Las (fleuve)

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Le Las
Illustration
Caractéristiques
Longueur 12 km [1]
Bassin 40 à 60 km2
Débit moyen env. 0,48 à 0,97 m3/s
Régime pluvial méridional
Cours
Source Les exutoires de la Foux de Dardennes et le Ragas
· Localisation Le Revest-les-Eaux
· Altitude de 96 à 149 m
· Coordonnées 43° 11′ 57″ N, 5° 57′ 28″ E
Embouchure la Méditerranée
· Localisation Rade de Toulon
· Altitude m
· Coordonnées 43° 07′ 04″ N, 5° 53′ 32″ E
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France
Département Var
Arrondissement Toulon
Cantons la Valette-du-Var, Toulon-2, Toulon-3
Régions traversées Provence-Alpes-Côte d'Azur
Principales localités Toulon

Sources : SANDRE, Géoportail

Le Las est un petit fleuve côtier du département du Var, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le Las est situé sur le territoire des communes du Revest-les-Eaux et de Toulon.

Présentation[modifier | modifier le code]

Plusieurs sources donnaient jadis naissance au cours d’eau du Las ou de Dardennes. Elles s’épanchaient au pied du pittoresque village du Revest, dominé par l’imposante « montagnette » du Mont Caume, puis allaient se jeter à la mer au fond de la petite rade. Depuis la construction du barrage en 1912, les sous-écoulements de ces sources sont noyés la plus grande partie de l’année. Lorsque le barrage est plein, l’eau se trouve à la cote 123 m mais en période de sécheresse, elle peut descendre à la cote 110 m.

Le barrage et les sources[modifier | modifier le code]

Sources du Las.

Aujourd’hui, le Las est un petit fleuve côtier qui prend sa source dans la Retenue de Dardennes, elle-même alimentée par les sources du Ragas. Le Ragas, situé quelques centaines de mètres en amont, fait office de regard sur la nappe d’eau qui alimente ces sources. Quelques jours par an, après les fortes pluies d’automne et de printemps, les conduits souterrains de l’aval devenant trop étroits pour tout absorber, les flots tumultueux remontent dans le Ragas pour exsurger. Tel un torrent, à travers les grilles du portail, l’eau vient alimenter ce fleuve colérique. Les mesures effectuées au déversoir du barrage ont permis de constater des crues allant jusqu’à 60 voire 80 m3/s. Le barrage proprement dit est de type barrage-poids, en maçonnerie de moellons et mortier de chaux hydraulique. Il forme un arc de cercle et mesure 175 m de long. La hauteur totale de l’ouvrage, au-dessus de la risberme (cote 91,4 m) atteint 33,6 m et la charge d’eau effective (lorsque la retenue est à la cote maximale de 123 m) est de 31,60 m. La retenue forme un lac de 200 à 300 m de large sur 600 m de long pour une capacité de 1 100 000 m3/s. Un déversoir latéral long de 105 m et arasé à la cote 123 m, permet l’écoulement des crues d’environ 117 m3/s, quand l’eau est à ras du barrage (Cote 125 m) vers le « canal des fuites ». Celui-ci fait suite à deux rapides maçonnés qui amènent l’eau en aval, dans le lit de la rivière. Un fossé, dit « fossé de colature » ceinture le barrage et permet de récupérer les eaux de ruissellement. Il a été construit à la cote 127 (au fond de la vallée) avec une pente moyenne de 5 millimètres par mètre. Sur la rive droite, il débouche dans le canal de fuite et en rive gauche, rejoint le lit de la rivière par un rapide maçonné. Ce fossé permet d’éviter la pollution de la retenue par les eaux superficielles (mis à part dans le Vallon du Ragas où le canal n’est pas présent).

Lors des fortes pluies, la retenue reçoit les eaux des sources du Ragas, mais aussi des vallons suivants : - le ravin du Cierge et des Olivières, affluents en rive gauche au thalweg du Ragas, - le ravin du Ragas, affluent en rive droite au thalweg du Ragas, - le ravin de Fiéraquet, débouche dans le fossé de colature de la retenue en rive droite, - le ravin des Baumettes débouche dans le fossé de colature de la retenue. Le fossé de colature donne un débit de 200 l/s en moyenne lors des fortes pluies.

