François Duquesnoy

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Portrait présumé de François Duquesnoy, par Antoine Van Dyck

François Duquesnoy ou Du Quesnoy, connu en France sous le nom de François Flamand, né le 12 janvier 1597 à Bruxelles (Belgique) et mort le 18 juillet 1643 à Livourne (Italie), est un sculpteur bruxellois dont la renommée a largement dépassé les frontières de la Flandre. Son nom est régulièrement cité aux côtés de ceux du Bernin et de l'Algarde. Selon les pays, il est aussi surnommé : François le Flamand, Frans Van Kenoy, Francesco Fiammingo, Fattore di Putti, Il Fiammingo[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils aîné du sculpteur Jérôme Duquesnoy l’Ancien (auteur du Manneken-pis), dont il fut l’élève, et frère du sculpteur Jérôme Duquesnoy le Jeune. Il eut pour maître son propre père. Il se fit tout d’abord remarquer par ses travaux en ivoire. L'archiduc Albert d'Autriche devint son protecteur et lui accorda une pension pour aller se perfectionner en Italie. En 1618, il entreprit le voyage en Italie et se rendit à Rome pour y séjourner presque jusqu’à sa mort.

À peine avait-il atteint l'âge de 25 ans, qu'il perdit son bienfaiteur, et se vit obligé de travailler pour vivre. Il se fixa à Rome et s'y lia avec peintre Nicolas Poussin, avec lequel il partagea un logement, comme lui malheureux et comme lui passionné pour les arts.

Rapidement, son nom et son œuvre s’imposèrent et il devint l’une des figures marquantes du courant classicisant de ce début de XVIIe siècle. Dès février 1625, le Bernin l’employa à la décoration sculptée du baldaquin de la Basilique Saint-Pierre. Entre 1629 et 1633, il sculpta dans le marbre de Carrare une statue de Sainte Suzanne, haute de 2 mètres, destinée à Notre-Dame-de-Lorette à Rome, dans le cadre d'un programme complet de rénovation commandé par la confrérie des boulangers. Il réussit là un véritable chef-d’œuvre, parfaite synthèse entre la citation antique et l’observation de la nature.

L’autre œuvre monumentale de François Duquesnoy est une statue de Saint André, datée de 1633-1640. Haute de 4.68 mètres, elle était destinée à un des quatre piliers de la croisée du transept de Saint-Pierre. Elle est composée de six blocs de marbre savamment imbriqués. Elle suscita aussitôt de vifs éloges.

Adonis, torse antique restauré par Duquesnoy pour le cardinal Mazarin, musée du Louvre

Il exécuta également le cénotaphe d’Adrian Vryburch (1629) et celui de Ferdinand Van den Eynden (entre 1635 et 1640-1643) dans Santa Maria dell’Anima à Rome.

Mais la réputation de François Duquesnoy est essentiellement assise sur sa production d’œuvres de plus petite taille, reliefs et statuettes, en bronze, ivoire, cire ou terre cuite qu’il exécuta tout le long de sa vie. Recherchées par les collectionneurs, elles ont pour thèmes des scènes religieuses ou mythologiques où règnent bien souvent des putti, enfants espiègles représentés dans leurs jeux bucoliques, avec une délicieuse grâce enfantine où on a souvent vu une influence du Titien.

Duquesnoy avait fait une étude particulière du Titien et de l'Albane : aussi excellait-il à représenter les enfants; on regarde comme ses chefs-d'œuvre :

  • les Groupes d'enfants qui accompagnent les colonnes du maître autel de [Saint-Pierre de Rome] ;
  • la Sainte Susanne de Lorette ;
  • le Saint André de Saint-Pierre.

Appelé en France par Louis XIII pour assumer la position de directeur de la nouvelle Académie Royale de Peinture et de Sculpture, il mourut en chemin, à Livourne. L'historien Giovanni Pietro Bellori ensuite fabriqua la calomnie que François avait été empoisonné par son frère Jérôme parce qu'il était jaloux de son talent[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1] Source : BnF Bénézit, 1999
  2. Denis Coekelberghs, 'A propos de Jérôme Du Quesnoy le jeune', in: La Tribune de l'Art, 1 September 2006

Source =[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « François Duquesnoy » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M.JAFFE, Van Dyck's Sketches for his portraits of Duquesnoy and of Van Uffel in Bulletin des MRBAB, 1967, p. 155-162.
  • L.HADERMANN-MISGUICH, Les du Quesnoy, Gembloux, Duculot, 1970.
  • Dessins flamands du dix-septième siècle, Bruxelles, Bibliothèque Albert Ier, 30 septembre - 8 novembre 1972.
  • M.FAGGIO DE LL'ARCO, Baroque et Rococo, Paris, Hachette, 1978.
  • J.MALDAGUE, Les statues et fontaines anciennes de la ville de Bruxelles in Le Folklore brabançon 230, juin 1981, p. 99-191.
  • J.MONTAGU, Roman Baroque sculpture, Londres, Yale University Press, New Haven, 1989.
  • H.DE LA SELLE, Les Duquesnoy dans le Dictionnaire de la sculpture, Paris, Larousse, 1992, p. 180-182.
  • Caravggio e I Giustiniani, Rome, Palazzo Giustiniani, 26 janvier-15 mai 2001.
  • G.PATIGNY, La Chapelle Sainte-Ursule à l’église du Sablon de Bruxelles : l’union de l’art et de la destinée humaine in Annales d’histoire de l’art et d’archéologie XXV, Bruxelles, université libre de Bruxelles, 2003, pp.33-49.
  • M.BOUDON-MACHUEL, François du Quesnoy (1597-1643), Paris, Arthena, 2005.

Articles connexes[modifier | modifier le code]