Lhassa
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| Lāsà (lha sa) · 拉萨 (ལྷ་ས་) | ||
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|---|---|---|
| Localisation de la ville de Lhassa dans la préfecture de Lhassa (en jaune) | ||
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| Pays | Chine | |
| Statut administratif | Ville-préfecture | |
| Province | Tibet | |
| Préfixe téléphonique | 0891[1] | |
| Code postal | Ville : 850000[1] | |
| Code aéroport | LXA | |
| Latitude, longitude | [2] | |
| Altitude | env. 3 650 m | |
| Températures moyennes |
Ville de Lhassa : mois le plus froid -1°C mois le plus chaud +18°C annuelles +8,4°C |
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| Pluviométrie | 431 mm | |
| Population | Préfecture : 420 000 hab. (2004) Ville de Lhassa : 122 261 hab. (2007), env.200 000 hab. avec la périphérie. |
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| PIB total | 10,2 milliards de yuans (2006) | |
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Lhassa (拉萨 ; pinyin : Lāsà ; tibétain : ལྷ་ས་; translittération Wylie : lha sa), capitale du royaume du Tibet depuis le XVIIe siècle sous le règne théocratique du dalaï-lama Lozang Gyatso, est actuellement la capitale de la région autonome chinoise du Tibet, appelée plus couramment région autonome du Tibet, bien qu'elle ne couvre qu'environ la moitié du Tibet historique. Sa population était d'environ 120 000 habitants en 2006 (200 000 avec la périphérie). Toutefois les sources chinoises et celles du gouvernement tibétain en exil divergent à ce sujet, ces dernières estimant que la ville compterait en fait plus de 200 000 habitants.
La ville s'est développée au pied du mont Gephel.
Le palais du Potala, ancien palais du dalaï-lama, chef de l'État antérieurement à l'administration du Tibet par la Chine, et le palais de Norbulingka, l'ancienne résidence d'été des dalaï-lamas, sont classés au patrimoine mondial par l'UNESCO.
Sommaire |
[modifier] Origines du nom
D'anciens documents et inscriptions tibétaines pré-bouddhiques mentionnent l'appellation « Rasa », littéralement « la terre des chèvres »[3] ou le « lieu entouré » (par une enceinte de montagnes). L'installation du bouddhisme aurait converti cette appellation en « Lhassa » signifiant « la terre des dieux »[3] (Lha = déité, Sa = terre, sol)
[modifier] Histoire
Avant le XXe siècle
La légende raconte que le second empereur tibétain Songtsen Gampo (Srong-brtsan Sgam-po) fit de Lhassa sa capitale et qu'il fit bâtir le temple de Jokhang, le temple de Ramoché et le palais du Potala[4].
La cité s'éleva et acquit de l'importance avec l'appui de trois vastes monastères Gelugpa (Dge-lugs) par Tsong-kha-pa et ses disciples au XVe siècle. Ces trois monastères sont Ganden (Dga'-ldan), Sera (Se-ra) et Drepung ('Bras-spung).
Du fait de l'essor du bouddhisme, le nombre de pèlerins augmenta régulièrement. Des hôtels, des boutiques, des maisons et des bâtiments administratifs surgirent autour du temple de Jokhang, formant la rue circulaire connue sous le nom de Barkhor[4].
Le cinquième dalaï-lama, Lobsang Gyatso (Blo-bzang-rgya-mtsho) (1617-1682), conquit le Tibet et en déplaça le centre administratif à Lhassa. Il fit reconstruire le Potala, lui donnant une hauteur de près de 120 mètres (la reconstruction ne s'achèvera que quelques années après sa mort) et en faisant le siège du pouvoir religieux et politique. Lhassa connut alors un nouvel essor : des résidences officielles, des hôtels particuliers, des auberges et des boutiques vinrent flanquer le Barkhor[4].
Au XXe siècle
En 1904, le corps expéditionnaire de Francis Younghusband se fraye un chemin jusqu'à Lhassa. « Les Anglais découvrent une ville à la fois magnifique et sordide. Le Potala les émerveille et les inquiète », rapporte Jean Diff [5].
En 1906, il n'y avait qu'une petite zone résidentielle près du Jokhang [4].
Vers 1935, la ville s'étendit avec la construction du quartier résidentiel dit de la Montagne enneigée, face au Potala [4].
Vers 1950, Lhassa comptait entre 26 000 et 30 000 habitants et couvrait moins de trois kilomètres carrés, sans rues pavées ni égouts [4],[6].