Le fleuve[modifier | modifier le code]

Le Las, principal cours d’eau de l’ouest toulonnais, achemine ses eaux jusqu’à la rade de Toulon après un parcours de 12 km[1]. Tantôt naturel, tantôt artificiel, il peut être découpé en quatre zones distinctes : - la Rivière de Dardennes (de la Retenue à Dardennes) - le Las (de Dardennes au Jonquet) - la Rivière Couverte (Du Jonquet au Pont Neuf) - la Rivière Neuve (du Pont Neuf à Lagoubran)

Ce petit fleuve côtier s’écoule dans la direction nord-est/sud-ouest et traverse une zone rurale, mais aussi une zone fortement urbanisée.

La Rivière de Dardennes de la Retenue au Hameau de Dardennes.[modifier | modifier le code]

La rivière de Dardennes.

La rivière traverse une zone industrielle (rive droite). L’ensemble du lit est colmaté par une croûte calcaire. Proviendrait-elle du lavage des filtres de la station de traitement des eaux de la retenue ? De la retenue des « Trois Martelières » au Hameau de Dardennes, la rivière retrouve son aspect naturel, glissant par percolation sur les strates et blocs calcaires. Bordée par d’imposantes falaises, à la ripisylve sauvage et dantesque, l’eau, couleur émeraude, circule lentement entre les différentes vasques naturelles. Une petite cascade donne sur la fameuse et historique Salle Verte, grand bassin où toulonnais et riverains se baignent en été. Plus en aval, de vieilles pompes nous rappellent l’antique prospérité de la vallée, mais aussi le retour à la civilisation. Plus loin, l’eau est déviée au niveau du seuil de Dardennes au profit du vieux Béal qui jadis participait à l’alimentation en eau pour les industries et l’agriculture toulonnaise. En rive gauche, aboutit le vallon de la Ripelle ou des Argéries drainant les eaux de ruissellement pour partie des collines de Tourris et du Mont-Faron.

Le Las du hameau de Dardennes au Jonquet.[modifier | modifier le code]

Le Las est intimement lié au climat méditerranéen. Selon les saisons, son eau est entièrement captée par la prise d’eau du Béal. Cela implique, en aval, en période d’étiage estival ou hivernal des zones d’assecs qui entraînent une réduction drastique des zones de survie pour la faune aquatique... Mais, les fuites du Béal vont permettre à la rivière de vivre sur de faibles portions entre Dardennes et le pont de la place Louis Charry (le canal longe le cours d’eau). Ainsi de véritables niches écologiques voient le jour. À la hauteur de l’école des Moineaux de l’Hermitage, l’eau sourd dans le lit de la rivière, s’écoulant doucement entre béton et calcaire. Grossi par les eaux de la Baume de Dardennes, le Las traverse des zones profondes (Jardin du Las) et s’engouffre sous la route dite de la « Rivière Couverte ». Au pied du Mont Faron, la source de Saint-Antoine résurge (resurgit). Celle-ci, comme les sources du Ragas est captée depuis longtemps pour alimenter une partie de l’agglomération toulonnaise. Avec la Baume de Dardennes qui lui fait face, elle contribue à l’alimentation de la rivière.

Plusieurs vallons viennent alimenter le Las entre Dardennes et le Jonquet :

  • les ravins de Malvallon et de Fontanieu, drainent en partie les eaux de ruissellement du Mont-Caume (est) et des zones imperméabilisées du village du Revest.
  • Le val d’Aigues-Pardiguier, drainant les eaux du Corps de Garde et de l’ouest du Mont Caume.

La Rivière Neuve du Jonquet à Lagoubran.[modifier | modifier le code]

La Rivière Neuve.
Bassin versant du Las.

