Louis Victor de Rochechouart de Mortemart

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Louis Victor de Rochechouart de Mortemart
Duc de Vivonne
Image illustrative de l'article Louis Victor de Rochechouart de Mortemart

Surnom Maréchal de Vivonne
Naissance 25 août 1636
à Paris
Décès 15 septembre 1688 (à 52 ans)
à Chaillot
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Cavalerie
Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Général des galères
Maréchal de France
Années de service 1653
Conflits Guerre de Hollande
Distinctions Pair de France
Autres fonctions Vice-roi de Sicile
Premier gentilhomme de la Chambre du Roi
Famille Maison de Rochechouart

Emblème

Louis-Victor de Rochechouart, duc de Vivonne, né à Paris le 25 août 1636 et mort à Chaillot le 15 septembre 1688, est un militaire français du XVIIe siècle, général des galères de Louis XIV et maréchal de France.

Jeunesse brillante à la Cour[modifier | modifier le code]

Fils de Gabriel de Rochechouart, gouverneur de Paris, frère aîné de Madame de Montespan et de Marie-Madeleine de Rochechouart, reine des abbesses, Louis-Victor de Rochechouart, duc de Vivonne, est né à Paris le 25 août 1636. Il fut l'un des seigneurs les plus braves et les plus spirituels de la Cour de Louis XIV dont il fut enfant d'honneur. Son père lui donna dans sa maison un précepteur « sous lequel il fit les progrès qui l'ont rendu si célèbre à la cour et à la ville par le nombre intarissable de ses bons mots » (Saint-Simon). Il entre en tant que volontaire dans la carrière militaire en 1653 comme capitaine au Royal-Cavalerie sous les ordres de Roger de Bussy-Rabutin. Il servit en Flandre et en Artois avec Turenne et se distingua notamment à l'attaque des lignes d'Arras et lors des sièges de Landrecies, Condé-sur-Escaut et Valenciennes. Bussy-Rabutin rapporte dans ses Mémoires la bravoure que le jeune seigneur montra devant Condé : alors que la cavalerie française, dans un fourrage, s'enfuyait à la vue des ennemis par le mauvais exemple de Campferrant qui commandait le Régiment du Roi, il ne resta auprès de Bussy, pour faire face à l'ennemi, que Vivonne, le duc de Coislin et Manicamp. Colonel du Royal-Etranger, il fit deux campagnes en Italie puis demanda à passer dans la marine et fut mis en 1659 à la disposition de Beaufort, grand maître de la navigation.

Général des galères[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Colbert et le Maréchal de Vivonne visitant la galère « la Réale » en construction à l'arsenal de Marseille.
Article détaillé : Général des galères.

Capitaine de vaisseau et Pair de France en 1663, il embarqua avec le Chevalier Paul et participa l'année suivante à la malheureuse expédition de Djidjelli. La guerre ayant été déclarée à l'Espagne en 1667, il se distingue en Flandre, sous les yeux du roi, aux sièges d'Ath, de Tournai, de Douai, de Lille. Après la paix d'Aix-la-Chapelle, il effectue, en tant que général des galères par intérim, plusieurs missions en Méditerranée et conduit en 1668 la négociation d'un traité avec le dey d'Alger. Général des galères à titre définitif en mars 1669, il commande l'escadre de 15 bâtiments à rames envoyée à Candie sous les ordres du duc de Beaufort pour porter secours aux Vénitiens assiégés par les Turcs. Après la mort de Beaufort (25 juin), Vivonne monta le vaisseau amiral et tenta de poursuivre la lutte. Blessé lors du combat du 24 juillet, il constate l'impossibilité de forcer les lignes turques et ramène la flotte à Toulon le 28 octobre. En 1671, Vivonne est chargé de croiser le long des côtes de Provence à la poursuite des pirates barbaresques. Au début de la guerre de Hollande, en 1672, il se trouva au fameux passage du Rhin. Son cheval, appelé Jean Le Blanc, fit au milieu du fleuve un faux pas qui faillit renverser son maître dans les flots. « Tout beau, Jean Le Blanc, dit tranquillement Vivonne, voudrais-tu faire mourir en eau douce un général des galères ? ». Au même moment, il reçut à l'épaule gauche un coup de feu dont il ne guérit jamais, et qui le força de porter toujours son bras en écharpe, mais il supportait gaiement cette disgrâce. En 1673, il se signala au siège de Maastricht, puis il fut nommé gouverneur de Champagne en 1674.

