Vidourle

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le Vidourle
(ruisseau de Frégère,
Chenal Maritime)
Le Vidourle à Sommières.
Le Vidourle à Sommières.
Caractéristiques
Longueur 95,2 km [1]
Bassin 830 km2 [2]
Bassin collecteur Vidourle
Débit moyen 7,38 m3/s (Marsillargues) [3]
Organisme gestionnaire EPTB Vidourle & SIAV[2]
Régime pluvial cévenol
Cours
Source au nord de la montagne de la Fage (931 m)
· Localisation Saint-Roman-de-Codières
· Altitude 853 m
· Coordonnées 43° 59′ 37″ N, 3° 46′ 54″ E
Embouchure Mer Méditerranée
· Localisation Le Grau-du-Roi
· Altitude 0 m
· Coordonnées 43° 32′ 06″ N, 4° 07′ 57″ E
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Crieulon,
· Rive droite Brestalou, Bénovie
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Gard, Hérault
Régions traversées Occitanie
Principales localités Aigues-Mortes, Le Grau-du-Roi

Sources : SANDRE:« Y34-0400 », Géoportail, Banque Hydro, EPTB Vidourle

Le Vidourle (Vidorle en occitan) est un fleuve côtier français des Cévennes, du département du Gard, puis à cheval avec le département de l'Hérault dans sa basse vallée à partir de Boisseron, dans la région Occitanie. Il se jette dans la mer Méditerranée.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Vidourle prend sa source dans les Cévennes, dans le département du Gard, au-dessus de Saint-Hippolyte-du-Fort, sur la commune de Saint-Roman-de-Codières (alt. 630 m), au nord de la montagne de la Fage qui culmine à 931 m. Il se jette dans la Méditerranée, 95,2 km[1] plus loin au Grau-du-Roi. Autrefois doté d'un delta, il a vu son cours détourné durant la seconde moitié du XXe siècle, d'une part par l'installation de portes sur le canal du Rhône à Sète, l'empêchant de rejoindre la Pointe de la Radelle où il se jetait dans l'étang de l'Or ou de Mauguio en cas de crue, d'autre part lors de la construction de la station balnéaire de La Grande-Motte au milieu des années 1960. Insuffisamment canalisé vers la mer et ne bénéficiant plus de ses zones d'expansion naturelles, ses eaux s'écoulent avec grande difficulté en cas de « vidourlade » (crues dangereuses).

Vidourlade à Sommières en 2002

Le Vidourle présente une particularité : son cours est partiellement souterrain en aval de Saint-Hippolyte-du-Fort, où le fleuve se faufile pour former un vaste plan d'eau souterrain d'où il se libère par la résurgence de Sauve — des études ont montré, à partir de colorations scientifiques de ses eaux, que celles-ci se retrouvaient à la source du Lez. Le Vidourle, géniteur du Lez, irrigue donc Montpellier.

Communes traversées[modifier | modifier le code]

Embouchure du Vidourle de la Passe des Abymes entre les départements de l’Hérault (gauche) et du Gard (droite).

Dans les deux département du Gard et de l'Hérault, le Vidourle traverse vingt-huit communes :

Le Vidourle passe également sous la dernière arche romaine du Pont Ambroix au pied de l'oppidum d'Ambrussum.

Organisme gestionnaire[modifier | modifier le code]

L'organisme chargé de la gestion de ce cours d'eau est le SIAV (Syndicat Interdépartemental d'Aménagement et de Mise en Valeur du Vidourle et de ses affluents), créé en 1989. Y sont représentés deux départements, soixante-quatorze communes adhérentes, quatre-vingt-quinze communes du bassin versant, sept communautés de communes et un SIVOM. En 2013, l'EPTB mène des actions sur 830 km2 du bassin versant et pour 120 000 habitants[2].

