Paillon

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le Paillon
Le Paillon à Contes.
Le Paillon à Contes.
Caractéristiques
Longueur 36,3 km [1]
Bassin 95 km2 [1]
Bassin collecteur Paillon
Débit moyen ?
Cours
Source mont Auri
· Altitude 1 300 m
· Coordonnées 43° 54′ 20″ N, 7° 21′ 38″ E
Embouchure Mer Méditerranée
· Localisation Nice, Promenade des Anglais
· Altitude 0 m
· Coordonnées 43° 41′ 40″ N, 7° 16′ 07″ E
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France
Département Alpes-Maritimes
Régions traversées Provence-Alpes-Côte d'Azur

Sources : SANDRE:« Y65-0400 », Géoportail

Le Paillon (en occitan niçois Palhon selon la norme graphique dite classique, Paioun selon la norme graphique dite mistralienne ou encore Palhoun) est un fleuve côtier des Préalpes méditerranéennes qui se jette dans la baie des Anges de Nice.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La longueur de son cours d'eau est de 36,3 km[1]. Il constitue le principal bassin hydrologique niçois. Il prend sa source à 1 300 m d’altitude sur les pentes du mont Auri[2], proche du col de Braus, à une trentaine de kilomètres au nord de Nice. Son bassin principal de 250 km2 se divise en quatre différents affluents (Paillon de Levens, Paillon de Contes, Paillon de l’Escarène, Paillon de Laguet) pour former, au niveau de la commune de Drap, le Paillon de Nice. Néanmoins, le Paillon de Levens rejoint les autres Paillons au niveau de la commune de Nice. La réunion de ces quatre cours d’eau en un seul chenal, à forte pente, dans une vallée encaissée rend ses crues massives et dévastatrices lorsqu'elles arrivent proche de l’agglomération niçoise. Son débit peut atteindre 500 m3/s pour les crues décennales et 1 000 pour les centennales. Lors des crues, la population était avertie par un dispositif de guetteurs à cheval galopant sur les rives aux cri de « Paioun ven ! Paioun ven ! ». Les principales crues[3] surviennent en 1241, 1530, 1635, 1681, 1702, 1715, 1750, 1773, 1775, 1788, 1852, 1862, 1882, 1886, 1911, 1913, 1940, 1979 et 1994.

La vallée du Paillon à la fin du XIXe siècle

Malgré ses débordements, il est intimement lié à la vie quotidienne des Niçois car il représente sa principale source d’énergie. Et jusqu’au XIXe siècle pour mieux maîtriser son débit irrégulier, les Niçois dérivent, aux moyens de batardeaux, son cours d’eau vers des galeries de captage[4], creusées au travers de la muraille. L’eau du Paillon, ainsi détournée à l’intérieur des remparts, alimente les canaux aériens et souterrains actionnant les roues des moulins à farine, à tan, à papier, protégées derrière les fortifications.

Le Paillon est un torrent fougueux mais souvent paisible et en été son lit devient presque inexistant ; ce qui fait dire aux chroniqueurs[3] de l’époque que le Paillon apparaît comme un fleuve abstrait et purement mythique. Avant sa couverture, c’est le domaine des bugadières qui utilisent son maigre bras d’eau comme lavoir public offrant aux visiteurs le spectacle d’un fleuve qui ne sert qu’à sécher du linge.

Endiguement et couverture[modifier | modifier le code]

Endiguement[modifier | modifier le code]

Son endiguement demeure une priorité pour les différentes municipalités. Depuis la période médiévale jusqu’au début de la période classique la rive gauche est canalisée par les fortifications urbaines qui bordent le Vieux-Nice du pont Neuf à la place Victor. Dès 1828, la municipalité décide d’aménager ces anciennes fortifications en boulevard sur le modèle des quais de la Seine à Paris et ceux de l’Arno à Florence et Pise. Dans le même temps, le problème se pose en aval du pont avec l’extension des faubourgs de chaque côté de ses rives. L’annexe du Plan régulateur (patentes du 26 mai 1832) du Consiglio d'Ornato décide l’endiguement du Paillon sur la rive droite et gauche jusqu’à l’embouchure depuis les murs du pont Neuf. Ces travaux sont réalisés de 1832 à 1836. Les rives sont alors aménagés en quai selon le modèle établi en 1828[5]. Les travaux des quais fluviaux vers la mer se terminent en 1863, et forment à la rencontre des quais maritimes, dans leur angle, le square des Phocéens et sur la rive droite le Jardin public.

Couverture[modifier | modifier le code]

En 1868, la première couverture donne naissance à l’actuel square Général Leclerc. Puis, le Casino municipal est construit en 1884 entre le Square et le Pont-Neuf. En 1891, les travaux se poursuivent vers l’embouchure permettant la réunion des deux parties opposées de la place Masséna, et en 1893, la création de l'actuel jardin Albert-Ier. En 1921, le Paillon est couvert du square Leclerc à la rue Tondutti de l’Escarène entraînant la destruction du légendaire Pont-Vieux. En 1931, l’Esplanade Risso est inaugurée et, après la seconde guerre mondiale, jointe au tronçon située en aval. La couverture se termine en 1972 avec la disparition du pont Barla.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

L'origine du mot Paillon est liée à la "notion d'eau, de cascade, de cours d'eau qui tombe d'une hauteur". Plusieurs graphies anciennes correspondent à la consonance de ce mot ("palhon", "paion"). La racine "palh" signifie "élévation" et se retrouve dans certains noms de village (Peille, Peillon)[6].

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Maurice et Jean-Marie Raynaud, Les Poulpes du Paillon 1990. L’existence de ces prétendus « poulpes d'eau douce » doit tout au talent littéraire des auteurs.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Sandre, « Fiche cours d'eau - Le Paillon (Y65-0400) » (consulté le 20 août 2013)
  2. Marc Bouiron, Revue Archeam, no 12, p. 10
  3. a et b Ralph Schor (dir.), Dictionnaire historique et biographique du comté de Nice, Nice, Serre, 2002, (ISBN 978-2-86410-366-0).p. 276-277
  4. Henri Geist, Revue Archeam, no 10, p. 33
  5. L'exception urbaine : Nice, de la Renaissance au "Consiglio d'Ornato", de Philippe Graff, Éditions Parenthèses - 2000, (ISBN 2-86364-066-6), p. 142
  6. « Syndicat Intercommunal des Paillons », sur Syndicat Intercommunal des Paillons (consulté le 27 novembre 2014)