Basilique Saint-Clément-du-Latran

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Basilique Saint-Clément-du-Latran
Les photos de la basilique sur Commons
Présentation
Nom local Basilica di San Clemente al Laterano
Culte Catholique romain et culte de Mithra aux IIIe et IVe siècles
Type Basilique
Rattachement Archidiocèse de Rome (siège)
Début de la construction IVe siècle
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Commune Rome
Coordonnées 41° 53′ 22″ N 12° 29′ 51″ E / 41.889444, 12.4975 ()41° 53′ 22″ Nord 12° 29′ 51″ Est / 41.889444, 12.4975 ()  

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Basilique Saint-Clément-du-Latran

La Basilique Saint-Clément-du-Latran (en italien : Basilica di San Clemente al Laterano) est une basilique religieuse catholique, située à Rome en Italie et dédiée à Clément Ier.

Sur le site, se trouve un complexe de bâtiments sur plusieurs niveaux, dont trois sont dégagés : le niveau archéologique inférieur date de l'empire romain, avec un mithraeum, dédié à Mithra et un autre bâtiment. Au-dessus, une église du Ve siècle, détruite par les Normands. L'église actuelle est construite par dessus cette dernière, peu avant l'an 1100 au cours du Haut Moyen Âge.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette ancienne église a évolué au fil des siècles, d'une maison privée, site clandestin du culte chrétien du Ie siècle jusqu'à la basilique grand public du VIe siècle, reflétant l'émergence de l'Église catholique, augmentant en légitimité et en pouvoir.

La maison est initialement détenue par le consul et martyr romain Titus Flavius Clemens, l'un des premiers sénateurs romains à se convertir au christianisme qui avait permis que sa maison soit utilisée comme lieu de rencontre secret pour les autres chrétiens[réf. nécessaire], le culte chrétien étant interdit à l’époque.

Autel de Mithra

Il existe aussi des traces de culte païen sur le site. Au IIe siècle, des adorateurs de Mithra construisent un mithraeum. Un petit espace voûté, incrusté de pierre ponce, imitant une grotte, est utilisé pour les rites, jusqu'au IIIe siècle. Un autel de marbre blanc placé en position centrale est sculpté sur les quatre faces d'un bas-relief, Mithra tuant le taureau, de porteurs de torche et d'un serpent[1].

La première basilique[modifier | modifier le code]

Les fouilles réalisées par le père Joseph Mullooly à partir de 1857 révèlent la première basilique oubliée[2] sous la basilique médiévale.

Les écrits de saint Jérôme en 392 témoignent d'une église dédiée à saint Clément. Après que le christianisme est devenu religion d'état à Rome en 390, la petite église est agrandie par l'acquisition de l'insula adjacente et d'autres immeubles voisins. Les architectes travaillent sur un complexe de salles et de cours, construisant une nef centrale sur le site de l'église primitive et une abside débordant sur l'ancien mithraeum. La nouvelle église est consacrée au pape Clément Ier, converti chrétien du Ier siècle et identifié par les historiens ecclésiastiques et patristiques à Titus Flavius Clemens.

Des restaurations sont entreprises au IXe siècle et vers 1080-1099[3]. L'une des plus grandes collections de peintures murales du Moyen Âge précoce, après celles de l'église Sainte-Marie-Antique, se trouve dans la basilique basse de Saint-Clément[4]. Au cours des siècles suivants, Saint-Clément devient une vitrine pour les sculpteurs et les artistes d'église profitant des largesses impériales. La basilique antique est le lieu de conciles présidés par les papes Zosimus (417) et Symmaque (499).

Le dernier événement majeur ayant lieu dans la basilique inférieure est l'élection en tant que pape du cardinal de Saint-Clément, Rainerius, sous le nom de Pascal II, en 1099.

La deuxième basilique[modifier | modifier le code]

Interieur de la Basilique Saint-Clément-du-Latran

La basilique actuelle est reconstruite par le cardinal Anastase, vers 1099-1120, après que la première église brûle au cours du sac de la ville par les Normands de Robert Guiscard en 1084[5]. Aujourd'hui, c'est l'une des églises les plus richement ornées de Rome.

Son entrée d'origine (une entrée latérale est utilisée aujourd'hui) se fait par un péristyle (B sur le plan), bordé d'arcades. Il sert aujourd'hui de cloître entouré des bâtiments conventuels. Au fond, se trouve la sobre façade de Stefano Carlo Fontana supportée par des colonnes antiques et le petit campanile. La basilique a trois nefs divisées par des arcades sur des anciennes colonnes de granit ou de marbre, avec un pavage aux incrustations cosmatesques. La schola cantorum du XIIe siècle (E sur le plan) intègre des éléments en marbre de la basilique d'origine. Derrière elle, dans le chœur, un ciborium (H sur le plan) composé de quatre colonnes gris-violet indique le tombeau de Clément situé dans la crypte. Le siège épiscopal se trouve dans l'abside, qui est couverte de mosaïques sur le thème du Triomphe de la Croix, moment fort des mosaïques romaines du XIIe siècle.