Affluents[modifier | modifier le code]

Le Vidourle a trente-cinq affluents référencés[1] dont :

  • le ruisseau de L'Esclafar (rg) 2,8 km sur la seule commune de Cros.
  • L'Argentesse (rd) 10,3 km sur trois communes avec trois affluents.
  • le ruisseau de Peissines (rd) 4,5 km sur la seule commune de Conqueyrac avec un affluent :
    • le ruisseau de Ceyrac (rx) 2,1 km sur la même commune de Conqueyrac.
  • Le Rieu Massel ou ruisseau de Malicar (rd) 22,2 km sur quatre communes avec trois affluents.
  • Le Crespenou (rg) 12,9 km sur quatre communes avec trois affluents
  • le ruisseau de Banassou (rg), 6,2 km sur les trois communes de Quissac, Durfort-et-Saint-Martin-de-Sossenac, Sauve.
  • Le Brestalou (rd) 18,3 km sur sept communes avec neuf affluents sur un bassin versant de 318 km2.
  • Le Crieulon (rg) 21,4 km sur neuf communes avec cinq affluents sur un bassin versant de 112 km2.
  • La Courme (rg) 18,7 km sur dix communes avec quatorze affluents.
  • le Doulibre (rg) 5,7 km sur deux communes Crespian et Vic-le-Fesq avec cinq affluents.
  • Le Quiquillan (rd) 11,2 km sur six communes avec trois affluents.
  • L'Aigalade (rg) 13,4 km sur sept communes avec cinq affluents.
  • La Bénovie (rd) 23 km sur huit communes avec huit affluents.
  • le ruisseau des Corbières (rg) 7,1 km sur les cinq communes de Sommières, Villevieille, Souvignargues, Aujargues, Junas avec un affluent :
    • le ruisseau de Font Gaillarde (rg) 3,5 km sur la seule commune d'Aujargues.
  • le Grand Valat (rd) 1,7 km sur les trois communes de Saint-Series, Saturargues, Aubais.
  • Le Lissac ou Rieu d' Aubais (rg) 6,2 km sur les quatre communes de Congénies, Junas, Aubais et Villetelle avec un affluent :
    • le Valat de Rouveyrenque (rg) 1,1 km sur la seule commune de Congénies.
  • le Canal du Rhône à Sète, 98,1 km

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Débordement du Vidourle à Sommières en 2002

Le Vidourle peut connaître des crues spectaculaires : "les vidourlades". Les villes de Quissac et de Sommières furent particulièrement touchées par ces vidourlades le 15 septembre 1575, le 3 juillet 1684, en octobre 1689, du 1er au 3 octobre 1723, le 18 novembre 1745, le 6 octobre 1812, le 17 septembre 1858, en 1891, le 26 septembre 1907, 16 octobre 1907, le 27 septembre 1933, le 4 octobre 1958 et enfin le 9 septembre 2002 notamment, crue inédite au cours de laquelle il a atteint la cote record devant dépasser les 8 mètres en amont du pont romain de Sommières, passant à travers les rambardes de l'ouvrage.

Cette cote ne peut être considérée comme toute a fait exacte compte tenu que l'échelle des crues (qui a souvent varié depuis 150 ans ) se trouve en aval du pont et que celui-ci forme "barrage" avec remous : 0,90 m de différence de hauteur d'eau entre l'amont et l'aval du pont ce jour là ... Il ne peut donc s'agir donc que d'approximations, une approche plus réaliste peut se faire sur la Place du Marché par exemple, par différence entre la côte de sortie sur la Place (de l'ordre de 2,40 m) et la hauteur mesurée sur les immeubles. Cependant, dans la grande rue marchande Antonin Paris, le niveau de 2002 a dépassé de 30 cm celui de la crue record du 4 octobre 1958, la crue du 27 septembre 1933 étant sensiblement plus faible que celle de 1958.

Son débit est souvent faible en été, presque à sec, il n'est guère impressionnant ; le minimal est de 3 m3/s. En revanche, en cas de crues, il peut facilement atteindre 1 500 m3/s, soit le débit de la Seine en crue (plus de 2 650 m3/s à Sommières le 9 septembre 2002 ; à titre de comparaison, le débit maximal de la Seine, lors de la grande crue de janvier 1910 ne fut « que » de 2 400 m3/s).

Le Vidourle à Marsillargues[modifier | modifier le code]

Le Vidourle a été observé 47 ans de 1969 à 2015 à la station Y3464010 Le Vidourle (Vidourle aval) à Marsillargues pour un bassin versant de 798 km2 et à 5 m d'altitude[3].