Jusqu'au milieu du XXe siècle, Lhassa fut une des villes les plus sales au monde, ainsi que le rapportent nombre de voyageurs européens dans leurs mémoires. On jetait les détritus dans la rue, on laissait pourrir les charognes dans les lieux publics mais surtout, comme il n'y avait pas de toilettes dans les maisons, les habitants se soulageaient à l'extérieur, dans des tranchées en plein air, et urinaient où bon leur semblait. La puanteur était telle que les nobles portaient un mouchoir à leurs narines lorsqu'ils sortaient de chez eux [7]. Cette absence d'hygiène est notée par le dernier visiteur occidental de la cité interdite, l'Autrichien Heinrich Harrer, à la fin des années 1940 [8]. À la demande du gouvernement tibétain, ce même Harrer dévait établir une carte de la ville et de ses environs en vue de concevoir un réseau d'égouts.
Au XXIe siècle
En mars 2008, Lhassa devait connaître des émeutes violentes entraînant la destruction de bâtiments et faisant des victimes.
[modifier] Situation géographique
Située sur le plateau du Tibet, au fond d'une vallée entourée de montagnes, son altitude de 3 650 m en fait l'une des villes les plus élevées au monde. Les montagnes entourant la ville s'élèvent à 5 000 m. La ville est longée par la rivière Kyi, qui traverse les montagnes Nyainqentanglha, et coule sur 315 km avant de se jeter dans le Brahmapoutre.
[modifier] Climat
Le climat est de type montagnard avec influence de la mousson. Les températures moyennes pour la ville de Lhassa vont d'environ -2 °C pour le mois le plus froid à +15 °C pour le mois le plus chaud, avec une moyenne annuelle de +6,2 °C, et la pluviométrie y est de 420 mm. Les hivers sont très secs et la quasi-totalité des précipitations ont lieu en été lorsque les perturbations du Sud-Est asiatique liées au phénomène de la mousson parviennent plus ou moins atténuées jusque dans les hautes vallées du Tibet. Lhassa bénéficie d'un climat très ensoleillé avec environ 3000 heures d'ensoleillement par an.
| Mois | Janvier | Février | Mars | Avril | Mai | Juin | Juillet | Août | Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température maximale (°C) | 6,9 | 9,0 | 12,1 | 15,6 | 19,3 | 22,7 | 22,1 | 21,1 | 19,7 | 16,3 | 11,2 | 7,7 | 15,3 |
| Température moyenne (°C) | -2,1 | 1,1 | 4,6 | 8,1 | 11,9 | 15,5 | 15,3 | 14,5 | 12,8 | 8,1 | 2,2 | -1,7 | 7,5 |
| Température minimale (°C) | -10,1 | -6,8 | -3,0 | 0,9 | 5,0 | 9,3 | 10,1 | 9,4 | 7,5 | 1,3 | -4,9 | -9,0 | 0,8 |
| Précipitations (mm) | 0,5 | 0,7 | 2,0 | 5,2 | 26,6 | 72,3 | 119,4 | 122,6 | 58,3 | 10,2 | 1,7 | 1,0 | 420,5 |
| Nbre jours avec pluie | 0,2 | 0,2 | 0,5 | 1,3 | 5,3 | 9,6 | 14,8 | 15,3 | 10,0 | 2,3 | 0,4 | 0,2 |
[modifier] Démographie
Vers 1950, Lhassa couvrait moins de trois kilomètres carrés et ne comptait pas plus de 30 000 habitants [4].
En 1975, la ville couvrait 18 kilomètres carrés et avait 100 000 habitants [4].
La population de la préfecture était estimée à 420 000 habitants en 2004 [9], et celle de la ville de Lhassa à 122 261 habitants en 2007 [10].
[modifier] Économie
En 2006, le PIB total a été de 10,2 milliards de yuans[11].
[modifier] Urbanisme
Situation en 1948
En 1948, la ville est délimitée par le Lingkhor, voie circulaire destinée à la circumambulation religieuse. Le temple de Jokhang se dresse au cœur de l'agglomération, avec à l'ouest le palais du Potala et l'institut médical sur la colline de Chakpori. Dans la vallée non encore urbanisée, les autres sites sites importants sont le palais d'été du dalaï-lama, les monastères de Sera et de Drepung, le siège de l'oracle d'État à Nechung. De petits villages agricoles et des domaines nobles sont disséminés dans toute la vallée, sans oublier les résidences d'été de l'aristocratie. A Trapchi se trouve le siège de la monnaie tibétaine [12].
