Hourd

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Système des hourds sur un croquis d'Eugène Viollet-le-Duc à la cité de Carcassonne
Jean de Sercy rapporte des croisades. L'innovation des hourds ajourés, copiés sur ceux du krak des chevaliers, (tour du hourd du château de Sercy)

Un hourd (du francique *hurd « claie »[1]) est au Moyen Âge un échafaudage solide, fait de planches, en encorbellement au sommet d'une tour ou d'une muraille. Il désigne une maçonnerie grossière à partir du XVIe siècle, nommée communément « hourdage » et dont dérive le terme « hourdis ».

Origine[modifier | modifier le code]

Il y a tout lieu de croire que, dès la Rome antique, les hourds étaient en usage, car il est question, dans les « Commentaires sur la Guerre des Gaules » de Jules César, d'ouvrages en bois qui sont de véritables hourds. Dans l'ouvrage en bois qui couronnait les fossés du camp de Jules César devant les Bellovaques, les galeries réunissant les tours sont des hourds continus protégeant un parapet inférieur. La nécessité pour les défenseurs de commander le pied des remparts, d'enfiler les fossés et de se mettre à l'abri des projectiles lancés par les assiégeants, dut faire adopter les hourds dès l'époque gallo-romaine.

Évolution[modifier | modifier le code]

Dans l'architecture militaire du Moyen Âge, c'est un ouvrage en bois, dressé en encorbellement au sommet des courtines ou des tours, destiné à recevoir des défenseurs, surplombant par une avancée le pied de la maçonnerie et donnant un flanquement vertical plus étendu, une saillie très favorable à la défense. Pour éviter que les flèches enflammées ne brûlent les hourds les défenseurs les recouvraient de peaux de bêtes humides. Ce qui offrait une protection accrue au feu sans pour autant rendre les hourds indestructibles.

Les crénelages supérieurs ne pouvaient, en cas de siège, présenter une défense efficace, puisqu'en tirant, les archers ou arbalétriers étaient obligés de se découvrir. Si l'assiégeant se logeait au pied même des murs, il devenait impossible aux assiégés non seulement de lui décocher des traits, mais même de le voir, sans passer la moitié du corps en dehors des créneaux. À la fin du XIe siècle déjà et au commencement du XIIe, nous remarquons, au sommet des tours et remparts, des trous de hourds percés au niveau des chemins de ronde. Souvent alors ces trous sont doubles, de manière à permettre de poser, sous la solive en bascule, un lien destiné à soulager sa portée.

Jusqu'au XIIIe siècle, les hourds ont un équivalent en pierre, les mâchicoulis, les hourds étant progressivement réduits à servir de toiture aux mâchicoulis. À la fin de ce siècle, les hourds qui sont des constructions provisoires, vulnérables au feu et aux machines de siège, sont remplacés par le chemin de ronde de pierre bâti en encorbellement couronne systématiquement le sommet des murailles et des tours. Les créneaux sont plus étroits, des meurtrières sont pratiquées dans les merlons. La protection est ainsi permanente, invulnérable au feu, résiste mieux aux projectiles envoyés par les catapultes diverses, protège mieux les défenseurs, et ne risque pas de se décrocher du mur. Cependant les hourds gardent la prééminence sur les mâchicoulis jusqu'à la première moitié du XIVe siècle.

Au XVIe siècle, le terme de hourd évolue sous l'influence du dérivé verbal hourder : Il prend, comme son synonyme hourdis, le sens de maçonnerie grossière puis plus spécialement de préparation d'un plancher en garnissant l'aire de lattes de bois et d'une maçonnerie de plâtre.

Éléments constitutifs d'un double hourd[modifier | modifier le code]

Éléments d'un double hourd avec (X) et sans (Y) ses madriers de garde

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À l'origine, ce terme technique désigne une estrade pour les spectateurs d'un tournoi (usage du terme vers fin XIIIe siècle), puis un échafaudage (usage attesté en 1397)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]