Angélus

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L'angélus, ou prière de l'ange, est une prière de l'Église catholique d'Occident qui commémore les moments de l'Incarnation de Jésus, dont le nom signifie en hébreu "Dieu sauve" : annonce angélique à une jeune fille juive de Palestine, nommée Marie, qui accepte que le Verbe, la parole qui est Dieu-même selon l'évangéliste Jean, prenne chair en elle à l'instant par le seul effet du Saint Esprit, pour donner naissance à Jésus. La prière tire son nom de son premier mot latin, « Angelus Domini nuntiavit Mariæ ». Les trois premiers versets sont constitués d'un versicule et de son répons suivis chacun d'un Ave Maria (Je vous salue Marie), qui rappellent les mystères chrétiens de l'Annonciation, de la conception virginale de Jésus, de la conformation personnelle de Marie à la volonté divine, de sorte que le Verbe a pu venir habiter parmi les hommes. La prière se termine par une oraison qui récapitule le chemin de salut offert par le Christ ressuscité, dont la révélation est donc inaugurée par cette séquence de l'Annonciation[1].

Cette prière est récitée dans l'Église latine trois fois par jour, à six heures, à midi et à dix-huit heures, mais cet horaire peut varier selon le travail et les régions. Ainsi, en France, les cloches sonnent généralement à sept heures, midi et dix-neuf heures. À ces heures, une « cloche de l'angélus » est sonnée — l'angélus se sonne par trois séries de trois tintements suivis d'une « pleine volée ». Les tintements correspondent au début du versicule, du répons et de l’Ave.

L'Angélus de Jean-François Millet
On aperçoit au loin le clocher de l’église qui sonne l’angélus.

En Irlande, la chaîne de télévision publique RTE 1 continue de diffuser la cloche de l'angélus tous les jours à 18 heures, juste avant le journal télévisé du soir.

Le Pape avait ordonné pendant la première croisade de prier la Vierge à midi pour ceux qui étaient partis[2]. Après la première croisade, une seule ville continua de pratiquer l'angélus : il s'agissait de Saintes, capitale du comté de Saintonge, en Guyenne. Le roi Louis XI généralisa cette pratique et ordonna de faire sonner l'angélus le matin, à midi et le soir ; depuis, cette pratique s'est répandue en France et dans les autres pays.

L'institution de l'angélus est attribuée par certains au pape Urbain II, par d'autres au pape Jean XXII. On attribue l'origine de la triple récitation à Louis XI (1472), et l'idée de sa création à saint François (à qui l'on doit également la crèche vivante), lors de son voyage en Orient, inspiré par les appels à la prière musulmans.

Texte latin[modifier | modifier le code]

Les versicules (V) sont prononcés par l'officiant. Les répons (R) constituent la réponse des fidèles.

La prière de l'angélus est utilisé dans tous les temps liturgiques sauf au temps pascal.

V/. Angelus Domini nuntiavit Mariæ,
R/. Et concepit de Spiritu Sancto.

Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum. Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui, Jesus.
Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostræ.

V/. « Ecce Ancilla Domini. »
R/. « Fiat mihi secundum Verbum tuum. »

Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum. Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui, Jesus.
Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostræ.

V/. Et Verbum caro factum est.[3].
R/. Et habitavit in nobis.

Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum. Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui, Jesus.
Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostræ.

V/. Ora pro nobis, Sancta Dei Genetrix.
R/. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

Oremus: Gratiam tuam quæsumus, Domine, mentibus nostris infunde; ut qui, angelo nuntiante, Christi Filii tui Incarnationem cognovimus, per passionem eius et crucem, ad resurrectionis gloriam perducamur.
Per eumdem Christum Dominum nostrum.

Amen.

Pour le temps pascal[modifier | modifier le code]

Durant le temps pascal la prière de l'angélus est remplacée par celle du Regina Caeli. Regina Caeli, laetare, alleluia ! Quia quem meruisti portare, alleluia ! Resurexit, sicut dixit, alleluia ! Ora pro nobis Deum, alléluia !
(Traduction littérale : Reine du ciel, réjouis-toi, alléluia ! Parce que celui que tu as mérité de porter (en ton sein), alléluia ! Est ressuscité, comme il l'a dit, alléluia ! Prie Dieu pour nous, alléluia !)

Traduction française[modifier | modifier le code]

Version en tutoiement[modifier | modifier le code]

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie,
R. Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je te salue Marie, comblée de grâce. Le Seigneur est avec toi.
Tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de tes entrailles est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

V. Voici la Servante du Seigneur,
R. Qu’il me soit fait selon ta parole.

Je te salue Marie, comblée de grâce. Le Seigneur est avec toi.
Tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de tes entrailles est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

V. Et le Verbe s’est fait chair
R. Et il a habité parmi nous.

Je te salue Marie, comblée de grâce. Le Seigneur est avec toi.
Tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de tes entrailles est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

V. Prie pour nous, sainte Mère de Dieu,
R. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions. Daigne, Seigneur, répandre ta grâce dans nos âmes, afin qu'ayant connu par la voix de l'Ange l'Incarnation de ton Fils Jésus Christ nous puissions parvenir par sa Passion et par sa Croix à la gloire de sa Résurrection.

Version en vouvoiement[modifier | modifier le code]

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie,
R. Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

V. Voici la Servante du Seigneur,
R. Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

V. Et le Verbe s’est fait chair
R. Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu,
R. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions. Daignez, Seigneur, répandre votre grâce dans nos âmes, afin qu'ayant connu par la voix de l'Ange l'Incarnation de Votre Fils Jésus Christ, nous puissions parvenir par sa Passion et par sa Croix, à la gloire de sa Résurrection, par le même Jésus Christ Votre Fils, notre Seigneur. Amen

[réf. nécessaire]

Version pour le temps pascal[modifier | modifier le code]

Ô Vierge Marie, quelle joie ! Alléluia ! Celui que tu as un jour enfanté, alléluia ! Ressuscité, s'en est allé, alléluia ! Pour nous, prie le Seigneur Dieu, alléluia !

V/ Sois dans la joie et l'allégresse, Vierge Marie, alléluia !
R/ Parce qu'Il est ressuscité comme Il l'avait dit, alléluia !

Prions : Tu as voulu, Dieu notre Père, réjouir le monde par la résurrection de ton Fils notre Seigneur Jésus Christ ; à notre demande, accorde-nous, grâce à sa mère, la Vierge Marie, de recevoir la joie de la vie qui ne finit pas. Lui qui règne avec Toi et le Saint-Esprit maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. nommé Gabriel, selon l'évangile de Luc, 1 26.
  2. « Un mot sur l'origine de l'Angélus », Revue du Clergé français, année 1911, p. 209.
  3. On a coutume d'incliner légèrement la tête à ce versicule en signe de révérence pour le mystère de l'Incarnation.

Liens externes[modifier | modifier le code]