Argenton-sur-Creuse

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Argenton-sur-Creuse
La rue grande.
La rue grande.
Blason de Argenton-sur-Creuse
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre
Département Indre
Arrondissement Châteauroux
Canton Argenton-sur-Creuse
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du pays d'Argenton-sur-Creuse
Maire
Mandat
Vincent Millan
2014-2020
Code postal 36200
Code commune 36006
Démographie
Gentilé Argentonnais
Population
municipale
5 070 hab. (2011)
Densité 173 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 35′ 23″ N 1° 31′ 12″ E / 46.5897222222, 1.52 ()46° 35′ 23″ Nord 1° 31′ 12″ Est / 46.5897222222, 1.52 ()  
Altitude Min. 99 m – Max. 234 m
Superficie 29,34 km2
Localisation

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Argenton-sur-Creuse
Liens
Site web mairieargentonsurcreuse.com

Argenton-sur-CreusePrononciation du titre dans sa version originale Écouter est une commune française située dans le département de l'Indre, en région Centre.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune est située dans le sud[1] du département, dans la région naturelle du Boischaut Sud.

Les communes limitrophes[1] et chefs-lieux[1] sont : Saint-Marcel (2 km), Le Pêchereau (3 km), Thenay (8 km), Ceaulmont (8 km), Celon (8 km), Vigoux (9 km), Châteauroux (28 km), Le Blanc (35 km), La Châtre (36 km) et Issoudun (54 km).

Hameaux et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Les hameaux[2] et lieux-dits[2] de la commune sont : les Prunes, les Doucets, Bournoiseau, le Plessis, l'Étang Marie, la Tuilerie des Prunes, le Breuil, le Terrier Joli et les Chaillots

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La rivière Creuse.
La rivière Creuse.

Le territoire communal est arrosé par la rivière Creuse[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Relevé observé de 1961 à 1990, à la station météorologique de Châteauroux - Déols (36)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 0,5 1,2 2,6 4,9 8,2 11,2 13,2 13,1 10,9 7,6 3,5 1,1 6,5
Température moyenne (°C) 3,4 4,7 6,9 9,7 13,2 16,5 19,1 18,7 16,3 12,1 6,9 4 11
Température maximale moyenne (°C) 6,3 8,2 11,2 14,5 18,2 21,8 25 24,3 21,6 16,7 10,3 6,9 15,4
Record de froid (°C)
date du record
−22,8
16/01/1985
−15
05/02/1963
−10
03/03/1965
−3,9
12/04/1986
−0,2
08/05/1974
3
05/06/1969
5,8
02/07/1975
4,5
06/08/1967
1,1
19/09/1962
−2,8
25/10/1964
−6,3
23/11/1988
−17
10/12/1967
−22,8
16/01/1985
Record de chaleur (°C)
date du record
18,3
30/01/1967
22,9
24/02/1990
24,3
28/03/1989
26,9
20/04/1968
31,1
27/05/1967
35,6
28/06/1986
36,8
21/07/1990
37,3
16/08/1974
34
17/09/1987
29,5
02/10/1985
21,6
01/11/1984
20,5
16/12/1989
37,3
16/08/1974
Nombre de jours avec gel 13,4 11,6 9,1 2,5 0,1 0 0 0 0 0,8 6,8 12,9 57,2
Ensoleillement (h) 47 76 121 150 181 201 235 203 165 123 63 48 1 613
Record de vent (km/h)
date du record
101
30/01/1983
115
03/02/1990
126
10/03/1982
83
11/04/1985
87
02/05/1988
97
07/06/1987
94
26/07/1983
72
26/08/1986
97
22/09/1987
94
16/10/1987
101
08/11/1982
97
30/12/1981
126
10/03/1982
Précipitations (mm) 61,7 63,2 63,8 56,6 75,3 53,4 51,5 50,6 60,9 59,9 65,7 65,7 728,3
dont pluie (mm) 29,5 28,2 32,4 42,6 39,7 39,7 48,3 43 58,6 43 35,2 35 58,6
Record de pluie en 24 h (mm)
date du record
29,5
12/01/1962
28,2
13/02/1990
32,4
29/03/1978
42,6
18/04/1964
39,7
06/05/1985
39,7
20/06/1977
48,3
22/07/1963
43
29/08/1968
58,6
17/09/1975
43
29/10/1981
35,2
05/11/1962
35
14/12/1979
58,6
17/09/1975
Nombre de jours avec précipitations 11 10,4 11,1 10,3 11,9 8,1 6,6 7,7 7,5 9,1 11 11,1 115,8
dont nombre de jours avec précipitations ≥ 5 mm 4,1 4,1 4,5 3,8 5,2 3,7 3,2 2,9 3,6 4,1 4,8 4,5 48,5
Humidité relative (%) 88 85 79 75 76 74 69 70 76 84 88 88 79,33
Nombre de jours avec neige 3,3 3,4 1,9 0,8 0 0 0 0 0 0 1,3 2,7 13,4
Nombre de jours d'orage 0,1 0,2 0,4 1,1 3,4 3,3 0 0 2,1 0,9 0,3 0,3 12,1
Nombre de jours avec brouillard 5,7 4,4 2,3 1,4 1,2 1,1 0 0 2,8 5,9 5,8 6,4 37
Source : Infoclimat.fr
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
6,3
0,5
61,7
 
