Emil Nolde

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Emil Nolde

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Emil Nolde en 1929.

Naissance 7 août 1867
Nolde
Décès 13 avril 1956 (à 88 ans)
Seebüll, Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Activités Peintre
Mouvement artistique expressionniste

Emil Nolde, né Hans Emil Hansen le 7 août 1867 à Nolde (de), Schleswig-Holstein et mort le 13 avril 1956 à Seebüll, est un peintre expressionniste et un aquarelliste allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Fils de paysan du Schleswig, Emil Nolde pratique la sculpture ornementale avant de s'intéresser à la peinture. Il apprend le dessin à Karlsruhe, puis à Saint-Gall en Suisse où il enseigne cette matière jusqu'en 1897. Il part alors compléter sa formation à Munich, à Dachau, puis à Paris, en 1899, où il est confronté aux peintures classiques du Louvre et où il fréquente l'Académie Julian. Il se partage ensuite entre Copenhague et Berlin et séjourne souvent dans l'île d'Alsen. Il épouse en 1902 Ada Vilstrup, rencontrée à Copenhague, de 12 ans sa cadette. Il découvre les tableaux de Vincent van Gogh et de Paul Gauguin à l'occasion d'expositions à Berlin et à Weimar, œuvres qui vont l'influencer profondément. Sa première toile connue date de 1895-1896 en Suisse (Géants de la montagne).

Carrière[modifier | modifier le code]

Il commence à exposer dès 1906, notamment à Dresde où sa peinture à thématique campagnarde, avec un traitement des couleurs vives en pâte épaisse, enthousiasme les artistes du groupe "Die Brücke" (Le Pont). Emil Nolde s'y inscrit à partir de 1906 sur une invitation de Karl Schmidt-Rottluff. La thématique de son œuvre est alors exclusivement florale et Nolde quitte le groupe fin 1907 pour des raisons de divergence d'opinion tout en conservant des liens d'amitié avec certains de ses membres.

À partir de 1905, il s'installe à Berlin, d'abord quelques mois par an, en hiver. La vie urbaine et nocturne lui inspire de nombreux tableaux. Il y rencontre en 1907 le peintre Edvard Munch. Sa notoriété grandit et il s'inscrit à la Sécession berlinoise. Nolde est assez mal à l'aise dans ce milieu : ses toiles sont, de plus, régulièrement refusées par les expositions de ce groupe. Avec d'autres artistes (dont ceux de Die Brücke), il crée alors en réaction la nouvelle Sécession, dont la première exposition a lieu en 1910. Il est alors exclu de la Sécession. Les thèmes de ses tableaux évoluent, il aborde des sujets religieux, employant la même technique de couleurs pures en aplats. Il peint notamment un retable en neuf parties en 1911-1912 sur la vie du Christ. Il peint également de nombreuses marines dont certaines sont à la limite de l'abstraction. Il se passionne pour l'art primitif : en 1913 il entreprend un long voyage qui commence par une traversée de la Sibérie en transsibérien et une visite du Japon, puis séjourne plusieurs mois dans des îles du Pacifique où il peint de nombreux croquis et aquarelles. Il en reprend les thèmes dans plusieurs tableaux faits à son retour en Europe. Il arrive que Nolde détruise certaines de ses toiles quand elles ne lui plaisent pas.

Il se retire au début de la première guerre mondiale dans un village près de son lieu de naissance, puis à Seebüll où il finira ses jours en 1956. À la suite du conflit, le nord du Schlesvig, dont son village natal, a été rattaché au Danemark, d'où le fait qu'il est désormais citoyen danois, mais Seebüll se trouve en Allemagne, et Nolde réagit aux événements en patriote allemand. Il retourne alors vers la peinture florale de sa jeunesse et les paysages.

Maison et musée Emil Nolde à Seebüll

En 1935, il adhère au parti nazi dans l'espoir d'être accepté par le régime. Il est défendu dans un premier temps par Goebbels, amateur d'expressionnisme et certaines de ses aquarelles décorent même son appartement[1]. Une salle lui est consacrée à la galerie nationale de Berlin. Cependant son art est critiqué par Alfred Rosenberg qui a les faveurs d'Hitler en matière culturelle, et, dès 1937, il est tenu en suspicion par le régime : le 23 août 1941 Adolf Ziegler (de) lui enjoint de cesser de peindre, ce qu'il refuse de faire[2]. Nolde est alors expulsé de l'Académie des arts. Au cours de la campagne contre l' "art dégénéré", un grand nombre de ses œuvres (1 052 exactement) exposées dans les musées allemands sont confisquées et certaines sont détruites sur ordre des nazis.

Il se retire alors à Seebüll et peint de très nombreuses aquarelles qu'il appelle ses « tableaux non-peints », en référence à l'interdiction d'exercer son art. Après la guerre, il reprend les grands formats et la peinture à huile, prenant comme modèles nombre de ses aquarelles des périodes troubles.

Paul Klee disait de lui « Nolde est bien plus que lié au sol, il est aussi un démon de ces régions. Où que l'on se trouve se manifeste en permanence ce parent choisi, ce cousin des profondeurs. » [3]

Son œuvre[modifier | modifier le code]

La partie la plus connue de son œuvre reste ses tableaux de style expressionniste. Ses thématiques sont variées, allant du religieux aux paysages. Quelques thèmes sont plus développés, comme la danse ou les masques.

Emil Nolde a également souvent peint à l'aquarelle où il mêle aux couleurs étendues d'eau de l'encre de Chine ou de la craie. Il utilise particulièrement ces techniques durant la Seconde Guerre mondiale où il peint plus de 1300 œuvres[5].

Le peintre a eu une activité importante de gravure dont la lithographie. Ses premiers essais remontent à 1907. À partir de 1913, il peint directement sur la pierre, aboutissant aux œuvres les plus achevées. Il s'adonne également à l'eau-forte et à la gravure sur bois. Il n'a cependant guère poursuivi son œuvre gravée au-delà de 1926, même s'il existe une série de six planches datant de 1937. Une seule toile en France: Nature morte aux danseuses, 1914, au Musée national d'art moderne, centre Georges Pompidou.

Sa cote[modifier | modifier le code]

  • Nadja, un portrait impressionniste de 1919 a été vendu pour 2,15 millions d'euros. Ce tableau avait appartenu à l'éditeur allemand Ernst Rathenau qui l'avait laissé à Berlin au moment de sa fuite vers les États-Unis. Perdu en 1970, le tableau a été retrouvé fin 2006 dans un grenier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Antje Kramer, « Nolde sous le nazisme. Les tableaux non peints », dans Dossier de l'art, n° 155, 2008, p. 60-64
  2. Article de Philippe Dagen
  3. Joël Couve, « La force et son revers », dans Artension, n° 44, nov/dec 2008, p. 10.
  4. 35 × 48 cm. Berne, galerie Henze & Ketterer. Reproduction dans "Connaissance des arts", n° 668, février 2009, p. 110
  5. Antje Kramer, « L'œuvre graphique », Dossier de l'art, n°155, 2008, p. 66-72

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]