Anne Hilarion de Costentin de Tourville

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne l'amiral de Louis XIV. Pour l'écrivain, voir Anne de Tourville.
Anne Hilarion de Costentin
Comte de Tourville
Portrait du comte de Tourville
Portrait du comte de Tourville

Surnom Le « maréchal de Tourville »
Naissance 24 novembre 1642
à Paris
Décès 23 mai 1701 (à 58 ans)
à Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Vice-amiral
Maréchal de France
Années de service 16661693
Conflits Guerre de Hollande
Guerre de la Ligue d'Augsbourg
Guerre de course
Commandement Flotte du Levant
Faits d'armes 1690 : Bataille du cap Béveziers
1691 : Campagne du Large
1692 : Bataille de Barfleur
1693 : Bataille de Lagos
Distinctions Chevalier de Saint-Michel
Hommages Plusieurs navires de la Marine nationale française
Avenue de Tourville
Statues, timbres
Famille Famille Costentin de Tourville

Emblème

Anne Hilarion de Costentin (ou Cotentin), comte de Tourville, est un vice-amiral et Maréchal de France, né le 24 novembre 1642 à Paris[Note 1] et mort le 23 mai 1701 à Paris. Entré à l'âge de quatre ans dans l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Malte, il mène très jeune plusieurs campagnes en mer Méditerranée contre les Turcs. En 1666, il intègre la Marine royale et est nommé capitaine de vaisseau l'année suivante. C'est pendant la guerre de Hollande que Tourville se distingue pour la première fois pendant la campagne de Sicile, aux batailles d'Alicudi, d'Agosta et de Palerme en 1676. La paix revenue, il commande une escadre de quatre vaisseaux, en 1679, lorsqu'il est pris dans une tempête au large de Belle-Isle. Son vaisseau Le Sans-Pareil coule et il ne doit sa survie qu'à l'intervention du chevalier de Coëtlogon.

Promu lieutenant-général des armées navales en 1682, il est nommé vice-amiral du Levant en 1689, un an après la mort du « Grand Duquesne ». Pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, il se distingue à nouveau à plusieurs reprises au cap Béveziers en 1690, à la bataille de la Hougue en 1692 et l'année suivante lors de la prise du convoi de Smyrne. Fait maréchal de France, il se retire à la fin de la guerre. Il meurt à Paris en 1701, à l'âge de 59 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un gentilhomme d'origine normande[modifier | modifier le code]

La statue de l'amiral par Joseph-Charles Marin à Tourville-sur-Sienne (Manche)

Tourville est issu d'une ancienne famille noble d'extraction chevaleresque[1], originaire de Basse-Normandie[Note 2]. Son aïeul Louis-Guillaume de Cotentin, seigneur de Tourville, accompagna Saint-Louis, lors de sa croisade en Terre sainte, avec un rang distingué dans son armée[2]. La Maison de Costentin de Tourville fournit un grand nombre de militaires au royaume de France.

Son père César de Cotentin, comte de Tourville et de Fismes, est gentilhomme du duc de Saint-Simon, père du célèbre mémorialiste[Note 3] puis capitaine d'une Compagnie d'ordonnance en 1632. Il est ensuite premier gentilhomme et chambellan du Prince de Condé et l'accompagne dans toutes ses expéditions militaires. Louis XIII le fait Conseiller d’État, lui donne le commandement de la Normandie en 1640, et le charge de défendre la Bourgogne conjointement avec les lieutenants-généraux, les comtes de Tavannes et de Montrevel[3].

Sa mère, Lucie de La Rochefoucauld est la fille d'Isaac de La Rochefoucauld, baron de Montendre (branche La Rochefoucauld-Doudeauville) (1574?-1625) et d'Hélène de Fonsèques de Surgères[4]. Elle est dame d'honneur de la princesse de Condé[5],[6]. De leur union naissent sept enfants, dont trois fils :

  • Lucie (1632–1707), frondeuse, marié en 1646 à Michel d’Argouges, marquis de Gouville
  • François-César (1635–1697), comte de Tourville et de Fismes, colonel d'un régiment de cavalerie, commandant la Compagnie des Gens-d'armes du Prince de Condé, et maréchal des camps et armées du roi
  • Joseph, officier mort en Espagne en 1673
  • Françoise née vers 1638, mariée en 1658 au comte de Châteaumorand[Note 4]
  • Hélène, morte en 1715, abbesse de Penthemont à Paris
  • Marie, religieuse à l'abbaye de Penthemont à Paris
  • Anne-Hilarion (1642–1701), comte de Tourville, maréchal de France, vice-amiral de France.

Jeunesse et débuts dans l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Il naît à Paris[7],[8], ou au château familial de Tourville[Note 5], il est baptisé le 24 novembre 1642 en l'église Saint-Sauveur à Paris[9],[Note 6]. Sa famille a participé à la Fronde. Son père sollicite son admission dans l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Malte auprès du grand maître Jean-Paul de Lascaris-Castellar, Anne Hilarion de Costentin est reçu de minorité, grâce à ses huit quartiers de noblesse, à l'âge de quatre ans[Note 7].