Situation à partir de 1951
Lors de leur arrivée au Tibet en 1951, les Chinois agissenent avec prudence et respectent l'urbanisme existant. Le nouveau gouvernement se contente de racheter les anciennes demeures aristocratiques et de construire des casernes à l'extérieur de Lhassa. Le siège du parti n'est pas encore implanté au pied du Potala. Bureaux et immeubles-dortoirs sont construits à la périphérie de Lhassa, formant comme une ville satellite.
Situation dans les années 1980
Trois décennies plus tard, la vallée de Lhassa comporte de nouvelles zones bâties, pour nombre d'entre elles des installations administratives et techniques. Des voies modernes sont en construction. Le Lingkor, malgré quelques modifications, reste voué à la circumambulation de la vieille ville. La porte de la vieille ville, en forme de stupa bouddhiste, n'est plus, ainsi que plusieurs sites religieux. En 1985, le réseau routier urbain existe déjà dans ses grandes lignes [13].
En 1984, Pékin décide la construction de 43 lotissements dans les faubourgs de Lhassa. En 1985, les nouvelles constructions touchent le cœur de la ville. Les vieux quartiers sur le côté ouest du Jokhang sont démolis pour faire place au square de Barkhor, ceinturé de boutiques commerçantes. La vieille ville reste néanmoins une entité cohérente et le centre de Lhassa.
Les destructions puis les constructions de nouveaux quartiers se poursuivent. Les bâtiments du nouveau Lhassa chinois sont grands, symétriques et réguliers, sans décoration ni fioritures inutiles, carrés inscrits dans une enceinte carrée. Les nouvelles avenues sont larges et rectilignes, au nom évocateur des bienfaits du nouveau gouvernement : la rue du bonheur, le rue du peuple. Les noms des bâtiments témoignent aussi du renouveau : le grand magasin de l'amitié, le palais de la culture du peuple...
Situation dans les années 1990
La vallée de Lhassa est désormais occupée par une vaste agglomération desservie par un réseau routier moderne.
En 1995 commence l'époque des grands projets, 62 constructions sont ainsi réalisées. Sur ordre direct de Pékin est créée, au pied du Potala, une place permettant des exercices des forces militaires, avec au centre un mât pour lever les couleurs et une fontaine posée sur le dos de deux dragons chinois en pierre. Cette place imposante permet des manifestations imposantes où les dirigeants peuvent proclamer des discours devant le peuple réuni [14]. (Au même endroit, en 1936, F. Spencer Chapman, membre de la mission du gouvernement britannique à Lhassa, rapporte avoir vu deux femmes déversant toutes sortes de détritus devant le Potala, en tas de 3 m de haut, sur le bord de la route) [15].
À Lhassa les vieux quartiers tibétains sont rasés pour construire des bâtiments respectant les normes chinoises [16]. Les quartiers commerçants traditionnels laissent place aux bars, karaokés et bordels. Selon Frédéric Lenoir, Lhassa compterait en 2008 plus de 300 bordels [17], soit un des taux les plus élevés des villes chinoises au regard de la population.
Le palais du Potala est restauré et une réplique de l'ancienne porte de la ville est construite à l'emplacement originel [18].
[modifier] Transports
Il existe neuf vols quotidiens (six par Air China et trois par Sichuan Airlines) entre l'aéroport de Lhassa (code AITA LXA) et Chengdu, deux vols entre Lhassa et Chongqing (Sichuan Airlines et China Southern Airlines), et un vol entre Lhassa et Qamdo (Air China) et entre Lhassa et Xi'an (China Eastern Airlines) [19].
Une liaison ferroviaire avec le Qinghai (Golmud) a été ouverte en juillet 2006 et inaugurée par le président chinois Hu Jintao. Elle relie désormais le Tibet au reste de la Chine, mettant Pékin à deux jours de train [20]. Les voitures sont pressurisées (et très résistantes pour supporter les vents de sable, la foudre, les rayons ultra-violets, etc.). La Chine prévoit 2 000 touristes en plus par jour, ce qui aura un impact important sur l'économie locale. Il est prévu de construire un réseau de tramway moderne pour l'horizon 2020. Ce futur réseau doit desservir le centre-ville ainsi que la gare centrale de Lhassa.
[modifier] Subdivisions administratives
La ville-préfecture de Lhassa exerce sa juridiction sur huit subdivisions - un district et sept xian :
- le district de Chengguan - 城关区 Chéngguān Qū ;
- le xian de Lhünzhub - 林周县 Línzhōu Xiàn ;
- le xian de Damxung - 当雄县 Dāngxióng Xiàn ;
- le xian de Nyêmo - 尼木县 Nímù Xiàn ;
- le xian de Qüxü - 曲水县 Qūshuǐ Xiàn ;
- le xian de Doilungdêqên - 堆龙德庆县 Duīlóngdéqìng Xiàn ;
- le xian de Dagzê - 达孜县 Dázī Xiàn ;
- le xian de Maizhokunggar - 墨竹工卡县 Mòzhúgōngkǎ Xiàn.
