Sainte Pétronille

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pétronille.
Sainte Pétronille

Pétronille ou Petronelle serait morte à Rome à la fin du Ier siècle. Elle est vénérée comme vierge et martyre par l'Église catholique. Elle a été enterrée dans la catacombe de Domitilla, située via Adreatina, aux côtés des saints Nérée et Achillée.

C'est une sainte chrétienne fêtée le 31 mai.

Son nom[modifier | modifier le code]

Le nom ou le surnom Pétronille est un diminutif du prénom Petro ou Petrus. Pétronille est traditionnellement présentée comme la fille ou la filleule de l'apôtre Pierre, l'imagination et la piété des chrétiens faisant rapprocher les deux noms par un lien familial[1]. La tradition chrétienne a retenu qu'elle avait été convertie et baptisée par saint Pierre et en a fait sa fille spirituelle. Une autre tradition veut qu'elle soit la descendante de Titus Flavius Petro, le grand-père de Vespasien. Son surnom viendrait alors de son ancêtre appelé Petro, ce qui n'exclut pas que ce nom ait été retenu dans la tradition chrétienne car elle était considérée comme la fille spirituelle de l'apôtre Pierre.

Les inscriptions romaines antiques la présente simplement comme une martyr. Elle pourrait être une parente de Flavia Domitilla (Sainte Domitilla).

Tradition et légende[modifier | modifier le code]

Funérailles et apothéose de sainte Pétronille par Guercino

Comme beaucoup de saints des premiers temps de l'Église, on ne connaît quasiment rien de sa vie. Les seules informations sûres sont le nom qu'elle portait, et le fait qu'elle soit une martyre : ces deux indications figurent sur une fresque du IVe siècle située dans la basilique souterraine de la catacombe de Domitilla.

Dans la Légende dorée, il est écrit qu'elle était la fille de l'apôtre Pierre, sans faire référence à une filiation spirituelle[2]. Toutefois, une filiation spirituelle, soulignée par la consonance entre le prénom de Pierre et celui de Pétronille est plus probable. Une autre tradition veut qu'elle soit la descendante de Titus Flavius Petro, le grand-père de Vespasien.

Selon la légende, Flaccus, noble romain, séduit par sa beauté, la demanda en mariage, mais la jeune fille voulait consacrer sa virginité à Dieu, et elle refusa de l'épouser. Flaccus la menaça, et lui accorda seulement trois jours pour lui donner une réponse favorable. Pétronille pria, jeûna et à sa prière, Dieu la rappela à lui. Flaccus, à son retour, ne put qu'assister à ses funérailles. Il est dit que Saint-Pierre l'a guérie de paralysie et de fièvres intenses.

Pétronille est souvent associée à sainte Félicule et parfois présentée comme sa sœur. La Légende dorée la présente comme une compagne de Pétronille, qui elle aussi se serait refusée à Flaccus. Pour cette raison, elle aurait été livrée à la torture puis exécutée.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Presque toutes les listes des tombes des martyrs romains les plus vénérés des VIe ‑ VIIe siècle, mentionnent la tombe de sainte Pétronille comme située dans la Via Ardeatina (it) à Rome, à côté de la sépulture des saints Nérée et Achillée[3]. Ces notices ont été confirmées par les fouilles qui ont été faites dans les catacombes de Domitilla. Une topographie des tombes des martyrs romains, l'Epitome libri de locis sanctorum martyrum, localise « Via Ardeatina » une église de sainte Pétronille, dans laquelle deux saints du Ier siècle, Nérée et Achillée, ainsi que Pétronille ont été enterrés[3].

Cette basilique souterraine, construite dans la catacombe de Domitilla, a été découverte et les monuments qui s'y trouvent ont confirmé que les tombes des trois saints étaient autrefois vénérés à cet endroit[4].

Une inscription confirme son nom et le fait qu'elle soit une martyre. Elle figure sur une fresque du IVe siècle située dans la basilique souterraine de la catacombe de Domitilla. Pétronille y est représentée comme recevant au ciel, une personne décédée (appelée Veneranda). Cette fresque, une des plus anciennes de la chrétienté se trouve sur ​​la pierre qui ferme une tombe dans une crypte souterraine derrière l'abside de la basilique[5] que fit construire le Pape Sirice entre 390 et 395 sur la via Adreatina dite de Domitilla. Sur cette fresque figure l'inscription PETRONELLE MART[YR].