 
 
8,2
1,2
63,2
 
 
 
11,2
2,6
63,8
 
 
 
14,5
4,9
56,6
 
 
 
18,2
8,2
75,3
 
 
 
21,8
11,2
53,4
 
 
 
25
13,2
51,5
 
 
 
24,3
13,1
50,6
 
 
 
21,6
10,9
60,9
 
 
 
16,7
7,6
59,9
 
 
 
10,3
3,5
65,7
 
 
 
6,9
1,1
65,7
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voies routières[modifier | modifier le code]

L'autoroute A20[3] (L’Occitane) passe par le territoire communal ainsi que les routes départementales[3] : 1, 48, 48A, 55, 106, 132, 137, 913 et 927. La commune dispose d'un échangeur sur l'A20 numéroté 18.

Transports[modifier | modifier le code]

La ligne des Aubrais - Orléans à Montauban-Ville-Bourbon passe par le territoire communal, une gare[3] dessert la commune. Les lignes de Port-de-Piles à Argenton-sur-Creuse et d'Argenton-sur-Creuse à La Chaussée passaient par le territoire communal, une gare desservait la commune. La ligne du Blanc à Argenton-sur-Creuse via Saint-Benoît-du-Sault passait aussi par le territoire communal, cinq gares (Les Ségouins, Argenton-Baignettes, Place du Marché au Blé, Place d'Armes et Argenton-PO) desservaient la commune.

La commune est desservie par les lignes J, K, L et N du réseau L'Aile Bleue[4] et par les lignes 6, 37 et 39 du réseau d'autocars TER Centre[5].

L'aéroport le plus proche est l'aéroport de Châteauroux-Centre[3] (38 km), de plus la commune dispose d'un aérodrome[3], à 6 km du centre ville.

Le territoire communal est traversé par le sentier de grande randonnée de pays : Le Val de Creuse[2] et par la voie verte des Vallées[2].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

L’origine de son nom viendrait de la ville d'Argentomagus (Argantamago), du gaulois argantos ; argent correspondant au latin argentum et magos marché, champ[réf. nécessaire].

Argenton est devenue Argenton-sur-Creuse en 1958.

Ses habitants sont appelés les Argentonnais[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les maisons en bord de Creuse.
Les maisons en bord de Creuse.

Elle est surnommée la « Venise du Berry[7] ».

Argenton-sur-Creuse a succédé à la cité gallo-romaine d'Argentomagus à Saint-Marcel.

Durant le Moyen Âge, elle devient une place fortifiée sur la colline dominant la vallée. En 761, Pépin le Bref prend la ville fortifiée d’Argenton et son château au duc Waïfre.

Un atelier monétaire frappait une monnaie locale au XIe siècle[8]. Le développement de la ville entraîne l’installation d’un couvent de franciscains (les cordeliers) au XVe siècle[9].

Il reste aujourd’hui quelques vestiges de la Tour du Midi et de la Tour d’Héracle. Le château est pris par Philippe Auguste en 1188, par Henri IV en 1589 et il est enfin démantelé sous Louis XIII en 1632, par ordre de Richelieu.