Au sein de l'Ordre, il montre rapidement sa bravoure face aux pirates barbaresques[Note 8]. Il se signale en plusieurs occasions, notamment lors d'un combat contre une galère turque en 1661, dont il parvient à se rendre maître[10]. L'année suivante, alors âgé de 20 ans, il s'empare près de Zante de quatre navires turcs et en coule un cinquième[11]. Par la suite, il arme un vaisseau pour la course, en compagnie du Chevalier d'Hocquincourt, avec qui il réalise des prises. En 1665, ils mettent en fuite six navires d'Alger et, après un combat de neuf heures, ils contraignent trente-six galères à la retraite, près de Port-Dauphin, sur l'île de Chio, en mer Méditerranée, après que ces galères ont perdu plus de cinq cents hommes. Mais trop endommagé, le vaisseau d'Hocquincourt coule et ce dernier se noie. Tourville, comme il l'écrira plus tard, ne se sauve que par miracle[12].

Rappelé par sa famille, Tourville rentre en France en septembre 1666, sans professer les vœux de l'Ordre[13] et séjourne trois mois à Lyon[14]. En chemin, il passe par Venise où la République le gratifie d'une médaille d'or et d'un certificat délivré à « l'invincible protecteur du commerce maritime, à la terreur des turcs[15]. »

Surnommé « Adonis », les mauvaises langues vont jusqu'à prétendre qu'il avait auprès des hommes « plus de succès que ses sœurs », un reproche souvent adressé aux marins élevés entre-eux, sans femme[11].

Dans la Marine de Louis XIV[modifier | modifier le code]

À Paris, sa mère n'a aucune peine à le faire rentrer Marine royale : Colbert ne cesse alors de se plaindre de la « disette de cadres » ; or Tourville a 24 ans et déjà quatre ans d'expérience en Méditerranée[11]. Le 4 décembre 1666, le duc de Beaufort, Grand-maître de la navigation donne à Tourville une commission de capitaine de vaisseau. Il s'agit là d'un réel privilège, étant donné son jeune âge, un brevet de lieutenant de vaisseau lui aurait certainement été attribué si la comtesse douairière de Tourville, sa mère, née La Rochefoucauld, n'était pas aussi en faveur à la Cour[11].

En 1668, il reçoit son premier commandement, celui du vaisseau de ligne Le Courtisan. Avec ce vaisseau, il conduit en mars un commissaire du Roi chargé de réclamer à Alger l'exécution d'un traité récemment conclu entre le Roi et le dey[11],[Note 9]. Début 1669, il reçoit un second commandement, celui du vaisseau Le Croissant[12]. Il croise alors en Méditerranée et participe à l'expédition de Candie placée sous les ordres du duc de Beaufort, au sein de la flotte qui quitte Toulon le 5 juin 1669[16]. À son retour, en novembre 1669, il est confirmé par le Roi dans son grade de capitaine de vaisseau[Note 10]. En 1670, il se rend à la Cour de Versailles où il reste un an, il accompagne le Roi dans les Flandres[17]. Enfin, il protège le commerce français et s'oppose aux Turcs à bord de L'Hercule. Envoyé dans le golfe de Venise, à la tête de trois vaisseaux, il incendie devant Barlet un vaisseau ragusois, chargé de ravitailler les troupes ottomanes, il canonne ensuite la ville. Il prend un vaisseau de 50 canons, chargé de blé et d'autres provisions qu'il convoie à Messine. II capture d'autres vaisseaux au large de Brindisi. À son retour à Messine, il bombarde Reggio, où il escorte un brûlot qui met le feu à un vaisseau de guerre et à quatorze bâtiments au mouillage dans ce port. Le duc de Beaufort le compte alors parmi ses meilleurs capitaines.

En 1671, commandant Le Duc, il effectue un coup de main audacieux contre des navires tunisiens stationnés dans la port de Sousse. Rentré à Rochefort, il apprend alors la mort de sa mère, survenue en mars 1671, et à laquelle il n'a pu assister[11]. Il passe sur L'Excellent, 56 canons, qui s'échoue en gagnant la haute mer.

Guerre de Hollande (1672-1678)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Hollande.

Quand la guerre de Hollande éclate en 1672, il rejoint la Flotte du Ponant et l'escadre du comte d'Estrées et reçoit le commandement du Sage. La même année, il permet à son neveu, le marquis de Châteaumorand d'entrer dans la Marine. Il brille à la bataille de Solebay, le 7 juin, avant de prendre part aux trois combats de l'été 1673 contre l'amiral hollandais Michiel de RuyterSchooneveld, Walcheren et le Texel — à bord du Le Sans-Pareil. En 1674, il monte L'Excellent, avec lequel il s'échoue[Note 11]. Il retourne au Levant en 1675 pour y livrer une guerre de course et incendie Reggio le 30 juillet 1675. Il est nommé chef d'escadre de Guyenne le 30 octobre 1675, une promotion qui vient récompenser ses actions mais qui est également due aux protections dont Tourville bénéficiait à la Cour[Note 12].

