Lac de Tibériade

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Lac de Tibériade
Le lac de Tibériade
Le lac de Tibériade
Administration
Pays Israël
Géographie
Coordonnées 32° 50′ N 35° 35′ E / 32.83, 35.58332° 50′ Nord 35° 35′ Est / 32.83, 35.583  
Type Lac naturel
Superficie 166 km2
Altitude -212 m
Profondeur entre 40 et 49 m
Hydrographie
Alimentation Jourdain
Émissaire(s) Jourdain

Géolocalisation sur la carte : Syrie

(Voir situation sur carte : Syrie)
Lac de Tibériade

Géolocalisation sur la carte : Israël

(Voir situation sur carte : Israël)
Lac de Tibériade
Lac de Tibériade vu par le satellite Spot.

Le lac de Tibériade, mer de Galilée ou lac de Genézareth est un lac d'eau douce d'une superficie de 160 km2 situé au nord-est d’Israël. La revendication syrienne sur une partie de sa rive orientale a fait achopper les dernières[Quand ?] négociations pour la conclusion d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, sous l'égide des États-Unis.

La vue de lac Kinneret en Israël.

Situé à plus de 200 m au-dessous du niveau de la mer, il est traversé par le fleuve Jourdain. Riche en poissons, il est réputé pour ses tempêtes violentes à cause des différences de température avec les hauteurs environnantes.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Ce lac est appelé « lac de Tibériade » dans la Mishna, le Talmud et la Tossefta à cause de sa proximité avec la ville de Tibériade. On y trouve aussi « lac de Guinossar », du nom de la vallée qui est proche. Ce nom a été transmis dans les langues européennes sous la forme Génésareth.

En arabe et en français, on utilise le nom « lac de Tibériade » (en arabe : بحيرة طبريا (buhayrat tabariya)). Dans les versions grecque et latine des Évangiles, on utilise le nom « mer de Galilée ». C'est également le cas en anglais.

En hébreu, son nom est « lac de Kinneret ». Le nom Kinneret apparaît dans le livre des Nombres (parasha Massei 34,11)[1] :

« … puis elle [la frontière] suivra le bord oriental de la mer de Kinneret »

et dans le livre de Josué (13,27)[2], en parlant du territoire de Gad

« … avec le Jourdain pour limite, jusqu'à l'extrémité de la mer de Kinneret, au bord oriental du Jourdain. »

Une explication du nom Kinneret est qu'il s'agit d'une allusion à sa forme, kinnor signifiant « lyre », d'où Kinneret « en forme de lyre ». Selon le Talmud, le nom du lac lui vient du fait que « ses fruits sont doux comme le son de la lyre » (Talmud de Babylone, Meguila 6a).

Histoire[modifier | modifier le code]

Sur la rive ouest du lac est construite la ville éponyme de Tibériade. Capitale de la Galilée, elle fut fondée par Hérode Antipas en l'honneur de l'empereur romain Tibère. C'est aujourd'hui une station balnéaire de 31 000 habitants, réputée pour ses sources chaudes et son climat sec.

Il existe de nombreux sites archéologiques et historiques autour du lac de Tibériade, notamment Hattin, site de la bataille de Hattin (1187) lors de laquelle Saladin battit 1 200 chevaliers croisés. Sous les eaux du lac, au sud-ouest, se trouve une énorme structure conique de blocs de basalte non taillés, découverte par des archéologues en 2003. Encore énigmatique, elle pèserait environ 60 000 tonnes[3].

Durant l'hiver 1986, a été découvert dans le lac, près de ce qui est généralement considéré comme l'ancienne Magdala /Tarichée, un exemplaire unique de barque romaine[4] (longueur 8,3 m, largeur 2,6 m, profondeur 1,2 m) pour la pêche et le transport de marchandises. Le carbone 14 situe la construction de cette barque au premier siècle de notre ère, ce qui lui vaut parfois le surnom de « barque de Pierre » ou « barque de Jésus ».