À partir du XIIe siècle et jusqu’au XVe siècle, la ville haute d’Argenton s’établit au pied de la forteresse, sur la rive gauche de la Creuse.

Dès le XVe siècle, la ville basse s’étend sur la rive droite, reliée à la ville haute par le « Vieux Pont  ».

Le mémorial d'Argenton-sur-Creuse.
Le mémorial d'Argenton-sur-Creuse.

Dès la fin du XVe siècle s’élèvent la chapelle Saint-Benoît et l’église Saint-Sauveur. De belles demeures sont construites dans la ville basse, comme le bel hôtel particulier Joseph Dupertuis, rue Dupertuis, du XVe siècle avec sa tour en façade, ou encore l’hôtel de Scévole (XVIIe siècle-XVIIIe siècle) dont le parc à la française fut dessiné par Le Nôtre.

Argenton fut chef-lieu de district de 1790 à 1795, le premier président du district ayant été Denis Robin de Scévole.

Le 9 juin 1944, la 15e compagnie du panzergrenadier-regiment Der Führer de la 2e division SS Das Reich effectue une « opération de nettoyage » sur Argenton. Soixante-sept civils, résistants et soldats sont massacrés[10],[11]

Article détaillé : Massacre d'Argenton-sur-Creuse.

Le 31 août 1985, un train Corail reliant Paris-Austerlitz à Port-Bou déraille en gare d'Argenton-sur-Creuse, du fait d'une vitesse excessive. La vitesse avait été limitée à 40 km/h pour travaux de voie, le convoi est passé à environ 100 km/h, tandis que le freinage d'urgence se déclenchait entraînant un déraillement d'une bonne partie des voitures du train, notamment deux voitures qui engageaient le gabarit de l'autre voie. Au même moment arrivait un train postal en provenance de Brive-la-Gaillarde et à destination de Paris, dans l’autre sens ; la locomotive de ce dernier s'est encastrée dans les deux voitures engageant le gabarit. L'accident fit 43 morts. La cause est une superposition de signaux, ayant rendu très difficile la compréhension de la signalisation applicable par le conducteur.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La commune dépend de l'arrondissement de Châteauroux, du canton d'Argenton-sur-Creuse, de la deuxième circonscription de l'Indre et de la communauté de communes du pays d'Argenton-sur-Creuse.

Concours des villes et villages fleuris
Nombres de fleurs Années d'obtentions
3 fleurs palmarès 2004[12]
palmarès 2005[13]
palmarès 2006[14]
palmarès 2007[15]
palmarès 2008[16]
palmarès 2011[17]
palmarès 2013[18]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires depuis la Libération
Période Identité Étiquette Qualité
7 juillet 1944[Note 6],[26] 7 novembre 1944 Joseph Dupuis  ? Conseiller général de l'Indre
Entrepreneur de travaux publics
7 novembre 1944[Note 7] 1945 Armand Coulaud  ? Négociant
19 mai 1945[Note 8] 21 octobre 1947 René Ferrant Radical Conseiller général de l'Indre
21 octobre 1947 mars 1959 Joseph Dupuis  ?  ?
5 mai 1959 mars 1983 Jean Frappat Radical Conseiller général de l'Indre
Vétérinaire
mars 1983 juin 1995 André Advenier UDF Conseiller général de l'Indre
Vétérinaire
juin 1995 juin 2001 Michel Sapin[27] PS Conseiller de tribunal administratif
2002 avril 2004[Note 9] Michel Sapin PS  ?
2004 2007 Michel Quinet PS Médecin
2007 juin 2012 Michel Sapin[28] PS Député de l'Indre
29 juin 2012[29] mars 2014 Michel Quinet PS Médecin
mars 2014 en cours Vincent Millan[30] PS Contrôleur de gestion au conseil général du Cher
Les données manquantes sont à compléter.

