Mistinguett

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Mistinguett

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Mistinguett photographiée par Paul Tournachon Nadar (le fils de Nadar).

Nom de naissance Jeanne Bourgeois
Naissance 3 avril 1875
Enghien-les-Bains (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès 5 janvier 1956 (à 80 ans)
Bougival (France)
Profession Chanteuse, actrice

Jeanne Bourgeois, dite Mistinguett, née à Enghien-les-Bains le 3 avril 1875, et morte à Bougival le 5 janvier 1956, est une chanteuse et actrice française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mistinguett au Moulin Rouge en 1911.
Affiche du Moulin Rouge, par Charles Gesmar.
Aux États-Unis en 1924.

Fille d'Antoine Bourgeois, travailleur journalier de 31 ans, et de Jeannette Debray, couturière de 21 ans, Jeanne Florentine Bourgeois est née au 5 de la rue du Chemin-de-Fer (actuelle rue G.-Israël) à Enghien-les-Bains. La famille déménage à Soisy-sous-Montmorency où elle passe son enfance[1].

Après avoir pris des cours de théâtre et de chant, elle débute sa carrière en 1885 : dans le train qui l'amène à Paris pour ses leçons de violon, elle rencontre Saint-Marcel, responsable de revue au Casino de Paris qui l'engage pour le lever de rideau. Elle cherche sa vocation, sa voix et son nom de scène (successivement Miss Helyett, Miss Tinguette, Mistinguette[2] et enfin Mistinguett). Elle entre en 1894 au Trianon-Concert où elle lance Max, Ah c'que t'es rigolo, mais sans grand succès.

De 1897 à 1907, elle se produit à l'Eldorado en chanteuse comique, en épileptique, en gigolette, et découvre petit à petit l'art de tenir la scène. Après avoir appris à pallier son insuffisance vocale par un brin de comédie, une mimique unique et des pas de danse, elle en sort vedette consacrée. Le public commence à l'aimer.

Jusqu'en 1914, elle alterne pièces de théâtre, revues et cinéma muet, expériences qui lui seront profitables pour devenir finalement la « Mistinguett » telle qu'on la connaît et telle qu'elle le restera jusqu'à la fin de sa longue carrière.

En 1909, Max Dearly la choisit comme partenaire pour créer la valse chaloupée dans une revue du Moulin Rouge. Puis dans la revue La Revue[3] c'est La Valse renversante avec Maurice Chevalier aux Folies Bergère en 1912, qui donnera lieu à une histoire d'amour longue de dix ans. Le couple est surnommé par la presse « les danseurs obsédants ».

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Maurice Chevalier est blessé au front et fait prisonnier en Allemagne. Voulant le faire libérer, elle se porte volontaire pour jouer le rôle d'espionne. Elle offre ses services au général Gamelin[4] et est autorisée à circuler librement en Europe : elle récolte de nombreux renseignements du prince allemand de Hohenlohe[5] alors à Berne ou du roi Victor-Emmanuel III en Italie. Elle parvient à faire libérer son amant Maurice Chevalier en 1916 grâce à ses relations avec le roi d'Espagne Alphonse XIII[6].

En 1918, elle succède à Gaby Deslys au Casino de Paris,sous la direction de Léon Volterra, dont elle reste la vedette incontestée jusqu'en 1925. Dans les années 1920, elle enchaîne les opérettes à succès : Paris qui danse, Paris qui jazz, En douce, Ça, c'est Paris. Durant cette période, avec successivement Harry Pilcer, Earl Leslie, Jean Gabin, Lino Carenzio, Georges Guétary, elle est la Miss des grandes revues qui feront accourir le tout Paris.

À partir de 1916, elle s'entiche d'un tout jeune affichiste de 16 ans nommé Charles Gesmar. Jusqu'à ce qu'il meure en 1928, il lui dessine nombre d'affiches et de costumes qui font sa gloire dans les années 1920. Il est son confident au point d'habiter sur son palier et de la surnommer « Maman ».

Elle est la vedette du grand bal d’ouverture du Copacabana Palace, à Rio de Janeiro, en 1923[7].

Devenue une gloire nationale, elle chante Ça c'est Paris composé par Jose Padilla, Mon homme[8] sur les paroles d'Albert Willemetz, qui écrit aussi pour elle de nombreuses chansons et revues pour les Folies Bergère et jusqu'aux États-Unis. Image type de la parisienne, elle fut en concurrence avec Joséphine Baker. En 1937, elle tourne son premier film parlant, Rigolboche.

