Sinogramme
Les sinogrammes (ou caractères chinois) sont les unités de l’écriture logographique chinoise han.
L’effectif précis des sinogrammes existants est sujet à débat. Les estimations vont de 40 000 à plus de 60 000 si on prend en considération leur nombre sur la durée totale d’existence de l’écriture chinoise (les 3⁄4 sont des variantes graphiques (異體字) qui ne sont plus utilisées), le chinois courant requiert la connaissance de 3 000 à 5 000 sinogrammes et le japonais de 2 000 à 3 000. Le nombre de graphèmes (筆素, ) par sinogramme est compris entre un (一/乙) et trente six (齉, ) pour ce qui est de l’écriture simplifiée (簡體字, ) en usage en République populaire de Chine et à Singapour. Taïwan et Hong Kong, quant à eux, utilisent toujours l’écriture que les occidentaux appellent « traditionnelle » et que les Chinois désignent soit par le terme 繁體字, , « caractères compliqués » soit par le terme 正體字, , « caractères corrects » (cette deuxième appellation est principalement utilisée a Taïwan).
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Définition historique du terme [modifier]
Le terme francophone « sinogramme » correspond au mandarin hànzì (chinois simplifié : 汉字 ; chinois traditionnel : 漢字 ; prononcé /xan.ts̩ɻ/), littéralement « écriture des Hàn ». Ce terme a été notamment diffusé grâce à la Méthode d’initiation à la langue et à l’écriture chinoises[1]. En France, il était déjà en usage au XIXe siècle : on le trouve employé, par exemple, dans un article d’Alexandre Ular, « Notes sur la littérature en Chine »[2]. Il était également utilisé par les auteurs anglo-saxons : ainsi George Ripley et Charles A. Dana dans The New American Cyclopaedia: A Popular Dictionary of General Knowledge, dont l’édition fut entreprise dès 1858. Le premier usage attesté le serait en 1830, en langue latine : « sinogrammatum ». Cette année-là, l’abbé Janelli Cataldo publie un ouvrage dont le titre est : Tabulae Rosettanae hieroglyphicae et centuriae sinogrammatum polygraphicorum interpretatio per lexeographiam Temuricosemiticam tentata[3].
Le terme de « compétence sinographique » a été introduit dans les programmes scolaires de chinois publiés en 2002 par le Ministère de l'éducation nationale, sous la direction de Joël Bellassen.
Les sinogrammes ne sont pas tous des idéogrammes. Il existe aussi des pictogrammes et des idéophonogrammes.
Histoire [modifier]
| Sinogramme 漢字 - 汉字 |
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| Tracé | |
|---|---|
| Composition graphique | |
| Nombre et ordre des traits | |
| Styles de caractères chinois | |
| Calligraphie extrême-orientale | |
| Écriture cursive chinoise | |
| Sémantique | |
| Types de caractères | |
| Radicaux ou clefs | |
| Liste des radicaux ou clefs | |
| Dictionnaires chinois | |
| Codage des caractères chinois | |
| Emploi | |
| Sinogramme traditionnel | |
| Sinogramme simplifié | |
| Géographie des sinogrammes | |
| Son et sens des caractères | |
| Variantes graphiques | |
| Ponctuation | |
| Pour d'autres régions | |
| Cantonais : Honzi et Zukzi | |
| Corée : hanja | |
| Japon : kanji | |
| Vietnam : chữ nho et chữ nôm | |
| Aide pour le codage Bibliographie |
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La tradition veut que les caractères chinois aient été inventés par 仓颉/倉頡, (c. 2750 av. J.-C.). Ses compositions étaient fondées sur l’observation de la nature, c’est pourquoi on disait qu’il avait "deux paires d’yeux". Mais il s’agit très probablement d’une légende et cette expression fait plus vraisemblablement référence à l'utilisation de lunettes. Une autre tradition fait remonter l’invention des caractères à 伏羲, , le légendaire premier empereur. D’après Édouard Chavannes, dans son essai sur « La divination par l’écaille de tortue », les caractères chinois seraient inspirés des dessins, que l’on trouve sur plusieurs milliers de fragments d’écaille de tortue et d’os, retrouvés près de la ville de Ngan Yang dans le nord du Hunan en 1899. D’après lui, ces fragments seraient antérieurs au premier millénaire av. J.-C. À l’origine, il semblerait que ces fragments servaient à la divination et aux augures. Les gouvernants s’en servaient pour régir leur destin et celui de leur peuple.
Les sinogrammes connurent plusieurs formes. Leur forme actuelle, Kǎishū, remonte à la dynastie des Han.
Mao initia une réforme dans les années cinquante visant à simplifier les caractères. La réforme se voulait rapprocher le chinois des écritures alphabétiques, perçues comme supérieures, et devait initier d'autres réformes ultérieures, mais celles-ci n'eurent pas lieu. Ces caractères simplifiés sont utilisé dans la majeure partie de la Chine mais certaines régions utilisent les caractères traditionnels.[réf. nécessaire]
Classification [modifier]
Les sinogrammes ne sont pas tous des idéogrammes, encore moins des hiéroglyphes ou des dessins. En effet, les sinogrammes se classent en différentes catégories, 4 principales, à savoir :
- Les pictogrammes : caractères dits simples. Ils peuvent être ajoutés les uns aux autres pour former un idéogramme.