Instances judiciaires et administratives[modifier | modifier le code]

La commune dispose des services suivants :

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 5 070 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 10],[Note 11].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
4 064 3 458 3 428 3 770 3 964 4 319 4 346 4 546 5 332
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
5 242 4 765 5 219 5 274 5 582 5 909 6 388 6 270 6 118
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
6 281 6 275 6 122 5 575 5 504 5 412 5 710 6 111 6 109
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
6 344 6 400 6 424 5 848 5 193 5 146 5 185 5 180 5 070
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[38] puis Insee à partir de 2004[39].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

Le lycée public Rollinat.
Le lycée public Rollinat.

La commune possède comme lieux d'enseignements[40] : deux écoles maternelles publiques (Le Clos du Verger et Paul Bert), deux écoles élémentaires publiques (Paul Bert et George Sand), un collège et lycée général public (Rollinat) et un lycée professionnel public (Châteauneuf). Un autre lycée polyvalent public (Blaise Pascal) de secteur[41] se trouve à Châteauroux.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Festival Mercuria (musique).
  • Festival des Milliaires, du nom des bornes des voies romaines. Ce festival propose, autour d'une ancienne voie romaine allant d'Argenton au Blanc, des spectacles, échanges ou conférences adaptés aux lieux qui jalonnent cette voie. Depuis sa création, le festival a reçu des artistes tels que les Ménestriers Picards, Philippe Brunet, sa compagnie Demodocos et le chœur antique de la Sorbonne, etc.

Équipement culturel[modifier | modifier le code]

  • Site archéologique gallo-romain d’Argentomagus.
  • Musée de la chemiserie et de l’élégance masculine[42] : situé dans le premier atelier de lingerie ouvert en 1860 par Charles Brillaud, le Musée de la chemiserie permet de découvrir le travail des « chemisières » qui ont fait la renommée d’Argenton-sur-Creuse pendant un siècle[24]. Il retrace le travail des ouvrières mais présente également l’histoire de la chemise masculine grâce à une présentation chronologique de vêtements et accessoires du Moyen Âge à nos jours.
  • L'Artboretum : c'est un lieu d’art contemporain situé au moulin du Rabois[43].

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Médias[modifier | modifier le code]

La commune est couverte par les médias suivants : La Nouvelle République du Centre-Ouest, Le Berry républicain, La Bouinotte, Le Petit Berrichon, L'Écho du Berry, Berry Issoudun Première, Vibration, Forum, France Bleu Berry et RCF en Berry.

Cultes[modifier | modifier le code]

La statue de la Bonne-Dame.
La statue de la Bonne-Dame.

Le culte des Argentonnais pour la Vierge Marie qui domine leur ville remonte au moins au XVe siècle. Le premier pèlerinage connu a lieu en 1633. Notre-Dame-des-Bancs[Note 12] ou des Vignes a été initialement la chapelle castrale érigée par un Chauvigny pour la forteresse construite sur la ville haute ainsi qu'une étape sur la Via Lemovicensis, le chemin allant de Vézelay à Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle est devenue une vicairie dont l’histoire est connue dès 1430. En 1631, le château est démantelé sur ordre de Richelieu mais la chapelle est conservée. Une épidémie de peste l’année suivante épargne Argenton. En témoignage de reconnaissance, les habitants font le vœu de « chomer et de solenniser tous les ans à perpétuité la fête de la Présentation de Notre-Dame et d’aller en procession et chanter la grand’messe à Notre-Dame-des-Bancs ». À partir de 1633, une statue du XVe siècle de la Vierge à l'Enfant est ainsi conduite chaque année par les paroissiens jusqu’à la chapelle. À la Révolution française, la statue est profanée. Corde au cou, elle est conduite à la Creuse et jetée à la rivière. Une femme pieuse l’a récupérée et restituée après la Terreur. Le pèlerinage a repris en 1802.

La chapelle, en très mauvais état à la fin du XIXe siècle, a été entièrement reconstruite en 1888, à l'initiative du chanoine Clovis Moulin, curé d'Argenton[44], et grâce à un legs. En 1889, une statue de la Vierge en cuivre doré est érigée sur le nouvel édifice. Mesurant 6,50 m de haut, pesant trois tonnes, elle a été tirée depuis la gare jusqu’au sanctuaire par treize chevaux et dix bœufs, non sans difficultés, sous les vivats de la population. La statue est bénite le 2 juillet par l’archevêque de Bourges, entouré de nombreux prélats et prêtres[45]. Elle est désormais appelée la « Bonne-Dame ». Sur le fronton de la chapelle est gravée l'inscription : Posuerunt me custodem (ils me posèrent là pour les protéger)[Note 13],[46].