Bataille d'Agosta, 22 avril 1676[modifier | modifier le code]
Bataille d'Agosta par Ambroise Louis Garneray
Article détaillé : Bataille d'Agosta.

Son vaisseau étant à la tête de la flotte française, il pénètre le premier dans le port d'Agosta, où il prend le fort d'Aroley, après quoi les autres forts et la ville se rendent. Commandant le vaisseau Le Duc et alors qu'il se rendait à Malte pour se ravitailler en eau, il apprend la présence de dix-sept bâtiments ennemis dans le port de Suse, il entre dans le port, y capture une polacre et y met le feu après avoir fait jeter les Ottomans à la mer.

Bataille de Palerme, 2 juin 1676[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Bataille de Palerme (1676).

Il commande Le Sceptre, 80 canons, sous les ordres du maréchal de Vivonne, lors du combat de Palerme (2 juin 1676), contre la flotte de l'amiral hollandais de Ruyter. Au cours de cette bataille, il démontre ses capacités de chef de guerre. Son plan d'attaque permet la victoire de l'escadre commandée par Abraham Duquesne sur l'escadre hispano-hollandaise qui s'est réfugiée dans le port sicilien. Le bilan est lourd pour les coalisés et les Provinces-Unies et la monarchie catholique espagnole perdent huit vaisseaux et quatre amiraux.

Tourville se distingue pendant toute la campagne de Sicile contre de Ruyter, sous les ordres du duc de Vivonne et sous Abraham Duquesne. Au lendemaine de la bataille de Palerme, le Chevalier de Coëtlogon écrit au ministre, le 3 juin 1676 :

« Monseigneur, je n’entreprendrai pas de vous faire une relation de ce qui s'est passé à Palerme ; il ne s'est jamais rien fait de plus grand ni de plus heureux à la mer, et on ne peut rien ajouter à la gloire que la marine du Roy a acquise dans cette dernière affaire. Tous les capitaines y ont fait des miracles ; mais en vérité on doit la meilleure partie de tout ce bon succès à la bravoure et à la capacité du chevalier de Tourville ; il n'a pas manqué un temps ni une occasion et ayant reconnu avant le combat la situation des ennemis, il prédit tout ce qui est arrivé et donna un plan si juste de la manière dont se devoit faire l'attaque, qu'on s'est trouvé très bien de l'avoir suivi[18]. »

Il commande Le Monarque en 1677, dans l'escadre du Grand Duquesne.

Promotions et réorganisation de La Royale[modifier | modifier le code]

Auréolé de cette victoire, il est nommé chef d'escadre en octobre 1679, à l'âge de 37 ans.

En 1679, le ministre de la Marine Seignelay l'envoie à Toulon pour armer une escadre. Seignelay écrit, le 19 février 1679, au directeur des carrosses de Lyon, de tout faire pour faciliter son passage[Note 13].

Le 7 mars, Tourville écrit, de Toulon, au ministre, pour lui annoncer qu'il se mettait en mesure d'exécuter les ordres qui lui avaient été donnés, et Seignelay lui répond le 18 :

« Prenez bien garde qu'il n'y ait point de retardement, n'y ayant rien de si important dans les commencements que de faire connoitre à Sa Maj. que vous avez toute l'application, le soin et la diligence nécessaires pour vous acquitter des ordres qui vous ont esté donnez, et surtout dans le premier commandement qu'elle a bien voulu vous confier[19]. »

Le naufrage du Sans-Pareil, 21 octobre 1679[modifier | modifier le code]

Plus tard, Tourville part de Toulon pour se rendre dans le Ponant, avec quatre vaisseaux : Le Sans-Pareil, Le Content, Le Conquérant et L’Arc-en-Ciel. Arnoul, Intendant de Toulon, annonce ce départ le 2 mai 1679. Il s'agit alors de son onzième commandement en mer[20]. Tourville navigue d'abord fort bien avec cette escadre qui devait tenir la mer la nettoyer des corsaires qui l'infestaient et, à la fin de la bonne saison, rallier le port de Brest pour y désarmer. En octobre, le chef d'escadre pense que le moment était venu de gagner le port ; il prend donc la route qui devait le conduire en Bretagne ; lorsqu'il est assailli, le 21 octobre 1679, au large de Belle-Isle, par une violente tempête.

Peut-être trop sûr de lui, peut-être trop confiant dans les vaisseaux du Roi qui ne cessaient de s'améliorer, Tourville n'inspecte pas assez son vaisseau. Les quatre vaisseaux souffrent horriblement. Le Sans-Pareil, mal radoubé, s'« ouvre ». La coque « se délie ». L'étoupe qui sert de calfatage se gorge d'eau[20]. Le vaisseau se met à sombrer.

