Antique basilique vaticane

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41° 54′ 08″ N 12° 27′ 12″ E / 41.90222, 12.45333

Jean Fouquet, Grandes Chroniques de France, Sacre de Charlemagne, en la basilique vaticane
Fresque reproduisant la basilique au IVe siècle

L'antique basilique vaticane, ou encore basilique de Constantin, était située à Rome presque à l'emplacement de l'actuelle basilique Saint-Pierre du Vatican.

Histoire[modifier | modifier le code]

Situation de la basilique constantinienne, par rapport au Circus Vaticanus et la basilique actuelle.
Colline du Vatican, comblement sous Constantin, nécrople vaticane, niveau du sol de l'antique basilique.
Vue d’ensemble de l’ancienne basilique par H. W. Brewer, 1891

L'ancienne basilique fut selon le Liber Pontificalis (source dont les données doivent être reçues avec prudence) construite par l'empereur Constantin à la demande du pape Sylvestre Ier. Il décida de l'édifier sur un cirque romain et une nécropole alignée le long d'un sentier sur la colline du Vatican où la tradition orale fixait l'emplacement de la tombe de saint Pierre, ce qui l'obligea à exproprier des sépultures existantes, en principe inviolables[1]. Une légende[2] veut que l'empereur Constantin vint à cet endroit huit jours après son baptême, y ôta son diadème, le jeta par terre. Puis, avec une houe, il commença à creuser et emporta lui-même douze corbeilles de terre, en l’honneur des douze Apôtres, désignant alors l’emplacement destiné à la basilique. Les sources historiques, épigraphiques et archéologiques suggèrent la construction d'éléments architecturaux au niveau de la tombe de l'apôtre débutant entre 326 et 337[3], mais il semble plus probable que le fondateur de la basilique ne soit pas l'empereur Constantin, mais ses successeurs, probablement son fils Constant Ier, la papauté ayant reconstruit a posteriori l'origine constantinienne de l'édifice afin de renforcer le lien entre la basilique avec le prince des apôtres et le premier empereur chrétien, et ce dans un contexte de rivalité avec la basilique du Saint-Sauveur considérée comme la « mère » en ancienneté et dignité de toutes les églises de Rome[4].

Selon la tradition, la basilique nécessita le nivellement du sol (la nécropole était en effet située sur les flancs de la colline du Vatican dont la terre servit à ce nivellement) et la démolition du Circus Vaticanus (appelé aussi cirque de Caligula dont les spolia des matériaux furent réutilisés à cette occasion) qui s'étendait sur la partie sud du chantier. Pour obtenir une surface suffisamment grande pour la construction envisagée, il fut ainsi nécessaire de combler beaucoup de sépultures de la nécropole, à l'exception notamment de la tombe de saint Pierre, et d'établir au-dessus de la nécropole comblée une terrasse artificielle[5].

C'était une basilique classique de 8 052 m2 (soit 122 × 66 m), comportant une nef à 5 vaisseaux séparées par des colonnes de marbre coloré, un transept saillant, une abside semi-circulaire occidentée (construite autour de la tombe de saint Pierre), et deux doubles bas-côtés. L'édifice était précédé d'un grand péristyle (ou atrium, dit parfois quadriportique), une cour à portique au centre de laquelle se trouvait une fontaine à ablutions décorée d'une pomme de pin et de paons en bronze, et d'une façade à propylées. Il se situait sur la partie ouest de l'actuelle place Saint-Pierre. De grandes dimensions, la longueur de l'édifice était d'environ 103 mètres (122 avec l'atrium) et pouvait accueillir des milliers de fidèles. La basilique constantine occupait la majeure partie de la superficie de l'édifice actuel. L'édifice était relativement sombre et tout un apparat de luminaires venaient compléter l'éclairage[6].

La chute de l'Empire romain entraîna le déclin progressif de Rome mais la basilique devint un des principaux lieux de pèlerinage au Moyen-Âge avec son cœur symbolique, la tombe de saint Pierre. Une fenestella confessionis, ouverture dans la « confession de Saint-Pierre » permettait aux pèlerins de voir les reliques de l'apôtre. Au VIe siècle, refaisant la partie occidentale de l'édifice, le pape Grégoire le Grand fit surélever le presbytérium pour qu’un autel fût au-dessus du tombeau de l'apôtre désormais logé dans une crypte annulaire[7].

Les trésors de la basilique furent pillés par les Wisigoths en 410, les Vandales en 455, les Sarrasins en 846. Le pape Léon IV fit alors édifier de 848 à 852 le mur léonin pour défendre la basilique contre les incursions musulmanes. Cela ne l'empêcha pas d'être pillée par les Normands en 1084[8].

Au début du XIVe siècle, lors du départ des papes pour Avignon, la basilique dégradée notamment par l’eau qui dévalait de la colline du Vatican menaçait de tomber en ruine[9].

Après le retour des papes avignonnais à Rome en 1378, le premier pape qui semble avoir pensé sérieusement à une reconstruction de la basilique fut en 1452 Nicolas V qui se fit exposer par Bernardo Rossellino le projet d'un nouvel édifice ou d'une rénovation complète de l'ancienne basilique. Mais il ne put venir à bout de ces projets, à cause des problèmes politiques du moment.

En 1505, le Pape Jules II décida de démolir l'ancien édifice pour construire à la place un bâtiment plus vaste et plus moderne, plus à même de remplir les fonctions d'une basilique pontificale. Ce projet donna lieu à un concours d'architectes, auquel prirent part un grand nombre d'artistes qui se succédèrent pendant environ 120 ans.

La nouvelle basilique fut consacrée par le pape Urbain VIII en 1626.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maria Antonietta Crippa, Mahmoud Zibawi, L'art paléochrétien. Des origines à Byzance, Zodiaque,‎ 1998, p. 433
  2. (en) Engelbert Kirschbaum, The tombs of St. Peter & St. Paul, St. Martin's Press,‎ 1959, p. 148
  3. (en) Rosamond McKitterick, John Osborne, Carol M. Richardson, Joanna Story, Old Saint Peter's, Rome, Cambridge University Press,‎ 2013, p. 57-63
  4. (en) William Tronzo, St. Peter's in the Vatican, Cambridge University Press,‎ 2005, p. 5 et 11
  5. Pierre Maraval, L'Empereur Constantin dans La Marche de l'histoire,‎ 29 novembre 2011
  6. Jean-Charles Picard, Le quadriportique de Saint-Pierre du Vatican, dans Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité, 86-2, Rome, 1974, p. 851-890 (en ligne, avec une bibliographie sur la basilique) ; repr. 1998 (ISBN 2-7283-0537-4).
  7. Edina Bozóky, La politique des reliques de Constantin à Saint Louis : protection collective et légitimation du pouvoir, Editions Beauchesne,‎ 2007, p. 233
  8. Jacques Mercier, Vingt siècles d'histoire du Vatican. De Saint-Pierre à Jean-Paul II, Lavauzelle,‎ 1979, p. 157
  9. St-Pierre au Moyen Age

Liens externes[modifier | modifier le code]