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Y3464010 Le Vidourle (Vidourle aval) à Marsillargues pour un bassin versant de 798 km2 et à 5 m d'altitude[3]
(le 08-10-2015 sur 47 ans de 1969 à 2015)

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom du Vidourle viendrait du latin Viturlus, d'après les "Mémoires pour l'histoire naturelle de la Province de Languedoc[4]", Cavelier, 1740, qui indique:(sic) « Le Vidourle, rivière du bas-Languedoc, qui passe à Sommière, à Lunel, à Massillargues etc. se jette dans l'étang d'Aigues-mortes. La principale source de cette rivière est la fontaine de Sauve, qui sort à gros bouillons d'un antre au pied de la montagne, sur le penchant de laquelle cette ville est bâtie. Il y a apparence qu'on doit déduire de-là le nom de cette rivière. Peut-être l'appellait-on en Celtique « Fynn Twll ou Toull », c'est à dire « source de l'antre » ou « de la caverne »: et c'est de là que les Romains auront fait successivement Vintullus, Vinturlus et Viturlus.[5]»

Histoire[modifier | modifier le code]

La régression des populations sauvages de castors, puis les drainages et les déforestations entamées il a probablement plus de 2000 ans ont probablement augmenté le régime des crues. Des gués puis des ponts ont été peu à peu respectivement aménagés et construit pour permettre de traverser la rivière, avec le bétail souvent.

Au moment de la révolution française, l'abolition des privilèges et le partage des bois et près communaux a exacerbé les défrichements, en montagne notamment. Les coupes rases ou cultures sur brûlis dégradent les sols et sont emportés par l'érosion ; Le Vistre connait alors de nombreux débordement et charrie une eau de plus en plus turbide. Dans le département du Gard, les administrateurs, de hauts fonctionnaires, l'ingénieur en chef et des agronomes scandalisés alertent le gouvernement et les députés ; « On brûle les bois de haute futaie pour y semer du blé. On détruit les bois jusque sur les revers des montagnes du nord, et maints incendies on détruit des bois ». M. Mons évalue alors la perte causée par seuls les torrents du Vistre et du Vidourle à un million de francs (de l'époque). « On a ensemencé jusqu'à trois fois et inutilement la plaine. Les débordements perdent tous les blés, et souvent à la veille de la moisson. Les bois sont devenus rares en raison de la fureur des défrichements. Les forêts ne sont plus que de vastes garrigues (../..)Le Gard s'élève aujourd'hui jusqu'à 18 ou 2o pieds et détruit tout dans sa course »[6].

Divers[modifier | modifier le code]

La fertilité du fleuve représente un atout de taille, mais il fut endigué en plaine dès le Moyen Âge et plus récemment au XVIIIe siècle par l'ingénieur Henri Pitot. Pendant longtemps, le Vidourle a fait tourner les moulins à huile et à grain. Il était indispensable au fonctionnement des tanneries.

Le Vidourle n'a jamais communiqué facilement avec la mer : il se perdait autrefois dans les marais de Saint-Laurent-d'Aigouze et, pour partie, se jetait dans l'étang de Mauguio.

Aujourd'hui, des embouchures artificielles le mènent à la mer Méditerranée en passant d'une part par un canal qui traverse le Grau-du-Roi et d'autre part par l'étang du Ponant au passage dit Passage des Abimes. Des travaux ont été faits tant en amont du Grau-du-Roi (au Boucanet) qu'en amont des Abimes (aménagement du Ponant) mais il s'agissait là de ses sorties naturelles; une autre sortie existait, au Boucanet même, celle dite du Château Leenhardt, elle a aujourd'hui été totalement transformée par les infrastructures de la ville.

Barrage de Ceyrac, barrage écrêteur de crues du Rieumassel, affluent du Vidourle, construit en 1968.

À noter aussi l'aménagement de la fin des années 1960 au début des années 1980, sur le bassin amont, de trois barrages écrêteurs de crues : Barrage de Conqueyrac, de Ceyrac et de La Rouvière. Mais ces derniers ne purent contenir la catastrophe de 2002, à peine l'atténuer selon les études[réf. nécessaire], étant donné l'ampleur, l'extension et la virulence de l'événement qui plus est inédit dans sa longueur. Un tel enchaînement n'avait pas été imaginé.

Tourisme[modifier | modifier le code]

La vallée du Vidourle a d'anciennes cités médiévales, des églises romanes, des temples et châteaux[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]