Tourville décide d'évacuer le Sans Pareil et de faire passer 70 de ses hommes sur L'Arc en Ciel à l'aide de la grande chaloupe, mais une fois à l'abri, les marins qui montent la chaloupe refusent de retourner sur le vaisseau amiral à l'agonie pour sauver le reste de l'équipage ; c'est finalement le canot de L'Arc en Ciel qui se porte au secours des hommes restés à bord du bâtiment de Tourville, mais l'état de la mer l'empêche d'aborder ; l'amiral ordonne le sauve qui peut. Les marins sautent à l'eau, mais comme peu d'entre eux savent nager[Note 14], beaucoup se noient et disparaissent avec Le Sans Pareil ; on dénombre seulement 78 survivants sur un total de 400 hommes[21]. Dans ce nauffrage, Tourville perd son fils, âgé de 19 ans.

Tourville et son équipage sont sauvés par Coëtlogon, le chef d'escadre rend compte du naufrage et de l'action de Coëtlogon dans une lettre adressée à Seignelay quelques jours plus tard.

Finalement, Le Sans-Pareil et Le Conquérant coulent, Le Content commandé par le chevalier d'Imfreville s'échoue dans la rivière de Morbihan ; L'Arc-en-Ciel enfin, commandé par le chevalier de Coëtlogon, plus neuf, plus solide que les autres, peut regagner Brest où il s'abrite.

La nouvelle de ce malheur parvient à Versailles où elle jette la consternation[Note 15]. Près de 800 hommes avaient péri et, parmi eux, beaucoup d'officiers appartenant à des familles importantes. En Provence, d'où les équipages étaient originaire, un deuil général est décrété. On fait payer aux familles des morts ce qui leur revenait de leur solde, seule consolation qu'on peut leur donner. Une enquête est commandée à Brest et à Toulon ; Arnoul, qu'on accusait d'avoir mal veillé aux radoubs, est remplacé à Toulon, par Girardin de Vauvré ; Brodart et Du Quesne sont chargés de recueillir les témoignages des hommes qui, échappés au naufrage, étaient retournés à Toulon. Duquesne répond, le 14 novembre 1679, à Seignelay qui, le 8, lui avait écrit d'Arles :

« Il est constant que le démâtement du beaupré du Sans Pareil est la première cause de son malheur, son mat d'avant - (le malt de misaine) ayant suivi en tombant et ayant ébranlé l'autre (le gd mast) et fait des voyes d'eau au vaisseau dont une grande partie de l'équipage estoit malade, ce qui a fait perdre l'espérance de pouvoir épuiser l'eau et en mesme temps de gouverner le vaisseau, les voiles ayant esté emportées. »

Proche ami de Seignelay, la carrière de Tourville s'accélère à partir de 1680. Il accompagne le ministre dans sa tournée d'inspection à Bordeaux et à Bayonne[20]. En février 1680, il reçoit une pension de 4 000 livres sur le budget de l'évêché de Verdun[20]. Le chevalier de Tourville est fait lieutenant-général des armées navales par lettres, datées de Saint-Germain-en-Laye, le 1er janvier 1682, en remplacement du marquis de Martel, qui venait de mourir[22]. Il est alors âgé de 42 ans. Une nouvelle pension de 3 000 livres lui est accordée. Ces 7 000 livres s'ajoutent alors au 12 000 livres d'appointements annuels comme lieutenant général[20].

Lutte contre les corsaires et bombardements en Méditerranée (1682-1685)[modifier | modifier le code]

La même année, il reçoit le commandement du vaisseau Le Vigilant, dans la flotte de Duquesne envoyée bombarder Alger (juillet-septembre), et en 1683, il commande Le Ferme, toujours sous les ordres du même lieutenant général. La campagne commence mal, un coup de vent force l'escadre de revenir aux îles d’Hyères[22]. Il participe également aux opérations en mer Méditerranée et y remporte de nombreux succès : la prise de Gênes en 1684, le bombardement de Tripoli à l'été 1685.

Tourville n'est pas seulement un chef de guerre, il s'intéresse et participe de près à la gestion de la marine. Il intervient dans la construction et l'architecture navale, sur la logistique et la formation des marins et des officiers de marine. Il propose notamment d'utiliser des maquettes de vaisseaux pour l'instruction[23]. Il est secrètement consulté par Colbert sur tous les aspects de la marine, y compris sur les promotions des officiers. Il n'a de cesse de conseiller au ministre de promouvoir des gens de mer. Mais, c'est avec la guerre de la Ligue d'Augsbourg qu'il écrit les plus belles pages de sa carrière.

« Tourville possédait en perfection toutes les parties de la marine, depuis celle du charpentier jusqu'à celle d'un excellent amiral »

— Saint-Simon[23]

Guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de la Ligue d'Augsbourg.