Maréchal et Vice-roi de Sicile[modifier | modifier le code]

L'année suivante, Louis XIV l'envoya au secours de Messine révoltée contre les Espagnols. Il réussit à faire parvenir des secours à la ville le 11 février 1675 et est promu Maréchal de France le 2 août 1675. Vivonne, nommé vice-roi de Sicile confie le commandement de ses navires à Duquesne et Tourville qui battent les Hollandais aux batailles d'Agosta (22 avril 1676) et de Palerme (2 juin 1676). Il déclare à la population locale que le Roi Soleil n'a « rien de plus à cœur que le triomphe des victimes contre leurs oppresseurs » et qu'il s'engage à « les prendre définitivement sous sa puissante et amicale protection ». Aussi est-il fort surpris, en janvier 1678, quand le roi lui ordonne d'abandonner la place. La population locale s'était entre temps retournée contre ses défenseurs. On reproche à Vivonne d'avoir fermé les yeux sur les excès que commettaient les Français envers les Siciliens, ce qui entraîne un grand nombre d'assassinats contre les officiers français. Livré à la mollesse et aux plaisirs, malgré l'état déplorable de sa santé, le vice-roi de Sicile semble jusqu'à un certain point autoriser l'indiscipline de ses troupes. Les Français évacuent Messine le 8 avril 1678 et Vivonne cesse de servir sur mer.

Premier gentilhomme de la Chambre du Roi[modifier | modifier le code]

La prise de la ville d'Augusta en Sicile en 1675 par Vivonne et Duquesne.

Il rentre alors à Paris où, succédant à son père, il devient Premier gentilhomme de la Chambre du Roi. Il mène la vie d'un courtisan voluptueux, devenant un des plus intimes du Roi-Soleil. « M. de Vivonne avait infiniment d'esprit, l'amusait sans pouvoir se faire craindre. Le roi en faisait cent contes plaisants », rapporte Saint-Simon. Vivonne est également très lié avec Molière, Boileau, qu'il présente à Louis XIV, Paolo Lorenzani, La Fontaine. Voltaire, dans Le siècle de Louis XIV, le met au nombre des hommes de la Cour qui avaient le plus de goût pour la lecture. « Mais à quoi sert de lire ? » lui dit un jour le roi. Vivonne, qui était toujours le premier à plaisanter de son excessif embonpoint et qui avait de belles couleurs, répondit : « la lecture fait à l'esprit ce que vos perdrix, sire, font à mes joues ». À 52 ans, il était parvenu au comble des richesses, mais la mort soudaine de son fils en 1688 l'affecte beaucoup. Il ne tarde pas à le suivre au tombeau et meurt à Chaillot le 15 septembre 1688.

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Il épouse en septembre 1655 Antoinette de Mesmes, fille du président du Parlement, Henri de Mesmes et morte le 10 mars 1709. Antoinette est impliquée par La Voisin dans l'Affaire des Poisons, mais n'est pas inquiétée sur ordre de Louis XIV[1]. Ils auront six enfants :

  1. Louis I duc de Mortemart marié en 1679 à Marie-Anne Colbert, fille de Jean-Baptiste Colbert,
  2. Gabrielle, abbesse de Beaumont-les-Tours,
  3. Charlotte, duchesse d'Elbeuf,
  4. Marie-Elisabeth, marquise de Castries,
  5. Louise-Françoise, abbesse de Fontevrault,
  6. Gabrielle-Victoire, duchesse de Lesdiguières.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Blason Louis Victor de Rochechouart (1636-1688).svg Armes de Louis Victor de Rochechouart (1636-1688), comte de Vivonne, puis duc de Vivonne, puis duc de Mortemart (dit « de Vivonne ») (1674 - démission de son père le précédent) et pair de France, prince de Tonnay-Charente, Général des galères de France et Maréchal de France

Coupé d'un trait, parti de trois autres qui font huit quartiers au 1, de gueules, au croissant de vair (de Maurre); au 2, d'azur, à trois fleurs-de-lis d'or au bâton péri en bande de gueules (Bourbon) ; au 3, de gueules, à neuf macles d'or (Rohan) ; au 4, burelé d'argent et d'azur de dix pièces à trois chevrons de gueules brochants sur le tout, le premier écimé (La Rochefoucauld) ; au 5, d'argent, au guivre d'azur couronné d'or engoulant un enfant de gueules (Milan); au 6, de gueules, aux chaînes de Navarre d'or (Navarre); au 7, de gueules, au pal de vair (d'Escars) ; au 8, d'hermine plain (Bretagne). Sur le tout fascé enté de six pièces d'argent et de gueules.[2],[3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Christian Petitfils, L'Affaire des Poisons, Perrin, 2009, p. 107
  2. Michel Popoff et préface d'Hervé Pinoteau, Armorial de l'Ordre du Saint-Esprit : d'après l'œuvre du père Anselme et ses continuateurs, Paris, Le Léopard d'or,‎ 1996, 204 p. (ISBN 2-86377-140-X)
  3. Source : www.heraldique-europeenne.org

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]