Le sarcophage qui conservait les restes de la sainte fut transféré dans la basilique pontificale par le Pape Paul Ier en 757 et se trouve toujours à la Basilique Saint-Pierre.

Culte et notoriété[modifier | modifier le code]

En 757 le cercueil contenant la dépouille de la sainte a été transféré dans une des deux rotondes (un mausolée impérial circulaire datant de la fin du IVe siècle) construites à l'intérieur du cirque de Néron près de Saint-Pierre. Ce bâtiment a été modifié en chapelle et donné en toute propriété aux rois francs sous le nom de « Capella regum Francorum » (chapelle des rois Francs) avant de devenir la chapelle de sainte Pétronille[6].

Charlemagne, aux environs de l'an 800 vint à visiter la chapelle où reposait le corps de Pétronille et sembla avoir une profonde vénération pour elle.

Par ailleurs, Pétronille, depuis l'époque de Charlemagne[7] était reconnue comme patronne des rois de France, elle devint patronne nationale quand la France se nomma Fille aînée de l'Église, ce qui a fait dire que la France est la première fille de l'Église comme Pétronille est la fille du premier chef de l'Église. Son association avec la couronne française vient du fait que Charlemagne et Carloman ont été considérés comme des fils adoptifs de Saint Pierre après 800.

Les attaches de la France avec la sainte ont perduré : Louis XI avait une grande vénération pour elle, il lui adressa de ferventes prières pendant la maladie du dauphin, le futur Charles VIII. Ce dernier ayant été guéri, le roi fit embellir la chapelle de sainte Pétronille. Elle est la patronne des dauphins de France car un dauphin aurait été trouvé gravé sur son sarcophage[8].

Pendant le règne de Louis XII, le cardinal Jean de Bilhères Lagraulas commanda au jeune sculpteur Michel-Ange une vierge de piété, la célèbre Pietà, pour décorer la chapelle Sainte-Pétronille, petit édifice proche de la basilique constantinienne de Saint-Pierre de Rome et lieu de rassemblement des Français de Rome avant la construction de l'église Saint-Louis-des-Français.

Chaque année, le 31 mai, jour de la fête de Sainte-Pétronille, une messe est dite dans la chapelle pour la France et tous les Français de Rome y sont invités.

Beaucoup de prénoms ainsi que le terme de péronnelle, sont dérivés du prénom Pétronille : Pierrette, Perrine, Pernelle, Pernette, Péroline, Pétronelle, Pétronile.

Représentation - patronage[modifier | modifier le code]

Sainte Pétronille est représentée avec la palme du martyre, souvent en compagnie de saint Pierre. Elle guérit les fièvres.

Une tradition en fait la servante de Saint Pierre, aussi est-elle parfois représentée avec un balai à la main et vêtue de guenilles.

Dictons[modifier | modifier le code]

  • « Pluie de Sainte Pétronille change raisin en grappilles. »
  • « Quand il pleut, Sainte Pétronille, quarante jours trempe sa guenille. »
  • « S'il pleut le jour de Sainte-Pétronille, le blé diminue jusqu'à la faucille. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Hubert, Nouveau recueil d'études d'archéologie et d'histoire, de la fin du monde antique au Moyen Age, Librairie Droz,‎ 1985, p. 236
  2. Jacques de Voragine, Légende dorée, Sainte Pétronille.
  3. a et b en:Giovanni Battista De Rossi, Roma sotterranea, I, 180-1
  4. en:Giovanni Battista De Rossi, Bollettino di archeologia cristiana, 1874, p. 5s.
  5. Wilpert, Die Malereien der Katakomben Roms, Freiburg, 1903, plate 213; Giovanni Battista De Rossi, ibid., 1875, p. 5s.
  6. De Rossi , " Inscriptiones christianae Urbis Romae " , II , 225
  7. Déjà Pépin le Bref aurait fait transporter à Rome sa fille Gisèle qui venait de naître, afin qu'elle reçût le baptême des mains du pape Paul Ier près du tombeau de Pétronille (source Office du Tourisme de Conthey-Vetroz-Ardon)
  8. (en) Feast of the Visitation May 31, sur http://www.saintpatrickdc.org.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Saint Petronilla » (voir la liste des auteurs)
  • Les Chapelles de Sainte-Pétronille, Rome et ses vieilles église - Émile Mâle - Paris - 1942

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]