Konstantínos Karamanlís (1907-1998)

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Konstantínos Karamanlís
Κωνσταντίνος Καραμανλής
Image illustrative de l'article Konstantínos Karamanlís (1907-1998)
Fonctions
7e président de la République hellénique
5 mai 199010 mars 1995
(&&&&&&&&&&&017704 ans, 10 mois et 5 jours)
Premier ministre Konstantínos Mitsotákis
Andréas Papandréou
Prédécesseur Khrístos Sarzetákis
Successeur Konstantínos Stephanópoulos
5e président de la République hellénique
15 mai 198010 mars 1985
(&&&&&&&&&&&017604 ans, 9 mois et 25 jours)
Premier ministre Geórgios Rállis
Andréas Papandréou
Prédécesseur Konstantínos Tsátsos
Successeur Ioánnis Alevrás (intérim)
Khrístos Sarzetákis
162e Premier ministre grec
21 juillet 197410 mai 1980
(&&&&&&&&&&&021205 ans, 9 mois et 19 jours)
Président Konstantínos Tsátsos
Prédécesseur Adamantios Androutsopoulos
Successeur Geórgios Rállis
147e Premier ministre grec
4 novembre 196117 juin 1963
(&&&&&&&&&&&&05901 an, 7 mois et 13 jours)
Monarque Paul Ier
Prédécesseur Konstantinos Dovas
Successeur Panayótis Pipinélis
145e Premier ministre grec
17 mai 195820 septembre 1961
(&&&&&&&&&&&012223 ans, 4 mois et 3 jours)
Monarque Paul Ier
Prédécesseur Konstantinos Georgakopoulos
Successeur Konstantinos Dovas
143e Premier ministre grec
6 octobre 19555 mars 1958
(&&&&&&&&&&&&08812 ans, 4 mois et 29 jours)
Monarque Paul Ier
Prédécesseur Aléxandros Papágos
Successeur Konstantinos Georgakopoulos
Biographie
Date de naissance 8 mars 1907
Lieu de naissance Küpköy, Grèce
Date de décès 23 avril 1998 (à 91 ans)
Lieu de décès Grèce
Nationalité grecque
Parti politique ERE
Nouvelle Démocratie
Conjoint Amalia Karamanlis (1951-1972)
Religion Christianisme orthodoxe (Église de Grèce)

Konstantínos Karamanlís (1907-1998) Konstantínos Karamanlís (1907-1998)
Premier ministre grec
Président de la République hellénique

Konstantínos Karamanlís (en grec Κωνσταντίνος Καραμανλής), né le 8 mars 1907 dans le village de Küpköy (aujourd'hui Proti (en), district régional de Serrès, en Macédoine-Centrale) et décédé le 23 avril 1998 à Athènes, fut un homme d'État grec, figure politique du XXe siècle.

Ministre de la Défense nationale, puis Premier ministre, il fut élu président de la République en 1980, assumant un premier quinquennat ; il fut reconduit à la présidence de la République en 1990 pour un autre mandat de cinq ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Quand il naquit, Küpköy faisait partie de l’Empire ottoman ; il ne devint citoyen grec qu’en 1913 quand la Macédoine fut réunie à la Grèce à la suite de la deuxième guerre des Balkans. Son père, Geórgios Karamanlís, était professeur. Après son enfance en Macédoine, Konstantínos partit à Athènes pour ses études de droit. Il exerça ensuite à Serrès et entra en politique au Parti populiste conservateur. Il fut élu député pour la première fois à l'âge de 28 ans lors des dernières élections avant la Seconde Guerre mondiale. Pour des raisons de santé, il ne participa pas au conflit gréco-italien et en 1941, après l'invasion de la Grèce par l'armée allemande, il s'installa comme juriste à Athènes, où il se joignit à un groupe d'intellectuels militant contre l'occupation.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Karamanlís en 1958

Après la guerre, Karamanlís monta rapidement les échelons du monde politique grec. Son ascension fut fortement soutenue par un proche ami et membre du même parti : Lampros Eutaxias alors ministre de l'Agriculture du gouvernement de Konstantinos Tsaldaris. En 1947 il obtint son premier poste de ministre dans ce même gouvernement : ministre de l'Emploi. Puis il devint ministre des Travaux publics dans le gouvernement du Rassemblement grec (Ελληνικού Συναγερμού) d’Aléxandros Papágos. Il s'y illustra à cette tache et entra dans les bonnes grâces de la reine Frederika, dont il devint un ami très proche. Quand Papágos mourut en 1955, le roi Paul Ier le nomma tout naturellement Premier ministre. Le roi le fit ainsi passer devant Stephanos Stephanopoulos et Panagiotis Kanellopoulos qui étaient considérés comme les favoris pour succéder à Papágos.

