Médard de Noyon

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Saint Médard à Saint-Médard-d'Eyrans

Médard de Noyon (en latin Medardus) ou saint Médard est un évêque picard né en 456 à Salency en Picardie et mort le 8 juin 545 à Noyon[1].

La Saint-Médard se fête le 8 juin.

Famille[modifier | modifier le code]

Fils de Nectar (ou Nectardus), un noble franc de la cour de Childéric Ier, et de Protagie (ou Protagia c'est-à-dire « première sainte » selon l'étymologie grecque), une noble Gallo-Romaine qui convertit son futur époux au christianisme en échange du renoncement à sa virginité. Le couple possédait un vaste domaine à Salency.
Médard aurait eu un frère jumeau, Saint Godard (ou Gildard), ainsi qu'une sœur Médrine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Saint Médard manifeste une grande compassion pour les plus démunis dès sa plus tendre enfance. La tradition raconte qu'il donna un jour ses habits neufs à un mendiant aveugle presque nu et que lorsqu'on lui demanda ce qu'il avait fait de ses habits, il répondit qu'il avait été touché par la misère de ce pauvre homme et n'avait pu s'empêcher de lui donner ses habits. Une autre fois il donna un des chevaux dont son père lui avait confié la garde à un pauvre homme qui venait de perdre le sien à la tâche et n'avait pas les moyens d'en acheter un autre. Son père voulant le récupérer rapidement sort de chez lui avec Médard, par une pluie battante. Il est obligé de rebrousser chemin et, constatant que son fils demeure sec, il comprend que son geste était approuvé par Dieu... tandis que Médard acquiert alors son pouvoir sur le temps[2]. Médard au cœur large donne des aumônes aux indigents, y compris aux paresseux, et des leçons pour mieux s y prendre aux chapardeurs qui tentent de lui voler son raisin, son bœuf, son miel ou ses œufs.

Il fit ses études ecclésiastiques avec son frère à Vermand près de Saint-Quentin. Remarqué par Alomer, l'évêque de Vermand, ce dernier l'élève au sacerdoce en 489[3]. Il vécut ensuite à la cour de Childéric Ier, puis de Clovis. Lorsque ce dernier déménagea pour Soissons, vers 486, Médard préféra rester à Tournai.

Les tables de l'église de Rouen disent que lui et son frère assistèrent saint Remi, lors du baptême de Clovis en la cathédrale de Reims en 496.

Vers 530, à la mort d’Alomer, il fut nommé à sa place par l'évêque saint Remi de Reims, à la demande des habitants de Vermand qui réussirent à le convaincre car il se trouvait trop âgé pour le poste[4]. Il s'installa dès 531 à Noyon, ce qui est à l'origine du transfert du siège épiscopal. Les motifs restent discutés. La tradition de l'église de Noyon l'explique par une dévastation de Vermand lors des guerres entre les rois mérovingiens et par la présence d'une très petite enceinte à Noyon, plus aisée à défendre. Mais Médard était natif de Salency, village voisin de Noyon. La proximité de la capitale de Soissons peut aussi avoir joué un rôle.

Crypte de l'abbaye Saint-Médard

En 532 à la mort de saint Éleuthaire évêque de Tournai, les habitants de cette ville le réclamèrent comme évêque. Il refusa d'abord mais le roi Clotaire insista et il accepta. Il fut alors nommé par le pape Hormisdas à l'épiscopat de Tournai, unifiant le diocèse de Tournai avec celui de Noyon (union qui dura jusqu'en l'an 1146). À Tournai il réussit à convertir un grand nombre d'idolâtres et consacra Radegonde au degré de diaconesse.

Il mourut à Noyon, ses reliques furent transportées près de Soissons où fut érigée l'abbaye Saint-Médard. Des reliques de Médard ont été conservées dans l'église Saint-Médard à Paris et s'y trouvent encore. On retrouve aussi des reliques de Saint-Médard dans l'église Saint-Rémi et Saint-Médard de Rouveroy (Belgique). Cette paroisse a modifié son nom en juin 2010, car auparavant, elle et l'église était seulement sous le patronat de Saint-Rémi, mais depuis plus de 350 ans, la paroisse organise le dimanche le plus proche du 8 juin (jour de saint-Médard), une procession en son honneur (elle est attestée depuis au moins 1662). C'est pourquoi, les responsables locaux ont demandé à l'évêque de Tournai de pouvoir mettre Saint-Médard comme deuxième patron de la paroisse. Ce qui a bien sûr été accepté par l'évêque de Tournai, Mgr Guy Harpigny.

La légende[modifier | modifier le code]

Saint-Médard est l’un des évêques les plus populaires de son époque, sa vie a donc donné lieu à de nombreuses légendes.

L'une dit que lorsqu'il était enfant, il fut protégé de la pluie par un aigle qui déploya ses ailes au-dessus de lui[5].

Nous possédons un hymne en l'honneur de saint Médard composé autour de 575 par le roi Chilpéric Ier en latin[6].

Il est fait référence à saint-Médard dans La Légende dorée de Jacques de Voragine : « Vers l'an 490… fleurirent deux frères utérins, saints Médard et Gildard, qui naquirent le même jour, moururent le même jour et furent béatifiés le même jour ». Le martyrologe romain reprend ce récit légendaire : Godard, archevêque de Rouen et Médard seraient frères jumeaux.