En 1688, dans la Manche, il s'empare de cinq vaisseaux hollandais. Le 2 juin de la même année, Tourville était à la mer, avec une escadre, lorsqu'il rencontre une escadre espagnole, commandée par l'amiral Papachin, il lui demande de saluer du canon le pavillon français, ce que l'Espagnol refuse de faire. Tourville l'attaque, et par un combat vigoureux, le contraint à lui rendre son salut. Cette action fait grand bruit in Versailles et à L’Escurial.

En 1688, Duquesne meurt et la vice-amirauté de Levant, que le Roi Louis XIV s'était toujours refusé de lui donner en l'absence d'une conversion au catholicisme, était désormais vacante. Le Roi, confie cette charge à Tourville, par les lettres du 1er novembre 1689. Il est alors, de fait, amiral et commandant de la marine française, d'Estrées ne prenant plus la mer.

En 1690, il est reçu chevalier de l'Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem.

Le 10 juillet 1690 et les jours suivants, Tourville commande l'armée navale française qui disperse la flotte anglo-hollandaise au cap Béveziers (appelé Beachy Head par les Anglais, au sud-ouest de l'Angleterre). Cette bataille est la victoire la plus éclatante de toute l'histoire de la marine française sur les Anglais, et même la seule dans la Manche. Ayant fait subir de lourdes pertes aux coalisés, Tourville peut alors occuper la mer et protéger les côtes françaises. C'est ce qu'il fera du 25 juin au 14 août 1691 pendant la « Campagne du Large » au cours de laquelle, cinquante jours durant, il parvient à tromper la vigilance et à déjouer les attaques d'une flotte anglaise lancée à sa poursuite en Manche puis dans l'océan Atlantique. Cependant, Louis XIV est déçu car Tourville n'exploite aucunement son succès (il était censé soutenir un débarquement du prétendant Jacques II en Irlande, qui est battu) et, selon certains historiens [réf. souhaitée], cette victoire sans suite détourne Louis XIV de continuer à investir beaucoup dans sa marine.

Bataille de la Hougue, 22 mai 1692[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Bataille de la Hougue.

Dans le but de couvrir le débarquement des troupes de Jacques II d'Angleterre, Louis XIV le charge à nouveau, en 1691, du commandement de la marine[Note 16]. La « campagne du Large » ne fut l'occasion d'aucun grand combat naval, mais Tourville parvint à s'emparer de onze bâtiments marchands et de leur escorte. À cette nouvelle, l'amiral Russel, commandant une flotte de 84 vaisseaux, lui donne la chasse. Jouant au chat et à la souris, profitant du vent, Tourville lui échappe et se réfugie près des côtes alors que Russel perd quatre vaisseaux et 1 500 hommes d'équipage dans une violente tempête[Note 17].

Le 29 mai 1692 à bataille de Barfleur, à un contre deux, l'escadre du Levant commandée par d'Estrées n'ayant pu rejoindre à temps l'escadre du Ponant, il fait jeu égal avec la flotte coalisée et parvient au prix de combats acharnés et de manœuvres habiles à ne perdre aucun bâtiment. Cependant, dans leur retraite, les vaisseaux avariés sont ralentis, victimes d'une inversion du courant et doivent se réfugier à Cherbourg et à Saint-Vaast-la-Hougue. Au cours de la bataille de la Hougue, Tourville ne peut empêcher la destruction de 15 vaisseaux[24], échoués, dont le vaisseau amiral le Soleil Royal, le plus beau et le plus célèbre de tous les vaisseaux de la flotte de Louis XIV[25].

À la suite de cet événement, la Cour vient au secours de Tourville. Saint-Simon, entre autres, sauve pendant longtemps, la réputation de Tourville dont le père avait été au service du sien. Il écrit :

« Le Roi avait en mer une armée navale commandée par le célèbre Tourville, vice-amiral. Et les Anglais une autre, jointe aux Hollandais, presque du double supérieure. Elles étaient dans la Manche […] Tourville, si renommé par sa valeur et sa capacité […] fit des prodiges. Tourville fut accablé du nombre et quoiqu'il sauvât plus de navires qu'on ne pouvait espérer, tous presque furent perdus ou brûlés après le combat de La Hogue[26]. »

Loué par le plus grand mémorialiste de l'époque, félicité par le Roi qui l'accueille à Versailles avec ces mots : « Monsieur, nous avons été battus, mais vous avez acquis de la gloire, pour vous et pour la nation[27]. » Il est élevé à la dignité de maréchal de France le vendredi 27 mars 1693, le même jour que Catinat, Choiseul, Villeroy, Joyeuse, Noailles et Boufflers[28],[29].

Tourville, lui-même, est étonné par cette promotion, d'autant plus que Seignelay — son protecteur — était mort depuis 1690. « Tourville fut d autant plus transporté que sa véritable modestie lui cachait sa propre réputation et qu'il n'imaginait pas même d'être maréchal de France si on en faisait quoiqu'il le méritât autant qu'aucun d'eux[29]. »

Bataille de Lagos, 27 juin 1693[modifier | modifier le code]
Bataille de Lagos, (Théodore Gudin)

En 1693, il peut venger la défaite de la Hougue en s'emparant du « convoi de Smyrne », au large de Lagos. Il rafle ou détruit 80 navires marchands et inflige aux coalisés une perte de 30 millions de livres. Tourville se retrouve à la tête d'une armée navale de 93 vaisseaux. Il participe en 1694 à sa dernière campagne maritime, en Méditerranée, avec les sièges de Palamós et Livourne. Il partage ses dernières années entre Provence, Saintonge et Aunis dont il a été nommé commandant militaire et où il organise la défense des côtes françaises.