Karamanlís réorganisa le Synagermos en Union radicale nationale. Il gagna alors une solide majorité lors des trois élections suivantes (1956, 1958 et 1961).

En 1959, il annonça un plan quinquennal pour l'économie grecque en insistant sur l'agriculture, la production industrielle, et en prévoyant de lourds investissements dans les infrastructures et la promotion du tourisme.

Sur le plan international, Karamanlís abandonna l’énosis (unification de la Grèce et de Chypre) prônée par les gouvernements précédents et se prononça en faveur de l'indépendance de Chypre. En 1958, son gouvernement amorça des négociations avec le Royaume-Uni et la Turquie qui aboutirent au traité de Zurich, une base pour l'indépendance de Chypre. En 1959, le plan fut ratifié à Londres par l'archevêque Makarios III.

L'affaire Merten[modifier | modifier le code]

Max Merten était Kriegverwaltungsrat (conseiller administratif militaire) des forces d'occupation nazies à Salonique. En 1959, il fut condamné comme criminel de guerre mais on lui accorda l'amnistie et il fut expulsé en République fédérale d'Allemagne rapidement. Le 28 septembre 1960, les journaux allemands Hamburger Echo et Der Spiegel publièrent des extraits de la déposition de Merten aux autorités allemandes selon lesquelles Karamanlís et Takos Makris, le ministre de l'Intérieur, étaient des informateurs pendant l'occupation. Merten affirmait que Karamanlís et Makris avaient été récompensés de leur services par un commerce de Salonique appartenant à un Juif envoyé à Auschwitz. Karamanlís réfuta ces accusations et prouva que Merten avait essayé de le faire chanter avant de faire ses "aveux". Il accusa alors l'opposition d'être à l'origine de cette affaire. Cependant, celle-ci resta au cœur des discussions politiques jusqu'aux débuts de 1961 et créa de vives tensions entre le Premier ministre et le roi.

Exil[modifier | modifier le code]

L'Union Nationale Radicale (ERE) remporta les élections du 29 octobre 1961 avec 50,80 % des voix. Le 31, Georges Papandreou affirma que les résultats étaient truqués. Karamanlís rétorqua que, si fraude il y avait, elle avait été organisée par le palais. La tension politique augmenta quand Papandreou refusa de reconnaître le gouvernement Karamanlís. Le 14 novembre 1961, il lança une "lutte persistante" (ανένδοτο αγώνα) contre Karamanlís.

La tension entre le Premier Ministre et le palais augmente encore lorsque Karamanlís mit son veto à une initiative de collecte de fonds par la reine Frederika. En juillet 1963, Karamanlís démissionna de son poste de Premier ministre après un nouveau désaccord avec le roi Paul de Grèce et partit quatre mois à l'étranger. Le pays était alors en ébullition à cause de l'assassinat du docteur Gregoris Lambrakis, un membre de la gauche au parlement, par l'extrême-droite pendant une manifestation pour la paix à Thessalonique.

En novembre, Karamanlis et son parti perdirent les élections législatives au profit du parti de l'union du centre (Ένωση Κέντρου) de Georgios Papandreou. Déçu par le résultat Karamanlís quitta la Grèce sous le nom de Triadafyllithis et passa les onze années suivantes en un exil à Paris en France, où il devint un ami de Valéry Giscard d'Estaing. Il fut remplacé par Panagiotis Kanellopoulos à la tête de l'ERE.

À nouveau Premier ministre[modifier | modifier le code]

Au long de son exil en France, Karamanlís s'opposa, verbalement, à la dictature des colonels, la junte militaire qui avait pris le pouvoir en Grèce en avril 1967. En juillet 1974, lorsque, placé dans l'impasse à la suite de l'invasion de Chypre par les Turcs, le régime des colonels crut bon de faire appel à lui, Karamanlís ne posa aucune condition et retourna à Athènes à bord de l'avion présidentiel français prêté par Valéry Giscard d'Estaing. Il fut alors nommé Premier ministre d'un gouvernement d'union nationale.

Malgré l'instabilité et le danger de la situation politique, qui le forcèrent à dormir à bord d'un yacht protégé par un destroyer pendant plusieurs semaines après son retour, Karamanlís agit promptement pour relâcher la tension entre la Grèce et la Turquie qui étaient au bord de la guerre à cause de la crise chypriote. Il lança également le processus de transition de la dictature militaire à une démocratie pluraliste.

