Henri Benoît Stuart

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Henri Benoît Stuart
Image illustrative de l'article Henri Benoît Stuart
Le cardinal-duc d’York.
Biographie
Naissance 6 mars 1725
à Rome, États pontificaux
Ordination sacerdotale 1er septembre 1748
Décès 13 juillet 1807 (à 82 ans)
à Frascati États pontificaux
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
3 juillet 1747 par le
pape Benoît XIV
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de S. Lorenzo in Damaso
Cardinal-évêque d'Ostie
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 19 novembre 1758 par le
pape Clément XIII
Doyen du Collège des cardinaux
18031807
Précédent Giovanni Francesco Albani Leonardo Antonelli Suivant

Blason
« Dieu et mon droit »
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Henry Stuart.

Henri Benoît Stuart (Henry Benedict Maria Clement Thomas Francis Xavier Stuart), né le 6 mars 1725 à Rome, et mort le 13 juillet 1807, prétendant jacobite aux trônes d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, et cardinal-duc d'York, était le deuxième fils de Jacques François Stuart et de Clémentine Sobieska, petite-fille du roi de Pologne Jean III Sobieski. Les jacobites, ses partisans, l'ont proclamé à partir de 1788 « Henri IX, roi d'Angleterre, d'Écosse, de France et d'Irlande », mais il était plus couramment nommé le « cardinal-duc d’York ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né à Rome, Henri Stuart part pour la France en 1745 afin d’aider son frère, le prince Charles Édouard Stuart, à mener la campagne militaire des jacobites pour reprendre les trônes d'Angleterre et d'Écosse. Après leur défaite, il retourne en Italie.

Le 3 juillet 1747, le pape Benoît XIV le crée cardinal, et il est ordonné prêtre 19 novembre 1758 par le pape Clément XIII. En 1761, il est nommé cardinal-évêque au titre suburbicaire de Frascati (rattaché à la basilique Saint Pierre), près de Rome, où il vit et travaille consciencieusement pendant de nombreuses années : il se rend chaque après-midi en carrosse à Rome, où sa fonction de vice-chancelier s’exerce au Palais de la Chancellerie.

Prétendant au trône[modifier | modifier le code]

En 1784, lorsque son frère, Charles Édouard, tombe gravement malade, Henri Stuart affirme vouloir conserver son titre de « cardinal-duc d'York », même s’il devenait roi. À la mort de son frère, le 31 janvier 1788, le cardinal Stuart se considère lui-même comme le roi Henri IX d'Angleterre et Henri Ier d'Écosse.

Malgré ces prétentions publiques au trône, Henri Stuart est un homme paisible, soucieux de ses devoirs, hôte généreux et apprécié de ses nombreux visiteurs à Rome, anglais ou écossais, catholiques ou protestants.

Il est le dernier descendant en ligne directe masculine du roi d'Angleterre Jacques II Stuart, et le dernier prince à prétendre publiquement aux trônes de Grande-Bretagne.

Dernières années[modifier | modifier le code]

Pendant la Révolution française, Henri Stuart perd ses bénéfices en France, notamment l'abbaye d'Anchin, dont il était le 6e commendataire, déclarée bien national par le décret du 28 octobre 1790. Il sacrifie de nombreuses richesses pour venir en aide au pape. Il est même réduit à la pauvreté par la confiscation de ses propriétés de Frascati par les Français. Il s’embarque alors pour Padoue, puis pour Venise, pour le conclave de 1800, qui élit le pape Pie VII.

L’ambassadeur britannique à Venise négocie alors le versement au cardinal Stuart d’une rente annuelle de 4000 livres, de la part de son souverain, le roi Georges III. La maison de Hanovre présente ce geste comme un acte de charité, mais Henri Stuart, comme ses partisans, n’y voient qu’une première restitution de l’héritage dont il a été floué par ses cousins Hanovre. En fait, pendant de nombreuses années, le gouvernement britannique avait promis de lui rendre la dot de sa grand-mère, Marie-Béatrice de Modène, mais ne s’était jamais effectué.

Henri retourne ensuite à Frascati, et, en septembre 1803, devient doyen du Collège des cardinaux et ainsi cardinal-évêque d'Ostie et Velletri, tout en continuant à résider à Frascati. Il y meurt le 13 juillet 1807. La durée de son cardinalat, plus de soixante ans, est l’une des plus longues de l’histoire de l’Église catholique romaine.

Succession[modifier | modifier le code]

D'après son testament, qu’il signe « Henry R », ses prétentions à la couronne britannique passent à son plus proche parent, le roi Charles-Emmanuel IV de Sardaigne, un catholique, veuf de Clotilde de France, sœur du défunt Louis XVI.

Henri Stuart, ainsi que ses frère et père, sont enterrés dans la crypte de la basilique Saint-Pierre de Rome. Le monument des Stuart, œuvre du sculpteur Antonio Canova, orne l'un des piliers de la basilique. Ce monument a été restauré aux frais de la mère d'Élisabeth II, la reine-mère Elizabeth Bowes-Lyon. En 1938, lorsqu’on a déplacé les corps, un nouveau sarcophage a été utilisé. On affirme en général qu’il a été offert par le roi George VI.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]