On aperçoit entre autre sur cette mosaïque les 4 évangélistes qui entourent le Christ, de gauche à droite, Marc, Mathieu, Jean et Luc (respectivement représentés par le lion, l'ange, l'aigle et le taureau). Juste en dessous sont représentés Saint Pierre et Saint Paul (identifiés par « agios pavlus » et « agios petrus »).

Dans la partie basse de la mosaïque, les moutons représentent les apôtres et le Christ au centre (mouton auréolé), de part et d'autre les villes de Bethléem et de Jérusalem..

Les Dominicains irlandais sont les gardiens de Saint-Clément, depuis 1667, lorsque l'Angleterre proscrit l'Église catholique irlandaise et expulse l'ensemble des membres du clergé. Le pape Urbain VIII leur donne refuge à Saint-Clément, où ils s'installent, gérant une résidence pour l'étude et l'enseignement des prêtres à Rome. Les Dominicains ont eux-mêmes procédé à des fouilles dans les années 1950, en collaboration avec des étudiants italiens en archéologie.

Sur un mur de la cour se trouve une plaque apposée par le pape Clément XI faisant l'éloge de Saint-Clément: « Cette ancienne église a résisté aux ravages des siècles ». Clément entreprend des restaurations sur la vénérable structure, qu'il trouve en mauvais état. Il choisit Stefano Carlo Fontana, neveu de l'architecte Carlo Fontana, qui érige une nouvelle façade, terminée en 1719[6]. Le plafond sculpté et à caissons doré de la nef et des bas-côtés date de ce moment, tout comme le décor en stuc, les chapiteaux ioniques et les fresques.

Dans une chapelle latérale, il y a un sanctuaire avec le tombeau de saint Cyrille qui a créé l'alphabet glagolitique et christianisé les Slaves. Le pape Jean-Paul II y venait parfois pour prier pour la Pologne et les pays slaves. La chapelle est conserve également une Madonne de Giovanni Battista Salvi da Sassoferrato.

Le sarcophage Ignace, évêque d’Antioche, sert d’autel à la basilique supérieure.

Tombeaux et reliques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Touring Club Italiano, Roma e dintorni (Milan, 1965) pp.374f.
  2. "Abandonnée et oubliée jusqu'à ce que son existence soit redécouverte par les fouilles archéologiques dans le milieu du dix-neuvième siècle", remarque John Osborne, dans « The "Particular Judgement" : an early medieval wall-painting in the lower church of San Clemente, Rome » "The Burlington Magazine n ° 123 939 (Juin 1981:335-341) p 335.
  3. Joan E. Barclay Lloyd, "The building history of the medieval church of S. Clemente in Rome" The Journal of the Society of Architectural Historians 45.3 (September 1986), pp. 197-223.
  4. Des fresques du Xe siècle et des fragments de fresques du milieu du huitième siècle, John Osborne, « Early Medieval Painting in San Clemente, Rome: The Madonna and Child in the Niche » Gesta 20.2 (1981:299-310).
  5. Lloyd 1986|197.
  6. John Gilmartin, "The Paintings Commissioned by Pope Clement XI for the Basilica of San Clemente in Rome" The Burlington Magazine 116 No. 855 (June 1974, pp. 304-312) p 304.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léonard Boyle, Petit guide de Saint-Clément, Rome, Rome, Collegio San Clemente,‎ 1976 (1re éd. 1963)
  • Filippo Coarelli (trad. Roger Hanoune), Guide archéologique de Rome, Hachette,‎ 1994 (1re éd. 1980), 350 p. (ISBN 2012354289)
  • (en) Joseph Mullooly, Saint Clement: Pope and Martyr and His Basilica in Rome, Kessinger Publishing, LLC,‎ 2007 (1re éd. 1873) (ISBN 978-0-548-77854-8)
  • (en) « San Clemente », sur romanchurches.wikia.com (consulté le 1er septembre 2014)
  • (it) Mgr Edouard Junyent, Il titolo di San Clemente in Roma, Rome, 1932, pp. 66-81
    • Notes de lecture de Jacques Zeiller, In: Revue des Études Grecques, tome 48, fascicule 224, Janvier-mars 1935, pp. 207-208 [1]
  • Victor Saxer, « Charles Pietri et la topographie paléochrétienne de Rome », Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité, t. 111, no 2,‎ 1999, p. 597-608 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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