Par exemple l’œil (目, ), le soleil (日, ) ou encore la lune (月, ).
Leurs explications sont parfois loin d’être explicites, mais pourtant très simples. Par exemple, 王, , « le Roi, l’Empereur » ; le premier trait horizontal du bas symbolise la Terre, celui du milieu les Hommes et êtres vivants, et le dernier vers le haut symbolise les Dieux et le ciel. D’après le sinogramme, l’Empereur n’est autre que la relation, le lien entre les Dieux et la Terre, puisque lui est symbolisé par le trait vertical qui relie tous ces éléments.
- Les idéogrammes : qui sont des caractères plus complexes que les pictogrammes, car ils se composent généralement d’une clé (tout dépend de la simplification par rapport au caractère traditionnel), c’est-à-dire qu’ils peuvent être composés d’(un) autre(s) pictogramme(s). Par exemple, le sinogramme qui voudra dire « clair » ou « lumineux » sera composé du pictogramme simple du soleil et celui de la lune (日+月), ce qui donnera 明, , donc une notion de clair, lumineux.
Les clés sont des sinogrammes particuliers puisqu’ils ne peuvent pas être seuls. Par exemple, 言, , la clé de la parole sera présente dans les mots appartenant au champ lexical de la parole ou ayant un sens proche tels que 语/語, , « la langue parlée » ou encore 说/說, ; 口, , « dire, parler » figure lui aussi souvent avec cette clé puisqu’il signifie « la bouche » mais toutefois est un pictogramme). La clé de l’eau, 氵, symbolisée ici par trois gouttes suit cette même règle (酒, , « l’alcool, le vin » ou encore 汊, , « bras d’une rivière »).
- Les idéo-phonogrammes : qui sont des caractères composés d’une clé, et d’un élément graphique, servant à rendre un son.
Cette dernière catégorie est de loin la plus nombreuse. Partant de la clé 口, , « bouche », et lui ajoutant le pictogramme 马/馬, , « cheval », on obtient l’idéo-phonogramme 吗/嗎, , particule grammaticale marquant l’interrogation, et dont le seul rapport avec le cheval est la prononciation (si l’on néglige les tons)
- Les emprunts : qui sont des caractères empruntés à des originaux. Ces derniers se sont vu rajouter des éléments graphiques (ou « clés ») pour les différencier. Par exemple, le sinogramme (能, ) qui représentait l’ours (l’animal) a été emprunté pour signifier la notion de « pouvoir faire quelque chose » (physique et pas mental). Le sinogramme « ours » s’écrit désormais ainsi : 熊, . On y a rajouté la clé des « 4 pattes » pour indiquer qu’il s’agit d’un animal.
À ces quatre catégories vient se rajouter ce qu’on appelle communément les « clés » dans les dictionnaires. Ces éléments graphiques (souvent des pictogrammes) sont là pour « indiquer » de quoi parle le sinogramme :
- Les indicateurs : comme 本, , « l’origine », que l’on retrouve dans 日本, , « le Japon » (donc littéralement en chinois, « l’origine du Soleil »), qui reprend le pictogramme de l’arbre, (木, ), auquel on rajoute un trait horizontal à la base, pour montrer la racine de l’arbre, et par conséquent, désigner l’origine, ce qui vient de la racine.
De la même façon, 玉, , « la pierre de jade », vient du sinogramme 王, , « le Roi, l’Empereur » (nom de famille également), avec un trait sur le côté pour symboliser la bague en jade que les Empereurs avaient coutume de porter.
Notes et références [modifier]
- Codes ISO 15924 de représentation des systèmes d’écritures sinographiques :
- Hani : écriture sinographique (toutes les variantes non distinguées)
- Hans : écriture sinographique (variante chinoise hànzì simplifiée)
- Hant : écriture sinographique (variante chinoise hànzì traditionnelle)
- Joël Bellassen, La Compagnie, Paris, 1990
- La Revue blanche, t. XX, septembre-décembre 1899, p. 20
- Recherche bibliographique pour Janelli Cataldo sur le site de la Bibliothèque Publique d'État de Rome
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Langues chinoises, mandarin, japonais
- Kanji, Hanja
- Écriture
- Dictionnaire de caractères de Kangxi
- romanisation, bopomofo et pinyin
- Codage des caractères chinois
- Projet Unihan
- Rationalisation de l’écriture chinoise
- Translittération en caractères chinois
- CFDICT (projet de dictionnaire franco-chinois)[pertinence contestée]
- Classification des sinogrammes
- Clé d'un sinogramme
Liens externes [modifier]
- Dictionnaire des sinogrammes et caractères chinois (simplifiés et traditionnels) en ligne.
- (en) Étymologies (tracés originels) des idéogrammes chinois
- (ch) Dictionnaire complet avec tracés expliqués, prononciations audios et traduction anglaise en bas de pages
- Unification han [PDF] ;
- les écritures CJC pour Unicode [PDF] et la fonte Cyberbit pour les tests Unicode (Windows).
- De nombreux sinogrammes sous forme d’animations gif
- Zhongwen Généalogie des sinogrammes, arborescence inspirée du 說文解字 Shuowen Jiezi de 許慎 Xu Shen.
- Dictionnaire des sinogrammes (en ligne) contient tous les caractères Unicode
- Base de données Unihan