Abbaye Saint-Médard de Soissons

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Abbaye Saint-Médard de Soissons
Image illustrative de l'article Abbaye Saint-Médard de Soissons
La crypte
Présentation
Culte Catholicisme
Type Abbaye
Début de la construction VIe siècle
Fin des travaux Rasée en 1793
Protection Logo monument historique Classé MH (1875, Crypte)
Logo monument historique Classé MH (1921, Chapelle)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Aisne
Commune Soissons
Coordonnées 49° 22′ 59.23″ N 3° 20′ 39.51″ E / 49.3831194, 3.344308349° 22′ 59.23″ Nord 3° 20′ 39.51″ Est / 49.3831194, 3.3443083  

Géolocalisation sur la carte : Aisne

(Voir situation sur carte : Aisne)
Abbaye Saint-Médard de Soissons

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Abbaye Saint-Médard de Soissons

L’abbaye Saint-Médard était un monastère bénédictin de Soissons dont la fondation remontait au VIe siècle. Seule sa crypte subsiste aujourd'hui.

Histoire[modifier | modifier le code]

Statue de Médard à Saint-Médard-d'Eyrans.

Cette abbaye fut fondée en 557 par le roi des Francs Clothaire Ier, pour y recevoir les reliques de saint Médart. Les restes de saint Médard furent provisoirement abrités dans un mausolée en bois. Clothaire mourut avant le parachèvement des travaux, et c'est son fils Sigebert Ier qui inaugura l'église et la fit décorer. Les deux bâtisseurs mérovingiens furent inhumés dans cette église (in basilicam), en face du tombeau de Médard (ante tumulum).

Sous les Carolingiens, l’abbaye continua de jouer un rôle déterminant dans les affaires du royaume. C'est ici qu'en 751 le dernier Mérovingien, Childéric III, reçut la tonsure, et c'est encore à Saint-Médard que se réunit le 13 novembre 833 le synode convoqué par Lothaire et présidé par l’archevêque Ebon de Reims, qui déposa pour la seconde fois l'empereur Louis le Pieux. Louis fut contraint de lire des aveux forcés, de rendre les armes, d'endosser le cilice, d'abdiquer et de renoncer au monde.

Parmi les abbés laïcs de Saint-Médard, on trouve les Carolingiens

En 826, l'abbaye reçut des reliques de saint Sébastien, qui y furent déposées par Hilduin de Saint-Denis, archichapelain de Louis le Pieux (voir les Annales regni Francorum, ad a. 826). Le moine Odilon († vers 920) a écrit une Histoire de la translation des reliques de saint Sébastien, martyr, et de saint Grégoire, pape, au monastère de Saint-Médard à la demande d'Ingramme ou Enguerrand, alors prévôt de l'abbaye, et qui fut ensuite évêque de Laon (entre 932 et 936) ; ce texte fut d'abord publié par Jean Bolland, sans nom d'auteur. Odilon fit aussi le récit de la translation des reliques de plusieurs autres saints dans le monastère, et Jean Mabillon a publié les deux textes dans le tome V des Actes de l'ordre de saint Benoît, avec la préface du premier, que n'avait pas donnée Jean Bolland, et aussi une lettre d'Odilon à Hucbald, moine de Saint-Amand, qui lui avait envoyé sa Vie de saint Lebwin, à quoi Odilon répondit par l'envoi de son Histoire de la translation des reliques de saint Sébastien. On possède également trois discours anonymes concernant le monastère (dont un traitant à nouveau des reliques de saint Sébastien et des libéralités des rois envers l'établissement, et un éloge de saint Médard et de saint Gildard, son frère), où certains reconnaissent le style d'Odilon.

L’abbaye Saint-Médard fut détruite par les Normands et les Magyars, puis reconstruite au XIe siècle. L’abbaye fut détruite en 1567 au début des guerres de religions, reconstruite en partie en 1630 avant d'être rasée jusqu'à la crypte en 1793.

L’« Évangéliaire de Saint-Médard », un manuscrit préparé dans les dernières années du règne de Charlemagne à l’École palatine d’Aix-la-Chapelle, provient du scriptorium du monastère. Par l'ampleur des moyens qui ont dû être mis en œuvre pour sa fabrication, par la démesure de sa composition (par exemple la taille des portraits des Évangélistes) et par la qualité des coloris, c’est un des spécimens les plus représentatifs de l’enluminure carolingienne du début du IXe siècle.

Otto von Corvin affirme dans son essai anticlérical intitulé « le Miroir des curés » (Pfaffenspiegel) que cette abbaye a été en son temps une espèce d'atelier de faussaires, que l’Église aurait établi pour dresser des titres de propriété qu'elle n'avait pas : « Le moine Guernon avoua sur son lit de mort qu'il avait parcouru toute la France pour fournir aux églises et monastères des actes falsifiés. Aussi n’est-il guère étonnant qu’on ait pu évaluer les biens du clergé en France à la Révolution à 3 000 milliards de francs[2]! »

La crypte fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1875[1]. La chapelle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 14 février 1921[1].

L'édifice[modifier | modifier le code]

L'historien français Eugène Lefèvre-Pontalis conclut des sources écrites que l'abbaye de Saint-Médard a été édifiée en quatre phases successives, aux VIe, IXe, XIIe et XVIe siècles. La date de la construction de la crypte, seule partie à subsister, est contestée. Lefèvre-Pontalis la fait remonter aux années 826–841, alors que Jacobsen la date de la première moitié du XIe siècle. Il est en tout cas certain que les sources attestent pour la première fois de l’existence de la crypte en 1079. Ce ne fut ni une construction séparée ou ajoutée après-coup, mais une composante à part entière de l'abbaye, qui par sa forme est très similaire à la crypte Saint-Willibrord d’Echternach. Des trois chapelles du XIIe siècle, seule la chapelle méridionale subsiste, et a fait l'objet de réparations dans les années 1970.

L'abbaye Saint-Médard elle-même était une basilique allongée à trois nefs avec des collatéraux voûtés. Elle comportait deux tours carrées à l'extrémité du transept oriental. Côté ouest, l'entrée de la nef était constituée d'un porche monumental, assorti de deux tours carrées de part et d'autre, faisant de la façade ouest l’une des plus imposantes d'alors. La crypte s’étendait jusque sous le maître-autel oriental et est large de 30 m.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Notice no PA00115940 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Otto von Corvin, Pfaffenspiegel (réimpr. 5e) (lire en ligne), p. 285

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Saint-Médard (Soissons) » (voir la liste des auteurs)
  • Eugène Lefèvre-Pontalis, Étude sur la date de la crypte de Saint-Médard de Soissons, in Congrès archeologique, no 54 (1887), p. 303-324.
  • (de) Werner Jacobsen, Die ehemalige Abteikirche Saint-Médard bei Soissons und ihre erhaltene Krypta. In: Zeitschrift für Kunstgeschichte 46 (1983), p. 245-270.