Paul Diacre

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Paul Diacre, d'après un manuscrit médiéval.

Paul Diacre (en latin : Paulus Diaconus ou Paulus Cassinensis ou Barnefridus ; en Italien : Paolo Diacono ou Varnefrido ; en français cité aussi sous Paul Warnefred ou Warnefried) est un moine bénédictin, historien et poète du VIIIe siècle, d'origine lombarde et d'expression latine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Diacre est né entre 720 et 730 à Cividale del Friuli, chef-lieu du duché lombard du Frioul. Sa famille appartient à la vieille noblesse lombarde issue d’un certain Leupichis, qui arriva en Italie du Nord avec le roi Alboïn en 568. Ce Leupichis avait eu pour fils Lopichis, père d'Arichis, grand-père paternel de Paul Diacre.

Son père s'appelle Warnefried, nom que Paul attache souvent au sien, et sa mère Theudelinde. Lui-même se donne le nom de « diacre » sans que l’on sache rien de son ordination[1].

Probablement formé à la Cour de Pavie (Ticinum), capitale lombarde, sous le règne du roi Ratchis (744-749), il reste dans la cour royale sous ses successeurs les rois Aistulf et Desiderius (« Didier »). Il est l’élève du grammairien Flavien. Précepteur des enfants de Didier, et surtout de sa fille Adalberge, il accompagne celle-ci après son mariage en 762 avec le duc lombard Arichis de Bénévent.

Après la conquête du royaume lombard par Charlemagne en 774, Paul Diacre entre comme moine à l’abbaye bénédictine du Mont-Cassin ; en 776 une révolte éclate contre la souveraineté franque dans le Frioul ; le frère de Paul, Arichis, impliqué, est expédié prisonnier en Franconie, et ses biens confisqués. Paul se rend à la cour franque et obtient de Charlemagne la libération de son frère. Charlemagne accueille avec satisfaction ce grand lettré. À partir de 782, il participe à la « Renaissance carolingienne » en séjournant cinq années à sa cour, aux côtés notamment de Paulin d’Aquilée, de Pierre de Pise et d’Alcuin. Il compose des poèmes de circonstance, des œuvres grammaticales et historiques.

Vers 783, à la demande de l’évêque de Metz Angilram, archichapelain de Charlemagne, il rédige les Gesta episcoporum Mettensium pour narrer l’histoire des évêques de Metz et de la dynastie carolingienne, en insistant sur le rôle de saint Arnoul dont le fils avait épousé une fille de Pépin et qui était ainsi le cofondateur de la lignée carolingienne.

Vers 786, il se retire au Mont-Cassin, où il consacre ses dernières années à l’écriture : il y compose notamment son Histoire des Lombards (Historia Langobardorum), une histoire du peuple lombard allant des origines à l’an 744 (mort du roi Liutprand) et rédigée de 787 à 789 ; il compile à la demande de Charlemagne un Homéliaire, recueil de 244 homélies patristiques destinées aux lectures liturgiques de l’office et peut-être aussi pour aider à la prédication. La collection originale a été amplifiée par la suite. Charlemagne en prescrit l’usage dans un capitulaire rendu entre 786 et 800 et cet homéliaire supplanta les plus anciens ; il fut utilisé comme lectionnaire patristique par l’Église latine jusqu’au concile de Vatican II.

On lui attribue la composition de l'hymne chrétienne Ave Maris Stella et de l’hymne de saint Jean-Baptiste : Ut queant laxis resonare fibris. C'est à partir du premier mot du titre de cette œuvre que Guido d'Arezzo nomme la note Ut.

Il meurt à l’abbaye un 13 avril, sans doute entre 797 et 799, en tout cas avant le couronnement impérial de Charlemagne de Noël 800.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • travaux philologiques : De verborum significatione, un abrégé de la grammaire de Festus ; Commentarius in Donatum.
  • poésie : De laude Larii laci, hymne à la louange du lac de Côme ; A principio saeculorum, poème sur les six âges du monde composé en 763 et dédié à Adelperga ; Carmina, épitaphes pour des grands personnages de la cour lombarde et carolingienne. Trois fables lui sont attribuées : Leo aeger, vulpis et ursus (Le lion malade, la renarde et l’ourse), Vitellus et ciconia (Le veau et la cigogne), Pulix et podagra (La puce et la goutte).
  • œuvre historique : Historia romana, rédigée à la demande d'Adelperga, remaniement et continuation du Brevarium d'Eutrope jusqu'au milieu du règne de Justinien en 553 ; Gesta episcoporum Mettensium ; Historia Langobardorum.
  • littérature religieuse : Vita beati Gregorii papae, composée lors de son second séjour au Mont-Cassin ; Homéliaire.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Gasparri, « Paul Diacre », in Robert Bossuat, Louis Pichard et Guy Raynaud de Lage (dir.), Dictionnaire des lettres françaises, t. 1 : Moyen Âge, éd. entièrement revue et mise à jour sous la dir. de Geneviève Hasenohr et Michel Zink, Paris, Fayard, 1992, p. 1105-1107
  • Paolo Diacono e il Friuli altomedievale (secc. VI-X) : atti del XIV Congresso internazionale di studi sull'Alto medioevo, Cividale del Friuli - Bottenicco di Moimacco, 24-29 settembre 1999, Spoleto, Centro italiano di studi sull’Alto medioevo, 2001, 2 vol. (886 p.)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Les œuvres de Paul Diacre en latin sont accessibles sur :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le diaconat constitue le premier degré des ordres majeurs, et la prêtrise, le second. Son nom indique qu'il n'aurait reçu que le premier degré des ordres majeurs.