En dépit de l'accord d'armistice signé en 1949 entre Israël et la Syrie, celle ci-occupa de fait jusqu'en 1967 une partie de la rive orientale du lac, comprise entre la frontière internationale et la ligne des eaux. Depuis l'occupation du plateau du Golan en 1967, la rive orientale est entièrement contrôlée par Israël et la Syrie n'est plus un pays limitrophe dans les faits. L'annexion de la région par l'État hébreu n'étant pas reconnue par la communauté internationale, cette dernière en demande la restitution à la Syrie qui en fait un sujet au cœur d'un éventuel processus de paix entre les deux pays. Tandis qu'Israël se réclame des frontières de 1920, la Syrie voudrait un retour aux positions du 4 juin 1967, incluant donc une partie de la rive orientale du lac dans son territoire[5].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La carte bathymétrique.

Le lac reçoit de l'eau principalement du fleuve Jourdain qui s'y déverse au nord et en ressort au sud.

Il constitue aujourd'hui une ressource hydraulique importante pour Israël. Des travaux de canalisations ont permis l'approvisionnement des villes en eau douce et l'irrigation à des fins agricoles, essentiellement dans le désert du Néguev.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • Superficie : 166 km2
  • Longueur : 21 km
  • Largeur : 13 km
  • Périmètre : 53 km
  • Profondeur moyenne : 25,6 m
  • Temps de renouvellement : 5 ans
  • Débit annuel : 700 000 000 m3 en entrée et 500 000 000 m3 en sortie.

Importance culturelle et religieuse[modifier | modifier le code]

Rive du lac de Tibériade.
Cimetière du kibboutz Kinneret et la tombe de Naomi Shemer (l'avant-dernière).

Christianisme[modifier | modifier le code]

Le lac a une grande importance pour les chrétiens. C'est sur ses rives dont les collines boisées et les petites plaines fertiles abritaient de nombreux villages de pêcheurs et d'agriculteurs que de nombreux épisodes de la vie de Jésus, rapportés dans les Évangiles, ont eu lieu (La tempête apaisée (Lc 8, 12,25), la pêche miraculeuse (Lc 5, 4-6), la dernière apparition aux disciples alors qu'il était ressuscité (Jn 21, 1s)). Le lac est un lieu de pèlerinage chrétien :

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Le lac est un lieu de pèlerinage pour les Juifs. Les pèlerins juifs viennent y prier sur :

Le lac a donné son nom au kibboutz Kinneret qui est situé à proximité. Dans le cimetière de Kinneret, qui surplombe le lac, sont enterrés plusieurs idéologues socialistes et pionniers sionistes de la seconde et de la troisième aliyah. C'est dans ce cimetière que sont enterrées les artistes Rachel Bluwstein, connue sous le nom de Rachel hameshoreret (la poétesse Rachel), et Naomi Shemer, auteur compositeur israélien. Beaucoup de chanteurs israéliens ont consacré des chansons au lac de Tibériade.

Islam[modifier | modifier le code]

Comme cité dans un hadith[8], son assèchement est un des signes majeurs de la fin des temps puisqu'il signe l'émergence du faux-messie, le dajjal.

Représentations graphiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Livre des Nombres, chapitre 34, verset 11.
  2. Livre des Nombres, chapitre 13, verset 27.
  3. (en) A Submerged Monumental Structure in the Sea of Galilee, Israel, par Yitzhak Paz1, Moshe Reshef, Zvi Ben-Avraham, Shmuel Marco, Gideon Tibor et Dani Nadel, The International Journal of Nautical Archeology, 4 février 2013, DOI : 10.1111/1095-9270.12005.
  4. Voir le descriptif complet de La barque romaine du lac de Tibériade sur le site du Ministère israélien des Affaires étrangères.
  5. Cahier spécial sur le Proche-Orient dans Le Monde diplomatique.
  6. (en) Stanislao Loffreda, « Capernaum », dans Eric M. Meyers (dir.), Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Near East, vol. 1, Oxford et New York, Oxford University Press,‎ 1997
  7. Les historiens modernes s'accordent pour localiser Ænon près de la ville de Salim en Samarie, comme l'indique l'évangile attribué à Jean (BOISMARD, 1973), (Murphy O'Connor, 1990, p. 361-363). L'autre endroit « Béthanie au delà du Jourdain » n'est toujours pas identifié cf. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien,  éd. du Cerf, Paris, 2001, p. 217.
  8. Récit de Nawass Ibn Samaan rapporté dans le Sahih Muslim.