Mobilier liturgique

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Armoire d'Aubazine à serrures et pentures de fer forgé, la plus ancienne « armoire liturgique » (Conditiora) de France (probablement début XIIIe siècle).
Armoire datée du XIVe siècle, aujourd'hui utilisée dans la sacristie de l'église Sainte-Marie de Corneilla-de-Conflent.

Le mobilier liturgique est l'ensemble du mobilier utile ou nécessaire à la célébration de la liturgie, et plus généralement à la célébration des sacrements et cérémonies religieuses.

Il comprend en particulier les autels ou les confessionnaux, mais également des armoires abritant des objets liés à la liturgie ou des objets quotidiens s'ils sont destinées à la prière, que ce soit par la possibilité de s'agenouiller, comme une chaise prie-Dieu ou de paraître debout en étant assis, comme un tabouret de chantre, celui-ci disparaissant alors aux regards dans les plis de l'aube.

Liturgie catholique[modifier | modifier le code]

Sièges[modifier | modifier le code]

Les sièges utilisés au cours des diverses célébrations liturgiques ont chacun une forme et une destination bien déterminées. Au Moyen Âge, les fidèles assistent debout[1] aux offices de la paroisse. À partir du XVIe siècle sont mis à la disposition, selon un ordre fixé par le coutumier[2], des bancs ou chaises en bois loués[3] au fermier adjudicataire de la « ferme des chaises » ou au marguillier, les prix fixes (majorés lors de messes solennelles) étant perçus par le chaisier ou la chaisière[4].

L’Institutio Generalis Missalis Romani de 1969 insiste sur l'apparence du siège, qui « doit exprimer la fonction de celui qui préside l'assemblée », être bien visible, tourné vers les fidèles et « éviter toute apparence de trône »[réf. souhaitée].

Banquette[modifier | modifier le code]

La banquette est un siège allongé sans dossier et sans accoudoir, sur lequel s'assoit le célébrant.

Cathèdre[modifier | modifier le code]

Dans une cathédrale, siège de l'évêque. Il se compose d'un fauteuil fixe à haut dossier généralement placé sur trois degrés et primitivement sous baldaquin. L'usage du baldaquin a été supprimé par l'Instruction Pontificalis ritus du 21 juin 1968.

Chaire[modifier | modifier le code]

À l'origine, le siège d'un évêque dans son église. La chaire désigne maintenant la tribune du prédicateur placée en hauteur dans la nef. Destinée à faciliter l'audition, elle n'est généralement plus utilisée et remplacée par l'ambon.

Crédence[modifier | modifier le code]

Dans la liturgie, la crédence est la table où sont disposés calices, patènes et ciboires, avec les hosties, le vin et l’eau nécessaires au repas sacrificiel de l’Eucharis­tie ; des livres, des cierges, et d’autres éléments prévus pour les rites, s’y ajoutent ordinairement. Tout cela est porté à l’autel en temps voulu.

Faldistoire[modifier | modifier le code]

Siège mobile dont l'évêque use en absence de trône. Ce siège sans dossier est pliant. Il est garni de housse et de coussins de la couleur du jour, lorsque le pontife est paré.


Miséricorde[modifier | modifier le code]

Petit strapontin fixé sous les sièges des stalles de chœur permettant au clergé de se reposer tout en restant debout pendant les longs offices d'antan.

Prie-Dieu[modifier | modifier le code]

Agenouilloir.

Un prie-Dieu est une chaise qui dispose d'une assise sur deux étages, la première pouvant être relevable pour s'agenouiller. L'assise inférieure sert à poser les genoux, et le dossier sert à appuyer les coudes. Les deux assises sont le plus souvent paillées.

Éventuellement, il n'y a pas l'assise supérieure. Si l'assise est rembourrée, on parlera plutôt d'agenouilloirs, encore que ce terme soit originellement réservé aux prie-Dieu des prélats. Il est habillé d'une étoffe verte pour un évêque, rouge pour un cardinal et violette pour les deux, les jours de pénitence.

Stalles[modifier | modifier le code]

Les stalles sont les sièges en bois qui se trouvent des deux côtés du chœur d'une église et qui sont réservés aux membres du clergé.

Tabourets de chantre[modifier | modifier le code]

Un tabouret de chantre est destiné à un chantre. Un tabouret haut, parfois couvert de velours est fixé sur une plate-forme[5]. L'ensemble est conçu de telle sorte que le chantre paraisse debout même quand il est assis, et en tout cas d'être surélevé pour être vu afin de diriger le chœur.