En 1942, un prêtre breton, l’abbé Letourneux, prisonnier évadé, se réfugie à Argenton. Nommé en 1943 vicaire de l’église Saint-Sauveur, il décide de reprendre le pèlerinage traditionnel pour les malades et handicapés qui désirent se mettre sous la protection de la Bonne-Dame. En septembre de chaque année, les paroissiens se réunissent à l’église Saint-Sauveur. Ils vont en procession par le Vieux-Pont vers la chapelle, escortant en chantant la statue de la Vierge à l’Enfant, portée à l’épaule par quatre Argentonnais. Des arcs de triomphe, des fleurs, des tentures, des bannières décorent le parcours vers le coteau. Après la guerre, le monument, en mauvais état, a été restauré et la statue redorée. Lors des fêtes du cinquantenaire de la première restauration par l’abbé Moulin, le cardinal Joseph-Charles Lefebvre, archevêque de Bourges, a béni la chapelle remise en état. Le pèlerinage des malades et handicapés est toujours célébré chaque année, le deuxième dimanche de septembre. La statue de la Vierge à l’Enfant du XVe siècle est désormais conservée dans la chapelle et une copie a été déposée à Saint-Sauveur.

Culte catholique

La commune d'Argenton-sur-Creuse dépend de l'archidiocèse de Bourges, du doyenné du Val de Creuse[47] et de la paroisse d'Argenton-sur-Creuse. Le lieu de culte est l'église Saint-Sauveur.

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Monument aux morts.
  • Chapelle de la Bonne-Dame : précédemment Notre-Dame-des-Bancs, où a lieu chaque année un pèlerinage. Reconstruite au XVe siècle, sur les restes d'un sanctuaire érigé au IIe siècle par saint Ursin, premier évêque du Berry, cette chapelle est surmontée d'une gigantesque statue de la Vierge. La petite statue qui se trouve au-dessus du maître-autel est vénérée sous le vocable de « Bonne Dame d'Argenton », qui protégea la ville de la peste en 1632.
  • Monument commémoratif du massacre du 9 juin 1944 par la 2e division SS Das Reich : ce mémorial, inauguré le 9 juin 1947 et fleuri le lendemain par le président de la République, Vincent Auriol, commémore le massacre d'Argenton-sur-Creuse. Érigé, grâce à une souscription, au flanc de la colline au-dessous du collège, il commémore le massacre de 56 civils d’Argenton-sur-Creuse, hommes, femmes et enfants, et de 11 résistants, par les nazis de la 15e compagnie du panzergrenadier-regiment Der Führer de la 2e division SS Das Reich.

Ruines du château féodal[modifier | modifier le code]

Les ruines de la tour du Midi.
Les ruines de la tour du Midi.

Il ne reste aujourd'hui que quelques vestiges de l'immense forteresse, flanquée de dix tours, qui fut détruite sur ordre de Richelieu. Construit sur un promontoire dominant la ville, le château était devenu une menace permanente pour le pouvoir royal.

Sur l'aire de stationnement dont l'accès se fait par l'avenue Rollinat, on peut voir les ruines de la tour du Midi, surnommée la « tour Philipienne ». La tour d'Héracle, dont il reste quelques vestiges, était la plus grosse tour du château. Héracle fut lieutenant de l'empereur romain Decius. Dans le terrier d'Argenton conservé aux Archives de l'Indre, il est dit que c'est sous le règne de l'empereur Décius que furent livrés au martyre et à la mort Anastaise et Marcel.

Église Saint-Sauveur[modifier | modifier le code]

Si la première pierre de ce bâtiment a sans doute été posée au XIIIe siècle, pendant les travaux de construction de la ville basse, l'édifice que l'on peut admirer de nos jours remonte, quant à lui, au XVe siècle. À cette époque, Saint-Sauveur est une annexe de l'église paroissiale Saint-Étienne. En témoigne son beau clocher-porche de style néogothique (1863) qui, surplombé d'une remarquable flèche ajourée, mesure 50 mètres de haut.

