Polygynie

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Pays autorisant la polygynie en 2006 (en vert) : le cas de l'Inde est partiel : seules les communautés musulmanes ont droit à cette pratique.

La polygynie est pour un homme le fait de vivre avec plusieurs femmes ou, plus généralement, la situation d'une espèce animale dans laquelle le mâle s'accouple avec plusieurs femelles. C'est le cas le plus courant de polygamie (le fait de contracter plusieurs unions), l'autre étant la polyandrie, situation où une femme vit avec plusieurs hommes (si elle les épouse, elle sera polygame).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Ce terme, de création récente, est formé à partir de deux mots grecs, polus qui signifie « plusieurs » et gunè, signifiant « femme », sur le modèle de « polygamie » (qui signifie « plusieurs mariages », qu'il s'agisse indifféremment d'hommes ou de femmes). Ce mot polygynie est donc étymologiquement et sémantiquement incorrect, mais est de plus en plus usité pour discriminer cette pratique de son hyperonyme, et de son antonyme « polyandrie », d'origine similaire. Les termes « polygynie » et « polygamie » sont donc souvent utilisés comme synonymes, avec cette différence que le premier désigne plus précisément un homme ayant plusieurs épouses, mais que seul le second est linguistiquement correct.

La polygynie humaine[modifier | modifier le code]

La polygynie dans l'histoire européenne[modifier | modifier le code]

Les Vikings établis en Normandie gardèrent cette tradition bien qu'étant convertis au christianisme. Ainsi les jarl et ducs de Normandie, depuis Rollon le Marcheur, jusqu'à Robert le Magnifique (5 générations) pouvaient avoir plusieurs secondes épouses, appelées frilla. Les fils issus de ces unions étant appelés "bâtards", cela explique le premier nom de Guillaume le Conquérant, à savoir Guillaume le Bâtard.

Aspects religieux[modifier | modifier le code]

La polygynie est une pratique culturelle qui peut trouver sa justification dans certains cultes.

Polygynie et judaïsme[modifier | modifier le code]

La Torah permet explicitement la polygynie (mais à de nombreuses conditions) bien que celle-ci n'y soit pas présentée comme un mode de vie idéal et n'y soit pas du tout encouragée[réf. nécessaire]. On peut effectivement y trouver plusieurs cas célèbres de polygynie tels que ceux d'Avraham (Abraham), de Yaakov (Jacob) ou plus tard du roi Shlomo (Salomon) qui aura 700 épouses (dans les Prophètes). À l'inverse, on y trouve les cas d'autres personnages emblématiques tel que celui du second patriarche Yitzhak (Isaac) ou celui de Moshé (Moïse) lui-même, qui n'auront tous deux qu'une seule femme. La polygynie sera officiellement interdite pour les Juifs ashkénazes au XIe siècle par Rabbenu Gershom, l'un des pères de la tradition rabbinique ashkénaze. Cette interdiction est, à présent, également adoptée par la grande majorité des Juifs séfarades.

Polygynie et islam[modifier | modifier le code]

Le Coran, livre saint de l'islam, fait également référence à la polygynie (3:IV)

« Et si vous craignez de n'être pas justes envers les orphelins... Il est permis d'épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n'être pas équitable avec celles-ci, alors une seule, ou des esclaves que vous possédez. Cela afin de ne pas faire d'injustice (ou afin de ne pas aggraver votre charge de famille). »

Ou encore (4:129)

« Vous ne pourrez jamais être équitable entre vos femmes, même si vous en êtes soucieux. Ne vous penchez pas tout à fait vers l'une d'elles, au point de laisser l'autre comme en suspens. (...)[1] ».

Ce verset ne doit ni faire oublier que la norme du mariage dans la civilisation musulmane est la monogamie ni le fait que la polygynie est largement antérieure aux textes coraniques et n'a donc pas été instaurée par l'islam. Au contraire, l'islam a limité le nombre d'épouses à quatre (bien que, selon certains biographes, Mahomet ait eu au total quinze épouses[2], jusqu'à onze simultanément[2]), un nombre qui pouvait être plus élevé avant l'avènement de cette religion en Arabie. Il n'incite nullement le croyant à devenir polygyne mais est plus souvent interprété comme une réglementation de cette pratique et éventuellement fournir une solution morale, pratique et humaine aux veuves et aux orphelins si l'on prend en compte la position de ce verset au sein du Coran. En effet ce verset traitant de la polygamie a été révélé après la bataille de Uhud au cours de laquelle des douzaines de musulmans furent tués, laissant derrière eux des veuves et des orphelins dans le besoin.

La polygamie est avant tout une mesure sociale. La norme dans l'islam est la monogamie. Selon le rite hanbalite, il est recommandé (mandub) d'épouser une seule femme, car il y a un risque d'injustice entre les épouses dans la polygamie[3].

Polyginie et mormonisme[modifier | modifier le code]

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a autorisé la polygynie chez ses membres sous le nom de mariage plural jusqu'en 1889.

Aspects statistiques[modifier | modifier le code]

Aspects sociologiques[modifier | modifier le code]

Polygynie animale[modifier | modifier le code]

La polygynie animale est souvent repris sous le terme « harem », comme par exemple avec les chevaux ou les otaries ; soit un mâle pour plusieurs femelles.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Traduction Muhammad Hamidullah, sur le site e-qra.com
  2. a et b Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 327
  3. (ar)/(tr) Şeyh Abdurrahmân El-Cezîrî, Dört Mezhebin Fıkıh Kitabı (Kitâb'ul Fiqh alâ al Mazhâhib'ul arba'a), Traduction : Hasan Ege, Bahar yayınları. Cilt : V, Sh : 24