À Brest, en 1695, il s'active encore en des heures difficiles, à la suite du grand hiver et des bombardements anglais de l'année précédente (Saint-Malo, Dieppe, Le Havre). Le 2 novembre 1695, il reçoit son neveu Châteaumorand dans l'Ordre de Saint-Louis. Cependant, le cœur n'y est plus, il s'ennuie, se sent mal à l'aise en l'hôtel où réside sa femme et préfère résider seul dans un petit appartement du faubourg Montmartre. Il reçoit quelquefois des amis marins avec lesquels il évoques les grandes heures de la marine française au tournant du XVIIe siècle.

Il n'a que cinquante-neuf ans, mais la tuberculose le mine. Il meurt à Paris le 23 mai 1701. Il est enterré en l'église Saint-Eustache à Paris, à proximité du tombeau de Colbert, réalisé par Antoine Coysevox.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

En 1690, Anne Hilarion de Costentin de Tourville épouse Louise-Françoise d'Hymbercourt, fille d'un riche fermier général[Note 18] et veuve d'un cousin germain de Colbert, mariage qui sera cependant malheureux.

Ils ont une fille Luce-Françoise, dame du palais de la duchesse de Berry, qui épouse en 1714 Guillaume-Alexandre de Galard de Béarn, comte de Brassac, colonel du régiment de Bretagne (mort en 1768). De cette union naît Anne-Hilarion de Galard de Brassac dit comte de Béarn, qui s'unira avec Olympe de Caumont La Force et auront quatre enfants dont Alexandre de Galard, marquis de Cugnac, qui épouse en 1768 Anne-Gabrielle Potier de Novion.

Jugement de ses contemporains et de ses biographes[modifier | modifier le code]

Saint-Simon, dans ses Mémoires dit de Tourville qu'il était le plus grand homme de mer de son siècle.

« La France perdit le plus grand homme de mer, de l'aveu des Anglais et des Hollandais, qui eût été depuis un siècle, et en même temps le plus modeste. Ce fut le maréchal de Tourville qui n'avait pas encore soixante ans. Il ne laissa qu'un fils qui promettait, et qui fut tué dès sa première campagne, et une fille fort jeune. Tourville possédait en perfection toutes les parties de la marine, depuis celle du charpentier jusqu'à celles d'un excellent amiral. Son équité, sa douceur, son flegme, sa politesse, la netteté de ses ordres, les signaux et beaucoup d'autres détails particuliers très utiles qu'il avait imaginés, son arrangement, sa justesse, sa prévoyance, une grande sagesse aiguisée de la plus naturelle et de la plus tranquille valeur, tout contribuait à faire désirer de servir sous lui, et d'y apprendre[30]. »

Le biographe du XIXe siècle, Auguste Jal dit de lui :

« Un vrai grand homme de mer, le plus grand marin de son temps et qui n'a point été surpassé ; brave autant que les plus braves, et plus habile que ceux qui s'acquirent une réputation d'habileté dans le maniement de flottes considérables; hardi sans vaine témérité; prudent sans apparence de faiblesse; fort d'une expérience longuement acquise et sachant obéir quand il servait en sous-ordre ou quand, général en chef, il recevait du Roi des ordres que sa raison réprouvait; et avec cela, beau, aimable, aussi bien an milieu de la cour que sur son vaisseau, enfin un vrai héros de roman, s'il avait vécu à l'époque de la chevalerie. »

Iconographie[modifier | modifier le code]

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Hommages et postérité[modifier | modifier le code]

Plusieurs navires de la Marine nationale française portent le nom du maréchal de Tourville :

Des voies sont nommées en son honneur :

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Heraldique couronne comte français.svg
Blason fam fr Costentin de Tourville.svg
De gueules, à un senestrochère d'argent, tenant une épée du même, surmonté d'un casque taré de profil, aussi d'argent.[31],[32]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Plusieurs anciens biographes le font naître au château de Tourville-sur-Sienne.
  2. « Anne-Hilarion de Tourville sortait d'une famille qui, pour n'avoir pas une grande noblesse, était cependant « bonne » et tenait un certain rang dans le Cotentin, d'où elle tirait son nom. Elle avait la baronnie de Tourville qui lui donnait son surnom. » (Jal 1867, p. 1193)
  3. Dans ses Mémoires, Saint-Simon dit de lui :

    « Mon père fut heureux dans plusieurs de ses différentes sortes de domestiques, qui firent des fortunes considérables. Tourville, qui était un de ses gentilshommes, et celui par qui, à la journée des Dupes, il envoya dire au cardinal de Richelieu de venir sur sa parole trouver le roi à Versailles le soir même, était un homme fort sage et de mérite. Le cardinal de Richelieu mariant sa nièce au fameux duc d’Enghien, M. le Prince lui demanda un gentilhomme de valeur et de confiance à mettre auprès de M. son fils. Il lui donna Tourville […]. »

    — Saint-Simon (1729), vol. 3, p. 65.