Tabourets de célébrant[modifier | modifier le code]

Les tabourets de célébrant désignent le tabouret du prêtre, mais aussi un tabouret destiné à accueillir le compère ou cocélébrant. Le plus souvent, un seul meuble est composé d'un bloc de trois sièges et le tout est sculpté[6].

Tables et pupitres[modifier | modifier le code]

Autel[modifier | modifier le code]

Table située dans le chœur de l'église sur laquelle est célébrée l'Eucharistie, commémorant le repas du Jeudi Saint. L'usage de l'autel de pierre remonte au VIe siècle. L'autel est consacré par l'évêque au cours de la dédicace.

Ambon[modifier | modifier le code]

Emplacement où est situé le pupitre dans le chœur d'une église à partir duquel est proclamée la Parole de Dieu (Évangile, lecture de l'Ancien et du Nouveau Testament).

Lutrin[modifier | modifier le code]

Pupitre situé dans le chœur sur lequel est posé l'évangéliaire de manière à être visible de l'assemblée.

Crédence[modifier | modifier le code]

Ornements du chœur[modifier | modifier le code]

Cierge pascal[modifier | modifier le code]

Grand cierge allumé au cours de la Vigile pascale, placé à côté de l'autel et qui rappelle, tout au long de l'année, la lumière de Pâques.

Crucifix[modifier | modifier le code]

Représentation du Christ en croix, situé généralement derrière l'autel.

Fonts baptismaux[modifier | modifier le code]

Vasque contenant l'eau avec laquelle est célébré le baptême. Les fonts baptismaux, anciennement situés au fond de l'église (ou à l'extérieur dans des baptistères), sont maintenant souvent situés à proximité du chœur.

Lampe du Saint-Sacrement[modifier | modifier le code]

C'était à l'origine une lampe à huile, allumée en permanence pour marquer la présence du Saint Sacrement dans le tabernacle. À l'époque moderne, la lampe est électrifiée et comporte un verre rouge.

Nappes d'autel[modifier | modifier le code]

Nappes, normalement au nombre de trois, recouvrant l'autel. L'usage de la nappe posée sur l'autel remonte à l'antiquité chrétienne. Elles sont en toile de lin ou de chanvre, de couleur blanche, à l'exclusion de toute autre couleur. L'étoffe peut être damassée et les bords garnis de dentelles, de même couleur. L'Ordo missae de 1969 n'exige qu'une nappe.

Maître-autel[modifier | modifier le code]

Autel principal situé dans le chœur d'une église par opposition aux autels secondaires situés dans les chapelles latérales.

Pierre d'autel[modifier | modifier le code]

Pierre placée sous la table de l'autel et dans laquelle sont scellées des reliques.

Retable[modifier | modifier le code]

Grand tableau de bois à motifs sculptés ou peints, ou de pierre situé sur l'autel, reposant sur l'arrière de celui-ci. Il peut être également un tableau sur toile placé au même endroit.

Tabernacle[modifier | modifier le code]

Coffret où est conservé le Saint Sacrement à côté duquel brille une lumière rouge. Le tabernacle a fait son apparition au XVIe siècle, succédant aux suspensions eucharistiques. Il est placé au milieu de l'autel où il est scellé. Sa présence est obligatoire dans les cathédrales et les églises paroissiales. Il doit être entièrement fermé de tous cotés, avec une porte munie d'une clef. Depuis la promulgation de l'Ordo missae de 1969, le tabernacle peut être de nouveau détaché de l'autel pour être encastré dans le mur du chœur.

Ornements de la nef[modifier | modifier le code]

Chemin de croix[modifier | modifier le code]

Ensemble de 14 stations, matérialisées par des tableaux, vitraux ou tout autre symbole rappelant les dernières heures du Christ, de sa condamnation à mort à sa mise au tombeau.

Confessionnal[modifier | modifier le code]

Un confessionnal désigne un isoloir clos, disposé sous forme décorative dans les églises catholiques afin que le confesseur, un prêtre, y entende derrière un grillage le pénitent à confesse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cependant, les femmes riches ont des pliants apportés par leurs valets et des bancs en pierre existent parfois le long des murs ou autour des piliers.
  2. Recueil des règles de coutume qui régissent la paroisse.
  3. Certaines places sont gratuites, tels les bancs situés le long des murs.
  4. Jean-Pierre Moisset, Les biens de ce monde : les finances de l'Église catholique au XIXe siècle dans le diocèse de Paris (1802-1905), Presses Universitaires de Bordeaux,‎ 2004, p. 248
  5. Patrimoine région Bretagne, « Tabouret de chantre » (consulté le 15 décembre 2013)
  6. Patrimoine de France, « Définition »

Article connexe[modifier | modifier le code]