Gabriel Monod

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Gabriel Monod

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Activités Historien
Naissance 7 mars 1844
Ingouville
Décès 10 avril 1912 (à 68 ans)
Versailles
Langue d'écriture Drapeau : FranceFrançaise

Gabriel Monod, né à Ingouville (Seine-Inférieure) le 7 mars 1844 et mort à Versailles (Seine-et-Oise) le 10 avril 1912, est un historien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un négociant aisé, Gabriel Monod est aussi le descendant d'une longue lignée de pasteurs et compte 14 ministres du culte parmi ses cousins germains. Par ses origines, le jeune Havrais bénéficie d'une ouverture précoce sur le monde universitaire et intellectuel et connaît ainsi Ferdinand Buisson et Anatole Leroy-Beaulieu. En 1865, il est reçu premier à l'agrégation d'histoire devant Ernest Lavisse, et devient chargé de cours d'histoire au Lycée de Laval.

Son mariage à Olga Herzen, fille du révolutionnaire russe Alexandre Herzen, accentue encore sa familiarité avec l'intelligentsia européenne : Nietzsche, ami de la mère adoptive d'Olga, Malwida von Meysenbug, lui fait cadeau à cette occasion d'une composition musicale.

En 1876, Monod fonde avec Gustave Fagniez la Revue historique. Cette publication, qui marque la naissance d'une nouvelle école historiographique, est patronnée par des « anciens » tels que Duruy, Taine, Fustel de Coulanges, Renan, ainsi que par quelques jeunes historiens à l'avenir prometteur, dont Lavisse et Rambaud. La Revue historique est d'abord un organe de combat contre la Revue des questions historiques, animée par des aristocrates ultramontains et légitimistes. Elle défend aussi une certaine idée de la profession historienne, tels que le travail sur archives et la référence aux sources, et pose les premières bases de l'histoire méthodique telles qu'elles sont théorisées dans l'Introduction aux études historiques de Langlois et Seignobos, publiée en 1897.

Affichant une certaine neutralité au plan politique, la Revue historique reste cependant proche du milieu protestant et franc-maçon si on en juge par l'origine de la plupart de ses collaborateurs. Fagniez, un des rares catholiques, la quitte en 1881 après la publication d'un article contre l'Église. Elle défend surtout, pour cette raison, la République opportuniste, celle de Ferry ou de Gambetta. Prototype de « l'intellectuel de gauche », Monod est par ailleurs un dreyfusard décidé.

Président de la IV° section de l'École pratique des hautes études, professeur à l'École normale supérieure en 1880 pour suppléer Lavisse, puis à la faculté des lettres de Paris en 1904, il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1897. À sa retraite en 1906, Monod reçoit une chaire du Collège de France, taillée sur mesure, intitulée « histoire générale et méthode historique ».

Durant plus de trente ans, son influence sur la profession historienne reste très profonde. Monod, érudit né, ne possédait pas le charisme de Lavisse, son éternel alter ego (selon les contemporains, ses cours distillaient un ennui mortel), mais son impact sur l'historiographie reste cependant plus grand. Si l'École des Annales a critiqué avec violence sa conception étriquée de l'histoire, une bonne part de ses méthodes de recherche gardent encore aujourd'hui toute leur acuité.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Allemands et Français, Souvenirs de Campagne: Metz - Sedan - La Loire, Sandoz et Fischbacher, 1872.
  • Histoire de l'Europe et en particulier de la France de 395 à 1270 (avec Charles Bémont), 1891.
  • Renan, Taine, Michelet : les maîtres de l'histoire, 1894.
  • Etudes critiques sur les sources de l'histoire mérovingienne
  • Etudes critiques sur les sources de l'histoire carolingienne, 1898.
  • Souvenirs d'adolescence : mes relations avec Mgr Dupanloup, 1903.

Bibliographie[modifier | modifier le code]