À sa mort, elle a été enterrée au cimetière de sa ville natale.

Chansons[modifier | modifier le code]

Valencia, La Java de Doudoune, Fleur d'Amour, Le Fado, Tout ça c'est pour vous, Moineau de Paris, ... de Jose Padilla, compositeur qu'elle considère comme « son favori ».

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Le compositeur Jose Padilla rend hommage à Mistinguett dans plusieurs œuvres, parmi lesquelles : Miss Tanguett et Le Tango de Miss, tango acrobatique dansé par elle-même.
  • Dalida fait référence à Mistinguett dans l'une de ses chansons, qui s'intitule Comme disait Mistinguett. Cette chanson française est connue également sous le titre C'est vrai. Elle a été écrite par Jean-Jacques Debout.
  • Charlène Duval propose en février 2013 un nouveau spectacle entièrement consacré au répertoire oublié de Mistinguett dans Mistinguett, Et puis c'est tout !.
  • Albert Cohen créer en 2014 une nouvelle comédie musicale en hommage à Mistinguett intitulé Mistinguett, reine des années folles.

Hommage posthume[modifier | modifier le code]

24 boulevard des Capucines.

Une plaque a été posée sur l'immeuble qu'elle avait habité au numéro 24 du boulevard des Capucines dans le 9e arrondissement de Paris.

À Montpellier, une allée a été baptisée Jeanne Bourgeois Dite Mistinguett[9].

En 2006, la ville d'Enghien-les-Bains rend un hommage à Mistinguett[10]. Des festivités multiples sont organisées, réunissant de multiples formes d'expression artistique. Les activités du festival incluent la projection du film Mistinguett : mon Enghien[réf. nécessaire], produit pour l'occasion par Gaumont Pathé Archives et réalisé par Christian Lamet. Ce documentaire inédit constitué d'archives et de documents rares a également fait l'objet d'un DVD en série limitée[réf. nécessaire].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Mistinguett (1931).
Mistinguett avec le directeur de revue suédois Ernst Rolf à Stockholm (1931).
Affiche de Daniel de Losques (avant 1915).

Théâtre[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mistinguett, Toute ma vie, 2 vol., Paris, Julliard, 1954.
  • (en) Mistinguett, Mistinguett: queen of the Paris night, Elek Books, 1954.
  • Jean Cocteau, Édouard Dermit, Bertrand Meyer, Bertrand Meyer-Stabley, Mes monstres sacrés, vol.1, Les Arcanes du temps, éd. Encre, 1979.
  • Élisabeth Coquart et Philippe Huet, Mistinguett, la reine des années folles, Albin Michel, 1996.
  • Martin Pénet, Mistinguett, la Reine du Music-Hall, Les Éditions du Rocher
  • Martin Pénet et André Bernard, La Miss, Paris, Omnibus, 2006.
  • Jacques Pessis, Jacques Crépineau, Les Années Mistinguett, Paris, Vade Retro, 2001, 185 p., (ISBN 9782909828831).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ville de Soisy sous Montmorency, Histoire de Soisy.
  2. L'Œil en coulisses : Mes débuts sur scène, Régine Reyne, éd. L'Harmattan, 2008.
  3. Folies, raconte-moi : la fabuleuse histoire des Folies Bergère, Aimée Librizzi, ed. L'Harmattan, 2008.
  4. Ce chef de cabinet du maréchal Joffre rédigera d'ailleurs une note pour rassembler ses souvenirs en 1956, note dans laquelle il détaille le parcours d'espionne de Mistinguett.
  5. Elle prévient notamment les services secrets que les Allemands prévoient une offensive dans la Champagne et non dans la Somme.
  6. Bruno Fuligni, Dans les archives inédites des services secrets : Un siècle d'histoire et d'espionnage français (1870-1989), L'Iconoclaste,‎ 2010, chapitre « Mistinguett, un cœur au service de la France ».
  7. Le Figaro Magazine, 31 juillet 2010, livret détachable, page III.
  8. Inspiré de Maurice Chevalier.
  9. Rues de Montpellier.
  10. http://www.evene.fr/culture/agenda/planete-mistinguett-14163.php.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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