Pendant cette période appelée « metapolítefsi » (Μεταπολίτευση), Karamanlís légalisa le Parti Communiste grec (KKE), adopta une approche douce pour faire partir les collaborateurs et les sympathisants de la dictature et, voulant confirmer son autorité, annonça des élections pour novembre 1974, moins de quatre mois après la chute de la dictature.

Lors de ces élections, Karamanlís et son nouveau parti, la Nea Dimokratia (Νέα Δημοκρατία), obtinrent une majorité écrasante au Parlement et il resta Premier Ministre. Ces élections furent alors suivies rapidement par le plébiscite de 1974 pour la confirmation de l'abolition de la monarchie au profit de la République, puis début 1975, par l'arrestation et le procès télévisé des anciens dictateurs qui croyaient mériter sa gratitude pour l'avoir rappelé et n'avaient même pas imaginé avoir à fuir en exil. Ils furent condamnés à la peine de mort pour haute trahison et mutinerie, peine commuée en prison à perpétuité. Une nouvelle constitution fut rédigée la même année.

L'intégration dans la Communauté européenne[modifier | modifier le code]

En 1977, La Nouvelle démocratie remporta à nouveau les élections et Karamanlís continua à se maintenir au pouvoir en tant que Premier ministre jusqu'en 1980. Il se fit alors élire Président de la République. Malgré l'évidence notoire de la falsification des chiffres qu'il avait présentés à la commission européenne pour obtenir l'intégration de la Grèce dans la Communauté, et qui révulsait les diplomates allemands, il parvint à signer l'acte d'adhésion de son pays à la communauté économique européenne le 28 mai 1979 à Athènes, mais uniquement grâce à l'appui indéfectible et à l'opiniâtreté de Valéry Giscard d'Estaing, qui, grâce à ses services, avait pourtant à sa disposition toutes les preuves de la falsification.

Pour Giscard d'Estaing comme pour Karamanlis, l'entrée de la Grèce dans la Communauté européenne dépassait la mesquinerie des chiffres. C'était le moyen d'ancrer définitivement la Grèce dans le camp occidental et d'y affermir le régime démocratique, tout en la protégeant contre les velléités belliqueuses ou irrédentiste de la Turquie et d'une partie de la population grecque elle-même.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Élu président de la République en 1980, il cède son poste au socialiste Khrístos Sartzetákis en 1985, le PASOK, au pouvoir depuis 1981 lui préférant un candidat issu de ses rangs.

À nouveau élu à la présidence de la République, en 1990 par une majorité parlementaire conservatrice, Karamanlís resta président jusqu'en 1995. Il considérait l'adhésion de son pays à la CEE comme la démarche la plus décisive et la plus heureuse des deux dernières décennies, aussi bien dans le domaine de la politique étrangère que dans celui de l'économie. En 1995, Konstantínos Stephanópoulos lui succéda à la présidence.

Héritage[modifier | modifier le code]

Karamanlís prit sa retraite en 1995 à l'âge de 88 ans après avoir gagné cinq élections parlementaires, passé au pouvoir 14 ans en tant que Premier ministre et 10 ans en tant que président de la République pour un total de soixante ans dans la vie politique active. Pour cette longue période au service de la démocratie puis de la cause européenne, Karamanlís reçut le Prix international Charlemagne d'Aix-la-Chapelle en 1978.

Il mourut le 23 avril 1998 d'une courte maladie à l'âge de 91 ans. Il a légué ses archives à la Fondation Konstantínos Karamanlís qu'il avait lui-même fondée.

Son neveu Kóstas Karamanlís est devenu le chef de Nea Dimokratia ainsi que Premier ministre de mars 2004 à octobre 2009.

Karamanlís a été loué pour avoir présidé la Grèce au début d'une période de croissance économique rapide (1957-1961) et pour avoir soutenu l'adhésion de son pays à la communauté naissante des nations européennes, devenue par la suite l'Union européenne. Ses admirateurs l'appellent l'Ethnarque charismatique. Certains de ses détracteurs de la gauche radicale l'accusent d'avoir mené un « para-État » qui pardonne à des groupes anti-communistes et dont les membres ont pratiqué ce qu'ils appellent en grec βία και νοθεία, via kai notheia (la violence et le truquage) lors de la fraude électorale entre l'ERE et le parti de l'union du centre. Certains de ses détracteurs conservateurs ont critiqué sa politique économique socialiste pendant les années 1970 et notamment la nationalisation d'Olympic Airways et de la Banque Emporiki. Karamanlís a aussi été critiqué pour sa gestion de la crise chypriote de 1974. Mais la plupart s'accordent à dire qu'il a orchestré avec succès la transition de la dictature à la démocratie parlementaire en 1974.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]