  4. Annet Joubert de La Bastide, comte de Châteaumorand († 1699), de cette union naît Charles Joubert de La Bastide, marquis de Châteaumorand, futur lieutenant général des armées navales.
  5. D'après Hennequin 1835, p. ?? ; Plantavit de La Pause, Mémoires du maréchal de Tourville, 1779 ; Mennechet, Le Plutarque français, 1838, La Varende normand, lui-même se moque gentiment de ces vieilles prétentions à vouloir le faire naître en Normandie : « Anne-Hilarion de Costentin de Tourville naquit à Paris et fut baptisé à Paris le 24 novembre 1642. C'est un fait indiscutable auquel tout l'art processif des Normands ne pourra rien changer », (de La Varende 1952, p. 19).
  6. On retrouve son acte de baptême dans les archives de la paroisse Saint-Sauveur : « Le lundi 24 novembre 1612 a esté baptisé Aune Hilarion, fils de messire César de Costantin (sic) chevalier, seig. baron de Tourville, premier gentilhomme de la chambre de Monsieur le duc d’Anguin (sic) et de dame Lucie de la Rochefoucault sa femme; le parrain messire Anne Chatignié de la Rochepesé, abbé des abbaies de la Garlie-Batifort, Aimery et autres, demeurant de présent en la paroisse St-Benoist, la marraine damoiselle Renée de péricart (sic) niepce du seigneur de Tourville, fille de deffunct M. Péricart. (Signé) Michard. » (Jal 1867, p. 1194)
  7. « L'indult d’Innocent X, donné à Sainte-Marie-Majeure, sous l'anneau du pêcheur, le 1er février 1647, et qui donne des dispenses d'âge pour sa réception à l'enfant à peine sevré, contient ces paroles : “Quia dictus Annas Hilarion ætatem quatuor annorum duntaxat habet”. Sous le bénéfice de ces dispenses, le Grand Maître reçut l'enfant (11 avril 1647) parmi les chevaliers de justice (“fratem militem hospitalis de justicia nuncupatum”) de la vénérable langue et prieuré de France, à la condition toutefois de payer, au trésor de l'ordre, mille écus d'or, à raison de quatorze tarins par écu » Archives de Malte, Reg. des bulles de la chancellerie de l'ordre de Jérusalem de 1647 à 1649, fol. 1er et 299 ; cité par Jal 1867, p. 1194.
  8. Les « caravanes », nom donné au service sur les bâtiments de l'Ordre, ne durant traditionnellement que quatre ans.
  9. Le 17 mai 1666, le commissaire des armées navales, François Trubert envoyé à Alger par le duc de Beaufort avait signé avec le dey un traité, reposant lui-même sur des accords antérieurs.
  10. Le 12 novembre 1669, Colbert et le Roi décident que, dorénavant, les officiers de vaisseau ne seront plus nommés par les Grand maître de la Navigation (office supprimé au profit de celui de Secrétaire d’État à la Marine), mais par le Roi.
  11. « Tourville put se retirer du danger qu'avaient préparé de mauvais pilotes et de mauvaises cartes. La perte de son navire ne lui fut point imputée à faute ; on lui en fut si peu mauvais gré à la cour, que le Roi le nomma Chef d’escadre, le 30 oct. 1675. » (Jal 1867, p. 1194)
  12. « Son mérite reconnu lui valait un avancement auquel l'estime particulière que faisait de lui la maison de Condé ne nuisit probablement pas. » (Jal 1867, p. 1194)
  13. « Le Roy envoyant à Toulon M. le chevalier de Tourville, Chef des escadres de ses armées navales, pour l'exécution des ordres de Sa Maj. et estant nécessaire qu'il s'y rende incessamment, le seigneur Thieriat ne manquera pas de luy réserver préférablement à toutes autres les deux premières places du carrosse de diligence qui partiront pour Lyon, mercredy prochain, 22e de ce mois. » (Minutes d'expédition du secrétaire d’État ayant le départ de la Maison du Roi. Bibl. lmp., M.. Clairambault 350. p. 201)
  14. Tourville qui a appris a nager pendant ses caravanes à Malte s'arc-boute dans un canot avec trois marins et fait face à la tempête.
  15. Le naufrage du Sans-Pareil est évoqué dans une lettre de madame de Sévigné à sa fille madame de Grignan, datée du 8 novembre 1679. Elle écrit : « Il y a eu bien des gens noyés dans ce vaisseau du chevalier de Tourville qui s'est sauvé à la nage ; je crois qu'un de nos chevaliers de Sévigné s'est noyé. »
  16. Le vice-amiral de Tourville, parti de Brest le 25 juin, tenait la mer avec une flotte de soixante-treize vaisseaux et vingt-et-un brûlots, et faisait sa campagne dite « du large », réputée son chef-d'œuvre (Guérin 1851, p. ??).
  17. Tourville est merveilleusement secondé dans cette campagne par les officiers généraux qu'il avait sous ses ordres, tous hommes d'élite tels que Forant, Châteaurenault, d'Amfreville, de Relingue, de Vilette-Murçai, de Langeron, de Nesmond, de Coëtlogon, les de Flacourt, ainsi que par ses capitaines, parmi lesquels on comptait Jean Bart, Forbin, d'Amblimont, etc.
  18. Il est l'officier de vaisseau qui, après son camarade Grancey, réussit à épouser la femme la mieux dotée de la marine du XVIIe siècle (750 000 livres de dot pour Madame de Grancey, 350 000 pour Madame de Tourville).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Durand, Bardet et Vergé-Franceschi 2000, p. 505
  2. Richer 1783, p. 1.
  3. Richer 1783, p. 2-3.
  4. Richer 1783, p. 3.
  5. Katia Béguin, Les princes de Condé. Rebelles, courtisans et mécènes dans la France du grand siècle, Seyssel, Champ Vallon, 1999, 463 p.
  6. Richer 1783, p. 4.
  7. de La Varende 1952, p. ??
  8. Mabire 1993, p. ??
  9. Hugh Chisholm, The Encyclopedia Britannica, 1911
  10. Richer 1783, p. 30-33.
  11. a, b, c, d, e et f Durand, Bardet et Vergé-Franceschi 2000, p. 512.
  12. a et b Jal 1867, p. 1194
  13. Archives de Malte, Reg. des bulles de la chancellerie de l'ordre de Jérusalem de 1647 à 1649, fol. 1er et 299 ; cité par Jal 1867, p. 1194
  14. Richer 1783, p. 195.
  15. La Roncière 1920, p. 273
  16. Richer 1783, p. 202
  17. Richer 1783, p. 211.
  18. Bibliothèque Impériale, Ms. Boites du St-Esprit. dossier Tourville.
  19. Archives de la Marine Dépêches de Seignelay. 1679. fol. 156.
  20. a, b, c, d et e Durand, Bardet et Vergé-Franceschi 2000, p. 514.
  21. a et b belleisleenmer.free.fr
  22. a et b Jal 1867, p. 1196.
  23. a et b de Dinechin 1999, p. ??
  24. Corvisier 1997, p. 524.
  25. Dans ses Mémoires (éd. Hachette, 1879, vol. 1, édition, notes et appendices par A. de Boislisle, p. 50-54), Saint-Simon fait un récit détaillé du contexte politique de cette bataille navale.
  26. Saint-Simon 1729, vol. 1, p. 14
  27. Citation apocryphe
  28. Durand, Bardet et Vergé-Franceschi 2000, p. 517.
  29. a et b Saint-Simon (1729), vol. 1, p. 44
  30. Saint-Simon (1729), vol. 3, p. 48
  31. Johannes Baptist Rietstap, Armorial général : contenant la description des armoiries des familles nobles et patriciennes de l'Europe : précédé d'un dictionnaire des termes du blason, G.B. van Goor,‎ 1861, 1171 p. (lire en ligne), et ses Compléments sur www.euraldic.com
  32. www.heraldique-europeenne.org

