, orneront désormais ses aigles victorieuses ; les officiers, sous-officiers et soldats qui le composent ne verront jamais ces témoignages distingués de la considération et de la reconnaissance publique qu'ils ont tâché de mériter, sans se promettre de justifier le sentiment qui les a donnés. L'occasion s'en présentera bientôt, et là, comme sur les rives du Danube et de la Vistule, les soldats de la grande armée se montreront dignes de leur nom et des honneurs qu'ils reçoivent aujourd'hui. Ils acquerront, n'en doutez pas, de nouveaux droits à l'estime du grand peuple et à la bienveillance paternelle de notre auguste souverain, Napoléon le Grand. Vive l'Empereur ! » Ce cri fut répété de toutes parts ; alors au son d'une musique brillante et au milieu des plus vives acclamations, le préfet fixa sur les aigles les couronnes d'or votées par la capitale. Les troupes entrèrent ensuite dans Paris et se rendirent au jardin de Tivoli, où un banquet leur avait été préparé.
  5. L'ennemi est forcé trois fois successivement dans ses diverses positions pendant la journée. La fatigue des troupes empêche d'aller au-delà du dernier champ de bataille.
  6. où on lui impute un défaut de coordination avec les autres corps. Son avant-garde étant attaquée, le 22 juillet, en avant de Talavera de la Reina, elle dut évacuer cette position pour ne point se compromettre dans une lutte trop disproportionnée. Le 1er corps se retire donc sur Tolède et fait sa jonction, le 23, avec les troupes amenées à Madrid par le roi Joseph. L'armée française présente alors sur ce point une force d'environ 40 000 hommes, tandis que celles des Anglais, des Portugais et des Espagnols réunis, sous le commandement de sir Arthur Wellesley (depuis duc de Wellington), n'étaient pas de moins de 80 000 combattants. Le 27 juillet, à la pointe du jour, parti de Santa Olalla, le roi Joseph met ses colonnes en mouvement. L'ennemi occupe le terrain qui s'étend depuis Talavera de la Reina jusqu'au-delà des coteaux de Medelin, et qui embrasse un développement de 3 kilomètres environ. Les Français arrivèrent vers une heure sur les hauteurs de Salinas, à la gauche d'Alberche. Le 1er corps passe cette rivière à gué et surprend la division du général Alexander Mackenzie-Fraser (en), postée à la tour de Salinas, qui est obligée de se replier précipitamment. L'attaque du duc de Bellune a été si soudaine que sir Arthur Wellesley, qui se trouve dans cette position d'où il observe les mouvements de ses adversaires, est sur le point d'être fait prisonnier. Le maréchal attaque vigoureusement la colline de Medelin, clef de la position, qui est occupée par le général Hill (en), mais il ne peut s'en emparer malgré les efforts des divisions Ruffin et Villatte. Le lendemain 28, il renouvelle ses tentatives. Le combat est long et opiniâtre, et le succès longtemps indécis. Finalement, foudroyés par l'artillerie que les Anglais ont amenée sur ce point pendant la nuit, les Français sont obligés de revenir à leur première position. Cette journée, connue sous le nom de bataille de Talavera de la Reina, où le duc de Bellune se signale et où chaque armée conserve ses positions, coûte aux Anglo-Espagnols 7 500 hommes. Les pertes français sont à peu près équivalentes. Le 29, l'armée impériale repasse l'Alberche, et Joseph, n'espérant plus vaincre une armée dont l'effectif est double de la sienne, opère sa retraite sur Madrid.
  7. La junte de Cadix, ayant conçu le projet d'éloigner de cette place les forces dont se compose la ligne assiégeante, et même d'obliger les Français à se retirer entièrement. Des troupes partent de Cadix et débarquent à Algésiras où elles se réunissent à celles de don Antonio Begines de los Rios. Elles forment un effectif d'environ 20 000 hommes, et 24 pièces de canon, et mettent à la voile le 26 janvier 1811. Elles arrivèrent le lendemain, 27, à Tarifa, d'où elles se portent, le 28, sur Chiclana. Leur marche est retardée par les obstacles de toute nature qu'elles rencontrent et surtout par le mauvais état des routes qui permet difficilement le passage de l'artillerie. Sitôt avisé de ce mouvement, le maréchal Victor se porte vers l'ennemi avec environ 6 000 hommes. Le 5 mars, les Anglo-Espagnols se présentent sur la route de Chiclana. Dissimulant son infériorité numérique par l'habileté de ses manœuvres, le maréchal Victor culbute l'avant-garde ennemie et l'accule à la mer. Peu après, une action sanglante s'engage sur le coteau de la Cabeza del Puerco, autrement dit de la Barrosa. L'ennemi perd 1 500 hommes, et est obligé de rentrer à Santi-Pietri, laissant entre les mains des Français trois drapeaux et quatre canons.
  8. Dans sa marche sur Montereau, il s'arrête à Salins (Seine-et-Marne) pour y prendre quelques heures de repos, et ce retard fait manquer, dit-on, l'occupation des ponts, et lui attire de vifs reproches de la part de l'Empereur. L'amour-propre du maréchal en est profondément blessé. On prétend que c'est à ce motif seul que sont dus l'empressement qu'il met à accueillir les Bourbons et la conduite étrange qu'il tient plus tard envers son bienfaiteur. in « Claude-Victor Perrin », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]
  9. Le Coustumier 2004, p. 245-255, et annexe 14 p. 367
  10. a et b Le Coustumier 2004
  11. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier,‎ 1908 (lire en ligne), p. 66
  12. Archives nationales

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]