La partie souterraine de la Rivière Neuve que l’on nomme « rivière couverte » est sans intérêt, mise à part pour la circulation des espèces qui devrait-être améliorée Elle débute au Jonquet (Jardin du Las) et aboutit au Pont Neuf, elle fut couverte et bétonnée dans les années 1970-1980 afin de faciliter la circulation routière. L’excédent des eaux de la source de Saint-Antoine permet de gonfler le débit et de redonner à la rivière un aspect hydrique satisfaisant. Deux vallons débouchent dans cette portion, il s’agit du Forgentier, qui draine les eaux de ruissellement des collines du Baou et du Croupatier et celui de l’avenue Clovis Hugues. C’est également dans cette portion qu’arrivent en majorité les ruissellements urbains lors des fortes pluies tel que les eaux des Quatre chemins des Routes et celles du vallon des Bonnes Herbes. Entre le pont Neuf et le pont des Gaux, l’eau circule sur un sol bétonné avec çà et là quelques arbustes et herbacées. Un pluvial débouche en rive droite juste avant la cascade du pont des Gaux. Entre le Pont des Gaux et la Pyrotechnie Maritime, le débit change, ainsi que la géologie. L’eau quitte enfin l’enfer du béton pour couler à nouveau sur un socle calcaire. La végétation change également avec une ripisylve plus variée et abondante. Il faut noter la présence de trous d’eaux (cascade des Gaux) et d’un énorme bassin au niveau des entrepôts du service de ramassage des déchets. Ceux-ci permettent à la vie aquatique de se développer. La rivière continue à couler, en eau profonde jusqu’au dégrilleur de l’Arsenal. Un large pluvial se jette en rive droite, un filet d’eau coule en continu avec une forte odeur nauséabonde et une couleur douteuse.

Le lit originel du Las que l’on nomme « ancien lit du Las » existe encore aujourd’hui. Il permet de drainer les eaux superficielles des quartiers du Jonquet et de Rodeilhac. Canalisé et busé à partir de Rodeilhac, il traverse en souterrain le Pont du Las et l’Arsenal, pour déboucher en mer près de la darse de Castigneau.

L’archiviste de la ville nous raconte le détournement du Las-création de la Rivière-Neuve[modifier | modifier le code]

Détournement du Las par Vauban.

Nous avons retrouvé ce texte dans les archives municipales de Toulon. Nous reproduisons ici l’intégralité du document, sans l’avoir corrigé, afin qu’il garde toute son authenticité. Il y a quelques erreurs et inepties que l’esprit critique du lecteur permettra de discerner. Il serait intéressant de compléter cette recherche par la validation des informations décrites ainsi que de poursuivre le recensement des événements. Au vu des témoignages il semblerait que les débordements furent réguliers et ce, il n’y a pas si longtemps encore :