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages récents
Ouvrages anciens
  • Anne-Hilarion de Costentin de Tourville, L'aveu sans exemple ou memoires de Constantin de Tourville, Amsterdam,‎ 1747 (lire en ligne)
  • Anne-Hilarion de Costentin de Tourville, Mémoires du maréchal de Tourville, vice-amiral de France, et général des armées navales du roi, vol. 3, Amsterdam,‎ 1758 (lire en ligne)
  • M. d'Aspect, Histoire de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, vol. 3, Paris, chez la veuve Duchesne,‎ 1780 (lire en ligne), p. 306
  • Adrien Richer, Vie du maréchal de Tourville : lieutenant-général des armées navales de France sous Louis XIV, Paris, Belin,‎ 1783 (lire en ligne)
  • Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon, vol. 1, A. Sautelet & cie,‎ 1829 (lire en ligne)
  • Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon, vol. 3, A. Sautelet & cie,‎ 1829 (lire en ligne), p. 65
  • Léon Guérin, Histoire maritime de France, t. 4, Paris, Dufour et Mullat, éditeurs,‎ 1851 (lire en ligne)
  • Joseph Hennequin, Biographie maritime ou, Notices historiques sur la vie et les campagnes des marins célèbres français et étrangers, vol. 1, Regnault,‎ 1835 (lire en ligne), p. 345-350
  • Auguste Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, Paris, Plon,‎ 1867, 1326 p. (lire en ligne), p. 1193 à 1200

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]