Sur les consoles des chapiteaux figurent de gracieux anges musiciens et, dans la nef hexagonale, de magnifiques voûtes présentent des arêtes armoriées. L'ensemble a été restauré au XIXe siècle. L'intérieur de l'église a été restauré au XXe siècle. La plupart des statues ont été enlevées. On peut y voir un beau chemin de croix, œuvre de Jorge Carrasco, le peintre bolivien qui a réalisé, non loin de là, les fresques de l'église du Menoux.

Chapelle Saint-Benoît[modifier | modifier le code]

Cette chapelle des XVe et XVIe siècles a été construite à l'initiative de Louis de Bourbon, seigneur d'Argenton, et d'Antoine Barbault, prieur de Saint-Marcel, probablement avec la destination indiquée par un titre de 1517 concernant la chapelle du petit collège d'Argenton. L'édifice a été très ébranlé en 1740, au moment où l'on ouvrit une tranchée pour faire passer la nouvelle route. La chapelle a été vendue comme bien national en 1793 et recédée à la ville par les acquéreurs en l'an III. Elle a ensuite servi d'entrepôt de grains et d'annexe du marché au blé. Elle a été restaurée en 1873 sous la direction de l'architecte Dauvergne. Aujourd'hui, elle sert de lieu d'exposition. Elle fait l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques depuis le 31 mai 1944[48]

Église Saint-Étienne[modifier | modifier le code]

Un premier édifice chrétien aurait été construit au début du Moyen Âge sur le site d'un ancien édifice païen situé au croisement de deux voies antiques, à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Étienne, et qui fut la paroisse primitive d'Argenton. Selon Maurice de Laugardière[49], cette implantation d'église faisait partie d'un vaste projet de l'archevêché de Bourges de construire un réseau de succursales de la cathédrale en différents lieux du diocèse.

« En effet, écrit Armelle Querrien[50], la répartition des églises Saint-Étienne, églises qui ont le même patron que la cathédrale de Bourges, quadrille le territoire du diocèse et coïncide avec les agglomérations protohistoriques et gallo-romaines et avec les grands carrefours routiers antiques. Ce réseau serait postérieur au décret de Valentinien III de 435, ordonnant de détruire les derniers temples païens et antérieurs à 470, et aux persécutions des Wisigoths, adeptes de l'arianisme. L'église d'Argenton aurait donc été bâtie avant le passage de Saint Yrieix. Elle a essaimé en trois lieux proches dont l'église a le même patron, Tendu, Bouesse et Velles, et peut-être plus loin, à Crozant, Eguzon et Cuzion. »