L’iconographie[modifier | modifier le code]

On le représente la plupart du temps en évêque, avec la crosse épiscopale. Souvent aussi, il a la bouche entrouverte et montre ses dents, parce qu'il était aussi invoqué contre le mal de dent. En plus de sa représentation avec un aigle le survolant, il figure aussi avec un cœur, symbolisant sa charité.

Patronage[modifier | modifier le code]

Saint-Médard est le patron des personnes emprisonnées, des personnes atteintes d’une maladie mentale ou de migraines et de névralgies, des agriculteurs et des viticulteurs. Il est invoqué contre le mauvais temps, pour (ou contre, selon le cas) la pluie - d'où son surnom de « saint pluvieux », pour le bon déroulement de la moisson et pour le soulagement des maux de dents.

On lui doit l'institution de la Rosière, pour honorer la jeune fille la plus méritante d'un village, en rapport avec le culte de la Vierge Marie[7].

Saint Médard de Noyon est à l'origine du nom de plusieurs communes Françaises telles que Saint-Merd-les-Oussines et Saint-Merd-de-Lapleau en Corrèze

Les Dictons[modifier | modifier le code]

  • « Du jour de saint Médard en juin, le laboureur se donne le soin. »[8]
  • « Le temps sera à la moisson, comme à la saint Médard nous l’avons. »[8]
  • « Pleurs de saint Médard, quarante jours bousards. »[8]
  • « Pluie de saint Médard, tarit le vin et coupe le lard. »[8]
  • « Quand il pleut à la saint Médard, il y a des russes[9] dans le blé noir. »[8]
  • « Quand saint Médard ouvre les yeux, écoute voir s’il pleut. »[8]
  • « Saint Médard, beau et serein, promet abondance de grain. »[8]
  • « Saint Médard éclairci, fait le grenier farci. »[8]
  • « Saint Médard, c'est le meilleur jour pour semer le blé noir. »[8]
  • « Saint Médard, grand pissard, fait boire le pauvre comme le richard. »[8]
  • « Saint Médard, planteur de choux, mangeur de lard. »[8]
  • « S'il pleut à la Saint-Médard, le quart des biens est au hasard. »[8]
  • « Ce que Saint-Médard fait, Saint-Barnabé le défait. »[8]
  • « Quand il pleut à la Saint-Médard, prends ton manteau sans nul retard ; mais s'il fait beau pour Saint-Barnabé, qui lui coupe l'herbe sous le pied, ton manteau chez toi peut rester ; enfin s'il pleuvait ces deux jours, tu aurais encore Saint-Gervais accompagné de Saint-Protais qui le beau temps va ramener[10]. »
  • « S'il pleut à la Saint-Médard, il pleut quarante jours plus tard, à moins que Saint-Barnabé (11 juin) ne lui coupe l'herbe sous le pied. »[11]
  • « S'il pleut pour Saint-Médard, l’été sera bâtard, à moins que Saint-Barnabé qui vient derrière, ne lui coupe l'herbe sous le pied. »[8]
  • « Si Saint-Médard est un grand pissard, Saint-Barnabé, Dieu soit loué lui reboutonnera la culotte »[12]
  • « De Barnabé, la journée clairette, Saint-Médard, rachète. »[8]
  • « Le soleil de Saint Barnabé, à Saint-Médard casse le nez. »[8]
  • « Quand il pleut pour la Saint Médard, il pleut quarante jours plus tard, à moins que Saint Gervais (19 juin) soit beau, et tire Saint-Médard de l’eau. »[8]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Adrien Baillet, Les vies des saints, 1701, 3 volumes (tome 9 - 1739)
  2. Saint Ouen, Vie de saint Éloi (Vita d'Eligius), VIIe siècle
  3. Paul Coliette, Mémoires du Vermandois, T.1, p. 122
  4. Radbod, In vita St Médard apud Bolland, Acta Sancta, T.II, p. 90
  5. Christophe Renault, Reconnaître les saints et les personnages de la Bible, Paris, Éditions Jean-Paul Gisserot, 2002 ISBN 9 782877 476584. pag. 11
  6. Ymnus in solemnitate sancti Medardi episcopi, éd. par Udo Kindermann: König Chilperich als lateinischer Dichter. In: Sacris erudiri, Bd. 41, 2002, S. 247–272.
  7. La vie quotidienne des religieux au Moyen Âge - Léo Moulin - 1981
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r Gabrielle Cosson, Dictionnaire des dictons des terroirs de France, Paris, Larousse,‎ 2010, 380 p. (ISBN 978-2-03-585301-1, résumé), p. 36, 236, 280, 322, 371.
  9. les russes sont des navettes sauvages
  10. Anne-Christine Beauviala, Météo et dictons régionaux, Éd. Christine Bonneton, 2010.
  11. Pierre Collombert, Alain Baraton et Émile Perro, Paysans : 366 proverbes et dictons au rythme des saisons, Romagnat, De Borée,‎ 2006, 365 p. (ISBN 2-84494-495-7, lire en ligne), p. 7
  12. Michel Giard, L'esprit de la brouette, Turquant, Cheminements,‎ 2004, 153 p. (ISBN 978-2-84478-270-0, lire en ligne), p. 32,

Articles connexes[modifier | modifier le code]