Tibre

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41° 44′ 26″ N 12° 14′ 00″ E / 41.7405, 12.2334 ()

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Tibre
(Tevere)
Le Tibre à Rome avec le dôme de la Basilique Saint-Pierre au fond.
Le Tibre à Rome avec le dôme de la Basilique Saint-Pierre au fond.
Carte du Tibre dans la péninsule italienne.
Carte du Tibre dans la péninsule italienne.
Caractéristiques
Longueur 405 km
Bassin 17 375 km2
Débit moyen 231 m3/s (Rome)
Régime pluvial
Cours
Source Mont Fumaiolo
· Localisation Forlì-Césène, Émilie-Romagne, Italie
· Altitude 1 268 m
Embouchure Mer Tyrrhénienne
· Localisation Ostie
· Altitude 0 m
· Coordonnées 41° 44′ 26″ N 12° 14′ 00″ E / 41.7405, 12.2334 (Embouchure - Tibre)  
Géographie
Pays traversés Drapeau de l'Italie Italie
Régions traversées Emilia-Romagna-Bandiera.png Émilie-Romagne
Flag of Umbria.svg Ombrie / Flag of Lazio.svg Latium
Principales villes Rome

Le Tibre (latin Tiberis, italien Tevere) est un fleuve italien qui se jette dans la mer Tyrrhénienne.
C'est le troisième plus long fleuve d'Italie après le et l'Adige.

Géographie[modifier | modifier le code]

Diagramme des affluents du Tibre
Embouchure du Tibre avec sur l'extrême gauche : le port hexagonal de Trajan et site d'Ostie antique. Entre les deux : Isola Sacra.

Le Tibre prend sa source au mont Fumaiolo à 1 268 mètres d'altitude, dans l'Apennin romagnol (région Émilie-Romagne). Une antique colonne romaine a été placée à côté de la source constituée d’un jet d’eau limpide. Sur une dalle en marbre, une écriture rappelle « Ici naît le fleuve sacré aux destins de Rome ».
Après un bref passage en territoire toscan, il traverse l'Ombrie en contournant Pérouse par l'est, arrose la ville de Rome et le Latium, et débouche par un delta dans la mer Tyrrhénienne.
Le transit alluvionnaire du bassin est important et l'embouchure avance dans la mer au rythme de 4 mètres par an. Les ruines du port antique d'Ostie sont aujourd'hui entourées de champs à 4 km de la mer. La plaine alluviale est partagée par la station balnéaire d'Ostie au sud et l'aéroport Léonard-de-Vinci de Rome Fiumicino au nord.

Affluents[modifier | modifier le code]

Ses principaux affluents sont le Paglia grossi du Chiani qui passe à Orvieto, la Nera qui passe à Terni et l'Aniene (ou Teverone) qui arrose Subiaco.

Histoire[modifier | modifier le code]

Si certaines traditions romaines rattachent le nom du fleuve — en latin Tiberis — à la noyade du roi d'Albe Tiberinus[1], il semblerait pourtant que l'origine de l'hydronyme soit plutôt issue de la langue étrusque, puisque l'essentiel de son cours traverse leur territoire, bien que ces derniers aient, semble-t-il, baptisé le fleuve sous le nom de Rumon, terme qui pourrait avoir désigné par la suite la ville de Rome[2].

Le premier pont que les Romains construisirent sur le Tibre en aval de l'île Tibérine fut le pont Sublicius qui selon la légende, émanait de la volonté du roi sabin Ancus Marcius pour faciliter les échanges entre Latins et Étrusques, puisqu'il se situait à hauteur du Forum Boarium ("Marché aux bœufs"), le plus ancien des forums romains. Il était entièrement construit en bois afin d'être rapidement démonté, dans le cas où les relations entre les deux peuples se détérioreraient.

En effet, au temps de la monarchie romaine, le Tibre constituait une frontière naturelle de Rome avec l'Étrurie. Sous la république, un quartier « au-delà du Tibre » (et donc de la ville), le Transtiberim (le Trastevere aujourd'hui) se constitua. Cette terre initialement « étrangère » fut annexée par la suite à la ville de Rome sous l'empereur Auguste.

D'autres ponts furent construits sur le Tibre, les textes qui nous sont parvenus en indiquent treize, nombre exceptionnel pour une cité antique, néanmoins confirmé par une inscription datant des empereurs Valentinien Ier et Valens ordonnant des travaux de réfection sur ces treize ponts[réf. nécessaire]. Une commission d'administrateurs créée par Tibère, les procuratores alvei Tiberis et riparum (procurateurs du lit et des rives du Tibre) était chargée de l'entretien des ponts et des berges, de la délimitation des parties publiques de ces berges, et des concessions de navigation sur le fleuve[3].

Hydrométrie - Les débits à Rome[modifier | modifier le code]

Le débit du Tibre a été observé sur une période de 59 ans (1921-1979) à Rome, capitale du pays[4].

Le Tibre est un fleuve modérément abondant. Le module du fleuve à Rome est de 231 m3/s pour une surface prise en compte de 16 545 km2, ce qui correspond à la quasi-totalité du bassin versant du fleuve. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant se monte de ce fait à 441 millimètres annuellement, ce qui peut être considéré comme assez élevé. Quant au débit spécifique, il atteint 14,0 litres par seconde et par km2 de bassin.

Le Tibre présente des fluctuations saisonnières de débit modérées. Les hautes eaux se déroulent en hiver, et se caractérisent par des débits mensuels moyens allant de 301 à 346 m3/s de décembre à mars inclus (avec un sommet en février). Dès avril, le débit diminue progressivement ce qui mène aux basses eaux d'été qui ont lieu de juillet à septembre, avec une baisse du débit mensuel moyen jusqu'au niveau de 125 m3 au mois d'août, ce qui reste appréciable. Mais les fluctuations de débit sont plus importantes selon les années, ou calculées sur de courtes périodes. Les crues du Tibre sont rarement dévastatrices, de très hauts débits étant peu fréquents.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Rome
(Données calculées sur 59 ans)

Le débit moyen mensuel observé en août (minimum d'étiage) atteint 125 m3/s, soit environ 36 % du débit moyen du mois de février (maximum de l'année), ce qui souligne l'amplitude modérée des variations saisonnières.

Sur la période d'observation de 59 ans, le débit mensuel minimal a été de 76 m3/s en août 1946, ce qui restait fort confortable ; le débit mensuel maximal, quant à lui, s'est élevé à 1 015 m3/s en décembre 1937.

Le Tibre à Rome vu depuis le pont Sant'Angelo.

Galerie photos[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joël Le Gall, Le Tibre, fleuve de Rome dans l'Antiquité, Paris, 1952.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références
  1. Selon Tite-Live (I, 3, 5 et 8) et Denys d'Halicarnasse (Antiquités romaines, I, 71, 2), le fleuve s'appelait auparavant Albula.
  2. De Simone, 1088, p. 30 ; L. Quilci 1974, p. 60, Pittau 1993, p. 461 ; Dell, s.v. Roma : « d’origine peut-être étrusque »[1]
  3. (en) Mireille Cébeillac-Gervasoni, Maria Letizia Caldelli et Fausto Zevi, Épigraphie latine, Paris, A. Colin, coll. « Histoire, Les outils de l'histoire »,‎ 2006, 333 p. (ISBN 978-2-200-21774-7, OCLC 470566532), p. 126 et 130.
  4. Unesco - Le Tibre à Rome