L'église Saint-Étienne fut en partie détruite le 27 janvier 1760 lors d'une crue de la Creuse. Depuis 1872, une école maternelle occupe la partie antérieure de la nef. L'église a abrité depuis 1867 un très grand tableau de 6,60 m de hauteur et de 4,30 m de largeur, Le Martyre de Saint Polycarpe, œuvre du peintre Paul Chenavard (1807-1895). Ce tableau a été peint sur une toile inachevée représentant Luther devant la Diète de Worms. Il a été transféré en juin 2011 dans l'église de Saint-Marcel[51].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Blason de Argenton-sur-Creuse Blason Parti : au premier coupé : en chef d'argent à la fasce fuselée de gueules surmontée d'un lambel de six pendants de sable, en pointe d'argent à la croix de gueules, au second d'azur aux trois fleurs de lys d'or et au bâton péri en bande de gueules.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Les coordonnées de cet article :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antoine Grosset, Recherches historiques et statistiques sur la ville d'Argenton et son territoire (Indre), Châteauroux, Imprimerie de Migné,‎ 1843 (ISBN 2877603400[à vérifier : isbn invalide]).
  • Pierre Brunaud, Argenton et son histoire : Bibliographie d'Argenton et du canton, Argenton-sur-Creuse, Cercle d'histoire d'Argenton,‎ 1986, 3e éd..
  • Pierre Brunaud, Argenton-sur-Creuse dans la guerre, Saint-Cyr-sur-Loire,‎ 2008 (ISBN 9782849107119).
  • Pierre Brunaud, Argenton de A à Z en 44 rubriques historiques : Les chemisières, Argenton-sur-Creuse, Imprimerie Bonnamour,‎ 2013, 175 p. (ISBN 9782954695501).
  • Pierre Brunaud et Gérard Coulon, Argenton-sur-Creuse et ses écrivains, Paris, Royer, coll. « Terroirs Littéraires »,‎ 1996, 135 p. (ISBN 2909670410[à vérifier : isbn invalide]).
  • Florent Imbert, Argenton-sur-Creuse : Son évolution topographique aux XVIIIe et XIXe siècles, Argenton-sur-Creuse,‎ 1987, 128 p. (ISBN 2950239609).
  • Philippe Barlet, Une révolution provinciale : Argenton et la Révolution française, Argenton-sur-Creuse, Imprimerie Le Trépan,‎ 1999, 101 p. (ISBN 2951161719).
  • Cercle laïque culturel d'Argenton : Argenton au vingtième siècle, Argenton-sur-Creuse, Imprimerie Le Trépan,‎ 2001, 95 p. (ISBN 2909184226).
  • Jean Anatole, Personnages ayant marqué la ville d'Argenton-sur-Creuse et sa région, Argenton-sur-Creuse, Imprimerie Le Trépan,‎ 2007, 171 p..
  • Les maires d'Argenton-sur-Creuse : 1790-2011, Argenton-sur-Creuse, Cercle d'histoire d'Argenton-sur-Creuse,‎ 2012, 57 p. (ISSN 09831657).
  • Jean Martinat, Argenton et son histoire : Saint-Étienne et la Ville-Basse, Argenton-sur-Creuse, Cercle d'histoire d'Argenton-sur-Creuse,‎ 2012, 29e éd. (ISSN 09831657), p. 19-26.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Voir dans la bibliographie une étude sur les maires.
  2. Démis par Jean-Baptiste Michaud, député en mission envoyé par la Convention.
  3. Nommé par Michaud.
  4. Démis, décret du préfet de l'Indre du 11 février 1833.
  5. Démission.
  6. Nommé par le préfet.
  7. Conseil municipal provisoire désigné par le préfet.
  8. Premier conseil municipal élu après la Libération.
  9. Il démissionne de son mandat de maire après avoir été élu président du Conseil régional du Centre, les deux fonctions étant incompatibles.
  10. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  11. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
  12. Les bancs étaient des murailles transversales construites pour adoucir une pente trop forte d'un promontoire.
  13. A l'instigation d'Alfred Debrion.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Site de Lion 1906 : Indre, consulté le 10 septembre 2012.
  2. a, b, c, d et e Site du Géoportail : Argenton-sur-Creuse, consulté le 15 décembre 2013.
  3. a, b, c, d et e Site de ViaMichelin : Argenton-sur-Creuse, consulté le 14 décembre 2013.
  4. Site du conseil général de l'Indre : Les horaires de l’Aile Bleue, consulté le 14 décembre 2013.
  5. Site SNCF TER Centre : Fiches horaires, consulté le 29 septembre 2013.
  6. « Nom des habitants des communes françaises, Argenton-sur-Creuse », sur le site habitants.fr de la SARL Patagos (consulté le 11 février 2012).
  7. Lucien Poyet, Dans la Venise du Berry, Issoudun, H. Gaignault,‎ 1946, 68 p..