Le torrent ou rivière du Las est formé par les eaux pluviales, plus ou moins abondantes suivant les époques et les années ayant son débouché dans la mer. Si ses eaux ont fait l’objet de nombreux procès au sujet des droits d’arrosage des terres environnantes, de la marche des moulins bâtis sur son cours, ou de l’empiétement des riverains, son lit même n’a été autrefois l’objet d’aucun litige ayant laissé trace dans les archives communales. Un arrêt du Parlement de Provence, du 19 novembre 1552, renouvelant une reconnaissance du 23 avril 1406 stipule que « la communauté de Toulon est seule propriétaire des eaux de Valdas... alias du Las »... « qu’elle possède depuis un temps immémorial, tant pour les moulins qu’autre usage »... et, « qu’elle puisse en jouir sans trouble. » En 1643, la Communauté de Toulon pour « obvier aux inondations » et « aux ravages » que les eaux du Las occasionnaient au terroir, décide de leur donner un nouveau lit. » À cet effet la Communauté se rendit propriétaire des terrains nécessaires, par voie d’échanges ou acquisitions directes, comme il en résulte divers rapports de 1643 à 1644. La communauté dut, à maintes occasions, sévir contre les propriétaires riverains « qui avaient usurpé, par la succession du temps, quelques parcelles de terre bordant la rivière » ou « ayant construit des clôtures sur ces mêmes rives à l'époque (1679-1701), où sous la direction de Vauban fut décidé l’agrandissement de l’Arsenal de Toulon ». Il fallut, dans la crainte de voir la petite rade se combler sous l’apport incessant de vases, de sables et graviers, envisager un nouveau détournement de la rivière du Las, ou tout au moins en partie, c’est-à-dire à son embouchure. Le premier projet avait été de la détourner par Missiessy, mais Vauban, trouvant ce tracé inopérant, fit construire, au quartier du Jonquet, une écluse, dite de Rodillat. Il traça un nouveau lit au Las et le fit déboucher entre la plage de Lagoubran et l’île de Milhaud. La partie du Las, à partir du quartier du Jonquet prit le nom de Rivière Neuve qui lui est resté. Il n’y a, dans les archives communales de Toulon, aucune trace de convention entre la Communauté et l’État. Il est vrai qu’à cette époque, il ne s’agissait que des eaux pluviales dont les habitants propriétaires, riverains de la rivière, ne se préoccupaient qu’au point de vue de l’arrosage et se souciaient peu que l’excédent des eaux prenne telle ou telle route. La digue construite aux frais du Roi, fut détruite plusieurs fois, notamment en 1743* (incohérence dans le texte original 1743 ou 1746 ?) et I764 par la violence du courant du Las. Par la construction de cette digue, la partie inférieure du torrent qui forme l’ancien lit, ne fut pas entièrement délaissée parce qu’une partie de l’eau venant de la source des Vaux et des diverses autres sources et écoulements d’eau se jetaient dans le torrent, passaient dans un canal servant à faire tourner un moulin existant autrefois un peu plus bas que le pont de Rodeilhac. L’ancien lit recevait le surplus des eaux de ce canal, et aussi celui du Béal, puis, au moment des orages, les eaux qui débordaient de la digue Vauban. C’est pour cette raison que la ville a été déclarée propriétaire de l’ancien lit par un jugement rendu par les commissaires des Domaines du Roi en Provence, en date du 2 avril 1689. Au sujet des réparations à faire à cet ouvrage, il s’ensuit une polémique, en 1764, entre la communauté et la Marine. Cette dernière prétendait que la cause de la rupture de la digue provenait des sables et pierres entraînées par les grandes pluies dans le lit de la rivière ; tandis que la communauté soutenait, au contraire, que c’était la digue qui empêchait l’écoulement normal des eaux. Après un échange de mémoires, rapports, etc. l’affaire se termina à l’amiable ; la Marine fit réparer la digue à ses frais et la communauté, nettoya, aux siens, le lit de la rivière ». Mais il n’en fut pas toujours de même ; en 1819 la digue supérieure ayant été renversée, les eaux reprenant leur ancien cours, arrivèrent dans les fossés de la place à côté de la boulangerie de la Marine, après avoir ravagé des propriétés particulières. À la suite d’une conférence mixte entre le Maire de Toulon, l’Ingénieur en Chef de la Guerre, le Directeur des Travaux Maritimes et l’Ingénieur des Ponts et Chaussées, le Préfet du Var obligea les propriétaires riverains à concourir aux dépenses de la réparation de la digue, dans la proportion des 9/24èmes, soit 900 francs sur 2 400 francs...Depuis cette époque, on s’est principalement occupé de l’assainissement et de la couverture du Las.

L’archiviste de la ville 1933.

Les crues et ou débordements du Las - Liste à compléter, préciser et corriger.[modifier | modifier le code]

  • 1743 ou 1746 - inondation du Pont du Las
  • 1764 - inondation du Pont du Las
  • 1819 - inondation du Pont du Las
  • 1824 - inondation du Pont du Las
  • Octobre 1886 - inondation du Pont du Las
  • Novembre 1923 - inondation du Pont du Las
  • 1959
  • 1968
  • 1972
  • Octobre 1973
  • Janvier 1978
  • Août 1978 - inondation du Pont du Las
  • Août 1983 - inondation du Pont du Las
  • 1985
  • Janvier 1999...

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • "Le Las, Une Rivière dans la Ville" publication de l'association Val d'As - 2008 - Auteurs principaux T.Lamarque, P.Courbon et P.Maurel
  • "L'eau de là" - L'aventure du projet Spélé-eau à Siou Blanc, ouvrage de Philippe Maurel et Paul Courbon: publié par le Comité départemental de spéléologie du Var, février 2008. Historique des explorations et topographie du Ragas & carte des eaux souterraines qui alimentent les sources du Revest.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Sandre, « Fiche cours d'eau - Le Las (Y4520580) » (consulté le 24 janvier 2014).