Prétextat de Rouen

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Saint Prétextat
Image illustrative de l'article Prétextat de Rouen
Vitrail de Saint Prétextat dans la chapelle de la Vierge de la cathédrale de Rouen.
Évêque de Rouen
Décès 586 
Fête 24 février

Prétextat de Rouen, mort en 586 à Rouen, est un homme d'Église de l'époque mérovingienne, évêque de Rouen durant la période de guerre entre rois mérovingiens des années 570 et 580 ; sa mort par assassinat est peut-être due à la reine Frédégonde[1].

Il a été canonisé par l'Église (fête le 24 février).

Biographie[modifier | modifier le code]

Frédégonde visite Prétextat sur son lit de mort par Lawrence Alma-Tadema.

Prétextat est évêque de Rouen pendant la lutte sanglante, appelée "faide royale", entre notamment Sigebert, roi de Metz, avec son épouse Brunehilde (Brunehaut) et Chilpéric Ier, roi de Soissons, avec son épouse Frédégonde.

Il est le parrain de Mérovée, fils de Chilpéric.

Avec l'évêque de Paris saint Germain, il assista en 567 au concile de Tours[2].

En 575, après l'assassinat de son époux Sigebert, Brunehilde, prisonnière de Chilpéric, est amenée à Rouen. L'année suivante, Mérovée et Brunehilde se marient devant l'évêque Prétextat. À la suite d'un certain nombre de péripéties, Brunehilde repart en Austrasie, tandis que Mérovée traqué finit par être tué à Thérouanne.

Chilpéric convoque alors à Paris un concile d'évêques, devant lequel il fait comparaitre Prétextat (577), l'accusant d'avoir violé les lois canoniques mais aussi d'avoir voulu, en accord avec Mérovée, le faire assassiner et d'avoir excité le peuple contre lui. Prétextat est défendu par Grégoire de Tours, mais en vain. L'évêque de Rouen est condamné à la déposition et à l'exil sur une île, probablement Jersey[3]. Il est remplacé par Melantius.

La mort de Chilpéric, en 584 permet à Prétextat de rentrer à Rouen, rappelé, selon la formule consacrée, "par le clergé et par le peuple"[3]. Le frère de Chilpéric, Gontran, roi de Burgondie, prend en charge le sort de Frédégonde et de son fils nouveau-né, Clotaire. Il écarte cependant de la cour Frédégonde qui s'établit d'abord dans une villa royale proche de Rouen, Rotoialum (Val de Reuil).

Prétextat est assassiné le jour de Pâques 586, au pied de l'autel[1], par un serf qui aurait touché[4] 100 sous d'or de Frédégonde, 50 de Melantius et 50 de l'archidiacre de Rouen.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources
  • Grégoire de Tours, Histoire des Francs, édition et traduction de R. Latouche, Les Belles lettres, coll. « Classiques de l'Histoire de France au Moyen Âge », Paris, 1963 (tome 1 : Livres I-V) et 1965 (tome 2 : Livres VI-X)
  • Richard Allen, « The Acta archiepiscoporum Rotomagensium: study and edition » dans Tabularia « Documents », no 9, 2009, p. 1-66.
Travaux contemporains
  • Nouveau Larousse illustré (1897-1904).
  • Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, Éditions Complexe, Bruxelles, 1995 , 341 p. [ISBN 2-87027-585-4], pages 155-197 : Cinquième récit : "Histoire de Praetextatus, évêque de Rouen (577-586)".

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://books.google.fr/books?id=Uu8-AAAAcAAJ&pg=PA97 Grégoire de Tours ( † 594), Histoire des Francs, Livre VIII
  2. http://books.google.fr/books?id=PeI-zIpH4yUC&pg=PA86 Jean Heuclin, Homme de Dieu et fonctionnaires du roi, p. 86
  3. a et b Richard Allen, « The Acta archiepiscoporum Rotomagensium: study and edition » dans Tabularia « Documents », n° 9, 2009, p. 1-66.
  4. Augustin Thierry, page 186.