  8. Berry médiéval : à la découverte de l’Indre au Moyen Âge, Châteauroux, Archives départementales de l’Indre,‎ 2009, p. 12.
  9. Berry médiéval, op. cit., p. 21.
  10. Argenton, 9 juin 1944 : une tragique page d'histoire, Argenton-sur-Creuse, Cercle d'histoire d'Argenton,‎ 1994.
  11. Brunaud 2008.
  12. [PDF] 45e concours des villes et villages fleuris - Palmarès 2004, consulté le 23 septembre 2009.
  13. [PDF] 46e concours des villes et villages fleuris - Palmarès 2005, consulté le 23 septembre 2009.
  14. [PDF] 47e concours des villes et villages fleuris - Palmarès 2006, consulté le 23 septembre 2009.
  15. [PDF] 48e concours des villes et villages fleuris - Palmarès 2007, consulté le 23 septembre 2009.
  16. [PDF] 49e concours des villes et villages fleuris - Palmarès 2008, consulté le 23 septembre 2009.
  17. [PDF] 52e concours des villes et villages fleuris - Palmarès 2011, consulté le 23 septembre 2011.
  18. Site des Villes et Villages Fleuris : Les villes et villages fleuris, consulté le 26 janvier 2014.
  19. Barlet 1999, p. 8.
  20. Barlet 1999, p. 12.
  21. Barlet 1999, p. 13.
  22. Barlet 1999, p. 51-52.
  23. Cécile Guy, Argenton et son histoire : Marie Bret, diseuse de bonne aventure, 16e éd., p. 32-33.
  24. a et b Brunaud 2013, p. 15-23.
  25. Brunaud et Coulon 1996, p. 26.
  26. a et b Brunaud 2008, p. 133.
  27. Site du ministère de l'Intérieur : Résultats des élections municipales de 2001, consulté le 18 février 2013.
  28. Site du ministère de l'Intérieur : Résultats des élections municipales de 2008, consulté le 28 novembre 2009.
  29. La Nouvelle République du Centre-Ouest, édition de l'Indre du 30 juin 2012.
  30. [PDF] Site de la préfecture de l'Indre : Résultats des élections municipales de 2014, consulté le 28 avril 2014.
  31. a et b Site de la préfecture de l'Indre : Direction Départementale des Finances Publiques, consulté le 25 août 2012.
  32. Site de La Poste : Un bureau de poste, consulté le 22 août 2012.
  33. Site de Berry Province, consulté le 5 février 2013.
  34. Site de la commune d'Argenton-sur-Creuse : Police municipale, consulté le 23 août 2012.
  35. Site de Région de Gendarmerie du Centre : Groupement de l'Indre, consulté le 23 août 2012.
  36. Site du conseil général de l'Indre : Avec le Conseil général des routes encore plus sûres !, consulté le 18 août 2012.
  37. Site de la DIR Centre-Ouest : Le réseau les implantations, consulté le 18 août 2012.
  38. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  39. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  40. Site de l'académie d'Orléans-Tours : Coordonnées des établissements scolaires publics et privés sous contrat, consulté le 16 août 2012.
  41. Site de l'académie d'Orléans-Tours : Tableau des secteurs de recrutement collèges et lycées, consulté le 20 août 2012.
  42. Site du ministère de la Culture : Museofile, consulté le 15 novembre 2013.
  43. Site de l'Artboretum, consulté le 26 août 2012.
  44. Clovis Moulin, Argentonnais connus et méconnus, Argenton-sur-Creuse, Cercle d'histoire d'Argenton,‎ 2010, 62 p..
  45. L De Lagarde, Argenton, Documents Inédits, Châteauroux, Imprimerie centrale Louis Laboureur, 285 p..
  46. Brunaud et Coulon 1996, p. 50.
  47. Site de l'archidiocèse de Bourges : Doyenné du Val de Creuse, consulté le 4 mai 2013.
  48. « Chapelle Saint-Benoit », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  49. L'Église de Bourges avant Charlemagne, Paris-Bourges,‎ 1951.
  50. Argenton-sur-Creuse à la croisée de ses chemins, C-H-A,‎ 2001.
  51. La Nouvelle République du Centre-Ouest, édition de l'Indre du 14 juin 2011.
  52. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français comprenant tous les membres des assemblées françaises et tous les ministres français : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889, vol. 5, Paris, Bourloton,‎ 1889, 617 p. (lire en ligne), p. 192.
  53. Registre d'état civil, acte de naissance n° 103 du 15 juin 1806.
  54. Brunaud et Coulon 1996, p. 87-92.
  55. Brunaud et Coulon 1996, p. 16-18.
  56. « Une plaque pour ne pas oublier Henri Rognon », La Nouvelle République du Centre-Ouest, Indre,‎ 12 juin 2014 (lire en ligne).
  57. Brunaud et Coulon 1996, p. 66-70.