[modifier] Vues contemporaines de Lhasa (août 2005)
Autres photos actuelles de Lhassa(fr)
[modifier] À voir
[modifier] Vidéo
[modifier] Bibliographie
- Lhassa : le Tibet disparu, texte et photographies de Heinrich Harrer, Édition de La Martinière, 1997, ISBN 2-7324-2350-5 (publié pour la première fois en 1992 par Harry N. Abrams sous le titre de Lost Lhasa)
- Frédéric Lenoir, Tibet Le moment de vérité, Édition Plon, 2008
- Ouvrage collectif dirigé par Katia Buffetrille et Charles Ramble : Tibétains 1959-1999 : 40 ans de colonisation, Éditions Autrement, 1998, ISBN 286260822X
[modifier] Notes et références
- ↑ a b (en) Codes postaux et téléphoniques de la région autonome du Tibet, (en) China Zip Code/ Telephone Code, ChinaTravel
- ↑ (en) Tageo.com geographic coordinate database
- ↑ a b Josef Kolmaš, Tibet and Imperial China, A Survey of Sino-Tibetan Relationsup to the End of the Mandchu Dynasty in 1912. Occasional paper no'7, The australian national University, centre of oriental studies, Camberra, 1967. Page 7/67.
- ↑ a b c d e f g h Cf. Liu Jiangqiang, Preserving Lhasa's history (part one), Chinadialogue, october 13, 2006
- ↑ Jean Diff, Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde (suite 2).
- ↑ (en) Mirenda Wu, Development of Barkor Street Indicates the Civilization and Progress of Lhasa, Tibet.cn, 26 novembre 2008.
- ↑ (en) Victor et Victoria Trimondi, The Shadow of the Dalaï Lama, part II - 16, Tactics, Strategies, Forgeries and Illusions ; citation : « The Lhasa of tradition, (...), as a number of world travelers have reported, was until the mid-twentieth century one of the dirtiest cities on the planet. As a rule, refuse was tipped unto the street. The houses had no toilets. Everywhere, wherever they were, the inhabitants unburdened themselves. Dead animals were left to rot in public places. For such reasons the stench was so penetrating and nauseating that the XIII Dalai Lama felt sick every time he had to traverse the city. Nobles who stepped out usually held a handkerchief over their nose ».
- ↑ (en) Heinrich Harrer, Seven years in Tibet, E. P. Dutton, 1954; citation : « In this respect the habits of Tibetans were casual to the last degree and any place seemed to be regarded as a suitable latrine » (traduction : « Sur ce plan, les habitudes des Tibétains sont sans gêne au dernier degré et tout endroit est apparemment considéré comme apte à faire office de latrines »).
- ↑ (en) Tibet AR population - Source: China Admin Divisions, 2004
- ↑ (en) Fiche de World Gazetteer sur Lhassa
- ↑ (en) Market Profiles on Chinese Cities and Provinces (actualisation 12/2007)
- ↑ Lhasa map: 1948 (carte de Lhassa en 1948).
- ↑ Lhasa map: 1980 (carte de Lhassa en 1980).
- ↑ Katia Buffetrille et Charles Ramble, Tibétains 1959-1999 40 ans de colonisation, Édition Autrement, 1998, page 140 et suivantes.
- ↑ F. Spencer Chapman, Lhasa the Holy City, Books for Libraries, 1977.
- ↑ Frédéric Lenoir : Tibet Le moment de vérité, Édition Plon, 2008, page 104.
- ↑ Frédéric Lenoir, Tibet Le moment de vérité, Édition Plon, 2008, page 105.
- ↑ Lhasa Map: 1998 (Carte de Lhassa en 1998).
- ↑ (en) Lhassa - Airport Fact Sheet (accès à la fiche le 09/03/2007)
- ↑ Julien Chatelin, Lhassa aujourd'hui, article du National Geographic, France, janvier 2008, n°100, p.33
[modifier] Liens externes
- (zh) Site officiel
- (fr) L'histoire de Lhassa depuis 1950
- (en) Lhasa Travel Guide (tibettravel.info)
- (zh) Plan de la ville de Lhassa
- (en) Autre plan de la ville de Lhassa
- (fr) Photos de Lhassa dans Panoramio


