Obélisque du Vatican

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Obélisque du Vatican
Obélisques
Image illustrative de l'article Obélisque du Vatican
Commanditaire Amenemhat II
Matériau granite rouge de Syène (Assouan)
Inscriptions dédicaces à Auguste et à Tibère
Hauteur actuelle 25 m
Emplacement d'origine Héliopolis
Emplacement actuel cirque du Vatican
puis place Saint-Pierre
Ordonnateur Caligula puis Sixte Quint
Date d'installation 37 puis 1586
Coordonnées 41° 54′ 08″ N 12° 27′ 23″ E / 41.9022, 12.456341° 54′ 08″ Nord
       12° 27′ 23″ Est
/ 41.9022, 12.4563
  
  Géolocalisation sur la carte : Rome
Rome map.svg
Obélisque du Vatican

L'obélisque du Vatican est un obélisque égyptien, transporté à Rome par Caligula pour orner la spina de son nouveau cirque du Vatican. Il se trouve aujourd’hui au centre de la place Saint-Pierre.

Sommaire

[modifier] Origine de l’obélisque

L’absence d’inscriptions hiéroglyphiques fait que l’on en est réduit à des conjectures. L’obélisque pourrait être originaire d’Héliopolis (pylône du temple de ), et attribuable au roi Amenemhat II (-XIXe siècle).

[modifier] Transport à Rome

Situation de l'obélisque sur la spina du Circus Vaticanus, par rapport à la basilique constantinienne

Il aurait été transporté à Alexandrie, sur l'ordre d’Auguste, jusqu’à un forum Augustum nouvellement construit. C'était devenu une coutume de rapporter de tels monuments à Rome en guise de trophées, pour les dresser devant des temples, des mausolées ou pour orner la spina des cirques. Mais, semble-t-il, on ne trouva pas le moyen, à l’époque, de faire prendre la mer à cet énorme monolithe, nettement plus volumineux que ceux jusqu’alors transportés à Rome.

Ensuite, les faits deviennent sûrs : c’est Caligula qui, en 37, fit transporter l'obélisque pour le dresser sur la spina du cirque du Vatican, alors en construction. Pline l’Ancien rapporte qu’il fallut construire un navire de mer d’une taille encore jamais vue (104 m de long[1]), puis que celui-ci servit un peu plus tard pour une opération de travaux portuaires inédite : le navire, lesté de lourds enrochements, fut immergé pour constituer les fondations sous-marines du grand môle du port de Claude, à Ostie. Des fouilles archéologiques ont mis au jour des vestiges de ce môle et du navire, sur un terrain situé dans l'enceinte de l’aéroport de Fiumicino.

[modifier] Debout au côté de la basilique

L'obélisque avant son déplacement, tel que l'imaginait Pieter Jansz Saenredam (1629).

L’emplacement du cirque de Caligula avant sa démolition est bien connu : sa spina, dont l’obélisque marquait le centre, ne se trouvait qu’à quelques mètres du flanc de la basilique Saint-Pierre. Toute la partie nord des gradins se trouvait engagée sous l'actuelle basilique.

L’obélisque, lui, eut un sort des plus heureux, puisqu’il est le seul, dans la ville romaine, à n’être jamais tombé. Il resta fièrement dressé à sa place d’origine qui selon une tradition immémoriale, marquait le lieu approximatif du martyre de l'apôtre Pierre, à quelques mètres au sud du chevet de la basilique constantinienne, puis de l’actuelle. On a retrouvé, lors de fouilles, les vestiges de son soubassement, près de l'actuelle sacristie.

[modifier] Le centre de la place Saint-Pierre

Place Saint-Pierre : réérection de l'obélisque en 1586.
La machine de Domenico Fontana.

Délaissés au Moyen Âge, les obélisques furent oubliés.

Quatre papes eurent l'idée de le transporter ailleurs : Nicolas V, celui de tous qui eut le plus d'imagination, voulait le poser sur les épaules de quatre statues colossales, et le surmonter d'une statue de bronze du Christ tenant sa croix ; tous ces projets manquèrent par la timidité des architectes ou des papes. Michel-Ange refusa de se charger de l'entreprise sous Paul III, et le devis de Camillo Agrippa fit reculer Grégoire XIII.

Moins facile à s'effrayer, c'est le pape Sixte Quint qui décida de transporter et restaurer ces symboles de l'Antiquité afin de les mettre en évidence devant les principaux édifices religieux romains.

Il ouvrit un concours, choisit le plan de Domenico Fontana, ancien compagnon maçon, et s'y attacha contre l'avis de tout le monde avec d'autant plus de chaleur qu'on en jugeait l'exécution impossible[2].

Il fit déplacer celui-ci en 1586 jusqu’au centre de la place Saint-Pierre.

Du piédestal sur lequel repose l'obélisque à la place qu'il occupait alors, on mesure huit cent trente-trois pieds et demi (300 m). Il s'agissait d'abord de saisir cette masse énorme dont on évaluait le poids à 750 tonnes, de la soulever et de l'amener au milieu de la place. Fontana y parvint au moyen d'un solide appareil qui se composait de huit mats liés par de forts madriers et des bandes de fer, et posés debout. Ils soutenaient quatre poutres à l'épreuve sur lesquelles s'enroulaient des câbles dont on entoura l'obélisque. Cette machine, appelée château, était manœuvrée par six forts cabestans[2].

Le 30 avril 1586, on l'arracha de sa base antique, et le 7 mai on se mit à le traîner vers l'emplacement actuel. Il fallut trente sept jours pour lui faire franchir une distance qui occuperait à peine pendant quelques heures les ouvriers modernes. Tout l'été fut employé en préparatifs ; enfin, le 10 septembre, cent soixante chevaux attelés à quarante cabestans, et neuf cents hommes marchant au son de la trompette et s'arrêtant à celui de la cloche, enlevèrent l'immense bloc, et le laissèrent retomber sur son piédestal[2].

Encouragé par ce succès, Sixte remit sur pied trois autres obélisques. L'un, qu'il transporta sur la place de Sainte-Marie-Majeure, ornait jadis l'entrée du Mausolée d'Auguste. Brisé et à moitié enfoui sous les ruines devant le mausolée d'Auguste, il rappelait là tristement les désastres de Rome. Les autres, enterrés également, depuis des siècles, sous les débris du Circus Maximus, étaient rompus en trois endroits. Sixte en fit rejoindre habilement les morceaux, il érigea le plus grand devant Saint-Jean-de-Latran, et celui qui paraît le plus remarquable par ses hiéroglyphes, au milieu de la Piazza del Popolo. En relevant ces colonnes de la vieille Égypte sur les places de Rome moderne, Sixte leur imposa le baptême chrétien, et les décora de la croix. Par cet emblème, il purifiait ces monuments de la superstition païenne, et il consacrait le triomphe du christianisme, ainsi qu'il le dit éloquemment sur la face orientale de l'obélisque : « Voici la croix du Seigneur : fuyez ; anciens ennemis, le lion de la tribu de Juda vous a vaincus »[2].

Ce n'est qu'un siècle après, en 1660, que Le Bernin réaménagea la place Saint-Pierre sous l'aspect que l'on connaît aujourd'hui, avec ses deux colonnades identiques au nord et au sud, autour du monolithe historique.

[modifier] Poids, dimensions

Il est constitué de granite rouge de Syène (Assouan). Sa hauteur atteint 25 m : il est par sa taille le deuxième obélisque après celui du Latran, transporté à Rome trois siècles plus tard.

Poids estimé à 750 tonnes[2].

[modifier] Épigraphie

L'obélisque du Vatican est dépourvu de toute inscription hiéroglyphique égyptienne, mais il n'est pas strictement anépigraphe : il comporte sur deux de ses faces une dédicace à Auguste et à Tibère, due à Caligula.

[modifier] Notes

  1. Filippo Coarelli, Guide archéologique de Rome, 1998, p. 325
  2. a, b, c, d et e Jean-Bernard Mary-Lafon. Rome ancienne et moderne depuis sa fondation jusqu'a non jours. Furne, 1852 (Livre numérique Google)

[modifier] Voir aussi

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[modifier] Liens, sources

[modifier] Bibliographie

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